Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Why Flickr is not Art

image Fraîche réception, lundi dernier, par les étudiants de l'école des beaux-arts de Lorient, de ma présentation consacrée à Flickr et YouTube. Appuyé sur le récent article du New York Times, qui concède pour la première fois le statut de production culturelle aux oeuvres en ligne, je me bornais pourtant à une introduction plutôt neutre, décrivant les systèmes d'appréciation comme un nouveau cadre pour l'expression créative. Peu intéressés par l'interestingness, les apprentis artistes n'étaient pas prêts à admettre qu'il y eut là matière à débat esthétique.

Y-a-t'il de l'art sur Flickr? Sur un total d'images qui flirte avec les deux milliards, il serait sans doute aussi imprudent de croire le contraire que de prétendre qu'il n'existe pas d'oeuvres d'art en peinture. Pourtant, face aux questions de l'assistance, il m'est apparu que mes moyens pour le démontrer ne pouvaient être que rhétoriques. Il ne m'était pas possible de répondre en montrant simplement une image, et en disant: voici. Cela non seulement parce qu'une oeuvre, sur cette plate-forme, ne se limite pas à ce qui est dans le cadre, mais comprend la totalité du réseau tissé par les multiples interactions, commentaires, favoris, etc., qui la constituent comme telle. Mais d'abord pour la raison que le seul véhicule de cette présentation aurait été l'écran d'ordinateur.

Un outil bien trop faible pour convaincre les sceptiques. A l'exception des plus aguerris des regardeurs (les critiques de demain, qui ont déjà produit seuls le travail qui permet cette distinction), nous ne sommes pas encore capables de voir de l'art lorsque celui-ci se manifeste sur un écran. Mis à part la frange spécifiquement identifiée comme expérimentation sur le médium lui-même, comme le net.art, un écran reste pour la plupart d'entre nous un support sur lequel nous pouvons apprécier une oeuvre déjà reconnue par l'institution – mais pas une production qui n'aurait bénéficié d'aucune validation par une instance légitime. A la différence de la cimaise, l'écran n'est pas une institution artistique. Aussi admettons-nous qu'internet puisse accueillir des oeuvres en devenir – mais seul leur adoubement par un critique, une galerie, un grand journal est pour l'instant susceptible de donner le coup de baguette magique qui transformera la citrouille en carosse.

Pour apprécier le travail créatif qui se produit aujourd'hui sur les plates-formes, nous usons d'une catégorie qu'utilisaient déjà au XIXe siècle les promoteurs de l'oeuvre photographique: celle de l'amateur. Cette catégorie refuge constitue un précieux espace d'acclimatation à l'art tel qu'il se fait, au moment où celui-ci est encore dépourvu des institutions qui permettraient au plus grand nombre de l'apercevoir. Un espace dont la liberté et la capacité d'invention tiennent à l'absence de revendication d'un statut. Soit l'inverse de la fonction d'une école des beaux-arts.

Bauhaus à l'EHESS

image Aujourd'hui conservée par la galerie Kicken de Berlin (exposée à Lectoure en 2000), la collection des photographies des étudiants du Bauhaus comprend des reproductions d'oeuvres graphiques à caractère documentaire, des enregistrements de l'environnement immédiat des élèves et des prises de vues récréatives, portraits ou groupes, exécutées le plus souvent sans souci de composition ou de cadrage, comme au petit bonheur la chance. Dans le contexte étroitement normé de l'enseignement des arts appliqués, on comprend à quel point la pratique photographique a pu former à la fois un matériau de base et une sorte de friche, un espace de communication et d'échange autorisant une circulation sans contraintes, un outil aussi fluide et invisible que la langue que l'on parle – non signé, non revendiqué, libre d'usage, ouvert à tous.

