Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Parution de "La Ressemblance par contact", par Georges Didi-Huberman

Ni histoire ni anthropologie de l’empreinte, ce livre issu du catalogue de l'exposition "L'Empreinte", présentée au centre Pompidou en 1997, propose, sous la forme d’une promenade socratique, une exploration de tous les bords de l’image, lorsque celle-ci se refuse à faire œuvre. Des masques mortuaires à “Feuille de vigne femelle” de Marcel Duchamp, en passant par la Véronique, le Saint-Suaire, les moulages ou les cires anatomiques, Didi-Huberman déploie un ensemble de figures rétives à l’histoire de l’art où, dans l’articulation complexe qu’elles proposent des questions de la ressemblance, de la multiplication et de la technique, l’on peut voir se dessiner une véritable archéologie de la pratique photographique – en butte au même rejet de la part des instances de l’art, pour des motifs similaires. Outre qu’il présente l’intérêt de montrer la permanence de problématiques que l’on croyait à tort liées au seul site photographique, cet essai fournit un intéressant guide méthodologique pour penser ce qui apparaît bien comme une très particulière catégorie de représentations. Insistant sur la valeur heuristique de l’empreinte, attentif à l’ensemble de ses aspects procéduraux, Didi-Huberman démontre en effet l’extrême richesse de ce modèle, dont la particularité tient moins à son essence indiciaire qu’aux multiples effets de lecture et de réception culturelle dans lesquelles elle est prise.

Réf.: Georges Didi-Huberman, La Ressemblance par contact. Archéologie, anachronisme et modernité de l'empreinte, Paris, Minuit, 2008, 382 p., 97 ill. NB.

Parution de "L'image ouverte" par Georges Didi-Huberman

Les éditions Gallimard annoncent la parution de:
L'Image ouverte. Motifs de l'incarnation dans les arts visuels
Par Georges Didi-Huberman.

Ce livre interroge les relations anthropologiques cruciales que les images entretiennent avec le corps et la chair, au-delà des notions usuelles d'anthropomorphisme ou de représentation figurative. Y sont analysées les diverses façons dont les images vivent la chair, que ce soit la chair d'Aphrodite formée de l'écume ou celle du Christ sacrifié sur la croix. Paganisme et christianisme, chacun avec ses propres cadres de pensée, auront, en effet, tous deux cherché à atteindre, voire à transgresser, les limites de l'imitation: là où les métaphores deviennent métamorphoses, là où les signes qui représentent deviennent les symptômes qui incarnent. On découvrira cette puissance extraordinaire des corps lorsqu'en eux la chair vise l'image, par exemple dans la stigmatisation de saint François au XIIIe siècle, les crucifiements des Convulsionnaires de Saint-Médard au XVIIIe siècle ou les "clous" hystériques de la Salpêtrière au XIXe siècle. Une traversée impressionnante d'images qui ne sont pas faites pour décorer, simuler ou consoler, mais pour agir, nous bouleverser et nous donner accès à quelque chose comme une profondeur.

Collection "Le temps des images", 410 p., ill. NB et coul., 35 €.
Nota Bene: billet n° 300.

Séminaire "De la photographie à l'image numérique" à l'ENS

Séminaire Christian Caujolle, "De la photographie à l'image numérique"
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, salle d'Histoire, 2eme étage de l'escalier D.
Chaque mardi, 10h30-12h30, entrée libre.

  • 20 février, Christian Caujolle, autour de la projection de Half Life, de Michael Ackerman.
  • 27 février, Bernard Faucon, pourquoi un photographe abandonne sa pratique, il y a une dizaine d'années; quelles sont ses recherches actuelles, qui utilisent le numérique.
  • 6 mars, Quentin Bajac (CGP), "Une perspective historique, du daguerréotype à l'épreuve numérique".
  • 13 mars, Sébastien Calvet, jeune photographe, qui suit actuellement la campagne de Ségolène Royal pour le journal Libération. Comment un jeune auteur se confronte à la problématique entre information et propagande.
  • 20 mars, Pascal Convert, autour de la mémoire, de l'intégration du document dans la création contemporaine. Comment on passe de la photographie à l'image et de l'image à la sculpture.
  • 27 mars, Georges Didi-Huberman (EHESS), un premier bilan de trois années de recherches sur "la lamentation": "Images de la lamentation, Images lamentables ?"
  • 3 avril, Didier Semin (à confirmer), professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Ensba.

Parution du "Danseur des solitudes", de G. Didi-Huberman

Les éditions de Minuit annoncent la parution de:
Le Danseur des solitudes
Par Georges Didi-Huberman.

