Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

"Mai 68, un événement politique", par Claude Lefort

Principaux extraits de l'introduction par Claude Lefort au colloque "Mai 68. Regards sur les sciences sociales" (EHESS, 7 mai 2008).

Colloque "Mai 68. Regards sur les sciences sociales"

image 7 mai 2008, EHESS.

L'événement de Mai 68 est intervenu dans un contexte d'affirmation des sciences sociales. Il a impliqué de nombreux chercheurs de ces disciplines, engagés dans le combat des luttes sociales, intellectuelles et politiques, au plan national comme international. Fort de ces constats, une série de questions s'offre aux chercheurs qui, quarante ans plus tard, souhaitent penser l'événement et en comprendre le sens. En quoi la pratique des sciences sociales a-t-elle agi dans l'engagement de ceux qui les constituaient à la même époque? Comment ces engagements, à rebours, modifièrent-ils les sciences sociales et leurs pratiques? En quoi les thématiques actuelles de recherche et les nouvelles problématiques contribuent-elles enfin à la connaissance de l'événement et des controverses que suscite son quarantième anniversaire? Des chercheurs de l’Ecole des hautes études en sciences sociales proposent quatre grandes tables rondes, introduites par une conférence de Claude Lefort, afin de relever le défi de ces questions qui intéressent la société, la politique aussi bien que les savoirs scientifiques.

Matinée: Amphithéâtre, 105 bd Raspail

Ouverture, par Danièle Hervieu-Léger, EHESS
Présentation, par Marc Abélès, EHESS

9h30 - Mai 68, un événement politique, par Claude Lefort, EHESS

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Bauhaus à l'EHESS

image Aujourd'hui conservée par la galerie Kicken de Berlin (exposée à Lectoure en 2000), la collection des photographies des étudiants du Bauhaus comprend des reproductions d'oeuvres graphiques à caractère documentaire, des enregistrements de l'environnement immédiat des élèves et des prises de vues récréatives, portraits ou groupes, exécutées le plus souvent sans souci de composition ou de cadrage, comme au petit bonheur la chance. Dans le contexte étroitement normé de l'enseignement des arts appliqués, on comprend à quel point la pratique photographique a pu former à la fois un matériau de base et une sorte de friche, un espace de communication et d'échange autorisant une circulation sans contraintes, un outil aussi fluide et invisible que la langue que l'on parle – non signé, non revendiqué, libre d'usage, ouvert à tous.

Déjà signalée ici, la pratique photographique favorisée dans le cadre des activités du Lhivic a atteint une manière de sommet lors de l'événement baptisé "la fête chez le voisin de Claude", dont on peut apercevoir les restes sur notre groupe Flickr. C'est la même insouciance qui est à l'oeuvre, une photographie comme langue et pratique de communication. Une belle fringale, aussi, quelque chose comme une curiosité maintenue en éveil, l'oeil qui cherche, toujours prêt à attraper, comme une gourmandise, l'événement visuel qui passe à sa portée. Ma satisfaction est grande d'avoir pu créer cette familiarité avec l'outil, plus répandue dans les écoles d'art que dans les séminaires de sciences sociales. Cet amusement a encore beaucoup à nous apprendre. Qu'on se le dise: les appareils photos sont les bienvenus dans les cours du Lhivic! La collection commence.

Small is beautiful (4): l'interview sur Skype

Petite chronique des nouveaux usages (suite). L'autre jour, je reçois par e-mail une demande d'interview téléphonique de la part d'une étudiante en maîtrise de communication à l'Université Laval (Québec). Elle a lu mon article sur les "photographies de l'EHESS" publié dans Etudes photographiques et doit rédiger un papier à propos du photo-journalisme citoyen. Elle a trouvé mon adresse gmail en googlant mon nom, requête qui l'a conduit sur ma fiche d'identité en ligne. Je lui réponds par le même canal en lui indiquant mon compte Skype et un créneau d'appel, en tenant compte du décalage horaire (6h). Le moment venu, nous discutons pendant environ une demi-heure, dans des conditions relativement pénibles (écho et décalage prononcés – à noter que la conversation est bien plus agréable entre deux Mac, qui gèrent mieux le retour son), mais gratuitement, des évolutions du photo-journalisme.

