Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Colloque "Exposition et médias (photographie, cinéma, télévision)"

image Troisième colloque du Centre des Sciences historiques de la culture / Projet de recherche FNS "L’exposition moderne de la photographie (1920-1970)", 29-30 octobre 2009, université de Lausanne, entrée libre.

Au fil des XIXe et XXe siècles, deux grands canaux de mise à disposition visuelle des objets du monde se développent simultanément: l’exposition et les médias, avec l’essor successif de la photographie, du cinéma et de la télévision. Alors qu’on aurait pu imaginer que ces médias, par l’infinie disponibilité des images qu’ils offrent, rendent rapidement obsolète l’exposition, ils n’ont cessé de la croiser et de l’enrichir. Le colloque se propose d’examiner les questions multiples posées par cette médiatisation des médias que constitue l’exposition, et les tensions qu’a pu engendrer leur rencontre – entre objets reproductibles et événement singulier, entre présentations artistiques et démonstrations commerciales ou techniques, entre accrochage des images et exhibition des machines et des marchandises, entre image et espace. Après trois demi-journées consacrées chacune à l’un de ces médias, qui réuniront des spécialistes issus aussi bien de l’université que des musées, une table ronde portera sur une institution qui cristallise nombre de ces questions: le musée de photographie, partagé entre exhibition de l’objet d’art, de la technique et de l’histoire culturelle, avec la participation de responsables d’institutions régionales, nationales et internationales.

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Controverses

image Cette exposition avait fait du bruit à Lausanne, elle est maintenant à la Bibliothèque Nationale (jusqu’au 24 mai). Elle regroupe environ 80 photographies de 1839 à aujourd’hui, qui ont, pour une raison ou une autre, été le sujet de controverses, longuement expliquées dans des textes à côté des photos et exposés encore plus en détail dans le catalogue. Disons d’emblée que c’est une exposition didactique, dense, qu’on visite lentement; elle est chronologique, alors que, face à ces images, on raisonnerait plutôt par thèmes. Il y a bien des raisons à la controverse, et, face à une certaine confusion dans la visite, j’ai tenté de les classer de mon mieux. Il y a d’abord des controverses qui ne sont pas dans la photo, mais à côté, dans le contexte, celles qui concernent droit d’auteur, droit de reproduction et droit à l’image, disons la ‘cuisine’.

Par Lunettes rouges, Amateur d'art, 16/03/2009.
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"En matière de photographie, nous sommes entrés dans l'ère du soupçon"

image Rencontre avec André Gunthert, chercheur en histoire visuelle contemporaine et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à l'occasion de la présentation de l'exposition "Controverses". Propos recueillis par Sylvie Lisiecki, Chroniques de la Bibliothèque nationale de France, n° 48, mars-avril 2009, p. 7.

  • Qu’est ce qui vous a particulièrement intéressé dans cette exposition?
  • "Controverses" illustre parfaitement l’évolution de notre façon de voir les images. Les usages qui sont faits de l’image médiatique et les transformations des techniques d’enregistrement ont modifié au cours des quinze dernières années la perception des images par le grand public. On a vu se manifester un soupçon qui venait contredire la vieille tradition de la vérité photographique, laquelle depuis le 19ème siècle avait établi la validité et l’objectivité du document photographique. Elle permettait en particulier à la presse d’établir la vérité d’un fait par la photographie. Ici, celle-ci n’est pas mobilisée pour ce qu’elle montre mais pour ce qu’elle raconte. Ce n’est plus la question de la vérité qui est posée. Le visiteur regarde l’image comme le sujet d’une controverse et comme le support d’un récit. Par rapport à la vision un peu naïve de la photographie comme d’un médium qui vise à dévoiler le réel, à le documenter, on perçoit ici combien la photographie participe de ce qu’elle représente: elle n’est pas seulement un miroir du monde mais aussi un acteur des débats et des désordres du monde. Elle se constitue comme un laboratoire actif de la controverse, un lieu par lequel la discussion se produit et donne l’occasion à certaines questions de se poser, y compris des questions de société graves et pressantes comme celles qui se posent autour de la pédophilie, de la politique, des faits-divers…