Il ne s'agit, dans ce livre, que de regarder et de décrire philosophiquement, autant que faire se peut, un grand danseur de baile jondo, Israel Galvan. Il s'agit de reconnaître dans son art contemporain un art de “naissance de la tragédie“. Il s'agit d'écouter son rythme et de reconnaître dans ses mots - au moins trois d'entre eux: la jondura ou “profondeur“, le rematar ou l'art de “mettre fin“ et le templar, intraduisible - de grands concepts esthétiques que notre esthétique ignore encore.

Quatre chapitres d'un travail en cours sur l'art du cante jondo, le “chant profond“, écrits sous la forme d'un journal, d'octobre 2004 à août 2005.

http://www.leseditionsdeminuit.fr

Programme du séminaire "L'effet de réel et les images"

image Animé par Christian Delage, Georges Didi-Huberman, André Gunthert, Michel Poivert.

Depuis le milieu du XIXe siècle, l’apparition des technologies d’enregistrement et de transmission des informations a été accompagnée par l’émergence d’un nouveau paradigme du rapport au réel, que l’on propose d’identifier à travers la notion d'effet de réel. Le séminaire sera consacré à l’analyse historique et théorique de la constitution et des usages de cette représentation.

Les 1ers et 3e mercredis du mois, de 16 h à 19 h (INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin), 2e semestre 2005-2006.

  • 15/02/06 - André Gunthert, "Du roman dans l'image".
  • 01/03/06 - Sylvain Maresca, "Les apparences de la vérité, ou les rêves d'objectivité du portrait photographique".
  • 15/03/06 - Georges Didi-Huberman, Christian Delage, "Les premières images des camps, entre témoignage et preuve".
  • 05/04/06 - Clément Chéroux, "Déjà vu. La représentation photographique des attentats du 11 septembre 2001".
  • 03/05/06 - Nathalie Boulouch, "La couleur, c'est la vie! Couleur et effet de réel en photographie".
  • 17/05/06 - Michael Lucken (Inalco), "Hiroshima-Nagasaki: des photographies pour abscisse et ordonnée".
  • 07/06/06 - Christian Delage, Caroline Moine "De l'écrit à l'image. Filmer le procès de Nuremberg".

Séminaire de recherche, ouvert aux auditeurs libres.

Programme des enseignements 2005-2006

Séminaires de master

  • Le "moment historique" et sa représentation photographique, Michel Poivert, 24 h, 1er semestre (jeudi, 15 h-16 h 30, Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75008 Paris, auditorium, à partir du 13 octobre).
  • Problématiques d'histoire de la photographie, André Gunthert, 24 h, 1er semestre (mercredi, 16 h-19 h, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin), à partir du 23 novembre).
  • Pratiques historiennes des images animées, Christian Delage, 24 h, 2e semestre (lundi, 13 h-15 h, amphithéâtre, 105 bd Raspail, 75006 Paris, du 13 février au 26 mai).

Séminaires de recherche

  • Ninfa dolorosa, ou les figures de la lamentation, Georges Didi-Huberman, 24 h (1ers et 3e lundis, 19 h-21 h, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 Paris, amphithéâtre, à partir du 7 novembre).
  • Nouvelles pratiques des images, André Gunthert, 24 h, 2e semestre (2e et 4e mercredis, de 16 h-19 h, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 8 février).
  • L'effet de réel et les images, C. Delage, G. Didi-Huberman, A. Gunthert, M. Poivert, 24 h, 2e semestre (1ers et 3e mercredis, de 16 h-19 h (INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 15 février).

Création du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic)

image Groupe de recherche du Centre d'histoire et théorie des arts à l'EHESS, composé de Nathalie Boulouch (université Rennes II), Clément Chéroux (académie de France à Rome), Jean-Paul Colleyn (EHESS), Marin Dacos (EHESS), Christian Delage (université Paris VIII), Georges Didi-Huberman (EHESS), André Gunthert (EHESS), Michel Poivert (université Paris I), cette nouvelle équipe vient renforcer les travaux consacrés à l'image au sein de l'Ecole.
Dédié à l'étude des pratiques iconographiques caractéristiques de la période contemporaine, en particulier la photographie et le cinéma, le Lhivic a pour objectif d'encourager et d'orienter la recherche spécialisée et de permettre aux étudiants de disposer de bonnes conditions d'accueil, dès la rentrée prochaine. Nous sommes entrés depuis peu dans une période de mutation des pratiques de l'image. Outre l'approfondissement des connaissances sur les médias d'enregistrement, leurs usages et leurs interrelations, les travaux du Lhivic viseront dès l'an prochain à observer et à décrire les transformations en cours.