Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

La photo sur Facebook: des chiffres peu concluants

image Quand Techcrunch France intitule un billet "10 milliards de Photos sur Facebook", on peut être sûr que l'annonce va faire le tour de la blogosphère locale en quelques heures. Ce qui prouve que le web, s'il a le goût des chiffres qui claquent, n'a guère de mémoire – puisque cette annonce, ARHV avait été un des premiers à la relayer, dès le 15 octobre 2008.

L'intérêt de l'adaptation par Alain Eskenazi du billet de Michael Arrington est ailleurs: dans l'ajout d'une statistique comparative de la consultation des principaux sites photos (avec Flickr, Picasa, Photobucket), issue d'une étude de l'institut comScore. Ces courbes montrent le décollage des usages de la photo sur Facebook depuis l'automne dernier, qui paraît suivre la croissance du réseau (passé de 100 à 150 millions de membres entre septembre et décembre 2009 2008).

L'interprétation de cet envol soudain est curieusement omise dans la version française du billet. Selon Arrington, c'est la nouvelle maquette du site, permettant l'accès aux albums photos par un onglet, qui explique cet essor. Les chiffres sont toutefois à prendre avec précaution. Rapportée au nombre de téléchargements, la consultation des images sur Flickr (3,3 milliards de téléchargements pour 66,7 millions de visiteurs uniques mensuels) est ainsi proportionnellement plus élevée que celle de Facebook (10 milliards de téléchargements pour 153,3 millions de VUM). Trop imprécise pour qu'on puisse véritablement en tirer des leçons, cette comparaison appelle à collecter des données plus fines pour livrer des indications utilisables.

L'exposition en ligne: exhibition ou iconoclasme?

image Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, disait le bon Sully. Quatre cents ans plus tard, si l'on s'enquiert de savoir quels sont les appas d'internet, on n'entendra qu'un cri: narcissisme et exhibition. L'amour de soi et le désir de se montrer. C'est curieux comme chaque fois que je tombe sur cette paire, je pense à Baudelaire: celui du "public moderne et la photographie", où le poète dénie à la populace tout droit à se voir représenter à sa ressemblance[1]. Le portrait, oui da, pour les princes ou les héros – mais pour les «drôles et les drôlesses», fi donc, quelle faute de goût!

Sournois mélange de racisme de classe et de souvenirs du catéchisme (qui enseigne que la modestie est la qualité qui sied aux âmes simples), l'a-priori qui gouverne l'accusation d'exhibitionnisme est qu'il n'y a aucune raison de s'intéresser au sort des humbles, qui feraient mieux de rester à leur place. Les mêmes psychologues improvisés ne songeraient pas à chercher des poux dans la tête à Michel Houellebecq ou Bernard-Henri Levy, lorsque ces auteurs se livrent en public à un tendre numéro d'effeuillage en duo. — Ah mais! Ils sont célèbres, c'est donc bien normal de s'intéresser à eux, comme à Loana ou à Carla. Les people sont riches et beaux, ils ont le droit d'étaler leurs abdos en première page des journaux. Quel présentateur télévisé, quel intellectuel radiophonique irait reprocher à ces gens-là de s'aimer outre mesure ou de désirer se montrer?

Comme autrefois la photographie, internet est le média des petits et des sans-grade, qui permet à ceux qui n'y ont pas droit d'accéder à une notoriété par définition usurpée. La cause est entendue – et la démonstration d'une parfaite circularité. Les délaissés des lieux d'exposition légitimes voudraient-ils attirer l'attention sur eux? C'est donc qu'ils pêchent par orgueil ou sont atteints de névrose obsessionnelle.

Lire la suite...

Le web change le droit. La preuve par Facebook

Comme les années 1960 ont eu les soucoupes volantes, on se souviendra des années 2000 par la peur de Facebook. Cet ogre moderne ne se nourrit pas de la crainte d'être mangé tout cru, mais du cauchemar d'être dépossédé de ce nouveau bien aussi précieux que fragile: notre identité numérique. A partir d'un billet paru le 15 février sur The Consumerist, relayé en France par le site Ecrans, le soupçon a couru la blogosphère comme un feu de brousse: Facebook aurait modifié subrepticement ses conditions générales d'utilisation de façon à s'arroger "tous les droits, pour toujours" sur les contenus mis en ligne sur le réseau social.

