Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

"Mai 68, un événement politique", par Claude Lefort

Principaux extraits de l'introduction par Claude Lefort au colloque "Mai 68. Regards sur les sciences sociales" (EHESS, 7 mai 2008).

Colloque "Mai 68. Regards sur les sciences sociales"

image 7 mai 2008, EHESS.

L'événement de Mai 68 est intervenu dans un contexte d'affirmation des sciences sociales. Il a impliqué de nombreux chercheurs de ces disciplines, engagés dans le combat des luttes sociales, intellectuelles et politiques, au plan national comme international. Fort de ces constats, une série de questions s'offre aux chercheurs qui, quarante ans plus tard, souhaitent penser l'événement et en comprendre le sens. En quoi la pratique des sciences sociales a-t-elle agi dans l'engagement de ceux qui les constituaient à la même époque? Comment ces engagements, à rebours, modifièrent-ils les sciences sociales et leurs pratiques? En quoi les thématiques actuelles de recherche et les nouvelles problématiques contribuent-elles enfin à la connaissance de l'événement et des controverses que suscite son quarantième anniversaire? Des chercheurs de l’Ecole des hautes études en sciences sociales proposent quatre grandes tables rondes, introduites par une conférence de Claude Lefort, afin de relever le défi de ces questions qui intéressent la société, la politique aussi bien que les savoirs scientifiques.

Matinée: Amphithéâtre, 105 bd Raspail

Ouverture, par Danièle Hervieu-Léger, EHESS
Présentation, par Marc Abélès, EHESS

9h30 - Mai 68, un événement politique, par Claude Lefort, EHESS

Lire la suite...

Atelier "Extreme Collecting" au British Museum

image Passionnante rencontre, jeudi dernier, au British Museum, pour le troisième atelier de la série "Extreme Collecting", coorganisée par le University College London (UCL) et le British Museum, consacrée à l'exploration des limites, des impasses et des contradictions des processus de collection face aux évolutions du monde contemporain.

Cette séance accueillait d'abord Tom Gretton, historien d'art spécialiste des journaux illustrés (voir notamment Etudes photographiques, n° 20), qui soulignait les paradoxes imposés par la fixité conservatoire à son objet d'étude, dont le caractère fluide et éphémère était au contraire la signature. Détaillant la pratique du feuilletage, qui peut s'exercer indifféremment à l'endroit ou à l'envers dans le cas d'un magazine, il montrait par exemple combien l'économie du volume relié s'opposait à la reconstitution de cette expérience.

A mon tour, je proposais ensuite une interrogation sur l'usage de Flickr comme archive (coming soon). Puis, Calum Storrie, designer spécialisé, présentait plusieurs exemples d'adaptation de l'institution aux nouvelles formes de l'installation, notamment dans les cas où celles-ci prennent des proportions démesurées.

Susan Lambert, conservatrice du tout nouveau Museum of Design in Plastics (MoDiP, Bournemouth), montrait comment l'expansion des objets utilitaires depuis les années 1960 n'avait pas été prise en compte par le musée. Outre les difficultés de conservation présentées par les objets en matière plastique, c'est plus globalement les critères de rareté, de valeur et de durabilité qui sont mis à mal par ces nouveaux ustensiles. Paul Cornish restituait enfin l'expérience de l'Imperial War Museum, institution accoutumée à l'extrême, en termes d'échelle ou de nature des matériaux conservés – et démontrait par là même que la collection des objets les plus improbables n'était nullement un obstacle, à partir du moment où ceux-ci dépendent d'une légitimité forte.

  • "Extreme Collecting. Size, Scale and the Ephemeral", British Museum, 28/02/2008 (album).

