Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Musée des Arts Derniers, l’inclassable Afrique

Après la rue Mademoiselle dans le 15e arrondissement de Paris, le musée des Arts derniers ouvre ses portes au coeur de Paris, dans le Marais. Un lieu de qualité qui propose un regard alternatif sur la diversité de la création africaine. On y voit "des Afriques" très différentes, en peinture par exemple avec l’exposition actuelle du peintre Solly Cissé (Sénégal), en photographie avec en tête d’affiche Malick Sidibé (Mali), Calvin Dondo (Zimbabwe) ou encore en sculpture avec entre autre le superbe travail de Christophe (France) et Colleen Madamombe. Rencontre avec son directeur, Olivier Sultan.

Afrique in Visu, 09/07/2007.
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"Tous photographes", anthologie des nouveaux usages de la photographie

image Comment témoigner de la révolution occasionnée dans les usages amateurs par l'arrivée de la photographie numérique? L'exposition "Tous photographes!" constitue la première tentative muséale pour répondre à cette question. Une réponse intelligente et productive, qui évite d'emblée plusieurs écueils. Celui d'un aplatissement de la pluralité des pratiques, qu'aurait pu produire une application brutale du dispositif d'exposition. Mais aussi ceux de la personnalisation ou du palmarès, qui pouvaient facilement découler du tamis de la cimaise, alors même que les nouveaux enjeux sont ceux de l'anonymat, de l'appropriation ou de la circulation virale.

La première réponse est le choix d'un dispositif non univoque. C'est par ses différents reflets que la production amateur est diffractée plutôt que cernée, multipliée plutôt que synthétisée. Les manifestations autonomes de la forme amateur, sous l'espèce des illustrations du magazine militant JPG, ouvrent le bal. De nombreuses oeuvres d'artistes sont ensuite convoquées, qui citent ou interrogent les images privées. Leurs usages dans la presse, sous la forme du citizen journalism, de divers concours ou encore du journalisme trash sont également illustrés. Le volet technique n'est pas oublié, avec un mur composé de pages de manuels. Divers rappels historiques ponctuent de même le parcours: quelques appareils anciens, une série de vintages – dont l'incontournable Atget – plusieurs albums, des vues astronomiques ou médicales. Mais le clou de l'exposition est composé par deux dispositifs de flux symétriques, qui se répondent, au dernier étage et au sous-sol du musée.

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"Tous photographes": la photographie fluide

image L'exposition "Tous photographes! La mutation de la photographie amateur à l'ère numérique" (du 08 février au 20 mai 2007, Musée de l’Elysée, Lausanne) se propose d’explorer l’évolution de la photographie amateur depuis l’essor des technologies numériques de prise de vue et de diffusion. Tout le monde est invité à faire parvenir au musée une photo de son cru pour qu’elle soit intégrée dans le dispositif de l’exposition.

Il se trouve que j'ai étudié en détail la première exposition d'importance qui avait été consacrée à la photographie amateur en France: "Photos de famille", présentée sous la Grande Halle de la Villette dans le cadre du Mois de la Photo 1990[1].

Or, ce qui me frappe en lisant les commentaires polémiques que suscite l'actuelle exposition du Musée de l'Elysée, c'est que, si la technologie a changé, le dispositif demeure le même: projeter en continu des photos d'amateurs. Ici, par le biais d'un vidéoprojecteur, à Paris au moyen de bons vieux projecteurs de diapos. Ce n'est pas sans rappeler les projections diapos qui ont émaillé tant de soirées entre amis du temps des traditionnelles photos de vacances! Certes, dans l'une et l'autre exposition, il y a également des photos exposées sur des cimaises, à l'égal d’œuvres d'artistes: toute la question est alors de savoir ce qui leur vaut cette dignité, qui en décide et selon quels critères. Mais il est tout de même caractéristique que la projection d'un flot d'images anonymes demeure un dispositif central dans ce type d'exposition, comme si la photo d'amateur ne pouvait être traitée autrement que comme un matériau, un fluide à la limite indistinct (les organisateurs de l’exposition ambitionnent de recueillir un million de photos). Et si jamais s'en dégage une esthétique (car c'est bien là toute la question: sommes-nous devant une invention radicale ou bien devant la énième répétition de l'existant?), elle ne serait pas due aux amateurs eux-mêmes, mais aux spécialistes éclairés qui auront su pêcher dans ce flot quelques perles méritant la consécration éphémère du musée. C'est une curieuse opération celle qui consiste à faire entrer au musée la photo d'amateur car elle requiert, en quelque sorte, de priver d'abord celle-ci de toute qualité pour mieux pouvoir ensuite la réinventer selon des critères savants (notamment esthétiques) supposés par principe étrangers aux photographes anonymes.