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André Zucca, la couleur rêvée

image "Les/des Parisiens sous l'Occupation" a suscité la plus importante polémique occasionnée par une exposition de photographies en France. A juste titre: les questions qu'elle soulève sont passionnantes et touchent à l'acception fondamentale des fonctions de l'enregistrement visuel. Que nous montre l'exposition de la BHVP? Une galerie d'images de propagande traduisant la vision de l'occupant? «Le regard et le plaisir de l'esthète privilégiant un Paris qui lui est propre» (J.-P. Azéma)? Ou encore la perception équilibrée d'un état historique de la capitale collaborationniste?

Pour répondre à cette question, chacun scrute le contenu des images. L'un y repère un exemplaire du magazine Signal. D'autres y voient les affiches de propagande, les drapeaux nazis ou le portrait de Pétain. On compte le nombre d'étoiles jaunes (deux seulement sur 270 images). Une autre approche consiste à mesurer l'écart entre ce que montrent les photographies de Zucca et les souvenirs des témoins: on note l'absence des files d'attente devant les magasins d'alimentation; on relève la faible sensibilité du film Agfacolor, qui oblige à sélectionner une exposition forcément ensoleillée. Ce à quoi les tenants de l'interprétation esthétisante des photos de Zucca ont beau jeu de répondre qu'il montre aussi les clochards fouillant dans les poubelles. Le commissaire de l'exposition, Jean Baronnet, va plus loin et s'indigne: en quoi photographier un drapeau nazi relève-t-il de la propagande? Ne peut-on pas voir cette image comme un document témoignant objectivement de la période?

Bonne question. Qu'est-ce qui fait une photo de propagande? Faute de répondre précisément à cette interrogation, l'exercice d'interprétation sauvage qui s'exténue dans l'image ne permet de trancher ni dans un sens ni dans l'autre. Et pour cause. Aucune photo ne peut être considérée "en soi" comme propagandiste. Ceux qui sont familiers de la période connaissent bien ces images – à commencer par celles des discours du Führer – qui circulent d'un camp à l'autre, à chaque fois lestées d'une interprétation opposée. La propagande est un contexte d'utilisation, qui fige le sens d'un contenu en un message univoque. C'est pourquoi on ne peut juger de la dimension propagandiste d'une image qu'en fonction de son usage (ou, à défaut, de l'intention qui a présidé à sa réalisation).

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"Les Parisiens sous l’occupation", une exposition qui fait débat

Une chronologie de la polémique autour de l’exposition "Les Parisiens sous l’occupation" des photographies couleur d’André Zucca (1897-1973), du 20 mars au 1er juillet 2008 à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (BHVP). Catalogue: Jean Baronnet, Jean-Pierre Azéma, Les Parisiens sous l'occupation. Photographies en couleur d'André Zucca, Paris, Gallimard/Paris Bibliothèques, 2008.

André Zucca, le photographe. Avant la deuxième guerre mondiale, André Zucca avait entamé une carrière de reporter-photographe, pour le journal Paris-Soir ou Paris-Match notamment. En 1941, il est engagé par les Allemands pour travailler au magazine Signal et photographier Paris, désormais zone occupée. «En échange, il recevait une carte professionnelle, un Ausweiss et des rouleaux de pellicules en noir et blanc et couleurs pour son Rolleiflex et son Leica» (J. Baronnet, cat. p. 7). Zucca accède ainsi à du matériel photographique – denrée rare en cette période pour les photographes français et aux pellicules couleur Agfacolor alors même que ce procédé est encore nouveau en photographie – et au droit de photographier la capitale soumise à l’occupation militaire allemande, pour un magazine dont les visées propagandistes sont claires.

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La porte de frigo, un ancêtre de Flickr?

17e5e3acb44a39144722dc8a5ed51a49.jpgLa première thèse de doctorat consacrée à la présentation de photographies sur les portes de réfrigérateur a été soutenue brillamment ce matin à l'INHA par Marine Da Costa, devant un jury composé de Sylvain Maresca (université de Nantes, directeur), Bruno Latour (Sciences-Po, président), Michel Poivert (université de Paris 1), Clément Chéroux (Centre Pompidou) et moi-même (EHESS, rapporteur).