Et les journalistes de conseiller de quitter aussitôt la plate-forme, suscitant une vague de résiliations de la part de geeks crédules, pestant et sacrant qu'on ne les y reprendrait plus. Du calme, camarades! Face au danger, rappelons un principe simple, que tout usager des multiples conventions auxquelles nous expose le commerce contemporain devrait écrire en lettres de feu au-dessus des toilettes: la loi prévaut sur le contrat. Nous signons tous les jours des contrats rédigés en dépit du bon sens, par des prestataires soucieux de protéger leurs arrières. Mais ces textes n'ont de valeur que dans la mesure où ils sont conformes à la loi. Dans le cas contraire, ces accords ne sont que des chiffons de papier, que le premier tribunal venu aura tôt fait de désavouer.

Lire la suite...

L'image parasite s'invite sur Facebook

image Détourner les outils numériques pour les mettre au service d'objectifs non prévus par le dispositif: ce principe d'appropriation et de réinvention est au coeur des usages du web 2.0. Son volet visuel (dont j'ai décrit ici l'émergence) se manifeste également sur Facebook, en particulier à travers le détournement du phototagging.

Plutôt que de lier une série de mots clés aux images, comme sur Flickr, Facebook a développé une fonctionnalité très adaptée à son rôle de réseau social: le phototagging, soit la possibilité de définir une zone de l'image et d'y associer d'un clic le nom d'un de ses contacts. Ce service utilisé pour identifier le ou les sujet(s) d'un portrait ou d'une photo de groupe se prolonge par le signalement de l'opération auprès du contact tagué. Averti qu'il figure sur une photo téléchargée, celui-ci peut se rendre sur la page et participer au commentaire de l'image. Chaque contact a également la possibilité de se détaguer, si cette identification ne lui convient pas.

La fonction de signalement automatique du tag a rapidement encouragé diverses formes de détournement. Le premier janvier dernier, en suivant le lien d'un signalement, j'ai par exemple découvert, non un portrait de groupe, mais une illustration de voeux, phototaguée à 30 contacts, nouvelle manière de souhaiter la bonne année.

Une jeune canadienne a exploité de façon plus systématique ce principe, dans le contexte de l'invasion de Gaza. Désireuse de manifester sa désapprobation face à ce conflit, Karine Doche met en ligne le 7 janvier sur son compte Facebook une photo représentant deux enfants, de dos, un arabe et un juif, bras dessus-bras dessous. Cette image simple mais emblématique, qui a notamment servi d'illustration de couverture à l'ouvrage de Charles P. Lutz et Robert O. Smith, Christians And a Land Called Holy (Fortress Press, 2006), a été reprise dès le début des hostilités sur plusieurs sites et pages personnelles.

Karine Doche explique qu'elle a d'abord tagué quelques-uns de ses contacts, pour leur signaler son message de paix, en leur demandant de le faire circuler. L'album est paramétré pour être consultable par l'ensemble des membres de Facebook. En l'espace de 24 heures, elle reçoit une avalanche de demandes de tags: de nombreuses personnes souhaitent être associées de la même façon à l'image. Mais la fonctionnalité ne permet pas de dépasser 30 contacts par photo. Pour pallier cette restriction, la jeune femme imagine alors de reproduire plusieurs fois l'illustration. Copiée à 3, 4, 5 puis 60 exemplaires (limite d'un album sur Facebook), l'image des deux enfants accueille en quelques jours 1800 tags (dont certains contacts associés plusieurs fois). La viralité de l'expérience conduit son auteur, inondée de messages, à y mettre un terme. Un groupe intitulé: "Everything is possible... Tout est possible..." est destiné à permettre la poursuite de la discussion (signalé par Pierre Haski sur Facebook).

Pourquoi la télé diabolise Facebook

«Ne pas s'inscrire sur ces sites de réseaux sociaux.» Tel était le conseil conclusif après le reportage diffusé par France 2, le 4 décembre 2008, dans l'émission Envoyé spécial ("Planète Facebook", 32", par Jérémie Drieu et Matthieu Birden). Quelques mois après l'achèvement de la campagne victorieuse de Barack Obama, qui avait su trouver dans la convivialité de Facebook le moyen de favoriser une relation plus souple et plus moderne à la mobilisation politique, la France de la loi Hadopi, parfaitement servie par la télévision publique, marquait encore une fois sa différence.