French Visual Studies, or the Authorized Scholarship

image I would like to describe briefly the very unhappy situation of the visual studies in the French legal context. This could be characterized by two major points: 1) the absence of any kind of fair use, 2) the absence of quotation right for still images. In 2005, when the journal La Revue de l'Art opened its online version, it was published without its iconography, to avoid the payment of new reproduction fees (you may notice that, in the example shown on the screen, the illustrations are engravings from the 19th century, that it to say pictures in the public domain). Without fair use or quotation right, there is in fact no public domain for still images. As a picture is an existing thing conserved by a collection, if you want to publish it, you have to ask for.

That's why we can describe the common law of visual history in France as "authorized scholarship". The best way to publish his research is in a catalog of some great exhibition by the musée d'Orsay or the musée du Louvre, which hold the copyright of the works they are showing. In all other cases, the researcher may verify that the possibility of any critical evaluation is strictly linked to the quotation right. For a reader published last year, I wanted to describe the famous case of the O. J. Simpson cover doctored by the Time in 1994. That meant that the publisher had to obtain the permission of the magazine. As we can easely understand, Time was not very happy to see this old story published again, and refused to give its copyright.

Lire la suite...

Actes de la journée d'études "La photographie d'après-guerre: identité et inspiration"

Les interventions de la journée d'études doctorales "La photographie d'après-guerre: identité et inspiration", proposée le 27 juin 2007 à l'INHA par l’équipe d’accueil "Histoire culturelle et sociale de l’art" (université Paris 1) sont accessibles en pdf sur le site de l'ARIP (Association de recherche sur l'image photographique).

Colloque "Enjeux de la photographie à l’heure d’internet"

Colloque des Gens d’images, vendredi 7 décembre 2007, Maison européenne de la photographie, 5-7, rue de Fourcy, 75004 Paris, auditorium.

Programme

  • 9h : Accueil des participants.
  • 9h15 : Ouverture et présentation du colloque par Nathalie Bocher-Lenoir et Dominique Sagot-Duvauroux.
  • 9h30 : Intervention de Jean-Paul Fourmentraux, université de Lille 3/EHESS. Les enjeux esthétiques des nouvelles technologies. En quoi les opportunités offertes par internet et le numérique ouvrent vers de nouvelles formes d’expression artistique remettant en cause les notions d’oeuvre et d’auteur? Témoignage: Jean-Pierre Degas, photographe.
  • 11h15 : Intervention de Michel Melot. Economie de l’image et bouleversements technologiques: les leçons de l’histoire. Dans quelle mesure les types de problèmes qui se posent aujourd’hui à l’économie de l’image ne se sont pas déjà posés dans le passé? Témoignages: Michelle Debat, Franck Maindon.
  • 14h30 : Intervention de Dominique Sagot-Duvauroux, université d'Angers. Les nouveaux modèles de valorisation de la création artistique: une comparaison intersectorielle. La situation des marchés de la photographie est-elle comparable à celle constatée dans d’autres secteurs également touchés par la révolution numérique (musique, cinéma…)? Témoignages: Jean-François Camp, directeur des Laboratoires Dupon et Jean Favreau, directeur de PixPalace.
  • 16h15 : Intervention d’André Gunthert, EHESS. Les enjeux sociaux des nouveaux usages de la photographie. Autour d’internet se développent des communautés de pratiques qui sont à la fois des espaces d’information, d’expertise, d’échanges et de convivialité. Comment fonctionnent ces communautés? Qui y participe? Quels types d’images y sont présentés et discutés? Témoignage: Hughes Léglise-Bataille, photographe.
  • 17h45 : Synthèse et conclusion: Nathalie Bocher-Lenoir et Dominique Sagot-Duvauroux.

Droit d'entrée: 30€ (déjeuner inclus). Inscription et renseignements, tél: 06 60 69 44 50.
MàJ: album.

