Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Rencontre avec Daniel Cohn-Bendit à l'EHESS

image "Changeons le programme" a proposé le 27 février le débat: "Quelle politique européenne de la recherche et de l'enseignement supérieur?" (EHESS, 105, Bd Raspail, amphithéâtre, modération: Cyril Lemieux). Daniel Cohn-Bendit, député européen a répondu aux interventions de Sylvain Piron (EHESS), Laurence Giavarini (SLU) et Michel Saint-Jean (SLR) en présentant diverses réflexions sur la politique européenne de la recherche (album).

Avec la participation de:

L’UFR d’Histoire de l’art et archéologie de Paris 1 se mobilise contre les réformes

Les enseignants, personnels et étudiants de l’UFR d’Histoire de l’art et archéologie de Paris 1 réunis en assemblée générale le 8 janvier 2009 ont voté les points suivants.

Préambule: L’assemblée générale se déclare solidaire de l’ensemble du corps enseignant, du primaire, secondaire et supérieur, dans le cadre de la politique nationale d’éducation. L’assemblée générale rappelle ainsi son attachement au service public. Voté à l’unanimité moins deux abstentions (98 présents).

Premier point: L’assemblée générale lance un appel solennel aux étudiants afin qu’ils rejoignent l’action engagée par les personnels enseignants et administratifs. Adopté à l’unanimité moins deux abstentions.

Second point: L’assemblée générale adopte le calendrier d’action suivant.

  • 15 janvier: journée de mobilisation durant la rencontre entre le ministre de l’Enseignement supérieur et les représentants du CNU (10H, rue Descartes à Paris)
  • 17 janvier: manifestation nationale de l’enseignement supérieur
  • 20 janvier: grève à l’UFR Histoire de l’Art et Archéologie
  • 29 janvier: appel à la grève et manifestation nationale du service public

Vote à l’unanimité moins une abstention.

Troisième point: Vote de la rétention administrative des notes du premier semestre. Adopté à la majorité: 64 pour, 11 contre, 23 abstentions.

Quatrième point: Appel à la grève illimitée au début du second semestre (9 février) dans le cas où les revendications ne seraient pas satisfaites (réforme du statut des enseignants, réforme des concours et de la mastérisation). Adopté à la majorité 87 pour, 13 abstentions.

En outre, l’assemblée générale, sur proposition de la directrice de l’UFR, décide de la création d’une commission constituée d’étudiants, d’enseignants et de personnels administratifs chargée d’étudier et de proposer des solutions relatives aux locaux de l’UFR (Condorcet, Michelet).

Le feu aux poudres

Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy datée du 5 janvier 2009, l'équipe nouvellement élue de la CPU enfonce les clous sur lesquels plusieurs d'entre nous tapaient depuis déjà plusieurs mois: les universités sont au bord de l'explosion. Ce qui n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que cette fois ce ne sont pas (uniquement) les étudiants mais bien les personnels qui sont à deux doigts d'entrer en résistance, de passer de la colère à la révolte. Il faut bien reconnaître que dans le milieu éducatif, de la maternelle au supérieur, les coups de boutoir gouvernementaux ne manquent pas. Mais il faut aussi reconnaître que les universités vont se coltiner quelques coups assez emblématiques: statut des personnels, casse des concours de recrutement des enseignants du secondaire, vraie-fausse autonomie, remise en cause de la laïcité... et puis bien sûr les fondamentaux du Prince: calendrier intenable et incohérent, multiplication des fronts de conflit, bref, la routine.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 08/01/2008.
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Compte rendu de la première assemblée générale des collectifs SLU et SLR

L’assemblée générale qui s’est tenue à Paris (Jussieu), jeudi 29 novembre, organisée par les collectifs "Sauvons l'Université!" (SLU) et "Sauvons la Recherche" (SLR), a réuni 350 personnes. Une trentaine de sites universitaires étaient représentés par des collègues participant à titre individuel ou mandatés par leur université: sciences dures et sciences humaines, universités de province et de Paris, grandes écoles, CNRS. Des ATOSS étaient également présents.

Les enseignants présents ont d’abord apporté leur soutien aux revendications des étudiants, condamné les épisodes récents de répression policière et analysé les mesures annoncées par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, estimant que celles-ci n’apportaient rien de neuf.

La loi LRU a été analysée par les présents qui en ont signalé tous les dangers: reculs de la démocratie à l’université, pouvoirs exorbitants du président et d’un CA non représentatif, risques d’arbitraire dans les modalités de recrutement des enseignants-chercheurs, etc.

Une analyse détaillée des 1,8 milliards affectés à l’enseignement supérieur et à la recherche a fait apparaître également la supercherie consistant à annoncer des augmentations substantielles de budget: une fois défalqués les dégrèvements fiscaux du crédit impôt recherche, les dépenses liées à la consolidation de la situation des personnels, le paiement des arriérés de l’Etat et l’inflation il ne reste que 105 millions d'euros (démonstration sur le site de SLR). Il a été également rappelé que pour la première fois depuis plusieurs décennies aucune création de poste n’interviendra cette année.

