Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Les blogs de l'EHESS ouverts le samedi

image De quoi les étudiants se plaignent-ils? A l'EHESS, qu'il pleuve, qu'il vente, la pratique des sciences sociales ne connait pas de répit, week-end compris. Qu'on en juge. Sur Le piéton de Berlin, le blog de Jean-Louis Fabiani, on lira un décryptage tout en finesse du fameux reportage du Soir 3 du premier mars 2007, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, à propos du "Chant des partisans" entonné à la demande de Nicolas Sarkozy. Contrairement aux réactions des journalistes, toujours prompts à défendre la corporation, Fabiani repère les signes d'une connivence que les professionnels ne savent plus apercevoir – puisqu'elle constitue leur routine quotidienne.

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Karl Zéro, César ou Gérard?

image Je n'ai rien contre les exercices auto-promotionnels périodiques des professions du spectacle, nuisance apparemment nécessaire à la bonne santé de l'industrie du divertissement. Mais ces palmarès n'ont pas toujours la lisibilité souhaitable. Pour leur deuxième édition, les "Gérard du cinéma" réservaient avec pertinence au pathétique Les Bronzés III (lauréat incontesté de la fréquentation en salles l'an dernier, avec 10.350.334 entrées) – la palme du plus mauvais film. La consécration par les Césars de Lady Chatterley, de Pascale Ferran, se voulait au contraire une prime à la qualité, sans concession pour le goût du public. Est-ce la même logique qui a présidé au choix du poussif Dans la peau de Jacques Chirac, de Karl Zéro et Michel Royer, pour le documentaire? On a du mal à s'en convaincre. A titre personnel, j'attribuerai le César du meilleur film d'archives 2006 à l'exceptionnel "Nuremberg. Les nazis face à leurs crimes", de Christian Delage (disponible en DVD). C'est un ami, autant le préciser – ce qui indiquera la distance qui me sépare des jurys professionnels.

Références:

Le musée achéménide à l'honneur

image Il y avait foule pour écouter la présentation du Musée achéménide par son créateur, Pierre Briant, mercredi 28 février à l'INHA, à l'occasion de la rencontre-débat "L’image, l’histoire de l’art et le web". Unique en son genre, cette ressource en ligne propose l'accès aux reproductions en haute définition de plus de 8000 objets d’époque achéménide (550 à 330 avant J.-C., entre Indus et Méditerranée), conservés dans des dizaines de musées dans le monde (Bibliothèque Nationale de France, British Museum, glyptothèque de Munich, etc.). Une interface remarquable permet de procéder à une observation détaillée des pièces et de conserver la mémoire de ses recherches sur le site. “Un cabinet d’étude plus encore qu’un musée”, selon la formule de Corinne Welger-Barboza qui, par une heureuse coïncidence, consacre au même moment un article détaillé à ce programme exceptionnel dans les colonnes de l’Observatoire critique (également présent à la rencontre-débat). L'application mise au point par José Paumard (Paris XIII), sous l'égide du Collège de France et du CNRS, sera bientôt disponible en libre accès pour servir à d'autres projets.

Référence: http://www.museum-achemenet.college-de-france.fr/

Le tag social, piège à journalistes

image La rumeur de manipulation des vidéos communistes sur Dailymotion est en passe de devenir l'un des attrape-gogos les plus drôles de la campagne présidentielle. Un mois après Le Monde et Marianne, un journaliste du Figaro.fr est à nouveau tombé dans le piège. Sous le titre "Le mystère des vidéos communistes sur Dailymotion", Jérôme Bouin écrit:

Ce sont les vidéos de la candidate communiste Marie-George Buffet qui occupent les huit premières places du classement, de sa déclaration de candidature jusqu'à ses positions sur le droit opposable au logement. Ces vidéos ont été vues entre 564.000 et 207.000 fois. Des scores étonnants par rapport aux vidéos les plus populaires sur les favoris de la présidentielle. Ainsi, les montages satiriques sur Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy culminent à 56.000 visionnages. Les idées défendues par Marie-George Buffet connaîtraient-elles, via Internet, un regain d'intérêt ou ces chiffres sont-ils obtenus par une manipulation technique ? Chaque clic sur une vidéo étant comptabilisé comme un visionnage, des robots peuvent effectivement être programmés pour répéter cette action des milliers de fois, venant ainsi gonfler l'audience.

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Compte rendu de "L’image au service de la révolution", de Michel Poivert

Michel Poivert, L’image au service de la révolution. Photographie, surréalisme, politique, Cherbourg, Le Point du Jour, 2006, 128 p, 30 ill., 19 €.