Déjà signalée ici, la pratique photographique favorisée dans le cadre des activités du Lhivic a atteint une manière de sommet lors de l'événement baptisé "la fête chez le voisin de Claude", dont on peut apercevoir les restes sur notre groupe Flickr. C'est la même insouciance qui est à l'oeuvre, une photographie comme langue et pratique de communication. Une belle fringale, aussi, quelque chose comme une curiosité maintenue en éveil, l'oeil qui cherche, toujours prêt à attraper, comme une gourmandise, l'événement visuel qui passe à sa portée. Ma satisfaction est grande d'avoir pu créer cette familiarité avec l'outil, plus répandue dans les écoles d'art que dans les séminaires de sciences sociales. Cet amusement a encore beaucoup à nous apprendre. Qu'on se le dise: les appareils photos sont les bienvenus dans les cours du Lhivic! La collection commence.

La Lhivicsphère s'agrandit (suite)

image Comme promis, après le démarrage le mois dernier de l'atelier "Etudes visuelles: Problèmes et méthodes", piloté par Gaby David et Audrey Leblanc, le blog L'Atelier du Lhivic essuie les plâtres, permettant aux étudiants du labo de prolonger leurs travaux par un espace d'échanges publics. Merci à Rémy Besson pour ses heures de sommeil en moins, et à vos coms pour encourager les premiers posteurs! Les participants à l'atelier, qui disposent également d'un groupe sur Facebook et d'un autre sur Flickr, n'auront en tous cas plus d'excuse pour manquer une séance: la date de la prochaine réunion est annoncée sur le blog.

Face au développement bienvenu de ces nouvelles ressources, j'ai également concrétisé ma promesse de la création d'un agrégateur des blogs visuels, sous la forme d'un "planet" Histoire visuelle, sous Wordpress (beta version). Cet outil, qui affiche les derniers billets publiés sur les blogs Amateur d'art, ARHV, Arts des nouveaux médias, iPhotocom, L'Atelier du Lhivic, Le Flipbook, Mots d'images, Souris de compactus et ViteVu, peut être consulté comme un site, mais est surtout destiné à fournir un nouveau fil d'abonnement rss, qui permettra de suivre en temps réel les publications de ces organes (tant que j'y étais, j'ai également créé, pour les aficionados, un autre agrégateur regroupant mes billets sur ARHV et le Flipbook – on n'a plus que l'embarras du choix). Au-delà de l'aspect technique, ce nouvel outil témoigne aussi à sa manière des liens qui se tissent au sein de la blogosphère et des échanges bien réels que cet espace favorise.

Nota bene aux autres auteurs de ma blogroll, notamment Afrique in Visu, Christian Delage, Diplomatie Ouest-indienne, Iconique.net: mon agrégateur a pour l'instant des problèmes pour reconnaître correctement vos flux. Il va falloir regarder sous le capot pour réparer ça.

Le Lhivic crée son groupe sur Facebook

Note chronologique. le Lhivic vient de créer son groupe sur Facebook. Il y a aujourd'hui 10 étudiants inscrits par ailleurs membres de FB – cet état de fait permet de mettre à profit dès maintenant la plate-forme, sans attendre la mise en place de l'ENT (Environnement de travail numérique) de l'EHESS (prévu pour la rentrée 2008). Le groupe devrait pouvoir servir d'outil de signalement rapide pour tout contenu en ligne, particulièrement les vidéos ou les contenus illustrés, pour lesquels l'interface de FB est bien plus conviviale que celle de Del.icio.us. Les outils de discussion pourront également être mis à profit.