Aux Etats-Unis, où la série télévisée "Les Simpsons" peut parodier "Everyday", la vidéo culte de Noah Kalina, les pratiques numériques sont pleinement intégrées à la culture commune. Mais au pays de Nadine Morano, foin de digital literacy, on en est encore à la "fracture numérique". Autrement dit à l'ignorance et au rejet, qui continuent de structurer le rapport de l'intelligenstia ou des grands médias à la société de l'information.

Quel intellectuel français a pris des positions marquantes en faveur du web 2.0? Quel journal national a porté un regard éclairé sur les réseaux sociaux? Quel ouvrage nous a expliqué la nouvelle économie que nous préparent les grands moteurs de recherche? Je compte sur mes lecteurs pour combler mes lacunes, mais il faut bien admettre qu'à toutes ces questions, la réponse ne jaillit pas spontanément. Ce qui n'empêche nullement les pratiques numériques de prospérer. Les Français ont reconnu sans l'aide d'aucun plan gouvernemental tout l'intérêt de ces nouveaux outils, et sont désormais plus de 5 millions à utiliser Facebook. Le problème de la patrie d'Asterix n'est pas situé du côté des usages. Il est tout entier dans le déficit explicatif et le refus par les élites d'accorder une dimension culturelle aux TIC.

Lire la suite...

Comment éviter la panne de statut sur Facebook

image Enfin un peu de repos pour les deuxpointzéroistes hyperactifs. Après avoir partagé ses lectures sur Delicious, ses photos sur Flickr, sa musique sur Myspace, ses vidéos sur Youtube, son avis sur tout sur Twitter, il peut arriver au plus remuant des geeks de sécher bêtement au moment de renouveler son statut sur Facebook. Les réseaux sociaux ont inventé cette nouvelle torture: devenir le meilleur animateur du village de vacances, celui qui a non seulement tout lu et tout vu avant les autres, de Morandini au New York Times, mais qui est aussi le plus désespérément brillant, le plus subtilement poilant dans ses statuts de derrière les fagots qui font dire à tous les autres, les schroumpfs grognons qui jamais ne lui arriveront à la cheville, que nom d'une pipe mais comment fait-il? (Toute ressemblance avec l'un quelconque de mes friends serait évidemment fortuite.)

Mais qui chantera, du GO-Facebook, le coup de blues, la baisse de forme ou le traître rhume? Pas question, alors, de revenir au vulgaire descriptif d'activité supposé jadis répondre à la question «What are you doing right now?» Mieux vaut se cantonner à un silence discret, en attendant le retour de la Muse. C'est avec une claire conscience du nouvel étalon de la valeur sur les réseaux sociaux qu'a été créé Generatus, un site à créer automatiquement des statuts-de-ta-mère-qui-tuent-de-sa-race. Fermons les yeux sur le visuel en forme de porte des toilettes, qui témoigne que l'égalité des sexes est encore un horizon lointain en matière d'expressivité 2.0. Même en cas de grosse fatigue, il n'y plus qu'à cliquer jusqu'à ce qu'apparaisse la réplique digne de Beaumarchais (au premier essai: «Fred doesn't believe in superstition. It brings bad luck»). Qu'on peut même filtrer par tags. Evidemment, c'est en anglais, rien de tel pour impressionner vos friends, qui trouveront que vous avez fait des progrès.

Voir également:

Pour une localisation contextuelle des paramètres de confidentialité (sur Facebook et ailleurs)

image Il y a quelques jours, Gilad, les yeux écarquillés, m'appelle pour regarder son écran d'ordinateur. Il était sur Facebook et venait de découvrir un trou dans la protection de la confidentialité. Ayant paramétré son fil de nouvelles pour afficher autant d'infos photo que possible, il était régulièrement informé des commentaires de ses amis sur les photos de leurs contacts, y compris ceux avec lesquels il n'était pas relié. Jusque-là tout va bien. Mais Gilad se rendit compte qu'il pouvait cliquer sur ces photos et, de là, apercevoir tout l'album de ses "amis d'amis" – même ceux dont le profil ne lui était pas accessible. Il suffisait pour cela qu'un de ses contacts y figure, identifié par son phototag. Quel plaisir d'accéder ainsi à des images qui ne lui étaient pas destinées! Il était fou de joie.

