Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le n° 24 d'Etudes photographiques sous presse

Actuellement sous presse, le n° 24 d'Etudes photographiques, sera disponible début novembre 2009, sur papier et en ligne, en édition bilingue français/anglais. Numéro spécial partiellement issu du colloque "Elites économiques et création photographique" ("Financial Elites and Photographic Creation''), dirigé par Michel Poivert et Raymond Dartevelle, ce volume comprend deux contributions inédites issues du Lhivic, par Estelle Blaschke et moi-même.

Au sommaire:

  • Paul-Louis Roubert, "Les fonds de la distinction. Le financement des sociétés photographiques du XIXe siècle" ("Funding a Photographic Elite. Nineteenth-century Photographic Societies and the Financing of Photography as a Mark of Social Distinction").
  • Julie Jones, "L’avant-garde européenne au service du capitalisme. Walter P. Paepcke et le couple art/commerce aux Etats-Unis, 1930-1950" ("Putting the European Avant-garde to Work for Capitalism. Walter P. Paepcke and the Alliance of Art and Business in the United States, 1930–1950").
  • Anaïs Feyeux, "De l’empire au marché. Agfa et la reconstruction du monde photographique en Allemagne après 1945" ("From Empire to Marketplace. Agfa and the Rebuilding of the German Photography Industry after 1945").
  • Portfolio: Michel Campeau, "Sur la chambre noire/On the Darkroom".
  • Raphaële Bertho, "East. L’histoire d’un mécénat, l’histoire d’un territoire" ("East: The History of a Corporate Commission and the History of a Region").
  • Estelle Blaschke, "Du fonds photographique à la banque d’images. L’exploitation commerciale du visuel via la photographie. Le Fonds Bettmann et Corbis" ("From the Picture Archive to the Image Bank. Commercializing the Visual through Photography: The Bettmann Archive and Corbis").
  • André Gunthert, "L’image partagée. Comment internet a changé l’économie des images" ("Shared Images: How the Internet Has Transformed the Image Economy").

N° à commander auprès de la Société française de photographie, 71, rue de Richelieu, 75002 Paris (24 €).

Parution "Images Re-vues", n°6, juillet 2009

Le numéro 6 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Devenir-animal", dossier coordonné par Pierre-Olivier Dittmar.

  • "Le devenir sans l'animal", Pierre-Olivier Dittmar
  • "L'élégance animale. Esthétique et zoologie selon Adolf Portmann", Bertrand Prévost
  • "Hybridation et métamorphoses au seuil des cathédrales", Franck Thénard-Duvivier
  • "Le tremblement de la figure analogique chez Rabelais – entre la bête et l’homme", Louise Millon
  • "Devenir-animal pour rester-humain. Logiques mythiques et pratiques de la métamorphose en Sibérie méridionale", Charles Stépanoff
  • "La famille Billingham: Ray, Liz, Jason et autres animaux", Marion Duquerroy
  • Varia: "Simulations incorporées et tropismes empathiques. Notes sur la neuro-esthétique", Filippo Fimiani

Parution "Etudes photographiques", n° 23, mai 2009

  • Bernd Stiegler, "Quand une vue d’arbres est presque un crime. Rodtchenko, Vertov, Kalatozov"

Lorsqu’en 1928 l’artiste et photographe russe Alexandre Rodtchenko se trouva accusé, dans un article anonyme, de plagiat et de formalisme, il était clair qu’il en allait de son existence: un tel reproche équivalait en effet, dans la Russie des années 1920, à un discrédit politique. Parmi les exemples qui furent alors donnés à charge contre lui figurait une photographie de pins. Il s’ensuivit une violente polémique qui se vida dans l’espace public et dont l’enjeu n’était en somme rien moins que la fonction de l’art. Eu égard à la célébrité de cette querelle, on est forcé d’interpréter toute référence à la vue choisie par Rodtchenko non seulement comme une citation, mais surtout comme un commentaire politique. Or, il est à noter que dans deux films en particulier (Trois chants sur Lénine de Dziga Vertov et Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov), des vues d’arbres, montrés dans la même perspective que celle de la photographie de Rodtchenko, interviennent à un moment important. Cette transformation d’une photographie en un plan de cinéma entraîne toute une politique des images, celle menée sous le stalinisme.