Avec ce livre bref et dense qui rassemble cinq essais publiés au fil des douze dernières années (dont trois dans Études photographiques), auxquels s’ajoute le texte inédit d’une conférence sur "Walter Benjamin et le repère surréaliste", Michel Poivert dresse le bilan de l’un des plus importants chapitres de l’histoire de la culture visuelle moderne. Reconfigurant certains éléments centraux de son champ d’investigation, il ouvre en même temps de nouvelles perspectives à l’étude du surréalisme. Celui-ci, on le sait, n’avait pas pour seule ambition de transformer l’art: c’est la vie elle-même qu’il aspirait à bouleverser de fond en comble. Fol espoir résumé alors sous le mot de "révolution", présent ici dès le titre. Ce serait en effet ne rien comprendre aux plus marquantes des propositions surréalistes, et à leur force de déflagration supérieure, que de ne pas voir qu’elles procédèrent toujours d’un désir de nature politique autant qu’esthétique. L’auteur y insiste d’emblée dans la préface qu’il donne à son recueil, intitulée "L’au-delà de l’usage", où la photographie, par son ancrage à embranchements multiples au sein de la culture et, en un mot, parce qu’elle «n’était pas de l’art» (p. 8), apparaît comme le médium le mieux adapté à incarner cette double dimension. Déplaçant sur le terrain de l’art, à la suite de Dada, des images dont les raisons et les fins lui étaient parfaitement étrangères, les surréalistes firent de la photographie l’instrument d’une conversion du regard qui, dans toute sa portée, constitue sans doute leur legs le plus "révolutionnaire".

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David, la vidéo du sous-marin, c'est par ici...

Chroniqueur d'"Arrêt sur images", David Abiker savourait avec gourmandise la bourde du sous-marin de Ségolène Royal, interviewée sur RMC/BFM TV le 24 janvier 2007. Soucieux du bonheur du commentateur, signalons-lui qu'il peut visionner dès à présent sur Dailymotion l'enregistrement du nouvel entretien de Jean-Jacques Bourdin, consacré ce matin à Nicolas Sarkozy. Il constatera avec plaisir que le candidat de l'UMP chute lui aussi sur cette même question, devenue la spécialité du journaliste (8h50). Mais pour l'amateur de bourdes impartial, un pas supplémentaire est franchi avec le dialogue de sourds entre Bourdin et le ministre de l'intérieur sur la tendance religieuse d'Al Quaeda (8h24). Malgré l'affirmation répétée de l'intervieweur, Nicolas Sarkozy persiste à nier que l'organisation terroriste sa rattache à l'obédience sunnite. Un sommet du rire que ne manquera d'apprécier David Abiker – nul doute que, là encore, le chroniqueur ne pourra s'empêcher d'avoir envie “d’embrasser, de serrer dans (ses) bras” le candidat malmené.

Prompts à repérer un effet de réitération, plusieurs journaux ont réagi dès la mi-journée sur leurs sites, dont Le Figaro, Le Monde et Libération – ce dernier avec une antisèche très détaillée sur la question des sous-marins (que l'on ne saurait trop conseiller aux candidats de potasser pour leur prochain passage chez Bourdin). Instruit lui aussi par le précédent, le PS s'attend à un ralliement massif d'intellectuels de droite. – David, si ça te tente...

Internet Explorer est notre ami

image Pas de billets ces derniers jours, mais quand même bricolé le blog. Il y a des jours comme ça, où on a envie de regarder sous le capot. Enlevé définitivement les trackbacks (ou rétroliens), qui servent très peu aux blogueurs, dans ma partie de sphère, mais beaucoup aux robots spammeurs. Du coup, l'espace réservé aux commentaires est moins fouillis, le formulaire a été élargi, j'espère qu'il est plus accueillant. Quelques corrections de code ont enfin fait réapparaître la colonne de droite sous Internet Explorer, qui refusait de s'afficher dans pas mal d'environnements. J'ai résisté longtemps à cette mise à jour, suivant en cela la philosophie de certains Dotcleariens, pour lesquels IE est un élément négligeable du paysage, une antiquité vouée à disparaître. Toi, ami lecteur, qui serait mon semblable si tu utilisais Firefox 2.0 (c'est gratuit, c'est plus vite, c'est plus sûr, c'est mieux), sache que tu as tort de persister, par pure paresse, à conserver cet outil. Mais sache qu'ici on te pardonne – surtout lorsqu'on considère les statistiques, qui montrent que tu représentes bon an mal an encore 55% des consultations de ce blog.