Il y a plusieurs façons d'expliquer ce phénomène. C'est peut-être un bug dans le système de Facebook. Mais il s'agit plus probablement d'une conséquence de l'autorisation d'accès aux "amis d'amis", accordée par les usagers sans qu'ils en mesurent les effets, parmi les complexes paramètres de confidentialité dont même Gilad ignorait l'existence. Quoiqu'il en soit, il avait l'impression de voir des images qui ne lui étaient pas destinées. Je suis sûre que les amis de sa petite sœur ne se rendaient pas compte que le fait de la phototagger au sein de leurs propres albums allait rendre ces albums visibles pour son frère.

Lire la suite...

Flickr relooke sa page d'accueil façon Facebook

Flickr a modifié le 16 octobre la disposition de la page d’accueil des comptes de ses membres. Ce relooking propose un affichage visuel sous quatre rubriques (Votre galerie, Vos contacts, Vos groupes, Explorer) dont la fonction principale est de regrouper toutes les activités récentes liées aux images (photos et vidéos), comme les derniers chargements ou les commentaires, qu'elle rend plus accessibles.

La rubrique "Activité récente" est l’élément principal de cette refonte, qui permet la visualisation rétro-chronologique détaillée et paramétrable des activités des contacts. La sélection des quatre images issues du flux de l'upload, qui permettait de découvrir le tout-venant des photos téléchargées sur la plate-forme, a été remplacée par un module qui présente alternativement des vignettes de l'upload, de l'"Explore" (sélection automatisées des meilleures images du site), ou des renvois sur les applications spécialisées (Lieux et Commons).

La disposition de ces nouveaux éléments, comme l’agrégation des images des contacts ou des groupes semble s’inspirer directement du fonctionnement des sites de réseaux sociaux (SRS), et particulièrement de Facebook. Aujourd’hui, Facebook, le n°1 de la photo en ligne, est l'exemple phare d'un réseau social où le rôle des images se diversifie et s’enrichit des pratiques visuelles de ses usagers. Le relooking de Flickr, l'ancêtre des SRS visuels, souligne la place désormais incontournable de Facebook et l'influence de son ergonomie sur l'ensemble des sites de réseautage social.

Facebook, n° 1 de la photo en ligne

Doug Beaver, directeur technique de Facebook, a annoncé ce matin que la plate-forme avait atteint le chiffre de 10 milliards de photos téléchargées (soit 40 milliards de fichiers, puisque chaque image est déclinée en 4 formats), occupant 1 pétaoctet de mémoire (1000 téraoctets). Les 100 millions de membres du réseau envoient quotidiennement entre 2 et 3 téraoctets de photographies sur le site, où 15 milliards de photos sont consultées chaque jour. Facebook est le premier site au monde de partage de photographies en ligne, loin devant Flickr, qui approche les 3 milliards de téléchargements (via AllFacebook).

Pourquoi sommes-nous si impudiques ?

image Les enquêtes sur les usages d’Internet font systématiquement apparaître deux résultats absolument contradictoires. Les usagers se montrent de plus en plus soucieux des risques de contrôle, de détournement et d’exploitation commerciale des données personnelles qu’ils laissent sur Internet. Mais par ailleurs, ils – et ce sont pourtant souvent les mêmes – se révèlent de plus en plus impudiques dans leurs pratiques d’exposition de soi, notamment sur les sites de réseaux sociaux et les blogs. Cette ambivalence n’est qu’apparente si l’on est attentif au fait qu’elle oppose une pratique à une représentation. La sociologie des usages rencontre souvent de tels désajustements et elle a appris qu’en la matière, il était préférable de se fier aux pratiques. Tout, en effet, laisse à penser que la tendance «expressiviste» qui conduit les personnes à afficher de plus en plus d’éléments de leur identité personnelle sur le web n’est pas prête de s’éteindre. Aussi est-il nécessaire de comprendre les ressorts sociaux, culturels et psychologiques de ce phénomène. Car l’exposition de soi ne signifie pas un renoncement au contrôle de son image. Elle témoigne, au contraire, d’une volonté que l’on pourrait presque dire stratégique de gérer et d’agir sur les autres en affichant et en masquant des traits de son identité. C’est ce paradoxe qui se trouve au cœur des débats sur la privacy dans le web 2.0 et dont on voudrait éclairer quelques aspects à travers la lecture de travaux de recherche récents.