Colloque "Fictions et images du 11 septembre"

image Université du Québec à Montréal, 14 et 15 décembre 2007
Au local D-R200 du pavillon Athanase-David de l’UQAM

Les attentats du 11 septembre 2001 et l’effondrement du World Trade Center ont eu un impact décisif dans les sphères politique, sociale et culturelle de ce début du XXIe siècle. Nées dans la souffrance et le chaos, les fictions et les images du 11 septembre se construisent à partir d’éléments narratifs qui entrelacent dans le travail de l’imagination une réalité lourde et prégnante. Ces objets esthétiques ne se limitent pas à appréhender l’événement, ils contribuent à diluer la distinction entre fait réel et fiction.

Les répercussions dans l’imaginaire contemporain permettent d’investiguer comment la littérature, l’art et le cinéma se sont ajustés ou ont tout simplement ajusté l’événement à leurs logiques narratives.

Le centre de recherche Figura, l’équipe de recherche sur l’imaginaire contemporain ERIC LINT et le laboratoireNT2 se sont consacrés à la compréhension des divers registres de la fictionnalisation et de la mythification du 11 septembre 2001 et organisent ce colloque afin de questionner le 11 septembre comme un possible objet esthétique dans la littérature, les arts et le cinéma et d’explorerles modalités de constitution d’un imaginaire fondé sur un événement historique majeur.

Comité scientifique: Bertrand Gervais, Richard Bégin, Patrick Tillard.
Comité organisateur: Marianne Cloutier, Annie Dulong, Nathalie Roy.

Lire la suite...

Colloque: "L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion"

image L’auteur de cinéma: histoire et archéologie d’une notion
Colloque international, 6-8 décembre 2007
Institut national d’histoire de l’art
Galerie Colbert, Salle Vasari, 1er étage, 75002 Paris
accès par le 2, rue Vivenne ou par le 6, rue des Petits-Champs. Métro Bourse ou Palais-Royal

Organisation scientifique: Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou
Institut d'histoire du temps présent/CERHEC, université Paris 1

Jeudi 6 décembre 2007

  • 9 h 00 – Accueil des participants et ouverture du colloque.

Mot de bienvenue de Fabrice d’Almeida, directeur de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), d’Eric Darragon, directeur de l’équipe d’accueil 4100 Histoire culturelle et sociale de l’art (Paris I) et de Jean Gili, directeur du Centre d’études et de recherches sur l’histoire et l’esthétique du cinéma (Paris I).

  • 9 h 30 – Introduction, François Thomas (Paris III).

Lire la suite...

Call for papers: colloque "Time and Photography"

Time and Photography: Time in Photography, Photography in Time (Leuven & Louvain-la-Neuve)
Thursday 13th, Friday 14th and Saturday 15th of March 2008, colloque international / International Conference
Call for papers, deadline: 31 December 2007.

This conference is a key moment in the new international cross disciplinary interest in photography in its relationships with time. Until recently, the various approaches of photography and time were elaborated in relative isolation. Among these approaches were: the narratological, poetological and art-theoretical approaches, which study the representation of time in the fixed image and its multiple decodings by an active reader; the historical approach, which considers the photograph a form of historical evidence; and the anthropological approach, which examines the photograph the transformations of the image as a material object through time. The members of the organizing committee, the keynote speakers, and the various contributors, have all published widely not just within one or more of these perspectives, but have encountered within their own research the necessity to theorize the interdisciplinary dimensions of the ongoing work as well as to implement them in new joint research projects, which will be debated during the conference.

Lire la suite...

Pour une histoire de l’audiovisuel éducatif (1950-2007)

Journée d’étude à la Bibliothèque nationale de France, mercredi 14 novembre 2007, site François Mitterrand, Petit auditorium.