(Dans le même temps, je me rends compte du côté paradoxal du processus pour l'installation de l'ENT à l'Ecole. Mis à part les listes de diffusion, nous ne nous servons pas encore, ou à peine, d'outils informatiques collectifs dans le cadre académique. Pour mettre en place l'ENT, il faut élaborer un cahier des charges pour définir les fonctionnalités et leur interaction. Mais il est très difficile d'imaginer a priori le cadre des besoins, ce qui va vraiment être utile, ou ce qui va vraiment être utilisé. Ma pratique des outils du web 2.0 a toujours été celle de l'essai prospectif: on ouvre un compte et on regarde comment on va pouvoir s'en servir. C'est à partir de ces expériences qu'on peut se rendre compte des usages effectifs – qui dépendent souvent de détails minimes dans la présentation d'une interface. Evidemment, mes expérimentations sur Flickr, Del.icio.us ou Facebook sont regardées d'un oeil soupçonneux par l'administration, qui préfère la voie du bon vieux centralisme démocratique. Rendez-vous dans quelques années pour vérifier quelle méthode aura été la plus efficace...)

Quand les séminaires sur la photo font des photos

image Comment en vient-on à faire des photos en séminaire? En études visuelles, de plus en plus d'étudiants sont munis d'appareils compacts ou de photophones, avec lesquels ils n'hésitent plus à mitrailler l'écran en plein exposé. J'abuse moi-même du procédé, car il n'y a pas meilleur carnet de notes en matière visuelle. Cela dit, obtenir des images lisibles avec la faible lumière du vidéoprojecteur tient parfois du casse-tête, c'est pourquoi je recours souvent à un reflex – plus encombrant et surtout plus bruyant – pour de meilleurs résultats. Profitant de mon statut de spécialiste, j'ignore les regards noirs qui me foudroient – il faut parfois savoir se sacrifier pour établir un usage.

Au Lhivic, cela fait maintenant un an ou deux que la présence de caméras est devenue familière. La disponibilité des outils crée de nouvelles opportunités iconographiques. Depuis quelques séances, lors de la session de rattrapage désormais rituelle, à l'atelier de recherche Aux Bons Crus, mon appareil circule de main en main. Au prétexte de tester la machine, les chercheurs se shootent les uns les autres comme des ados de retour du ski. Il est amusant de constater une amélioration progressive de cette production collective improvisée, qui suggère l'émergence d'un genre, encore en gestation: la photo créative de séminaire. Je parie un paquet de carambar que ce nouveau sport ne fait que commencer.

Post-scriptum. Encore une micro-expérience notable. Jeudi dernier, une connaissance de Facebook, qui se décrit elle-même comme "allergique à la fac", est venue assister au séminaire de son propre chef. Si j'ai bien compris, c'est parce qu'elle trouvait les photos de nos activités sur Flickr "sympathiques". Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais c'est probablement la première fois qu'on vient à mes cours sur la base d'un impetus iconographique. Etrange combinaison (blog + Facebook + Flickr), qui semble produire son effet par accumulation d'informations, jusqu'au geste réel. Moralité: continuons les photos!

Médias contestables, médias contestés par des étudiants en lutte

Dans les jours qui ont suivi la tenue de la coordination nationale étudiante à Rennes les 10 et 11 novembre derniers, la plupart des médias ont déploré, avec un bel unanimisme, l’accueil qui leur avait été réservé: un «climat de méfiance», un «climat hostile». (...) Or aucun article de la presse dominante consacré à la question des rapports entre médias et mobilisations sociales n’a proposé de véritable retour sur la responsabilité sociale des journalistes.

Par Marie-Anne Boutoleau et Yves Rebours, Acrimed, 30/11/2007.
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Les réformes nécessaires expliquées aux cons (2)

image Il nous faut aujourd'hui orienter nos efforts pédagogiques vers ceux qui, hélas, oeuvrent à détruire toute pédagogie depuis quelques semaines: les étudiants en grogne qui bloquent, qui manipulent, qui saccagent l'université française. D'autres ont déjà émis l'hypothèse selon laquelle ces faibles esprits seraient endoctrinés par des organes gauchistes et sectaires, qui les auraient convaincus du danger d'une réforme que le monde entier, pourtant, nous envie, et que les présidents d'universités appellent instamment de leurs voeux. La vérité est en fait autre, et malheureusement, bien plus triste à entendre: les étudiants ne sont pas des exécutants, ce sont juste de petits cons qui ne comprennent rien à rien.