  • Thierry Gervais, "Les dessous de la 'garde-barrière'. Les hésitations du journal L’Illustration à l’égard de la photographie (1880-1900)"

Dans les journaux français, on observe un décalage entre la publication des premières images en similigravure au début des années 1880 et l’usage massif de la photographie à la fin du XIXe siècle. Cet intervalle de presque deux décennies dans la chronologie reste généralement inexpliqué dans les histoires de la photographie. Pour éclairer cette période, quelques images sont présentées comme des pivots dans le développement de la presse illustrée. Celles réalisées par Nadar à l’occasion du centenaire d’Eugène Chevreul, la vue de "Shantytown" ou l’image de la "garde-barrière" publiée dans L’Illustration en 1891 interviennent comme des étapes clés, ouvrant l’ère de la presse illustrée moderne. Cependant, l’analyse du montage de la garde-barrière et des autres photographies de cette période conservées dans les archives du journal L’Illustration permet de constater que ces images ne sont pas à l’origine d’une scission. Bien au contraire, elles révèlent une convergence des techniques et une hybridation des formes de l’information qui témoignent d’une assimilation lente du médium photographique au processus d’illustration.

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Ethnographiques.org: analyser les rassemblements à l’aide de matériaux sonores et visuels

image "Analyser les rassemblements à l’aide - ou à partir - de matériaux sonores et visuels: enjeux et résultats", appel à contributions de la revue Ethnographiques.org

Le rassemblement, c’est-à-dire la coprésence de plusieurs personnes en un lieu donné, peut prendre diverses formes : manifestation politique ou religieuse, réunion sportive ou artistique, foule piétonnière… Il se caractérise en revanche dans tous les cas par sa dimension de performance publique. Le rassemblement est le lieu et le temps de mises en scène et de représentations, dont les tonalités et les ambiances, propres à l’événement, sont liées tant aux décors, aux rythmes, aux sons et aux publics qui s’y expriment, qu’à une dramaturgie dans laquelle la multiplicité des acteurs s’engagent dans des séquences d’interaction, la plupart du temps structurellement réglées.

Si les travaux se proposant d’étudier ce type de «comportement collectif» à l’aune des discours (écrits et oraux) qu’il suscite ont tout leur intérêt, les récits ex post ne permettent pas de rendre compte de tout ce qui se passe in situ. Or les dynamiques propres aux rassemblements ne sont pas réductibles à la mobilisation des ressources nécessaires à leur déclenchement ou à leurs effets sur les publics et les cibles. Dans une approche critique des travaux des théoriciens du collective behavior, des chercheurs (on pense en particulier aux travaux de Clark McPhail) ont montré que quelque chose se passe dans l’action, dont il convient par conséquent d’observer la morphologie, le fonctionnement, le temps de la mise en rythme, en forme, en cœur. Des notions telles que l’imitation, l’adhésion, l’émotion collective ou la ritualisation se trouvent réinterrogées à nouveaux frais grâce à l’observation minutieuse des séquences d’interactions et du déroulement des situations.

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Les facéties de la bibliométrie. Comment devenir le chercheur du mois

Par Pierre Jourde, Le Monde Diplomatique, décembre 2008.

La scène se déroule loin de la lumière du jour, dans les profondeurs inquiétantes d’un bunker. Berlin en 1945? Moscou en 1952? Non, Paris, 2008, 3e arrondissement. Dans la salle, non pas des apparatchiks, des bureaucrates couleur de muraille, mais quelques-uns des plus brillants représentants de l’université et des organismes de recherche français: membres du Conseil national des universités (CNU), du comité national du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et des laboratoires de Paris et d’Ile-de-France. L’élite des intellectuels.