Sous le titre "L'exposition amovible. Le réfrigérateur, un support méconnu de l'expressivité photographique en milieu familial", la thèse analyse un échantillon de 60 foyers franciliens, auquel s'ajoute un corpus de 800 photographies relevées sur Flickr. Sur cette base, Marine Da Costa met en avant l'émergence du lieu-réfrigérateur dans l'aire familiale. Articulé sur l'antagonisme structural cuisine/salon, celui-ci représente le pôle iconographique actif, par opposition à la télévision, pôle iconographique passif. La chercheuse montre l'existence d'un transfert, qui s'amorce dès le début des années 1980. Anticipant d'une bonne dizaine d'années sur la perception du déplacement des activités de loisir, le réfrigérateur s'avère constituer un précurseur inattendu des mutations aujourd'hui à l'oeuvre.

La partie la plus intéressante de la thèse se consacre à l'examen du concept d'amovibilité. Contrairement à la représentation classique de l'iconographie familiale, centrée sur le modèle figé de l'album photographique, la candidate souligne la spécificité des jeux visuels permis par le caractère non définitif des montages, mais aussi par leur interaction évolutive avec les autres éléments des compositions frigorifiques (magnets, listes de courses, post-it, etc.). La conclusion proposée par Marine Da Costa, qui voit dans la porte de réfrigérateur un espace avant-coureur de l'expressivité des outils du web 2.0, a fait l'objet d'une discussion animée avec le jury. Cet excellent doctorat, dont il faut saluer la qualité de l'iconographie, a reçu les félicitations à l'unanimité et devrait être publié sous peu par le département des éditions numériques de l'EHESS.

Nota bene: article initialement publié sur Le Flipbook.

Musée des Arts Derniers, l’inclassable Afrique

Après la rue Mademoiselle dans le 15e arrondissement de Paris, le musée des Arts derniers ouvre ses portes au coeur de Paris, dans le Marais. Un lieu de qualité qui propose un regard alternatif sur la diversité de la création africaine. On y voit "des Afriques" très différentes, en peinture par exemple avec l’exposition actuelle du peintre Solly Cissé (Sénégal), en photographie avec en tête d’affiche Malick Sidibé (Mali), Calvin Dondo (Zimbabwe) ou encore en sculpture avec entre autre le superbe travail de Christophe (France) et Colleen Madamombe. Rencontre avec son directeur, Olivier Sultan.

Afrique in Visu, 09/07/2007.
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"Tous photographes", anthologie des nouveaux usages de la photographie

image Comment témoigner de la révolution occasionnée dans les usages amateurs par l'arrivée de la photographie numérique? L'exposition "Tous photographes!" constitue la première tentative muséale pour répondre à cette question. Une réponse intelligente et productive, qui évite d'emblée plusieurs écueils. Celui d'un aplatissement de la pluralité des pratiques, qu'aurait pu produire une application brutale du dispositif d'exposition. Mais aussi ceux de la personnalisation ou du palmarès, qui pouvaient facilement découler du tamis de la cimaise, alors même que les nouveaux enjeux sont ceux de l'anonymat, de l'appropriation ou de la circulation virale.

La première réponse est le choix d'un dispositif non univoque. C'est par ses différents reflets que la production amateur est diffractée plutôt que cernée, multipliée plutôt que synthétisée. Les manifestations autonomes de la forme amateur, sous l'espèce des illustrations du magazine militant JPG, ouvrent le bal. De nombreuses oeuvres d'artistes sont ensuite convoquées, qui citent ou interrogent les images privées. Leurs usages dans la presse, sous la forme du citizen journalism, de divers concours ou encore du journalisme trash sont également illustrés. Le volet technique n'est pas oublié, avec un mur composé de pages de manuels. Divers rappels historiques ponctuent de même le parcours: quelques appareils anciens, une série de vintages – dont l'incontournable Atget – plusieurs albums, des vues astronomiques ou médicales. Mais le clou de l'exposition est composé par deux dispositifs de flux symétriques, qui se répondent, au dernier étage et au sous-sol du musée.