P., Jourdan en lutte, 23/11/2007.
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Je hais les journalistes

image Que peuvent les blogs? Depuis la dernière campagne présidentielle, nous le savons: pas grand chose. Presque rien. Peut-être juste ceci: sauver l'honneur. Hier, en avance à un rendez-vous, je suis passé par hasard devant mon ancienne fac, Paris III-Censier, au moment où débutait l'assemblée générale de reconduction du blocage. Et ce que j'y ai vu différait du tout au tout de l'image produite par les "reportages" télévisés.

Dans les JT, une AG, c'est un affrontement violent de deux groupes fanatisés, les boqueurs et les anti-bloqueurs, qui s'insultent en attendant les CRS. Dans le monde réel, c'est un rassemblement calme et serein où l'on discute sérieusement de problèmes complexes. Où les universitaires, qui ne sont pas brusquement décérébrés, continuent à faire avec intelligence leur travail d'analyse. Dans le respect du dialogue et des opinions diverses. En assistant à une AG, on apprend plein de choses. D'abord, on voit que l'amphi est comble. La thèse de la manipulation par des groupuscules ultra-gauchistes apparaît pour ce qu'elle est: une pauvre farce. Et puis, si l'on écoute ce qui s'exprime, on comprend pourquoi ils sont tous là. Oui, cette loi pose des problèmes graves et nombreux, à tous les étages. Réduire ça à une discussion sur les droits d'inscription ou à un prurit anti-sarkozyste revient juste à écrire noir sur blanc: je suis un sinistre con, j'en suis fier et je signe. C'est pourtant si facile. Il suffit de venir voir. A entendre la teneur des discussions, le poids des arguments, on comprend immédiatement que ce mouvement ne fait que commencer.

Je suis sorti de là apaisé, de voir les étudiants si maîtres d'eux, d'observer la réalité du dialogue entre eux et la présidence, les professeurs ou les personnels administratifs, qui ne sont pas oubliés. Et aussi furieux, de constater de mes yeux le degré de caricature atteint par ce qui ne mérite plus depuis longtemps le nom de journalisme. S'en souviendra-t-on lorsque ces tristes sires nous trompèteront leur prochaine leçon de déontologie sur les blogs ou Wikipédia? Lorsqu'ils viendront pleurer pour qu'on sauve leurs journaux de la faillite? Cela fait déjà longtemps qu'il n'y a plus rien qui mérite d'être sauvé.

Libé n'a plus d'yeux pour les étudiants

image Une manif a mille visages. Phénomène polymorphe aux contours imprécis, elle offre à la vue tout l'éventail des comportements – et au photographe une vaste gamme de traitements. Selon l'angle retenu, on peut la montrer nombreuse ou anémique, souriante ou morose, dynamique ou amorphe. C'est dire si le choix d'une image est ici significatif. Significatif, non de l'événement, mais du regard qu'on porte sur lui.

En mars 2006, lors de la crise du CPE, Libération, fidèle à son histoire, s'était rangé du côté des manifestants. La grille de lecture visuelle était clairement la référence à mai 68. Volontiers éclairées par la lueur chaude d'un fumigène, les images chantaient l'ode à la jeunesse, au dynamisme et à la liberté. Un an et demi plus tard, beaucoup de choses ont changé. Joffrin a remplacé July à la tête du journal. Sarkozy a remplacé Villepin à la tête du pays. Sous le losange rouge, pour la première fois, les manifestations étudiantes ont perdu leur air de fête.