Google+gmail+Skype: voilà une combinaison qui ne paraît déjà plus inhabituelle, pour un contact international. Nous y avons recouru comme si de rien n'était. Et pourtant, c'était pour moi la première fois que s'établissait ainsi une demande de rendez-vous académique (là est le symptôme le plus intéressant: face à un nouvel usage, l'obligation est de faire comme si en l'employait depuis longtemps). Il y a encore quelques années, la séquence équivalente aurait nécessité de passer par l'intermédiaire de mon secrétariat et au moins deux semaines de délai. Autant dire qu'il n'aurait pas été possible d'y recourir, pour des étudiants non parisiens, à propos d'une demande d'aide ponctuelle.

Lire aussi sur ce blog:

Un esempio da imitare

Straordinario strumento e punto d'incontro per chi si occupa di immagini visive (fotografia, cinema, audiovisivi) e scienze sociali il sito francese: www.lhivic.org. Costituito da un gruppo di giovani ricercatori condotti da giovani docenti universitari, disponibilissimi, si dimostra un fecondo strumento di incontro, scambio ed opportunità; non solo per le informazioni puntualissime collegate - vi perdere ad esplorare tutti i link - ma per il blog: http://www.arhv.lhivic.org...

Par Annalisa Vio, Pensiero dominante, 18/04/2008.
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Brève occupation de l'EHESS par les sans-papiers

image Hughes Léglise-Bataille m'informe qu'environ 300 sans-papiers ont occupé ce matin l'EHESS, au 105 Bd Raspail. Entrés vers 10h, ils en ont été délogés par les forces de l'ordre vers 13h30, à la demande de l'Ecole. Rassemblés devant les grilles, ils ont ensuite été encadrés jusqu'au métro par la police.

La direction de l'Ecole a reçu une délégation des occupants, et leur a indiqué qu'elle n'acceptait pas d'installation durable dans “un lieu lourdement éprouvé en avril 2006, lors de la crise du CPE”. La présidente a fait savoir qu'elle avait relayé auprès de Brice Hortefeux la demande de rendez-vous des occupants, sans succès. Des étudiants et des enseignants de l'EHESS ont exprimé leur solidarité avec les revendications des manifestants.

L'EHESS déménagera porte de la Chapelle en 2009

image Après de longues négociations et de houleuses discussions internes, l'avenir immobilier des prochaines années de l'EHESS a pris une figure plus assurée avec l'assemblée générale du 8 février, qui a entériné le déménagement dans le courant de l'année universitaire 2008-2009 de l'administration et d'une bonne partie des centres de l'Ecole dans un bâtiment loué par la mairie de Paris, situé 11, rue du Pré, à proximité de la porte de la Chapelle (cliquer sur l'image pour d'autres aperçus). La plupart des enseignements resteront localisés au 105, bd Raspail.

Rappel des épisodes précédents: alors que la direction de l'EHESS planchait sur le scénario d'un déménagement de l'Ecole sur le futur site dit "cité des Humanités et des Sciences Sociales" à Aubervilliers à l'horizon 2012, le durcissement des obligations de santé publique ont précipité l'obligation de quitter la Maison des sciences de l'homme, localisation historique de l'EHESS depuis 1975 au 54, bd Raspail, pour procéder à son désamiantage. La date butoir pour libérer ces locaux est fixée à la rentrée 2008. Cette échéance étant incompatible avec le scénario "cité des Humanités", une première localisation tampon est alors proposée par le ministère de la recherche, à Aubervilliers, sur la parcelle 521. Cette proposition suscite une forte opposition au sein de l'Ecole, manifestée par plusieurs prises de position dans la presse, qui soulignent l'état d'impréparation du site et ses difficultés d'accès. L'assemblée générale des enseignants du 17 novembre 2007 se prononce à l'unanimité contre ce projet, et donne mandat à la présidente, Danièle Hervieu-Léger, d'explorer d'autres pistes, notamment en liaison avec la mairie de Paris.