Une discussion s’est engagée sur les modalités d’action, et notamment sur les moyens de se faire entendre par des médias plutôt sourds: lettres ouvertes à la presse, conférences de presse, et l’arme classique de la démonstration de force, en allant très nombreux manifester. Une motion réclamant l’abrogation de la loi (un débat suivi d’un vote a eu lieu sur: abrogation ou suspension) tout en admettant la nécessité de la réforme, mais d'une autre réforme, a été votée (voir ci-dessous).

Une journée d’action aura lieu le 6 décembre avec appel à informer, à manifester et éventuellement à faire grève.

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Médias contestables, médias contestés par des étudiants en lutte

Dans les jours qui ont suivi la tenue de la coordination nationale étudiante à Rennes les 10 et 11 novembre derniers, la plupart des médias ont déploré, avec un bel unanimisme, l’accueil qui leur avait été réservé: un «climat de méfiance», un «climat hostile». (...) Or aucun article de la presse dominante consacré à la question des rapports entre médias et mobilisations sociales n’a proposé de véritable retour sur la responsabilité sociale des journalistes.

Par Marie-Anne Boutoleau et Yves Rebours, Acrimed, 30/11/2007.
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Appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche

“L’enseignement et la connaissance sont importants parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains, et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale”, ainsi s’exprimait récemment D. Faust, présidente de l’université de Harvard. Comme l’université française a assumé depuis vingt ans un quasi-doublement des effectifs étudiants sans moyens suffisants pour accompagner cette évolution, elle se trouve aujourd’hui en grande difficulté pour remplir les missions de production et de transmission des connaissances qu’implique une telle vision. Pour améliorer cette situation, de nombreuses propositions ont été formulées par la communauté scientifique. Mais le gouvernement les a ignorées et a tiré argument des difficultés réelles de l’université pour transformer complètement, brutalement et sans réelle concertation, l’ensemble du dispositif national de recherche et d’enseignement supérieur, afin que celui-ci puisse être géré comme une entreprise, afin qu’un objectif majeur de l’enseignement supérieur soit la professionalisation immédiate, et que la recherche soit avant tout finalisée et à court terme.

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Les réformes nécessaires expliquées aux cons (2)

image Il nous faut aujourd'hui orienter nos efforts pédagogiques vers ceux qui, hélas, oeuvrent à détruire toute pédagogie depuis quelques semaines: les étudiants en grogne qui bloquent, qui manipulent, qui saccagent l'université française. D'autres ont déjà émis l'hypothèse selon laquelle ces faibles esprits seraient endoctrinés par des organes gauchistes et sectaires, qui les auraient convaincus du danger d'une réforme que le monde entier, pourtant, nous envie, et que les présidents d'universités appellent instamment de leurs voeux. La vérité est en fait autre, et malheureusement, bien plus triste à entendre: les étudiants ne sont pas des exécutants, ce sont juste de petits cons qui ne comprennent rien à rien.

P., Jourdan en lutte, 23/11/2007.
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Appel de l'université de Paris 8 Vincennes-St Denis

Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et membres du personnel de l’université affirmons notre opposition catégorique à la loi dite LRU, notre soutien plein et entier à la mobilisation étudiante et notre participation à ce mouvement. Sous couvert "d’autonomie" (de gestion, mais ni intellectuelle ou scientifique) et afin notamment de favoriser la constitution de "pôles d’excellence" susceptibles d’améliorer la place des universités françaises dans le dérisoire palmarès de Shanghai (ou dans la course pour attirer les meilleurs "cerveaux"), cette réforme, d’inspiration manageriale, vise à amplifier la concurrence entre établissements du service public d’éducation et de recherche, laquelle risque à terme de transformer la majorité d’entre eux en "collèges" universitaires limités au niveau de la Licence, ainsi qu’à déléguer à ces établissements le soin de gérer le désengagement croissant de l’Etat concernant leur financement.

Attac France, 17/11/2007.
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Je hais les journalistes

image Que peuvent les blogs? Depuis la dernière campagne présidentielle, nous le savons: pas grand chose. Presque rien. Peut-être juste ceci: sauver l'honneur. Hier, en avance à un rendez-vous, je suis passé par hasard devant mon ancienne fac, Paris III-Censier, au moment où débutait l'assemblée générale de reconduction du blocage. Et ce que j'y ai vu différait du tout au tout de l'image produite par les "reportages" télévisés.