Sur la couverture du 9 novembre 2007 (voir ci-contre), foin des jeunes filles souriantes de jadis, trois jeunes gens occupent l'espace. On distingue quelques têtes à l'arrière-plan, mais la vue est en contre-plongée: impossible de savoir s'ils étaient dix mille ou deux cent – va savoir pourquoi, on n'a pas l'impression qu'ils étaient bien nombreux. Les couleurs sont froides et sombres, l'horizon bouché. Pas un brin de ciel bleu, qui signifie l'espoir. Surtout, ces trois étudiants sont entre eux: pas un coup d'oeil vers nous, pas un regard en avant, ni vers l'extérieur. Ils sont tout entiers à leur préoccupation du moment. Qui n'a pas l'air des plus aimables. Le personnage central, la bouche ouverte sur un cri, a les yeux presque clos. Une attitude reprise par son compagnon de gauche, dont le bas du visage est coupé. Comme les deux oreilles qui encadrent la scène, à gauche et à droite de l'image, et la referment à la manière d'un flipper. Le tout forme un bloc grimaçant et bizarre, sorte d'évocation moderne du Laocoon.

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Une nouvelle image de la France

Il va falloir s'y faire. Alors que les démagogues n'ont d'yeux que pour le contrôle de l'immigration, présentée comme le problème numéro un de la population française depuis l'apparition du chômage de masse, les démographes ont fait une découverte autrement préoccupante. Le nombre de Français établis à l'étranger serait en forte croissance, de l'ordre de 40% sur la période 1993-2002. Hervé Le Bras a tenté d'estimer la réalité d'une perte de population que les organismes officiels s'efforcent de dissimuler. “En résumé, les prétendues "omissions nettes" ont occulté un puissant mouvement démographique qui s'est lentement construit depuis la fermeture des frontières, un mouvement d'émigration des jeunes hors de France” ("La France, pays d'émigration", Les Quatre Mystères de la population française, Paris, Odile Jacob, 2007, p. 73-74).

A cette vision nouvelle, une campagne de la Fondation pour la recherche médicale donne pour la première fois une image, celle de la fuite des cerveaux, dans un spot réalisé bénévolement par l'agence RMG Connect. Appuyée sur un diagnostic qui vaut pour l'ensemble de la recherche publique, cette campagne alerte sur la crise des vocations provoquée par une politique de la recherche désastreuse, et appelle à soutenir les jeunes chercheurs.

Télécharger le dossier de presse (pdf).

Afrique in visu, premier bilan

image Bamako a été le point d’ancrage de la première cellule d'Afrique in visu, plateforme d’échanges autour du métier de photographe ouverte en octobre 2006. Cinq mois de rencontres, de collaborations et de découvertes ont permis à l’interface web de s’enrichir quotidiennement. Cette plateforme, c’est aussi 700 visiteurs par jour et 30.000 pages vues par mois. L’équipe constituée de Baptiste de Ville d’Avray (photographe) et Jeanne Mercier (historienne de la photo africaine) a tenté de mettre en avant les professionnels du secteur photographique malien mais aussi d’autres photographes travaillant sur l’Afrique afin que naisse une réelle interaction. Le but de cette plateforme est de voir émerger des débats, des questionnements et l’appropriation du blog par les photographes panafricains. Début 2007, l’équipe d’Afrique in visu a été renforcée par deux jeunes étudiants du CAMM (Conservatoire des Arts et métiers et multimédia de Bamako), Tiécoura N’Daou et Boubacar Tangara dit Koké qui vous permettront de lire l’actualité photographique de Bamako régulièrement.

En 5 mois, Afrique in visu a tenté de présenter via des portraits ou des interviews, le plus objectivement possible les principaux protagonistes de la photographie malienne, des plus anciens comme Malick Sidibé au plus prometteur comme Harandane Dicko. Notre collaboration avec le CFP, Cadre de Promotion en Formation à la Photographie, nous a permis de mieux prendre en compte les réalités maliennes mais aussi la manière dont est enseignée la photographie au Mali. (...) Nous avons rapidement constaté un manque de structure autour de la photographie à Bamako. Mis à part le dynamisme du CFP, le secteur semble aussi peu structuré qu’il y a 10 ans. La création de la MAP (Maison Africaine de la Photographie) en 2005 ne paraît pas avoir restructuré le monde de la photographie malienne. Initiée en vue d’autonomiser et de rendre malienne la Biennale de Bamako, son action sur le terrain est quasi invisible.