La Bibliothèque nationale de France et le Centre national de documentation pédagogique organisent une journée d’étude pour explorer l’histoire et les archives de l’audiovisuel éducatif au cours du dernier demi-siècle.
De l’héritage du cinéma éducateur à la création de La Cinquième, du studio transformé en salle de classe à la mise en ligne d’outils pour le cours, l’histoire de la télévision scolaire fait ressortir une formidable capacité d’invention de dispositifs et d’innovations pédagogiques, appuyée sur des expérimentations pionnières.
Partie intégrante de l’histoire du cinéma et des médias de l’après-guerre, l’audiovisuel éducatif a fait appel à nombre de jeunes talents, tant devant l’objectif que derrière la caméra.
Au cours de la journée alterneront projections d’archives, témoignages d’acteurs engagés et analyses de spécialistes.

Lire la suite...

Les Débats de l'EHESS: Actualités du terrain

image 22-24 octobre 2007, Amphithéâtre, 105, boulevard Raspail, 75006 Paris (entrée libre)

Dans une période où leur autonomie et leur nécessité sont tour à tour ou simultanément menacées, les sciences sociales doivent affirmer un objet commun, le monde habité, et poser cet objet comme leur objet, c’est-à-dire le fruit d’un projet de science. Cet objet n’est donc pas un objet désigné, comme on désignerait à des experts un morceau de réel déjà découpé sur lequel devrait s’exercer leur jugement partiel ; il ne doit pas être non plus un objet empêché, soumis à restriction, simulation ou dissimulation. Cet objet n’est pas non plus seulement un objet donné, ou plutôt, doit être d’autant plus construit qu’il est donné; il doit être ce qu’on appelle un "terrain", élaboré par un protocole scientifique librement consenti. Il doit enfin être restitué, sous des formes dont les technologies contemporaines bouleversent la temporalité.

Cette conception d’un terrain des sciences sociales n’est nullement réservée à la discipline anthropologique, même si le terrain en est une sorte d’emblème. L’objet désigné à l’expert n’est pas le redoutable privilège des sociologues, même s’ils ont pu être spécialement exposés à sa séduction. La ruse face à la contrainte n’a pas seulement obligé l’historien, même si l’enjeu de l’accès aux archives d’État a souvent été décisif dans ses enquêtes.

L’objet des sciences sociales est un objet polymorphe, écrit, sonore, visuel, et c’est sous toutes ses formes qu’il se donne et qu’il se construit. Une épistémologie et une éthique du terrain d’enquête mobilisent donc aussi bien les spécialistes du texte et de l’écrit que ceux de l’image, aussi bien les spécialistes de la langue que ceux de la parole et de l’expression sonore.

Penser le terrain, c’est manifester les sciences sociales dans leur ensemble comme savoir critique du réel.

Edit. Les enregistrements audio des débats sont disponibles sur le site de l'EHESS.

Lire la suite...

Call for papers: colloque "Cinéma et bande dessinée"

Cinéma et bande dessinée: affinités, divergences et nouvelles interférences
XV International Film Studies Conference, Udine, 3-6 mars 2008.

Le souci de confronter cinéma et bande dessinée ne date pas d’hier. Au premier abord, il s’explique par une multitude d’affinités et de concordances apparentes. Les deux médias semblent en effet partager une visée similaire: raconter au moyen d’images en séquence. Ils utilisent les images comme matière première de représentation et exploitent l’intarissable potentiel de leur articulation par le recours à une pratique de "montage", au sens large du terme. Mais si le cinéma et la bande dessinée semblent incarner pour le premier la mise en continuité et pour la seconde la mise en contiguïté d’images formant séquence, leur affinité élective demeure somme toute superficielle, et il est à cela plus d’une raison.

En effet, plusieurs systèmes d’expression partagent les mêmes préoccupations de monstration et de montage: le photo-roman, le reportage photographique, la télévision, le site web, le jeu vidéo, etc. On est alors en droit de se demander quelle est la nature réelle du lien entre le 7e et le 9e art. D’autant que les différences peuvent sembler irréductibles. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer des questions aussi cruciales que celle du temps, qui constitue l’essence même du défilement de l’image et du montage cinématographiques et qui, en bande dessinée, n’est accessible que sous forme métaphorique, le lecteur étant le seul maître de son rythme de lecture et de ses arrêts sur image. La question de l’espace en bande dessinée constitue aussi une pierre d’achoppement importante. Ce qui est vu, étant pour ainsi dire toujours prévu (selon l’expression de Peeters), de par la contiguïté tabulaire des images sur la page. Et que dire de la nature de trace dessinée qui forge l’image de bande dessinée, celle-ci entraînant toujours avec elle une sorte d’effet de signature, alors que la monstration filmique reste pour sa part fortement marquée par la performance technologique de captation.