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"Tous photographes": la photographie fluide

image L'exposition "Tous photographes! La mutation de la photographie amateur à l'ère numérique" (du 08 février au 20 mai 2007, Musée de l’Elysée, Lausanne) se propose d’explorer l’évolution de la photographie amateur depuis l’essor des technologies numériques de prise de vue et de diffusion. Tout le monde est invité à faire parvenir au musée une photo de son cru pour qu’elle soit intégrée dans le dispositif de l’exposition.

Il se trouve que j'ai étudié en détail la première exposition d'importance qui avait été consacrée à la photographie amateur en France: "Photos de famille", présentée sous la Grande Halle de la Villette dans le cadre du Mois de la Photo 1990[1].

Or, ce qui me frappe en lisant les commentaires polémiques que suscite l'actuelle exposition du Musée de l'Elysée, c'est que, si la technologie a changé, le dispositif demeure le même: projeter en continu des photos d'amateurs. Ici, par le biais d'un vidéoprojecteur, à Paris au moyen de bons vieux projecteurs de diapos. Ce n'est pas sans rappeler les projections diapos qui ont émaillé tant de soirées entre amis du temps des traditionnelles photos de vacances! Certes, dans l'une et l'autre exposition, il y a également des photos exposées sur des cimaises, à l'égal d’œuvres d'artistes: toute la question est alors de savoir ce qui leur vaut cette dignité, qui en décide et selon quels critères. Mais il est tout de même caractéristique que la projection d'un flot d'images anonymes demeure un dispositif central dans ce type d'exposition, comme si la photo d'amateur ne pouvait être traitée autrement que comme un matériau, un fluide à la limite indistinct (les organisateurs de l’exposition ambitionnent de recueillir un million de photos). Et si jamais s'en dégage une esthétique (car c'est bien là toute la question: sommes-nous devant une invention radicale ou bien devant la énième répétition de l'existant?), elle ne serait pas due aux amateurs eux-mêmes, mais aux spécialistes éclairés qui auront su pêcher dans ce flot quelques perles méritant la consécration éphémère du musée. C'est une curieuse opération celle qui consiste à faire entrer au musée la photo d'amateur car elle requiert, en quelque sorte, de priver d'abord celle-ci de toute qualité pour mieux pouvoir ensuite la réinventer selon des critères savants (notamment esthétiques) supposés par principe étrangers aux photographes anonymes.

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Exposition participative "Tous photographes !" au musée de l'Elysée

La première grande exposition consacrée aux nouvelles formes de la photographie numérique est actuellement en préparation au musée de l'Elysée de Lausanne, sous le titre "Tous photographes! La mutation de la photographie amateur à l'ère numérique" (du 8 février au 20 mai 2007). Un volet de cette manifestation s'appuiera sur la participation volontaire des bénévoles, à travers un site web (http://www.tousphotographes.ch), où l'on peut dès à présent faire parvenir ses photographies (taille maxi: 6 Mo). Le musée souhaite une participation massive: toutes les propositions sont les bienvenues.

Which Came First: The Disney or the Art?

An exhibition currently at the Grand Palais, “Il était une fois Walt Disney: aux sources de l’art des studios Disney,” asks similar questions, and has generated controversy with its perceived bid to elevated Disney to high art.

Source: Jonathan Lackman, The Art History Newsletter, 28/09/2006.
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Cycle de conférences sur le portrait au Louvre

A l'occasion de l'exposition "Portraits publics, portraits privés", du 4 octobre 2006 au 8 janvier 2007 (Galeries nationales du Grand Palais), le Louvre organise un cycle de trois conférences sur le portrait.

Les années 1770-1830 sont marquées par de profonds bouleversements sociaux, politiques et culturels, dominés par les Lumières, les révolutions américaine et française et le romantisme. Le portrait s'affirme alors comme le genre moderne par excellence, parallèlement à l'émergence de la société bourgeoise. Les plus grands artistes, de Reynolds et Gainsborough à Canova, de David à Goya et Houdon, d'Ingres à Lawrence, Géricault ou Delacroix, s'y adonnent, portant le portrait aussi bien peint que sculpté à un niveau de qualité éblouissant et marquant le passage de l'image officielle à un mode plus intime de représentation.