Au cours du mois de janvier se concrétise l'hypothèse de reloger les bureaux de l'Ecole sur le site du 11, rue du Pré, actuellement occupé par l'administration postale. Outre des dimensions compatibles avec cet hébergement, celui-ci présente l'avantage d'une desserte par le métro. Il reste toutefois plusieurs problèmes, notamment celui du déménagement des bibliothèques des centres, ainsi qu'une présence d'amiante (sous forme encapsulée, et donc neutralisée). Ces dossiers doivent faire l'objet d'examens complémentaires. Estimant qu'aucune meilleure proposition n'est susceptible de se présenter, l'assemblée des enseignants s'est prononcée le 8 février en faveur de cette option de relogement provisoire. En raison des difficultés matérielles soulevées par un déménagement d'une telle ampleur, il est probable que celui-ci aura lieu dans le courant de l'année universitaire 2008-2009. L'assemblée a également émis le voeu d'un retour au 54, bd Raspail, après l'achèvement du désamiantage, évoquant une "trilocalisation" de l'Ecole à l'horizon 2012 (site Aubervilliers, site Raspail, site Jourdan).

Actes des rencontres "Traditions et temporalités des images"

La revue en ligne Images re-vues annonce la publication de son numéro hors-série consacré aux actes de la série de rencontres "Traditions et temporalités des images" (EHESS, 2003-2005).

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Quand les séminaires sur la photo font des photos

image Comment en vient-on à faire des photos en séminaire? En études visuelles, de plus en plus d'étudiants sont munis d'appareils compacts ou de photophones, avec lesquels ils n'hésitent plus à mitrailler l'écran en plein exposé. J'abuse moi-même du procédé, car il n'y a pas meilleur carnet de notes en matière visuelle. Cela dit, obtenir des images lisibles avec la faible lumière du vidéoprojecteur tient parfois du casse-tête, c'est pourquoi je recours souvent à un reflex – plus encombrant et surtout plus bruyant – pour de meilleurs résultats. Profitant de mon statut de spécialiste, j'ignore les regards noirs qui me foudroient – il faut parfois savoir se sacrifier pour établir un usage.

Au Lhivic, cela fait maintenant un an ou deux que la présence de caméras est devenue familière. La disponibilité des outils crée de nouvelles opportunités iconographiques. Depuis quelques séances, lors de la session de rattrapage désormais rituelle, à l'atelier de recherche Aux Bons Crus, mon appareil circule de main en main. Au prétexte de tester la machine, les chercheurs se shootent les uns les autres comme des ados de retour du ski. Il est amusant de constater une amélioration progressive de cette production collective improvisée, qui suggère l'émergence d'un genre, encore en gestation: la photo créative de séminaire. Je parie un paquet de carambar que ce nouveau sport ne fait que commencer.

Post-scriptum. Encore une micro-expérience notable. Jeudi dernier, une connaissance de Facebook, qui se décrit elle-même comme "allergique à la fac", est venue assister au séminaire de son propre chef. Si j'ai bien compris, c'est parce qu'elle trouvait les photos de nos activités sur Flickr "sympathiques". Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais c'est probablement la première fois qu'on vient à mes cours sur la base d'un impetus iconographique. Etrange combinaison (blog + Facebook + Flickr), qui semble produire son effet par accumulation d'informations, jusqu'au geste réel. Moralité: continuons les photos!