La progressive éclosion de blogs de collègues ou d'étudiants de l'EHESS m'a incité à ajouter une liste de liens estampillée "Ecole" dans la colonne de navigation. Dans le contexte de la campagne présidentielle, on notera tout particulièrement l'ouverture début février du blog de Cyril Lemieux, sociologue des médias. Merci de me signaler les oublis, modifications ou créations permettant de tenir cette liste à jour.

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Call for papers: colloque "images et sons de mai 1968"

Appel à communications (date limite : 1er juin 2007)
Colloque "Images et sons de mai 1968 (1968-2008)", Paris, Institut national de l’audiovisuel, 15-17 avril 2008

Depuis quarante ans, "Mai 68" occupe, dans les imaginaires collectifs, une place singulière. Sa perception même a connu des infléchissements considérables. A l’heure où les débats sur les conséquences de mai 68 envahit l’espace public, il est important de poser la question: «Que reste-t-il de 68 aujourd’hui?». La simple évocation du mouvement de mai fait surgir dans l’esprit de chacun, acteur ou spectateur des événements, partisan ou adversaire des "idées de 68", ou celui, trop jeune aujourd’hui pour l’avoir vécu, un éventail d’images, parfois nourrie de sons, qui semble, à coup sûr, caractériser un moment vivant de l’histoire contemporaine. Il suffit de prononcer "Mai 68", et le décor paraît planté. Que des affrontements violents opposent, au Quartier latin, forces de l’ordre et étudiants, qu’une manifestation dans les rues de Paris rassemble des centaines de milliers de participants, qu’une grève avec occupation d’usine prenne de l’ampleur et se prolonge, et naturellement les images de mai 68 rejaillissent dans les têtes comme sur les écrans. Toutefois, ce décor est-il le même pour toutes les générations, tous les milieux? La similitude est cependant explicitement recherchée par les protagonistes des nouveaux conflits, comme l’indique, par exemple, l’adaptation d’affiches de 68 à une situation sans grand rapport avec l’événement ou la référence symbolique aux slogans peints à l’époque sur les murs. Plus significatif encore, les images de mai 68 semblent appartenir au patrimoine commun des Français, à tel point, du reste, que s’en dégage parfois un parfum consensuel. Comment comprendre autrement la campagne publicitaire lancée en 2005 par les magasins Leclerc détournant à son profit les mots d’ordre et les placards qui avaient fleuri à l’époque sur les murs des villes?

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Un nouveau look pour Homo numericus

image Mis à part les sites de graphistes, on ne peut pas dire que la blogosphère témoigne d'un souci marqué pour les questions d'habillage. Raison de plus pour signaler le nouveau look de nos camarades d'Homo numericus, journal en ligne consacré aux relations entre technologies numériques et société, sous la houlette de Pierre Mounier. Très Bauhaus-like, cette maquette soignée a été conçue par Mika et Patrick, du collectif Sur le toit. On aime beaucoup! A quand le toilettage du petit frère, Blogo numericus?

Parution de "L'image ouverte" par Georges Didi-Huberman

Les éditions Gallimard annoncent la parution de:
L'Image ouverte. Motifs de l'incarnation dans les arts visuels
Par Georges Didi-Huberman.

Ce livre interroge les relations anthropologiques cruciales que les images entretiennent avec le corps et la chair, au-delà des notions usuelles d'anthropomorphisme ou de représentation figurative. Y sont analysées les diverses façons dont les images vivent la chair, que ce soit la chair d'Aphrodite formée de l'écume ou celle du Christ sacrifié sur la croix. Paganisme et christianisme, chacun avec ses propres cadres de pensée, auront, en effet, tous deux cherché à atteindre, voire à transgresser, les limites de l'imitation: là où les métaphores deviennent métamorphoses, là où les signes qui représentent deviennent les symptômes qui incarnent. On découvrira cette puissance extraordinaire des corps lorsqu'en eux la chair vise l'image, par exemple dans la stigmatisation de saint François au XIIIe siècle, les crucifiements des Convulsionnaires de Saint-Médard au XVIIIe siècle ou les "clous" hystériques de la Salpêtrière au XIXe siècle. Une traversée impressionnante d'images qui ne sont pas faites pour décorer, simuler ou consoler, mais pour agir, nous bouleverser et nous donner accès à quelque chose comme une profondeur.

Collection "Le temps des images", 410 p., ill. NB et coul., 35 €.
Nota Bene: billet n° 300.