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Exposition participative "Tous photographes !" au musée de l'Elysée

La première grande exposition consacrée aux nouvelles formes de la photographie numérique est actuellement en préparation au musée de l'Elysée de Lausanne, sous le titre "Tous photographes! La mutation de la photographie amateur à l'ère numérique" (du 8 février au 20 mai 2007). Un volet de cette manifestation s'appuiera sur la participation volontaire des bénévoles, à travers un site web (http://www.tousphotographes.ch), où l'on peut dès à présent faire parvenir ses photographies (taille maxi: 6 Mo). Le musée souhaite une participation massive: toutes les propositions sont les bienvenues.

Which Came First: The Disney or the Art?

An exhibition currently at the Grand Palais, “Il était une fois Walt Disney: aux sources de l’art des studios Disney,” asks similar questions, and has generated controversy with its perceived bid to elevated Disney to high art.

Source: Jonathan Lackman, The Art History Newsletter, 28/09/2006.
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Cycle de conférences sur le portrait au Louvre

A l'occasion de l'exposition "Portraits publics, portraits privés", du 4 octobre 2006 au 8 janvier 2007 (Galeries nationales du Grand Palais), le Louvre organise un cycle de trois conférences sur le portrait.

Les années 1770-1830 sont marquées par de profonds bouleversements sociaux, politiques et culturels, dominés par les Lumières, les révolutions américaine et française et le romantisme. Le portrait s'affirme alors comme le genre moderne par excellence, parallèlement à l'émergence de la société bourgeoise. Les plus grands artistes, de Reynolds et Gainsborough à Canova, de David à Goya et Houdon, d'Ingres à Lawrence, Géricault ou Delacroix, s'y adonnent, portant le portrait aussi bien peint que sculpté à un niveau de qualité éblouissant et marquant le passage de l'image officielle à un mode plus intime de représentation.

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Willumsen sur LTA, ou le retour à Diderot

Notre confrère La Tribune de l'Art consacre un article à l'exposition Willumsen actuellement présentée au musée d'Orsay, sous la plume de Jean-David Jumeau-Lafond. Cette critique est précédée d'un avertissement qui explique que: Willumsen, étant mort en 1958, n'est pas tombé dans le domaine public. Seules deux photographies peuvent être publiées sans régler de droits aux héritiers, via l'ADAGP, et celles-ci doivent être retirées après la fin de l'exposition, faute de quoi il est nécessaire de payer pendant toute la durée de la mise en ligne, c'est à dire jusqu'à la fin éventuelle de La Tribune de l'Art. C'est pourquoi la revue a choisi de renoncer à illustrer cet article et recourt à un système de liens renvoyant aux reproductions des oeuvres présentées sur les sites du musée d'Orsay ou du J. F. Willumsens Museum.

Suivant de peu la mise en berne du site d'Etudes photographiques pour des raisons similaires, cet exemple témoigne à son tour de l'absurdité d'un système résolument inadapté aux circulations du web. Que signifie-t-il? En premier lieu, que les règles du jeu en vigueur favorisent l'accompagnement promotionnel, au détriment de la critique proprement dite. À condition de se limiter au matériel du dossier de presse, les agendas culturels qui fleurissent sur le web peuvent présenter une illustration accorte et gratuite. Il en va tout autrement lorsque l'on veut choisir librement le corpus des images à commenter, ou lorsque l'objet de l'analyse sort du cadre de l'actualité des expositions.