On a du mal à se défendre de l’idée que les lieux affectés à la recherche et à l’enseignement, en France, ceux où l’on réfléchit, cherche, transmet le savoir, et qui évoquent généralement plus un commissariat dans la Roumanie de Nicolae Ceausescu que les universités italiennes, britanniques ou américaines, participent d’un mépris généralisé de la pensée et d’un bizutage des universitaires. Mais on écarte vite ces frivolités, l’affaire est autrement sérieuse. Les graves personnages assis à la tribune, face à cet aréopage de grands esprits, l’annoncent d’emblée : «Nous sommes là pour le pilotage de la recherche.» En effet.

Miracle de PowerPoint, un grand écran s’allume et affiche l’image d’un tableau de bord d’Airbus. Ah, mais oui, bien sûr, le pilotage de la recherche, c’est tout à fait clair. La lumière se fait dans le cerveau des chercheurs présents, ils sont très intelligents, pas besoin de plus d’une image pour leur faire comprendre.

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Comment citer les publications en ligne

image Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l'url jusqu'à des accumulations d'informations redondantes qui traduisent plus l'angoisse qu'une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l'adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l'absence d'uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d'y remédier, on peut formuler deux principes simples.

Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l'édition. Il n'y a donc aucune raison de le traiter différemment d'un texte sur papier. Dans le cas d'une publication classique, l'élaboration d'une référence passe par l'identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On appliquera donc les mêmes principes à la citation d'une ressource en ligne, quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l'absence de tel ou tel élément ("anon." = auteur non identifié, "s.d." = sans date spécifiée, etc.).

La webographie fait partie de la bibliographie. On a pu voir il y a quelques années des listes séparant la bibliographie sur papier des ressources web. La mixité des sources et l'existence de ressources scientifiques en ligne rend cette méthode caduque. Aujourd'hui, une bibliographie complète comprend nécessairement la mention d'articles ou d'outils documentaires sur internet, qui voisinent avec des éditions classiques. Il convient donc d'homogénéiser autant que possible les différents types de références, de façon à en permettre la cohabitation.

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La science des quotas

image Avec Valérie Pecresse arrive la science mise en quotas. Installée dans ses murs en mars 2007, l'agence pour l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a commencé ses travaux. Son site web montre de beaux locaux refaits à neuf dans un hôtel parisien chic. D'une main, le gouvernement fait miroiter des promesses de primes, de l'autre, il fait pleuvoir formulaires et demandes de rapport sur les chercheurs et les institutions. L'un des principaux instruments de cette politique du chiffre est un classement des revues scientifiques, à partir duquel on pourra étalonner chercheurs et laboratoires. Las, la publication prématurée d'une première liste au mois d'août a suscité la fronde des savants. Alors que le rôle des évaluateurs suppose une rigueur au-dessus de tout soupçon, les incohérences et les absences de cette nomenclature ont réveillé toutes les inquiétudes et constitué une bien piètre entrée en matière. Les articles et les protestations se multiplient, et une pétition demande le «retrait complet et définitif de la "liste des revues" de l’AERES».

Bref, on est ici dans du Sarkozy pur jus. De l'affichage et des moulinets de bras par devant, des outils inconsistants et beaucoup d'arrières-pensées par derrière. Le président de la République, on le sait, a la foi du charbonnier pour les indicateurs chiffrés. Mais il est plus facile de mettre en courbes des officiers de police que des experts de la mesure. Premiers utilisateurs des instruments statistiques, les savants sont bien placés pour savoir que ces images, plutôt que de traduire fidèlement la réalité, servent à choisir comment on veut la montrer.

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Études photographiques et au-delà

Exercice difficile: prendre congé. Ce vingt-deuxième numéro d’Études photographiques est le dernier publié sous ma direction. Après douze années consacrées à veiller sur celle qui est à mes yeux la plus belle des revues, à un moment où je sens pointer les premières marques de lassitude, j’ai choisi de passer la main. Car je sais trop que l’énergie et le zèle, qui sont le premier carburant de cette machine, ne peuvent connaître le moindre fléchissement. Clément Chéroux et Thierry Gervais, qui en connaissent les rouages mieux que personne, ont accepté d’en reprendre le pilotage. Je les remercie de tout coeur de s’être chargés de ce cher fardeau.