Doc Gynéco reçu à Dailymotion

image Loïc Le Meur le prophétisait: le off n'existe plus. Il va falloir apprendre à gérer ses nerfs, en toutes circonstances. Après Ségolène Royal, après Alain Duhamel, l'effet Dailymotion fait une nouvelle victime, cette fois parmi les soutiens revendiqués de Nicolas Sarkozy. Auteur d'un récent Les Grands Esprits se rencontrent. 2007, Sarkozy et moi, une amitié au service de la France (éditions du Rocher), Doc Gynéco est interviewé le 16 février sur Ouï FM. Pour des raisons inexpliquées, le chanteur s'emporte et menace physiquement son interlocuteur, en lui assénant une série d'amabilités qui témoignent que son pseudonyme n'a pas été choisi au hasard (mais dont la verdeur va rendre difficile une reprise télé). Mis en ligne hier par Johann Roques, copié à plusieurs exemplaires, l'enregistrement dépasse déjà les 30.000 vues aujourd'hui à 13h et fait les gorges chaudes de la blogosphère.

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Le catalogue des films du PCF accessible en ligne

image Le catalogue des films du PCF et du mouvement ouvrier et démocratique, fonds d'archives des années 1920 à nos jours géré par l'association Ciné-archives est accessible sur son site (http://www.cinearchives.org). La consultation des films sur place est gratuite pour les chercheurs.

Contact: Julie Cazenave, Joëlle Malberg, tél: 01 40 40 12 48/50.
Via Marc-François Deligne.

Record d'audience pour Ségolène Royal sur TF1

image Libération.fr, avec sa perspicacité habituelle, pronostiquait dès ce matin: “Il y a fort à parier que les scores de Royal seront plus faibles que ceux de Sarkozy. Pourquoi? Tout simplement à cause des vacances d'hiver: il y a moins de téléspectateurs devant la télé.” Une telle remarque, qui part d'un bon sentiment, illustre la distance entre la perception médiatique et le terrain. Ayant intériorisé la défaveur ontologique de la candidate socialiste (et accessoirement convaincus qu'une majorité de Français virevolte sur les pistes), Garrigos et Roberts tentent d'excuser par avance un score médiocre. Pas de chance, l'audience de l'émission "J'ai une question à vous poser", communiquée par TF1, a battu tous les records: 8,9 millions de téléspectateurs, avec une pointe à 10,6 millions, et 37% de parts de marché (l'émission de Nicolas Sarkozy avait rassemblé 8,2 millions de téléspectateurs avec un pic à 9,7 millions et 33% de pdm). Selon TF1, il s'agit d'un “record d'audience pour une émission politique depuis 15 ans à la télévision”.

Séminaire "De la photographie à l'image numérique" à l'ENS

Séminaire Christian Caujolle, "De la photographie à l'image numérique"
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, salle d'Histoire, 2eme étage de l'escalier D.
Chaque mardi, 10h30-12h30, entrée libre.

  • 20 février, Christian Caujolle, autour de la projection de Half Life, de Michael Ackerman.
  • 27 février, Bernard Faucon, pourquoi un photographe abandonne sa pratique, il y a une dizaine d'années; quelles sont ses recherches actuelles, qui utilisent le numérique.
  • 6 mars, Quentin Bajac (CGP), "Une perspective historique, du daguerréotype à l'épreuve numérique".
  • 13 mars, Sébastien Calvet, jeune photographe, qui suit actuellement la campagne de Ségolène Royal pour le journal Libération. Comment un jeune auteur se confronte à la problématique entre information et propagande.
  • 20 mars, Pascal Convert, autour de la mémoire, de l'intégration du document dans la création contemporaine. Comment on passe de la photographie à l'image et de l'image à la sculpture.
  • 27 mars, Georges Didi-Huberman (EHESS), un premier bilan de trois années de recherches sur "la lamentation": "Images de la lamentation, Images lamentables ?"
  • 3 avril, Didier Semin (à confirmer), professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Ensba.

Arielle Dombasle‚ le nu‚ le vêtu et la négation de l'âge

On aurait cru le strip-tease bourgeois disparu ou voué aux (mâles) fins de salons professionnels réussis‚ au contentement des touristes venus en cars et des bataillons de grossistes en machines-outils obsolètes. Mais Arielle Dombasle (Paris-Match‚ 8 février) ressuscite le spectacle de "nu artistique" (Barthes) et le requalifie en univers signifiant. En voici les codes investis d'une nouvelle promesse: la transgression de l'âge accompagnée de la négation de ses atteintes.

Par Jean-Yves Ruaux, Seniorscopie.com, 14/02/2007.
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