L'option habile de La Tribune de l'Art démontre aussi les limites du flicage des sources iconographiques. A moins d'interdire les liens hypertexte pointant sur des images, on voit mal comment le droit pourrait empêcher cette forme d'illustration par délégation, qui tire la langue à la loi DADVSI. Ce système trouve toutefois sa limite dans l'impossiblité de s'assurer de la pérennité des sources mobilisées. La critique d'art au sein des outils les plus avancés de l'édition du XXIe siècle en sera alors réduite à revenir à la forme aveugle pratiquée par Diderot dans ses Salons. Est-ce vraiment ce qui est souhaitable?

Illustration: timbre danois reproduisant "Une alpiniste", huile sur toile de Jens Ferdinand Willumsen, 1904 (source: www.artstamps.dk).

Comptes rendus de l'exposition Ingres

Didier Rykner propose, dans La Tribune de l'art, un compte rendu détaillé de l'exposition Ingres ainsi qu'une série de notes de lecture sur les ouvrages récents consacrés au peintre.

Exposition "Modernism: Designing a new world" au V&A

Le Victoria and Albert Museum de Londres a ouvert les portes de son exposition: "Modernism. Designing a new world" (du 6 avril au 27 juillet). Avec un ensemble de 267 pièces issues de près de 80 prêteurs du monde entier, une scénographie particulièrement réussie et un catalogue des plus complets, il s'agit sans conteste d'un des grands rendez-vous de l'année. Coordonnée par Christopher Wilk, conservateur du V&A spécialiste des arts appliqués, cette manifestation propose une vision du modernisme appuyée sur une thèse qui a le mérite de la clarté. Contrairement au cadre traditionnel défini par le critique d'art Clément Greenberg, qui en restreignait l'acception aux beaux-arts et à la littérature, en le caractérisant principalement par ses aspects auto-référentiels, l'exposition suggère de distinguer son principal moteur dans l'alliance des arts et de l'industrie, et le définit par son objectif politico-messianique de l'élaboration de "l'Homme nouveau". Une vision plus conforme à la pédagogie du Bauhaus qu'à la révolte de Dada, où les principaux héros ne sont plus Manet, Cézanne ou Picasso mais Duchamp, Le Corbusier et Rodtchenko.

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Courbet and the Modern Landscape

Malgré son titre, l’exposition du J. Paul Getty Museum évite à peu près tous les écueils d’un modernisme aujourd’hui bien périmé. Le catalogue, au contraire, s’appuie avec précision et finesse sur l’historiographie récente, plus ouverte au contexte historique et culturel, esthétique et commercial, plus consciente de la complexité du personnage et de l’élaboration des images, qui s’avère moins innocente, instinctive ou naïve qu’elle ne paraît. Courbet fait flèche de tout bois, s’empare très tôt de l’héritage assumé de l’école de Barbizon, regarde Daubigny et même Harpignies, s’approprie jusqu’à l’imagerie touristique.

Compte rendu de: Mary Morton, Charlotte Eyerman, Courbet and the Modern Landscape, Getty Publications, 2006.
Par Stéphane Guéguan, La Tribune de l'art, 07/04/2006.
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A Review of "L'Utopie photographique"

L'Utopie Photographique: Regard sur la collection de la Société française de photographie (cat. exp.), textes de Michel Poivert, André Gunthert, Carole Troufléau, Paris, Le Point du Jour éditeur, 2004.

The Société française de photographie (SFP) was founded in 1854, the second oldest photographic society in the world after the English (later Royal) Photographic society. And, as Michel Poivert tells us in the introductory essay of this catalogue, written to accompany the exhibition at the Maison européenne de la photographie celebrating its 150 years, the SFP was an organization that combined «les principes d'une société savante et les ambitions d'une veritable académie.» These principles and ambitions were put in the service of an utopian vision: «la constitution en une discipline d'une pratique encore anarchique». L’Utopie photographique is a testament to those ambitions and a proof of their achievement.