Douze ans sont une longue période – la plus longue durée de vie pour une revue française dédiée à ce champ. Études photographiques m’a fait autant que je l’ai construite. Et comme celui d’un enfant qu’on a vu grandir, c’est avec fierté que je regarde le chemin parcouru. En affichant sa désinvolture, L'Oeil naïf de Régis Debray, publié en 1994, résumait une posture alors répandue pour étudier le médium. En 2008, une attitude comparable suscitait un tollé lors de l’exposition “Les Parisiens sous l’occupation”, forçant la mairie de Paris à redresser le tir par une série de rencontres avec une quinzaine de spécialistes. Si Études photographiques n’a pas été le seul agent de cette évolution des sensibilités, nul doute qu’elle y a contribué au premier rang, en témoignant à chaque numéro des bénéfices d’une approche scientifique rigoureuse.

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Etudes photographiques revient en ligne avec ses images

image Communiqué. A l'occasion de la parution de son n° 22, la rédaction d'Etudes photographiques est heureuse d'annoncer la réouverture du site web de la revue (www.etudesphotographiques.org).

Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. La nouveauté de cette expérience se heurtait alors à l'absence de formule praticable permettant la reproduction en ligne des illustrations. Les articles repris sur le site étaient donc amputés de leur iconographie, ce qui, on le comprendra, pour un organe consacré aux images, ne pouvait constituer qu'une solution temporaire. Un horizon se dessinait avec la directive du Parlement européen du 22 mai 2001, qui recommandait l'acclimatation des règles du "fair use" anglo-saxon et pouvait ouvrir à un usage raisonnable de l'exception pédagogique. Hélas! La réponse de la France chiraquienne, sous la forme de la loi DADVSI ("Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information"), allait refermer durablement cette voie. En juin 2006, prenant acte de l'impasse devant laquelle se trouvait placée l'usage scientifique des contenus multimédias, la rédaction d'Etudes photographiques décidait de suspendre son expérience d'édition en ligne.

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Le n° 22 d'Etudes photographiques sous presse

Le n° 22 d'Etudes photographiques est actuellement sous presse, et devrait être disponible à partir de la mi-septembre. 174 pages couleur, 21 euros (contact: Garance Chabert, chabert.sfp(à)free.fr).

Sommaire

Histoires d’ un art moyen

  • Geoffrey Batchen, "Les snapshots. L’histoire de l’art et le tournant ethnographique"

L’histoire de l’art a son cauchemar: les images ennuyeuses. Comment définir autrement la très grande majorité d’images photographiques qui, dans leur forme comme dans leur contenu, tendent à être prévisibles, conformistes et répétitives? Ces images s’adaptent mal au cadre d’un récit historique, qui, incertain et anxieux, poursuit sa quête d’originalité, d’innovation et d’individualisme. Ainsi l’étude de la photographie pose-t-elle un sérieux problème à la pratique de l’histoire de l’art, de même que l’instantané pose un sérieux problème à l’histoire de la photographie. Comment s’y prendre, en effet, pour écrire l’histoire d’une infinité d’instantanés génériques? Quelle logique historique adopter, lorsque les jugements de valeur ne s’imposent plus comme des principes appropriés à la pratique de l’histoire. Hal Foster a exprimé, avec un certain retentissement, ses inquiétudes quant au «tournant ethnographique», qui, selon lui, participe activement au remplacement de l’histoire de l’art par la culture visuelle. Une préoccupation apparemment fondée sur le «relativisme», qu’il associe à une conception anthropologique de la pratique historique. En abordant le problème que pose l’écriture d’une histoire consacrée à la photographie instantanée, cet article questionnera «la mutation» de l’histoire de l’art, phénomène que semble instaurer le «tournant ethnographique» en proposant dès lors un nouveau genre de modèle historique.

