Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Parution de "La Fabrique des images contemporaines"

couverture Les éditions du Cercle d'art annoncent la parution de:
La Fabrique des images contemporaines
Par Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert

Animés par la volonté d'offrir à un très large public des outils de jugement critique sur l'iconographie contemporaine, les auteurs de l'ouvrage nous font entrer dans la fabrique des images: celles, mythifiées, de Robert Doisneau dans sa série des "Baisers", comme celles, composées successivement par plusieurs générations de cinéastes, du débarquement en Normandie. Ils reviennent également sur le rôle décisif qu'ont joué les images dans des moments clés de l'histoire contemporaine, tel l'assassinat de Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou bien encore la fin du communisme en Roumanie. Dans ce dernier cas, est élucidée ici l'affaire dite des "faux charniers" de Timisoara qui fut considérée à tort comme un exemple-type de désinformation.

A rebours de l'opinion commune selon laquelle l'image "mentirait" davantage encore depuis l'arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l'image au réel. Il en va de même de l'évolution des techniques qui permettent de développer une nouvelle échelle du regard (Google Earth).

La Fabrique des images contemporaines révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d'information parallèle, capables de parasiter jusqu'aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d'images ou de vidéos.

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Soutenance de thèse "La mémoire du cinéma en France", par Christophe Gauthier

La thèse de doctorat d'histoire Une composition française. La mémoire du cinéma en France des origines à la Seconde guerre mondiale, présentée par Christophe Gauthier à l'université Paris 1, sera soutenue le lundi 15 janvier 2007 à partir de 14h à l'INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, salle René Jullian.

Jury: Pascal Ory (directeur de thèse, Paris 1), Christophe Prochasson (EHESS), Geneviève Sellier (université de Caen), Christian Delage (université de Paris 8-EHESS), Jean Gili (Paris 1), Jean-Marc Leveratto (université de Metz).

Diplômé de l'Ecole nationale des chartes, conservateur à la cinémathèque de Toulouse, Christophe Gauthier a notamment publié: La Passion du cinéma. Cinéphiles, ciné-clubs et salles spécialisées à Paris de 1920 à 1929, Paris, AFRHC/EDC, 1999.

Projection de "Nuremberg. Les nazis face à leurs crimes", de Christian Delage

image Arte annonce la diffusion le 4 octobre 2006 à 20h45 de Nuremberg. Les Nazis face à leurs crimes, un film de Christian Delage (France, 2006, 90 min, La Compagnie des Phares et Balises/Arte France).

"Les audiences de Nuremberg, ossature d’un documentaire exceptionnel"
Par Frédérique Pris (AFP)

Un documentaire sobre, pédagogique et passionnant de bout en bout, plonge le téléspectateur au coeur de ce procès historique, grâce aux images tournées dans le palais de justice par une équipe de cameramen américains. Contrairement à d'autres films sur ce sujet (notamment le célèbre De Nuremberg à Nuremberg de Frédéric Rossif), le documentaire de Christian Delage ne quitte presque jamais les quatre murs du palais de justice de la ville allemande.

Le procureur général américain Robert Jackson avait décidé de filmer les audiences du tribunal militaire international de Nuremberg, où comparaissaient 22 dignitaires nazis, accusés de crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les prises de vue sont assurées par l’équipe de la Field Photographic Branch, une unité spéciale des Services secrets américains créée par le célèbre réalisateur John Ford avant l’entrée en guerre des États-Unis.

Tout au long des dix mois du procès (de fin novembre 1945 au 1er octobre 1946), 25 heures de films ont été accumulées, sur des pellicules dont la durée n’excède pas 10 minutes. Ce sont ces images – transférées sur support vidéo par le Musée américain de l’Holocauste – qui servent d’ossature au documentaire de Christian Delage. La caméra s’attarde sur les préparatifs des cameramen, des sténos, des dessinateurs de la presse, avant de se tourner vers le box des accusés, où entrent Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop, Rudolf Hess...

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Séminaire "Une histoire visuelle de la ville"

Christian Delage (Paris VIII/EHESS), Stéphane Füzesséry (EHESS/Lhivic), Dominique Gauthey (EHESS/Lhivic), Vincent Guigueno (ENPC/LATTS), Philippe Simay (Collège International de Philosophie), Mark Shiel (King’s College).