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Willumsen sur LTA, ou le retour à Diderot

Notre confrère La Tribune de l'Art consacre un article à l'exposition Willumsen actuellement présentée au musée d'Orsay, sous la plume de Jean-David Jumeau-Lafond. Cette critique est précédée d'un avertissement qui explique que: Willumsen, étant mort en 1958, n'est pas tombé dans le domaine public. Seules deux photographies peuvent être publiées sans régler de droits aux héritiers, via l'ADAGP, et celles-ci doivent être retirées après la fin de l'exposition, faute de quoi il est nécessaire de payer pendant toute la durée de la mise en ligne, c'est à dire jusqu'à la fin éventuelle de La Tribune de l'Art. C'est pourquoi la revue a choisi de renoncer à illustrer cet article et recourt à un système de liens renvoyant aux reproductions des oeuvres présentées sur les sites du musée d'Orsay ou du J. F. Willumsens Museum.

Suivant de peu la mise en berne du site d'Etudes photographiques pour des raisons similaires, cet exemple témoigne à son tour de l'absurdité d'un système résolument inadapté aux circulations du web. Que signifie-t-il? En premier lieu, que les règles du jeu en vigueur favorisent l'accompagnement promotionnel, au détriment de la critique proprement dite. À condition de se limiter au matériel du dossier de presse, les agendas culturels qui fleurissent sur le web peuvent présenter une illustration accorte et gratuite. Il en va tout autrement lorsque l'on veut choisir librement le corpus des images à commenter, ou lorsque l'objet de l'analyse sort du cadre de l'actualité des expositions.

L'option habile de La Tribune de l'Art démontre aussi les limites du flicage des sources iconographiques. A moins d'interdire les liens hypertexte pointant sur des images, on voit mal comment le droit pourrait empêcher cette forme d'illustration par délégation, qui tire la langue à la loi DADVSI. Ce système trouve toutefois sa limite dans l'impossiblité de s'assurer de la pérennité des sources mobilisées. La critique d'art au sein des outils les plus avancés de l'édition du XXIe siècle en sera alors réduite à revenir à la forme aveugle pratiquée par Diderot dans ses Salons. Est-ce vraiment ce qui est souhaitable?

Illustration: timbre danois reproduisant "Une alpiniste", huile sur toile de Jens Ferdinand Willumsen, 1904 (source: www.artstamps.dk).

Comptes rendus de l'exposition Ingres

Didier Rykner propose, dans La Tribune de l'art, un compte rendu détaillé de l'exposition Ingres ainsi qu'une série de notes de lecture sur les ouvrages récents consacrés au peintre.

Exposition "Modernism: Designing a new world" au V&A

Le Victoria and Albert Museum de Londres a ouvert les portes de son exposition: "Modernism. Designing a new world" (du 6 avril au 27 juillet). Avec un ensemble de 267 pièces issues de près de 80 prêteurs du monde entier, une scénographie particulièrement réussie et un catalogue des plus complets, il s'agit sans conteste d'un des grands rendez-vous de l'année. Coordonnée par Christopher Wilk, conservateur du V&A spécialiste des arts appliqués, cette manifestation propose une vision du modernisme appuyée sur une thèse qui a le mérite de la clarté. Contrairement au cadre traditionnel défini par le critique d'art Clément Greenberg, qui en restreignait l'acception aux beaux-arts et à la littérature, en le caractérisant principalement par ses aspects auto-référentiels, l'exposition suggère de distinguer son principal moteur dans l'alliance des arts et de l'industrie, et le définit par son objectif politico-messianique de l'élaboration de "l'Homme nouveau". Une vision plus conforme à la pédagogie du Bauhaus qu'à la révolte de Dada, où les principaux héros ne sont plus Manet, Cézanne ou Picasso mais Duchamp, Le Corbusier et Rodtchenko.

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