  • Irène Jonas, "Portrait de famille au naturel. Les mutations de la photographie de famille"

Depuis la fin des années 1960, la photographie familiale a connu de profonds changements, à l’image des mutations de la famille qu’elle immortalise. Trois tendances majeures sont repérables: l’apparition de nouveaux moments photographiés, plus intimes, la réduction importante de photos de groupes ou d’adultes au profit d’images centrées sur l’enfant et son évolution et la disparition progressive de la photographie posée pour des prises de vue saisies sur le vif. L’apparition du numérique semble aujourd’hui accentuer ces tendances et soulève de nouvelles questions dont celles du nombre phénoménal de photos réalisées, du tirage papier et donc de leur sélection pour la constitution d’albums. La photographie numérique familiale s’éloignerait- elle alors de sa fonction de gardienne de la mémoire pour devenir un acte social de communication d’émotions? Si au soulagement de beaucoup le numérique et l’informatique libèrent des espaces anciennement occupés par les négatifs et les tirages papiers, quelle est la destinée des images numériques à long terme et quelle place auront-elles dans la mémoire familiale?

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Qui a peur du gratuit?

Vif échange ces derniers jours sur la liste de discussion Revues SHS, d'habitude plus paisible, qui accueille nombre des acteurs de l'édition scientifique francophone. Suite à l'annonce des IIIe assises de la MRSH-Caen, consacrées à l’évaluation des publications en sciences humaines et sociales, Jean-Claude Guédon, de l'université de Montréal, critique vigoureusement la marginalisation des revues françaises: «La France apparaît (...) comme un pays où les revues, subventionnées au-delà de la moyenne mondiale (à documenter, bien sûr), demeurent néanmoins peu accessibles (...). Si l'on ajoute à ces handicaps le fait que la langue française rejoint de moins en moins de monde dans les universités du monde, on débouche sur une situation catastrophique, en particulier pour la diffusion de la culture et de la pensée françaises. En bref, la France dépense beaucoup d'argent en obtenant bien peu de résultats. (...) Nous sommes entrés dans une ère où il existe tellement d'information disponible et utile en accès libre que l'on peut travailler de nombreuses questions sans avoir besoin d'aller plus loin, surtout si l'on accepte de se servir de sources en anglais (mais aussi dans d'autres langues). Ceci conduit à la marginalisation inéluctable du papier rédigé exclusivement en français et barricadé derrière un abonnement.»

François Gèze, patron des éditions la Découverte, réplique en faisant la promotion du portail Cairn et des vertus de l'artisanat éditorial. Emmanuelle Picard, Philippe Minard, Jean Kempf ou Sylvain Piron se joignent à l'échange, en évoquant notamment la possibilité de «la création d'un acteur européen (...) qui sera à même de défendre la production scientifique en langues vernaculaires» (S. Piron). Au moment où un billet de Chris Anderson relance la discussion sur la gratuité, il me semble utile de verser quelques éléments supplémentaires au dossier.

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Parution "Photographies", n°1, mars 2008

A noter la parution dans les prochains jours de la nouvelle revue anglaise Photographies, éditée par Routledge – dont le premier numéro accueille une traduction d'un article de votre serviteur: inutile de dire qu'elle bénéficie ici d'un préjugé tout ce qu'il y a de favorable!

Sommaire

  • Daniel Rubinstein, Katrina Sluis, "A Life more Photographic. Mapping the Networked Image"
  • Gail Baylis, "Remediations. Or, when is a Boring Photograph not a Boring Photograph?"
  • Nina Lager Vestberg, "Archival Value. On Photography, Materiality and Indexicality"
  • Juha Suonpää, "Blessed be the Photograph. Tourism Choreographies"
  • Jessica Catherine Lieberman, "Traumatic Images"
  • André Gunthert, "Digital Imaging Goes to War. The Abu Ghraib Photographs"

Contact: Liz Wells, Faculty of Arts, Scott Building, University of Plymouth, Drake Circus, Plymouth PL4 8AA, UK, e-mail: photographies(à)plymouth.ac.uk.
Accès web (payant): www.informaworld.com...