Du 2 au 4 mai 2006, Ecole nationale des Ponts et Chaussées

Le cinéma — dont l’apparition, à la fin du XIXe siècle, est contemporaine de l’émergence de la métropole moderne — prend aussitôt une place de choix dans l’immense écheveau des représentations de la ville. Cette affinité ne s’explique pas seulement par l’enracinement initial de ses premiers opérateurs et de son public dans la grande ville (Berlin, New York, Lyon): le choix de sujets empruntés aux formes urbaines de la vie moderne trahit aussi la force d’attraction particulière de certains motifs proprement urbains sur les cinéastes — le trafic, l’agitation dans les rues de la grande ville. D’emblée se dessinent ainsi deux des principaux traits propres à la relation ville/cinéma. Le film est urbain: il retranscrit, sous une forme qui lui est propre, le point de vue du citadin, de l’habitant, du passant. La ville est «cinégénique» (comme on dit d’une personne qu’elle est «photogénique»): objet privilégié pour la caméra, elle trouve dans le cinéma un medium particulièrement apte à saisir sa matérialité — sa spatialité comme sa temporalité — et à retranscrire les regards que l’on porte sur elle.

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Programme du séminaire "L'effet de réel et les images"

image Animé par Christian Delage, Georges Didi-Huberman, André Gunthert, Michel Poivert.

Depuis le milieu du XIXe siècle, l’apparition des technologies d’enregistrement et de transmission des informations a été accompagnée par l’émergence d’un nouveau paradigme du rapport au réel, que l’on propose d’identifier à travers la notion d'effet de réel. Le séminaire sera consacré à l’analyse historique et théorique de la constitution et des usages de cette représentation.

Les 1ers et 3e mercredis du mois, de 16 h à 19 h (INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin), 2e semestre 2005-2006.

  • 15/02/06 - André Gunthert, "Du roman dans l'image".
  • 01/03/06 - Sylvain Maresca, "Les apparences de la vérité, ou les rêves d'objectivité du portrait photographique".
  • 15/03/06 - Georges Didi-Huberman, Christian Delage, "Les premières images des camps, entre témoignage et preuve".
  • 05/04/06 - Clément Chéroux, "Déjà vu. La représentation photographique des attentats du 11 septembre 2001".
  • 03/05/06 - Nathalie Boulouch, "La couleur, c'est la vie! Couleur et effet de réel en photographie".
  • 17/05/06 - Michael Lucken (Inalco), "Hiroshima-Nagasaki: des photographies pour abscisse et ordonnée".
  • 07/06/06 - Christian Delage, Caroline Moine "De l'écrit à l'image. Filmer le procès de Nuremberg".

Séminaire de recherche, ouvert aux auditeurs libres.

Parution de "La vérité par l'image", de Christian Delage

image Les éditions Denoël annoncent la parution de:
La vérité par l'image. De Nuremberg au procès Milosevic
Par Christian Delage.

Pour juger les crimes commis par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, les alliés ont constitué, à Nuremberg, un tribunal international. À cette innovation majeure, ils ont ajouté, sous l’influence des américains, deux expériences inédites: présenter des images animées comme preuves à l’audience; filmer les sessions du procès pour le constituer en archive historique.

Dès le début des débats, l’accusation, délaissant quelque peu les archives écrites, dont la masse était écrasante, a fait projeter des actualités tournées par les britanniques et les américains lors de leur découverte des camps nazis. Ces images, pourvues du double statut de preuve et de témoignage, ont permis de prendre la première mesure des "atrocités nazies", dont la trace, ainsi prélevée, devait être incontestable. Il s’agissait également, comme l’écrivait alors Joseph Kessel, "de mettre tout à coup les criminels face à face avec leur forfait immense, de jeter pour ainsi dire les assassins, les bouchers de l’Europe, au milieu des charniers qu’ils avaient organisés, et de surprendre les mouvements auxquels les forcerait ce spectacle".

En filmant le procès, les alliés souhaitaient que la mémoire de ce moment unique demeure vive pour les générations futures. L’héritage de Nuremberg conditionnera largement l’organisation du procès Eichmann puis, en France, des procès Barbie, Touvier et Papon, et enfin, à La Haye, du procès Milosevic.

Les conditions, le déroulement et les conséquences de ces expérimentations sont au cœur de la recherche que l’auteur a conduite pendant six années à partir d’archives inédites.