Dans les JT, une AG, c'est un affrontement violent de deux groupes fanatisés, les boqueurs et les anti-bloqueurs, qui s'insultent en attendant les CRS. Dans le monde réel, c'est un rassemblement calme et serein où l'on discute sérieusement de problèmes complexes. Où les universitaires, qui ne sont pas brusquement décérébrés, continuent à faire avec intelligence leur travail d'analyse. Dans le respect du dialogue et des opinions diverses. En assistant à une AG, on apprend plein de choses. D'abord, on voit que l'amphi est comble. La thèse de la manipulation par des groupuscules ultra-gauchistes apparaît pour ce qu'elle est: une pauvre farce. Et puis, si l'on écoute ce qui s'exprime, on comprend pourquoi ils sont tous là. Oui, cette loi pose des problèmes graves et nombreux, à tous les étages. Réduire ça à une discussion sur les droits d'inscription ou à un prurit anti-sarkozyste revient juste à écrire noir sur blanc: je suis un sinistre con, j'en suis fier et je signe. C'est pourtant si facile. Il suffit de venir voir. A entendre la teneur des discussions, le poids des arguments, on comprend immédiatement que ce mouvement ne fait que commencer.

Je suis sorti de là apaisé, de voir les étudiants si maîtres d'eux, d'observer la réalité du dialogue entre eux et la présidence, les professeurs ou les personnels administratifs, qui ne sont pas oubliés. Et aussi furieux, de constater de mes yeux le degré de caricature atteint par ce qui ne mérite plus depuis longtemps le nom de journalisme. S'en souviendra-t-on lorsque ces tristes sires nous trompèteront leur prochaine leçon de déontologie sur les blogs ou Wikipédia? Lorsqu'ils viendront pleurer pour qu'on sauve leurs journaux de la faillite? Cela fait déjà longtemps qu'il n'y a plus rien qui mérite d'être sauvé.

Libé n'a plus d'yeux pour les étudiants

image Une manif a mille visages. Phénomène polymorphe aux contours imprécis, elle offre à la vue tout l'éventail des comportements – et au photographe une vaste gamme de traitements. Selon l'angle retenu, on peut la montrer nombreuse ou anémique, souriante ou morose, dynamique ou amorphe. C'est dire si le choix d'une image est ici significatif. Significatif, non de l'événement, mais du regard qu'on porte sur lui.

En mars 2006, lors de la crise du CPE, Libération, fidèle à son histoire, s'était rangé du côté des manifestants. La grille de lecture visuelle était clairement la référence à mai 68. Volontiers éclairées par la lueur chaude d'un fumigène, les images chantaient l'ode à la jeunesse, au dynamisme et à la liberté. Un an et demi plus tard, beaucoup de choses ont changé. Joffrin a remplacé July à la tête du journal. Sarkozy a remplacé Villepin à la tête du pays. Sous le losange rouge, pour la première fois, les manifestations étudiantes ont perdu leur air de fête.

Sur la couverture du 9 novembre 2007 (voir ci-contre), foin des jeunes filles souriantes de jadis, trois jeunes gens occupent l'espace. On distingue quelques têtes à l'arrière-plan, mais la vue est en contre-plongée: impossible de savoir s'ils étaient dix mille ou deux cent – va savoir pourquoi, on n'a pas l'impression qu'ils étaient bien nombreux. Les couleurs sont froides et sombres, l'horizon bouché. Pas un brin de ciel bleu, qui signifie l'espoir. Surtout, ces trois étudiants sont entre eux: pas un coup d'oeil vers nous, pas un regard en avant, ni vers l'extérieur. Ils sont tout entiers à leur préoccupation du moment. Qui n'a pas l'air des plus aimables. Le personnage central, la bouche ouverte sur un cri, a les yeux presque clos. Une attitude reprise par son compagnon de gauche, dont le bas du visage est coupé. Comme les deux oreilles qui encadrent la scène, à gauche et à droite de l'image, et la referment à la manière d'un flipper. Le tout forme un bloc grimaçant et bizarre, sorte d'évocation moderne du Laocoon.

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Projection du film "Universités, Le Grand Soir"

Projection publique du film Universités, Le Grand Soir
Vendredi 9 novembre 2007, à partir de 16h, Grande Salle de l’ENS, 48, Boulevard Jourdan, 75014 Paris (M° Porte d’Orléans ou RER Cité U. ou T3 Montsouris)
Entrée libre

Un film (68’) proposé par Sauvons la Recherche-Paris et l’Autre campagne

La France vit depuis 1968 dans la crainte des manifestations étudiantes. Aucun gouvernement n'a réussi à réformer depuis, en profondeur, un système qui n'est plus adapté au monde moderne. Les aménagements postérieurs à 1968 n'ont pas rompu totalement avec cette idée bien française que la finalité de l'Université n'est pas de s'adapter mais de transformer la société. (Claude Goasguen, délégué chargé de la Recherche et de l'Université à l'UMP).

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