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Nouvelles inscriptions 2006-2007

Au terme de la campagne d'inscriptions 2006-2007, le Lhivic enregistre douze nouveaux projets de recherche, six en doctorat, cinq en master et un en diplôme. Deux rattachements en post-doc viennent compléter l'équipe.

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Thèses: qui va rapporter les félicitations?

Les premières soutenances de la rentrée ont donné l'occasion aux jurys de thèse d'expérimenter les nouvelles dispositions régissant le doctorat, discrètement introduites au cours de l'été par l'arrêté du 7 août 2006 (NOR : MENS0602083A). Les principales évolutions figurent aux articles 20 et 21. L'article 20 introduit une modification bienvenue dans le régime des mentions. Dans la période récente, une thèse exécrable était rituellement saluée par la mention "très bien", devenue le lot commun de tous les doctorats, et n'était reconnaissable pour un oeil exercé qu'à l'absence des félicitations du jury. Poursuivant la course à la complaisance entretenue par l'institution académique, cette évaluation autrefois exceptionnelle était elle aussi en train de s'étendre à l'ensemble des thèses, noyant toute capacité de distinguer le meilleur du médiocre. Un légiste bien inspiré a trouvé une façon efficace de freiner cette dérive, en subordonnant l'attribution des félicitations à l'unanimité du jury, manifestée par un vote à bulletin secret, et surtout à l'obligation pour le président de rédiger un rapport supplémentaire justifiant de l'excellence de la thèse. Il y a fort à parier que cette contrainte, plus encore que l'indication ministérielle, tende à restituer aux félicitations leur caractère exceptionnel.

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Le "bureau virtuel" de l'EHESS à l'horizon 2007-2008

image Première réunion lundi dernier du groupe de pilotage du projet ENT de l'EHESS. Kezako? L'université prépare sa révolution numérique. Depuis 2003, le ministère de l'Education nationale encourage le déploiement d'environnements numériques de travail (ENT) ou "bureaux virtuels", constitués d’un ensemble homogène de services. Par l'intermédiaire d'un portail unique, accessible y compris à domicile, un étudiant pourra gérer en ligne son inscription et son cursus, avoir accès à un espace de stockage de données, paramétrer son e-mail, accéder à divers documents administratifs ou pédagogiques. Un enseignant pourra faire circuler ses matériaux de cours, textes, images et sons, communiquer les sujets d'examen, en saisir directement les résultats, ou vérifier l'état d'une inscription. L'administration pourra réunir et distribuer de façon plus commode et plus rapide les divers documents nécessaires au bon fonctionnement de l'établissement. Plus de 80 universités françaises participent aujourd'hui à l'installation de ces environnements, dont on peut par exemple se faire une idée sur le portail de Versailles Saint-Quentin en Yvelines.

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Ouverture du blog Afrique in Visu

image Jeanne, étudiante-chercheuse en histoire de la photographie et Baptiste, jeune photographe reporter partent à la rencontre des photographes émergents du Mali dans une optique d’échanges et de partage de connaissances… Echange autour d’un métier, de l’image, discussion avec l’école du Centre de formation en photographie (CFP), Mali...

Cela s'appelle Afrique in Visu et c'est un vrai projet de relation par et avec l'image, inventif, curieux et généreux. Un exemple qui montre que la marge de manoeuvre des étudiants n'est plus seulement limitée par le mémoire ou la dissertation, et qu'on aimerait voir suivi de beaucoup d'autres.

Rappelons que le mémoire de master de Jeanne Mercier, consacré aux Rencontres africaines de la photographie est disponible en ligne sur le site du Lhivic.