Christian Delage est historien, enseignant-chercheur à l’université de Paris 8 et à EHESS, membre fondateur du Lhivic. Il est également réalisateur et prépare actuellement un film sur le procès de Nuremberg pour ARTE.

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Programme du séminaire "Pratiques historiennes des images animées"

Animé par Christian Delage.
Le lundi de 13 h à 15 h (EHESS, amphithéâtre, 105 bd Raspail, 75006 Paris), du 13 février au 26 mai (2e semestre).

Les historiens ont souvent manifesté leur inquiétude sur le statut de vérité des images et surtout sur les conditions techniques et intellectuelles de leur interprétation. Or, le film ne s’inscrit presque jamais dans un univers déconnecté de toute référence. Il possède même de nombreuses marques d’historicité, signes, entre autres, du caractère collectif de sa production, de sa mise en œuvre et de ses usages. Dès les années 1930, Marc Bloch avait ainsi vu dans le cinéma « un des plus curieux phénomènes de notre temps et un des plus merveilleux baromètres culturels et sociaux dont nous disposions... Gibier pour nous, vraiment ». Les efforts menés ici ou là pour favoriser une approche méthodique des films ont contribué à leur progressive appropriation par les chercheurs. Leur usage se répand désormais dans des travaux dont ils ne sont pas la source principale, privilégiant ainsi, dans leur lecture, les exigences d’une analyse scientifique. Ce séminaire propose aux étudiants des outils de lecture des images animées, à la fois pour développer leur esprit critique et pour les familiariser avec des documents qui peuvent constituer des sources précieuses pour la recherche.

Séminaire de master ouvert aux étudiants formés en histoire, histoire de l'art, études cinématographiques ou études visuelles à partir de la licence et auditeurs libres.

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Programme du congrès "Cinema, Immagini, Giustizia", Bologne

Le groupe de recherche européen "Justice en images" créé en 2002 par Christian Delage et Antoine Garapon organise son deuxième congrès à Bologne (Italie) du 12 au 14 janvier 2006.

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Programme des enseignements 2005-2006

Séminaires de master

  • Le "moment historique" et sa représentation photographique, Michel Poivert, 24 h, 1er semestre (jeudi, 15 h-16 h 30, Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75008 Paris, auditorium, à partir du 13 octobre).
  • Problématiques d'histoire de la photographie, André Gunthert, 24 h, 1er semestre (mercredi, 16 h-19 h, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin), à partir du 23 novembre).
  • Pratiques historiennes des images animées, Christian Delage, 24 h, 2e semestre (lundi, 13 h-15 h, amphithéâtre, 105 bd Raspail, 75006 Paris, du 13 février au 26 mai).

Séminaires de recherche

  • Ninfa dolorosa, ou les figures de la lamentation, Georges Didi-Huberman, 24 h (1ers et 3e lundis, 19 h-21 h, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 Paris, amphithéâtre, à partir du 7 novembre).
  • Nouvelles pratiques des images, André Gunthert, 24 h, 2e semestre (2e et 4e mercredis, de 16 h-19 h, INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 8 février).
  • L'effet de réel et les images, C. Delage, G. Didi-Huberman, A. Gunthert, M. Poivert, 24 h, 2e semestre (1ers et 3e mercredis, de 16 h-19 h (INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, salle Walter Benjamin, à partir du 15 février).

Création du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic)

image Groupe de recherche du Centre d'histoire et théorie des arts à l'EHESS, composé de Nathalie Boulouch (université Rennes II), Clément Chéroux (académie de France à Rome), Jean-Paul Colleyn (EHESS), Marin Dacos (EHESS), Christian Delage (université Paris VIII), Georges Didi-Huberman (EHESS), André Gunthert (EHESS), Michel Poivert (université Paris I), cette nouvelle équipe vient renforcer les travaux consacrés à l'image au sein de l'Ecole.
Dédié à l'étude des pratiques iconographiques caractéristiques de la période contemporaine, en particulier la photographie et le cinéma, le Lhivic a pour objectif d'encourager et d'orienter la recherche spécialisée et de permettre aux étudiants de disposer de bonnes conditions d'accueil, dès la rentrée prochaine. Nous sommes entrés depuis peu dans une période de mutation des pratiques de l'image. Outre l'approfondissement des connaissances sur les médias d'enregistrement, leurs usages et leurs interrelations, les travaux du Lhivic viseront dès l'an prochain à observer et à décrire les transformations en cours.