Lire la suite...

Sociogeek: le jeu

image Vous avez 1% de chances de devenir une star du web 2.0. Vous êtes 84% exhib et 90% aventurier.

Tels sont mes résultats au jeu Sociogeek, passionnant. Je demande néanmoins des explications sur mes résultats à Dominique Cardon ;-)

Edit. Présentation chez Palpitt. Voir aussi le groupe Facebook: "Jusqu'où vous montrez-vous?".

Usages de l'image sur Facebook (notes)

image Le jeu avec l'image de soi. Facebook est probablement le réseau où l'on change le plus souvent son "profile picture" (portrait de présentation). Pas seulement en raison de la facilité de l'opération, mais parce que FB est le premier site à accorder une telle place à l'image. Au lieu des avatars de 48 x 48 pixels, le portrait de présentation est exposé à 200 pixels de côté, et renvoie à un original de 600 pixels. Une taille suffisamment importante pour qu'il devienne possible et intéressant de jouer avec l'image.

image Fonction discriminante. Sur Flickr, c'est le nom du compte qui fournit l'élément discriminant lors d'une recherche. Dès qu'un nom est utilisé, il faut en inventer un autre, d'où l'usage de pseudos. Facebook a été le premier réseau proposant le recours aux patronymes véritables. Ce qui supposait fatalement l'existence de doublons, pour les noms les plus courants. La photo a donc une véritable fonction discriminante dans FB, et participe à l'identification des individus.

image La photo de fête. Il y avait le portrait, le paysage... FB a inventé un nouveau genre: la photo de fête. Illustration de son usage social, la photo-type sur Facebook est une photo posée nocturne, au flash, de groupes amicaux prenant des attitudes volontiers loufoques. Comme tout genre, celui-ci s'exporte en-dehors de la plate-forme. En situation, il suffit de proposer de "faire une photo Facebook" pour obtenir immédiatement d'intéressantes variations sur le modèle du groupe posé.

image L'image conversationnelle. Alors que sur Flickr, le sujet des commentaires est l'image elle-même, sur FB, les photos fournissent le point de départ de conversations, sur un mode humoristique ou ironique. Un classique est la photographie d'un friend immobilisé dans une posture fâcheuse ou remarquable, postée par un tiers, qui devient le prétexte à quolibets et engendre de multiples dialogues (à noter: ces photos sont souvent effacées rapidement).

image L'extraction visuelle automatique. Facebook, c'est Delicious avec des images. Lorsqu'on signale un billet, une vidéo ou tout autre élément comprenant un fichier graphique, la plate-forme extrait automatiquement les images présentes sous forme de vignettes et propose de les associer à un extrait de texte. Cette fonction puissante qui permet d'ajouter très simplement une composante visuelle à presque tous les items postés, contribue à augmenter leur visibilité et leur intelligibilité.

image L'organisation visuelle du newsfeed. Trois types d'images interviennent dans la construction du newsfeed (agrégation des informations du groupe de friends), sous forme de vignettes: les portraits de présentation des intervenants, les extractions visuelles, les photos ou vidéos postées. L'image participe donc fortement à l'organisation du newsfeed et contribue à lui conférer un aspect de magazine illustré, proche des flux de news des sites de presse.

Edit. Merci à Sophie Ceugniet, Luc Mandret et Cendrine Robelin de m'avoir aimablement autorisé à reproduire leurs images pour illustrer ces notes, et merci à mes autres friends pour leur participation involontaire à mes observations.