Le déménagement de l'EHESS sonne-t-il le glas des sciences humaines?

image Une tribune signée par quelques savants de renom, publiée le 26 octobre sous le titre "Menace sur les sciences humaines", a relancé la polémique à propos du déménagement de l'EHESS et de l'EPHE. Cet épisode ne convaincra pas les spectateurs éloignés de l'institution de son désir de renouvellement. Malgré les profonds bouleversements du paysage médiatique, ce sont toujours les colonnes du Monde qui donnent le signal de l'émoi intellectuel. ARHV avait (évidemment) informé ses lecteurs, de façon précise et équilibrée, dès le 25 septembre – un mois plus tôt. Aucun élément factuel nouveau n'est intervenu dans l'intervalle qui modifie la description proposée.

Au moment où l'on évoque de plus en plus sérieusement le démantèlement du CNRS, l'article du Monde surfe complaisamment sur les peurs de la communauté académique. Il émane de la faction opposée au déménagement, auteur de la pétition et du site satirique Braudel's Nightmare. La veille, le Nouvel Observateur montrait qu'on pouvait avoir une lecture sensiblement différente du même scénario. D'autres contributions, comme celle de Baptiste Coulmont, sont venues entretemps enrichir la discussion et rappeler la diversité des points de vue.

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Bourdieu still alive on Facebook

Après Dailymotion, Bourdieu revient hanter Facebook...

Soutenance de thèse "L'illustration photographique", par Thierry Gervais

image La thèse de doctorat d'histoire de l'art L'Illustration photographique. Naissance du spectacle de l'information, 1843-1914 présentée par Thierry Gervais à l'EHESS sera soutenue le mardi 6 novembre 2007, de 9h à 13h, en salle Vasari, à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

Jury: André Gunthert (directeur de thèse, EHESS), Dominique Kalifa (président, université Paris 1), Anne McCauley (université de Princeton), Michel Poivert (rapporteur, université Paris 1), Christophe Prochasson (co-directeur, EHESS).

Résumé

Entre 1843 et 1914, la photographie devient en France le principal mode d’illustration dans la presse et donne forme à de nouveaux objets. La production photographique se massifie, la reproduction photomécanique permet d’associer les caractères typographiques aux images argentiques et la presse s’empare de ce nouveau tandem pour illustrer ses pages. Du journal L’Illustration créé en 1843 à La Vie au grand air qui se développe à la Belle Epoque, la photographie passe du statut de support iconographique pour le graveur au vecteur principal de l’illustration de l’information. La publication d’images se multiplie dans la presse et, sous la houlette d’un directeur artistique qui agence texte et photographies, le récit de l’actualité en image se déploie sur l’espace de la page, transformant le journal illustré en magazine. Entre ces deux dates, les protocoles de l’illustration photographique sont établis et produisent une information visuelle spectaculaire.

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Les Débats de l'EHESS: Actualités du terrain

image 22-24 octobre 2007, Amphithéâtre, 105, boulevard Raspail, 75006 Paris (entrée libre)

Dans une période où leur autonomie et leur nécessité sont tour à tour ou simultanément menacées, les sciences sociales doivent affirmer un objet commun, le monde habité, et poser cet objet comme leur objet, c’est-à-dire le fruit d’un projet de science. Cet objet n’est donc pas un objet désigné, comme on désignerait à des experts un morceau de réel déjà découpé sur lequel devrait s’exercer leur jugement partiel ; il ne doit pas être non plus un objet empêché, soumis à restriction, simulation ou dissimulation. Cet objet n’est pas non plus seulement un objet donné, ou plutôt, doit être d’autant plus construit qu’il est donné; il doit être ce qu’on appelle un "terrain", élaboré par un protocole scientifique librement consenti. Il doit enfin être restitué, sous des formes dont les technologies contemporaines bouleversent la temporalité.

Cette conception d’un terrain des sciences sociales n’est nullement réservée à la discipline anthropologique, même si le terrain en est une sorte d’emblème. L’objet désigné à l’expert n’est pas le redoutable privilège des sociologues, même s’ils ont pu être spécialement exposés à sa séduction. La ruse face à la contrainte n’a pas seulement obligé l’historien, même si l’enjeu de l’accès aux archives d’État a souvent été décisif dans ses enquêtes.