Lire la suite...

Un art comme les autres? La photographie et le musée au tournant du XXe et du XXIe siècle

image En 20 ans, notre perception de la photographie du XIXe siècle et des premières années du XXe siècle a considérablement changé. Jusqu’alors cantonnée au cercle de l’érudition, on peut dire aujourd’hui que la photographie de cette époque a bénéficié de la revalorisation et de l’actualisation de l’ensemble de l’art du XIXe siècle. On pourrait évoquer l’enrichissement des collections ou le développement des institutions spécialisées, mais nous avons préféré souligner la corrélation entre la recherche et la muséographie à travers le rôle des expositions dans la transformation de notre regard sur la photographie. Cette photographie du XIXe siècle appartient désormais à l’histoire de la modernité. Mais, de surcroît, elle s’est dégagée d’une simple valeur documentaire et d’un rôle de servante des arts, la photographie est comprise comme un phénomène de création, au-delà des frontières esthétiques. Cette créativité reconnue a connu un moment fort: en 1989, les grands musées dans le monde fêtaient unanimement les 150 ans de la divulgation de la photographie. Le musée d’Orsay proposait alors une manifestation originale intitulée "L’invention d’un regard", où il ne s’agissait plus de sacraliser les grands noms mais de rendre exemplaires les modalités expressives de la photographie: cadrage,vitesse, plan rapproché, etc. Si un fort tribut était alors versé à la vision américaine de l’art photographique – et notamment à la sensibilité du grand conservateur du MoMA, John Szarkowski, récemment disparu - c’est-à-dire s’il s’agissait bien de faire reposer l’art de la photographie sur les seules spécificités du médium, le propos trouvait en France et en Europe une réception différente, presque paradoxale. Il s’agissait de ce côté de l’Atlantique de regarder les photographies en fonction de leurs usages de l’époque et, de là, en percevoir les enjeux esthétiques. En n’oubliant jamais leurs déterminations socio-économiques, en ne séparant jamais la forme du fond, en établissant une corrélation indéfectible entre créativité et fonctionnalité, bref en ne "déshistoricisant" jamais l’image ce qui avait été le grand projet du dogme moderniste américain. A bien des égards c’est ce qui nous a semblé marquer toute une génération et qui est une position prometteuse aujourd’hui: le retour de la question de l’usage dans l’histoire et l’esthétique des images.

Lire la suite...

Symposium "Les photographies de l'exploration américaine (1860-1880) et leurs usages"

Symposium international. Samedi 29 septembre 2007.

Ce symposium, organisé par François Brunet et l'université Paris Diderot – Paris 7 (Laboratoire de recherches sur les cultures anglophones, LARCA) avec le généreux soutien de la Fondation Terra, se tient au même moment que l'exposition "Visions de l'Ouest: photographies de l'exploration américaine, 1860-1880", présentée au Musée d’Art Américain Giverny du 10 juillet au 31 octobre 2007.