Facebook-Edvige, les rapprochements hasardeux

Dans une tribune parue dans Libération et intitulée “Edvige-Facebook, les liaisons dangereuses”, l’avocat Vincent Dufief situe sur le même plan le fichage policier préventif qu’opère le fichier Edvige, et le dévoilement volontaire d’informations intimes par les internautes sur leurs blogs ou sur des “sites sociaux” tels que Facebook (...). Pourtant, la concomitance entre Edvige et Facebook, la similarité de certaines des informations (notamment les préférences politiques) qu’ils exploitent, ne suffisent pas à démontrer leur équivalence. (...) Du point de vue qui compte, celui des individus, de leur liberté et de leur autonomie, tout oppose donc les deux démarches! Mais on ne peut voir ces différences si l’on se contente de sacraliser l’idée de “vie privée”, dans une définition historiquement datée et géographiquement située (en Occident).

Par Daniel Kaplan, InternetActu.net, 05/09/08
Lire la suite...

L'expérience interdite, thèse express sur Facebook

Intéressant hoax que "L'expérience interdite", groupe créé par une soi-disant Hélène Fontainenaud sur Facebook: «Je suis étudiante en psychologie et je suis en train d'écrire une thèse sur la formation des sectes et leur propagation. Un journaliste du Monde a écrit un article où il expliquait comment aujourd'hui, n'importe quelle personne pouvait créer un groupe sur Facebook et toucher 100.000 personnes en quelques semaines. Il demandait donc à Facebook de surveiller de plus près le contenu des groupes et les messages véhiculés. Facebook a préféré fermer les yeux, prétextant que le volume d'information rendait tout contrôle impossible. Alors voilà, le but de ma thèse est de montrer qu'il est en effet possible de créer un groupe et d'y faire adhérer plus de 100.000 personnes en un mois.»

Quoique je ne sois pas grand clerc en psychologie, je serais assez surpris de voir un directeur inscrire un telle thèse. C'est bien dommage, car le sujet de la charmante demoiselle aura été bouclé en quatre jours. Créé le 21 mars 2008 à minuit, son groupe atteignait les 100.000 membres dès le 25 mars (jour 1: 462 membres, jour 2: 6 000 membres, jour 3: 52.600 membres, jour 4: 100.000 membres; d'après DigitalBSE). Devant un succès aussi rapide, le projet est révisé pour atteindre 250.000 membres, toujours en un mois (ce nombre est aujourd'hui de 247.207). Si c'était moi, je dirais qu'il s'agit d'une deuxième thèse, pourquoi pas en théorie des ensembles.

Lire la suite...

La Lhivicsphère s'agrandit (suite)

image Comme promis, après le démarrage le mois dernier de l'atelier "Etudes visuelles: Problèmes et méthodes", piloté par Gaby David et Audrey Leblanc, le blog L'Atelier du Lhivic essuie les plâtres, permettant aux étudiants du labo de prolonger leurs travaux par un espace d'échanges publics. Merci à Rémy Besson pour ses heures de sommeil en moins, et à vos coms pour encourager les premiers posteurs! Les participants à l'atelier, qui disposent également d'un groupe sur Facebook et d'un autre sur Flickr, n'auront en tous cas plus d'excuse pour manquer une séance: la date de la prochaine réunion est annoncée sur le blog.

Face au développement bienvenu de ces nouvelles ressources, j'ai également concrétisé ma promesse de la création d'un agrégateur des blogs visuels, sous la forme d'un "planet" Histoire visuelle, sous Wordpress (beta version). Cet outil, qui affiche les derniers billets publiés sur les blogs Amateur d'art, ARHV, Arts des nouveaux médias, iPhotocom, L'Atelier du Lhivic, Le Flipbook, Mots d'images, Souris de compactus et ViteVu, peut être consulté comme un site, mais est surtout destiné à fournir un nouveau fil d'abonnement rss, qui permettra de suivre en temps réel les publications de ces organes. Au-delà de l'aspect technique, ce nouvel outil témoigne aussi à sa manière des liens qui se tissent au sein de la blogosphère et des échanges bien réels que cet espace favorise.

Nota bene aux autres auteurs de ma blogroll, notamment Afrique in Visu, Christian Delage, Diplomatie Ouest-indienne, Iconique.net: mon agrégateur a pour l'instant des problèmes pour reconnaître correctement vos flux. Il va falloir regarder sous le capot pour réparer ça.