L’objet des sciences sociales est un objet polymorphe, écrit, sonore, visuel, et c’est sous toutes ses formes qu’il se donne et qu’il se construit. Une épistémologie et une éthique du terrain d’enquête mobilisent donc aussi bien les spécialistes du texte et de l’écrit que ceux de l’image, aussi bien les spécialistes de la langue que ceux de la parole et de l’expression sonore.

Penser le terrain, c’est manifester les sciences sociales dans leur ensemble comme savoir critique du réel.

Edit. Les enregistrements audio des débats sont disponibles sur le site de l'EHESS.

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EHESS: un déménagement de trop?

image Pris au piège du durcissement des obligations de santé publique, l'EHESS doit faire face aujourd'hui à de graves interrogations sur sa localisation. En juillet 2006, un rapport d'expert indique que le désamiantage de l'immeuble du 54, bd Raspail, prévu pour être effectué en site occupé, sur la base d'une rotation des bureaux, présente des risques sanitaires et ne peut être réalisé dans les délais imposés par la loi. Cette circonstance imprévue oblige à revoir de fond en comble la programmation du plan quadriennal 2006-2009. La durée du chantier de désamiantage – plusieurs années pendant lesquelles les locaux devront être évacués – mais aussi les besoins criants de locaux et l'éparpillement des sites parisiens de l'EHESS incitent la direction de l'Ecole à envisager une reconfiguration immobilière de grande envergure.

Dès la rentrée 2006, le scénario d'une nouvelle implantation à la lisière d'Aubervilliers et de Saint-Denis est envisagé, non sans susciter une forte opposition, orchestrée par quelques caciques du 54, peu désireux de quitter leurs bureaux du 6e arrondissement. Une longue série de discussions internes se poursuit tout au long de l'hiver 2006-2007, établissant progressivement les contours d'un projet ambitieux, qui comprend la construction d'un immeuble de 25.000 m2, pour un montant de 65 millions d'euros. Ce programme sera inscrit le 23 mars 2007 au contrat de projet Etat-région 2007-2013, avec un apport des deux tiers promis par la région Ile-de-France. Après une assemblée générale houleuse le 31 mars, le conseil scientifique adopte le 9 mai une résolution précisant les souhaits de l'Ecole, dans le cadre d'une nouvelle Cité des Humanités et des Sciences Sociales, vouée à accueillir divers pôles ainsi qu'un campus étudiant.

Mais le 3 septembre dernier, un courrier de la présidente de l'EHESS informe les personnels que la dérogation attendue pour mettre ces plans à exécution a été refusée par la préfecture, obligeant à commencer au plus vite le chantier de désamiantage et à libérer le 54 dès la rentrée 2008, à un moment où le futur immeuble ne sera pas encore livré. Un autre bâtiment, situé sur la parcelle 521, prévu pour accueillir l'EPHE (Ecole pratique des hautes études), devra héberger à ses côtés dans des conditions provisoires les équipes de l'EHESS et de la MSH (Maison des sciences de l'homme). Cette annonce a réveillé toutes les inquiétudes. Ce nouveau déplacement préfigure-t-il l'abandon du premier projet d'implantation? Le partage d'un immeuble de 19.000 m2 entre trois institutions ou ce calendrier précipité constituent-elles des hypothèses réalistes? Une pétition a rapidement surgi pour demander l'interruption du processus, appuyée sur un blog qui, sous le titre Braudel's Nightmare, dévoile des photographies d'un environnement encore inhospitalier. La discussion, vive, se poursuit sur la mailing-list de l'Ecole. Une assemblée générale de tous les personnels est appelée aujourd'hui mardi 25 septembre à 12h dans le hall du 54, bd Raspail pour examiner l'ensemble de ces questions.