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Exposition "Figures et portraits" au musée d'Orsay

image Après la galerie de photographie de la Bibliothèque nationale de France, c'est celle du musée d'Orsay qui consacre ses cimaises à l'histoire du portrait: une remarquable sélection effectuée dans les collections par Françoise Heilbrun, assistée de Joëlle Bolloch, qui permet de réviser ses classiques: Hill et Adamson, Nadar, Carjat ou Cameron – mais aussi Humbert de Molard, Disdéri, Adam-Salomon, Aguado, Degas et Lewis Hine, avec une mention spéciale pour Steichen et Stieglitz. Au plaisir, toujours trop rare et qu'on se gardera bien de bouder, de revoir ces oeuvres ou ces signatures célèbres, s'ajoute celui de quelques trésors qui valent à eux seuls le déplacement, comme le minuscule daguerréotype de Delacroix jeune par Léon Riesener (1842), ou le négatif sur papier par Charles Nègre: "Henri Le Secq et une petite fille faisant l'aumône à un joueur d'orgue" (1853). On notera la présence de quelques belles curiosités: plusieurs albums rares ou encore une composition de portraits spirites américains de 1910.

Du 7 mars au 4 juin 2006, musée d'Orsay, 62, rue de Lille, 75007 Paris.

Annonce de l'exposition Ingres au Louvre

image Le site de la RMN a ouvert la page de présentation de l'exposition Ingres (musée du Louvre, du 24 février au 15 mai 2006):
Regroupant 80 tableaux et 104 dessins, cette rétrospective entend porter un nouveau regard sur l'artiste, ses fécondes contradictions et la place paradoxale qu'il occupe dans le romantisme français. Outre les chefs-d’œuvre du Louvre et la générosité des collectionneurs privés, les prêts exceptionnels des musées américains, anglais et russes permettent de voir Ingres comme jamais.
Présentation détaillée, publications, conférences, visites:
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Austellung: "August Sander. Linzer Jahre", Köln

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Arbeiten aus dem Frühwerk des Photographen in Österreich
Eine Ausstellung der Photographischen Sammlung/SK Stiftung Kultur, Köln, in Zusammenarbeit mit der Landesgalerie Linz am Oberösterreichischen Landesmuseum.

Eröffnung: Donnerstag, 9. Februar um 19 Uhr.
Ausstellungslaufzeit: 10. Februar bis 7. Mai 2006, SK Stiftung Kultur, Im Mediapark 7, 50670 Köln.

Die Ausstellung "Linzer Jahre" dokumentiert die frühe Schaffensphase des Photographen, der vor allem durch sein Portraitwerk Menschen des 20. Jahrhunderts Weltruhm erlangte. Die Zeit seiner beruflichen Anfangsjahre wird nun erstmalig mit rund 220 Exponaten dargestellt. Neben Photographien, die Sander u. a. als großformatige Gummi- oder Pigmentdrucke ausführte, werden Exemplare seiner Gemälde, Korrespondenz, Rezensionen sowie Bücher gezeigt, die seine Entwicklungsjahre näher beleuchten und die Ambitionen des jungen Künstlers mit seinem späteren Oeuvre in Verbindung setzen.

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Hide and Seek: A Review of "The Perfect Medium"

Le Troisième Oeil. La photographie et l'occulte (cat. exp.), textes de Clément Chéroux, Andreas Fischer, Pierre Apraxine, Denis Canguilhem, Sophie Schmit, Paris, Gallimard, 2004.

The Perfect Medium: Photography and the Occult, essays by Clément Chéroux, Andreas Fischer, Pierre Apraxine, Denis Canguilhem, Sophie Schmit, Yale University Press, 2005.

Faced with the difficult, and slippery, task of trying to define photography’s relationship to the occult, the authors of The Perfect Medium describe, on page 46, the two “divergent approaches” taken to the problem since the 19th century. “In the early 1860s,” they write, “spirit photography had two faces. Like Janus, it was used for both mystification and demystification.” On the one hand, there were the believers, who used photography in a quasi-scientific fashion to “foster belief in the possibility of photographing spirits of the dead.” On the other, there were those who saw the commercial and recreational possibilities of ghost photography. Dressed to thrill, actors transformed themselves into spirits, angels and fairies, enriching the coffers of photographers and publishers and amusing the multitudes in the process.

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