Il rassemblera certains des plus grands spécialistes américains du sujet ainsi que des chercheurs et conservateurs européens étudiant le corpus de l'exploration américaine des années 1860-1880. Cette journée permettra de faire le point sur plusieurs décennies de recherches sur la photographie des missions d'exploration des années 1860-1880, aujourd'hui reconnue comme clé dans l’histoire de la photographie américaine. La question des usages des images, c'est-à-dire des logiques (scientifiques, mais aussi politiques, institutionnelles, commerciales, culturelles, artistiques) qui les gouvernent, sera au centre des discussions. Celle du rôle de l'individu photographe au milieu de ce dispositif complexe ne sera pas en reste. La relation plus ou moins étroite qui unit photographie du paysage et photographie ethnographique, souvent négligée, sera aussi étudiée, notamment du point de vue de la réception des images. Cette question de la réception sera pour la première fois étendue au contexte européen, afin de proposer des interprétations de l’importante distribution de ces images en France et des réactions qu'elles suscitèrent à l'époque.

Lire la suite...

Call for papers: colloque "Henri Cartier-Bresson et l'Histoire"

image L’année 2008, centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, sera l’occasion de porter un regard neuf sur son oeuvre et de s’interroger sur sa place dans les divers courants esthétiques du XXe siècle. C’est dans cet esprit qu’un colloque sera organisé dont la première partie aura lieu au Centre international de Cerisy-la-Salle, la seconde se déroulant au musée du Petit Palais, dans la foulée de Paris Photo et lors du Mois de la Photo.

En 1947, à l’occasion de l’exposition supposée posthume qu’avait organisée le MoMA, paraissait dans un journal de New York cette appréciation: «Such photographers as Cartier-Bresson are true historians because they are true artists. He is more complete than a journalist, deeper than a doctrinaire.» Depuis cette date capitale dans la vie d’Henri Cartier-Bresson (c’est l’année de la fondation de l’agence Magnum), son oeuvre s’est évidemment considérablement enrichie et modifiée, mais ces quelques lignes publiées dans Tomorrow conservent leur pertinence soixante ans plus tard. La double postulation qui structure toute la production artistique d’Henri Cartier-Bresson y est formulée en toute clarté. Cartier-Bresson aurait été plus complet qu’un journaliste, plus profond qu’un «doctrinaire». Le rapport à l’histoire devient ainsi le vecteur permanent de l’accomplissement artistique, tandis que l’oeuvre de son côté évolue, en dialogue avec l’histoire même de la photographie qu’elle marque profondément, en conversation aussi avec d’autres formes d’expression, le cinéma, le dessin, la peinture… Comment cette oeuvre s’est-elle constituée, et par-delà la reconnaissance dont elle bénéficie, que réserve-t-elle pour les générations futures ?

Lire la suite...

Un marché virtuel? Une nouvelle économie de la valeur des images

image Le 17 juin 2007, la vidéo "Sarkozy au G8" était diffusée pour la première fois dans son intégralité sur une chaîne de télévision, dans le cadre de l'émission "Arrêt sur images". L'audience recueillie par ce programme était de 736.840 téléspectateurs. A ce moment même, cette vidéo, diffusée depuis dix jours sur YouTube et Dailymotion, avait atteint une audience cumulée de quelque 15 millions de visionnages. Ce cas récent a représenté la plus forte croissance de fréquentation d'une vidéo en ligne depuis la création d'internet.

On peut discuter la notion d'audience des contenus en ligne. Dans cet exemple précis, j'ai pour la première fois entendu des gens me dire: "Je suis allé voir cette vidéo à plusieurs reprises". Les 15 millions de vues ne correspondent donc pas à quinze millions d'internautes stricto sensu. Mais il faut se souvenir que les audiences des médias de flux, télévision ou radio, sont des indications du même ordre, qui comportent eux aussi des critères ambigus, auxquels nous ne prêtons plus attention, car ces chiffres se sont banalisés. S'ils sont moins faciles à interpréter que les évaluations de Médiamétrie, les chiffres de fréquentation sur internet fournissent néanmoins un indicateur qu'il va falloir apprendre à apprivoiser, et dont les ordres de grandeur restent significatifs. L'audience cumulée sur une dizaine de jours de la vidéo "Sarkozy au G8" est comparable à l'audience instantanée d'une grande émission télévisée, comme par exemple "J'ai une question à vous poser", qui a réuni quelque 8 millions de téléspectateurs lors de l'édition consacrée à Nicolas Sarkozy.