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Faut-il que Fabiani s'efface?

image Pour ses lecteurs, l'arrêt d'un blog n'est jamais une bonne nouvelle. Mais son effacement définitif est encore bien pire. On peut parfaitement admettre qu'un blog, plutôt que de s'étirer dans la temporalité indéfinie des publications périodiques, ait une existence finie. On le quittera à regret, comme un livre qu'on referme. Mais au moins sait-on qu'on pourra le reprendre sur l'étagère, retrouver tel passage utile ou apprécié, vérifier telle formule, recopier telle citation. Le blog effacé fait au contraire s'évanouir l'oeuvre entière, sa chronologie, les discussions qu'elle a suscité, les mentions qui y renvoient. Après celui de Cyril Lemieux, lui aussi hebergé sur la plate-forme du Monde, c'est maintenant le blog de Jean-Louis Fabiani, Le piéton de Berlin, qui vient de se clore, en même temps que le séjour en Allemagne de notre collègue. Mais à la différence de Prises de parti journalistiques, dont l'archive conservée permet de consulter le travail d'observation médiatique de la campagne présidentielle, Fabiani a choisi de faire disparaître corps et biens son ouvrage. Je ne pense pas être le seul à trouver ce choix regrettable. Ouvert en juillet 2006, ce passionnant corpus de notes, recueil d'impressions, de réactions et d'analyses tout à la fois fantasque et rigoureux, était devenu une lecture indispensable. Serait-il possible de remettre en ligne ses archives? Je serais personnellement heureux de pouvoir à nouveau les consulter.

Les chercheurs se mobilisent contre l'identité nationale

image Alors même que Brice Hortefeux livrait au Figaro un entretien très ferme sur les objectifs de son nouveau ministère, le groupe des historiens démissionnaires de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) organisait hier une première réunion à l'EHESS pour faire le point sur leur initiative. Reçus mardi dernier par le ministre de l'identité nationale et de l'immigration, ils n'ont pu que constater la fin de non-recevoir opposée à leur protestation. Initiée par des groupes d'extrême-droite comme le club de l'Horloge ou le Grece, puis véhiculée par le Front national, l'association des expressions "identité nationale" et "immigration" comporte de fortes connotations xénophobes, explicitement admises par le candidat Sarkozy lui-même, lorsqu'il expliquait que cette proposition permettrait de “récupérer le vote FN” (Libération du 12/04/2007). A contrario, le ministre a tenté de banaliser l'intitulé en le ramenant aux questions de citoyenneté, et a opposé l'argument d'autorité du suffrage universel, devant lequel il faudrait s'incliner sans discuter, ce qui est une vision curieuse du débat démocratique.

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Séminaires images à l'EHESS en 2007-2008

On peut consulter dès à présent la liste prévisionnelle des séminaires 2007-2008 de l'EHESS sur le thème "image" à l'adresse: http://enseignements.ehess.fr.... Les indications de lieu et d'horaire devront être vérifiées à la rentrée sur les programmes définitifs.

L'EHESS, un label pour les tracts politiques

image Depuis l'occupation du 105, bd Raspail en mars 2006, l'appellation "Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)" est devenue un label utilisable dans un contexte politique, connotant à la fois l'expertise et l'indépendance de la recherche. C'est du moins le constat qu'on peut tirer de son utilisation dans le dernier document viral qui circule par e-mail, dont voici une version brève (version longue reproduite sur le site Hoaxbuster).


EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales. L'heure est grave. L'heure est grave car ce que nous redoutions tous est en train d'arriver. Il ne s'agit plus de sondages, d'informations des médias mais d'informations extrêmement fiables fournies par le Cevipof (Centre d'études de la vie politique en France) qui depuis plus de 20 ans a toujours donné les résultats des élections avant le vote sans jamais se tromper. Il n'y a jamais eu aucune erreur tant leurs enquêtes sont fiables.

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