Lire aussi sur ce blog:

Bourse de recherche Neuflize/INHA en histoire de la photographie

Bourse d’encouragement à la recherche en histoire de la photographie de la fondation Neuflize Vie

Appel à candidature 2006

La fondation d’entreprise Neuflize Vie pour la photographie contemporaine, en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), décerne pour la première année une bourse d’encouragement à la recherche en histoire de la photographie d’un montant de 15.000 euros.

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Pomme S

image Bientôt la rentrée. Un conte édifiant, pour faire peur aux étudiants. Une histoire d'aujourd'hui. Giovanna est une jeune doctorante en ethnologie à l'EHESS. Après plusieurs mois de terrain en Afrique, elle rentre chez elle, au Brésil. A peine arrivée, crash du disque dur. Dans le magasin, où elle a rapporté son portable, vieux de quatre ans à peine, le vendeur lui dit qu'il n'y a rien à faire. Elle pleure. Sur son ordinateur, il y a plus de 800 photos de ses recherches. Comment, lui dis-je, tu n'avais pas fait de copie? (C'est décidément un tropisme à l'EHESS – private joke.) Eh bien, le graveur de CD était mort, et elle était justement en train de se renseigner pour un disque dur externe. Devant sa détresse, le vendeur lui dit qu'on peut tenter une récupération de données. C'est 1.500 dollars. Alors, qu'est-ce que tu as fait? Eh bien, j'ai payé! Le prix d'un ordinateur. Quinze jours d'attente. Pendant quinze jours, j'ai perdu une partie de ma vie, dit-elle. Il y a encore dix ans, perdre le contenu d'un ordinateur, cela voulait dire perdre son carnet d'adresses et tous ses fichiers Word. Dont on avait généralement des sorties papier. C'était très ennuyeux. Mais aujourd'hui, sur ces merveilleuses machines si versatiles, il y a notre courrier, notre musique, nos photos, nos films, les mots de passe de nos abonnements internet, les adresses de nos fils RSS, la clé de toutes nos lectures. Perdre tout ça? Mieux vaut ne pas y penser. Heureusement, les photos ont pu être récupérées. Dans le désordre, et sans noms de fichier. A peine rentré chez moi, j'ai allumé mon disque dur externe. Evidemment, ça faisait deux mois que je n'avais pas fait de sauvegarde.

Séminaire "Problèmes d'histoire visuelle" (I et II)

image Séminaire 2006-2007, par André Gunthert.
Le jeudi, 17h-19h30, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 9 novembre 2006.

L'introduction des images d'enregistrement a profondément modifié notre rapport au visible. Alors que se multiplient les interrogations visant à déterminer les relations des sciences sociales à l'image, alors que le paysage des pratiques de l’image poursuit sa transformation à un rythme accéléré, il est urgent de jeter les bases d'une nouvelle histoire des images d'enregistrement. Tel est l'objectif du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle", qui se propose d'utiliser les outils de l'histoire pour mieux appréhender les manifestations contemporaines et réciproquement d'employer l'observation des évolutions récentes aux fins d'une critique de l'historiographie constituée.
Au programme: examen critique des historiographies du visuel, histoire de l'art et visual studies, les sciences sociales et l'image, nouvelles pratiques des images, la légende des amateurs, recherches en cours.

A noter: séminaire de recherche évalué ouverts aux étudiants en master et auditeurs libres, "Problèmes d'histoire visuelle" est composé de deux séries successives, au premier semestre (24 h, du 9 novembre 2006 au 25 janvier 2007) et au deuxième semestre (24 h, séances les: 8 février, 15 février, 1er mars, 15 mars, 22 mars, 5 avril, 3 mai, 24 mai, 31 mai, 7 juin).

Inscription pédagogique: auprès de Mme Marie-Claude Barré, bureau 906, 54 bd Raspail, 75006 Paris, tél. 01.49.54.25.55; réception sur rendez-vous le jeudi, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, bureau 141, à partir du 6 octobre (contact).

Illustration: La machine de vision, "Blade Runner", film d'anticipation, réal. Ridley Scott, 1982, photogramme.