1895 en ligne

1895, l'excellente revue de l’association française de recherche sur l’histoire du cinéma, dirigée par Laurent Véray, vient d'ouvrir sa version en ligne, hébergée par Revues.org. Seul périodique français exclusivement consacré à l’histoire du cinéma, expression privilégiée de la recherche française et étrangère, 1895 accueille des articles de fond, largement documentés, qui ont vocation à servir de référence, des contributions de jeunes auteurs aussi bien que des traductions des meilleurs spécialistes étrangers. Le site offre à lire 10 numéros en texte intégral (2000-2004) et les sommaires et résumés des 10 derniers numéros (2004-2007).

Réf.: http://1895.revues.org

Parution "Mediamorphoses", n°21, septembre 2007

Dossier "2.0 ? Culture numérique, cultures expressives", coordonné par Laurence Allard avec la collaboration d’Olivier Blondeau.

Ce dossier ambitionne d’éclairer tout le "travail expressif" représenté par la rédaction de billets sur des blogs et autres NSN (sites de réseau sociaux), l’envoi de commentaires ou leur modération sur des forums, l’encodage d’images ou de sons sous différents formats, la création et le partage de vidéos, ou de morceaux de musique, l’échange via les réseaux peer to peer de fanfilms, le sous-titrage des manga, l’édition de ses playlists, la mise à disposition de ses bookmarks ou de ses tags, la prise de photos sur mobile et leur renvoi sur le net, la confection de cartes géolocalisant ses albums de photos etc .

Il ne prétend pas traiter de façon exhaustive toutes ces pratiques et analyser tous les agencements ainsi produits. Mais il propose quelques plans de coupe, suivant une approche résolument polydisciplinaire (droit, économie, anthropologie, socio-sémiotique…) de ce continum socio-technique auquel s’apparente désormais un "web élargi", articulant Internet au mobile.

Ce dossier est de parti pris, assumons-le. Plutôt que de reprendre le couplet des paniques morales et d’entonner la rengaine de la critique des médias, nous avons opté pour une conception expressiviste, qui se veut, d’une part, enthousiaste face à la créativité ordinaire et à ses potentialités d’innovations économiques, juridiques, sociales et politiques tout restant, d’autre part, attentive à l’ambivalence de ce "capitalisme du partage" qui pourvoit aux connexions et aux architectures informatiques et tire des bénéfices substantiels du travail expressif de "ceux qui sont le web".

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Parution "Images Re-vues", n°4, octobre 2007

image Le numéro 4 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Objets mis en signe", dossier coordonné par Noémie Hosoi.

  • Marta Caraion, "Objets en littérature au XIXe siècle".
  • Mette Kia Krabbe Meyer, "Objets flottants".
  • Pavel Cazenove, "Cauchemar Bleu Lynchéen. Analyse d’un jeu d’objets 'plastiques' dans Mulholland Drive".
  • Jean-Luc Mattéoli, "L’objet pauvre dans le théâtre contemporain".
  • Sophie Moiroux, "Les objets de Jimmie Durham en conversation: au défi de l’art contemporain".
  • Muriel Verbeeck, "L’oeuvre du temps. Réflexion sur la conservation et la restauration d’objets d’art".
  • Nikolina Kéi, "La fleur: signe de grâce dans la céramique attique".
  • Noémie Hosoi, "Des femmes au louterion: à la croisée d’une esthétique masculine et féminine au travers des objets".
  • Julien Bonhomme, "Réflexions multiples. Le miroir et ses usages en Afrique centrale".
  • Pierre Déléage, "La croix Yekuana. Interprétations mythiques et graphiques de la croix chrétienne chez les Yekuana d’Amazonie vénézuelienne".
  • Shigemi Inaga, "La blessure créatrice entre poterie et sculpture, ou Yagi Kazuo entre la tradition japonaise et l’avant-garde occidentale".