J'ai choisi cet exemple car il témoigne mieux qu'aucun autre à quel point la publication des contenus visuels en ligne est désormais en mesure de rivaliser – et parfois même de dépasser – les médias traditionnels en termes de puissance de diffusion. Réciproquement, on notera que les plates-formes de contenus visuels, vidéos ou photographies, comme Youtube ou Flickr, comptent aujourd'hui parmi les services les plus fréquentés sur internet.

Lire la suite...

Les conditions de l'émergence du marché de la photographie

image Le colloque "Enjeux et mutations du marché de la photographie", organisé par Françoise Docquiert dans le cadre des rencontres d'Arles s'est ouvert ce matin par deux communications magistrales de Quentin Bajac, conservateur des photographies au centre Pompidou, et Dominique Sagot-Duvauroux, économiste à l'université d'Angers.

Selon Quentin Bajac, la question du marché photographique, après avoir fait l'objet de nombreuses discussions, doit maintenant devenir un objet d'études. A partir de l'exemple des pratiques de Julia Margaret Cameron, il montre comment, dès le milieu du XIXe siècle, on assiste à l'établissement de règles autour de la notion de rareté. Mais la plupart des tentatives de création de galeries photographiques aux Etats-Unis, dans la première moitié du XXe siècle resteront des échecs, ce qui permet de conclure que les conditions permettant l'émergence d'un marché proprement dit ne sont pas réunies. Elles commencent à émerger à partir des années 1960, avec de nouveaux acteurs comme André Jammes ou Sam Wagstaff, qui ne sont pas seulement des collectionneurs, mais participent activement à l'organisation du marché par la production de savoir et la création d'une hiérarchie des oeuvres. Cette émergence est à comprendre comme le résultat d'un long processus de constitution de la valeur esthétique de la photographie.

Lire la suite...

Journée d'études "La photographie d'après-guerre: identité et inspiration"

Le mercredi 27 juin 2007
Salle René Jullian, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

Durant cette journée d’études, nous analyserons les pratiques et usages photographiques après 1945. Si pendant les crises précédant la Seconde Guerre mondiale, l’artiste avait pu trouver son inspiration et sa raison d’être dans une forme d’engagement social et politique, son identité et sa place dans la société sont bouleversées à partir de 1945. La légitimité de ses principaux chevaux de bataille est mise à mal. Utopie, universalité, art politique, œuvre d’art totale et notion d’avant-garde même sont battus en brèche. De plus, les limites de son champ d’action et de diffusion s’élargissent considérablement avec l’ouverture et l’intensification des échanges internationaux.

Se pose alors la question de la nature des inspirations nouvelles de l’artiste photographe et des réalisations qui en découlent. Plusieurs voies sont envisagées par les photographes. Les consciences historiques et relectures artistiques deviennent des propositions artistiques en tant que telles. La voie de l’expérimentation aussi, chère aux avant-gardes photographiques du début du siècle, est poursuivie, mais dégagée de toute revendication utopiste. L'analyse des discours des acteurs du monde de la photographie démontre une volonté généralisée de réattribuer une légitimité nouvelle aux artistes. Leurs propositions sont toutefois extrêmement diverses en fonction des rapports entretenus en art et politique, dans leurs pays respectifs, avant 1945. Par conséquent, la mise à jour de leurs spécificités ne peut être réalisée que par une remise en contexte générale, à un niveau national, prenant en compte leur intégration dans l'histoire sociale et politique. Les collaborations seront ultérieurement publiées dans la revue électronique de l’ARIP.

Journée d’études doctorales organisée par l’équipe d’accueil "Histoire sociale et politique de l’art"-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en partenariat avec l’Association de Recherche sur l’Image Photographique (ARIP).

Lire la suite...