Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

La vérité sur le rôle d'internet dans la campagne

Les résultats du premier tour ont apporté quelques éléments précieux permettant de préciser la réponse à la question qui a fait l'originalité de la campagne 2007: quel rôle auront joué les nouvelles interactions permises par internet? A ce jour, rappelons qu'il n'y a pas unanimité sur le diagnostic. La thèse trop mécaniste de "l'influence" des blogueurs semble avoir fait long feu, remplacée par l'hypothèse plus subtile et plus intéressante de l'emergence d'un "net-citoyen". Mais cette description est relativisée par les considérations sur le caractère limité de la population concernée, l'équipement ou la compétence nécessaires. Même pour les observateurs optimistes, les effets de la webcampagne “seront lents, diffus et probablement contradictoires” (Thierry Vedel cité par La Croix du 17/04/2007). Malgré tout le respect que je dois à Thierry Vedel, il me faut marquer ici mon désaccord. Car nous disposons désormais d'une preuve qu'internet a été, non pas un ingrédient accessoire, mais bien le principal déterminant de cette campagne. Celui qui lui a donné son goût et sa tournure. Celui qui a dicté ses résultats, pris dans leur ensemble. Celui qui permettra aux historiens de poser la césure entre deux périodes de l'histoire électorale française.

Le précédent de 2005: l'inversion des rôles. Au lendemain du premier tour, un surprenant mea culpa attend les lecteurs du blog de Guy Birenbaum: “Celui qui s'est totalement planté, qui est cassé, voire HS, ce matin, parce qu'il n'a absolument pas compris ce qui se passait, c'est bien moi. (...) Ma principale erreur d'analyse tient dans ma certitude (...) que les quatre premiers seraient finalement dans un mouchoir de poche (j'ai dû le répéter au moins cent fois...). C'est que je n'ai pas voulu croire aux sondages, anticipant une erreur comme en 2005, comme en 2002, comme en 1995, etc. (...) Les sondages avaient donc raison depuis le départ.”

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Is it Graffiti, or is it Art, or is it Both?

The BBC news is reporting that an iconic and very famous mural by artist Banksy has been painted over in London. The image, pictured above, was a classic of modern and pop culture and featured John Travolta and Samuel L. Jackson clutching bananas instead of guns in a classic Pulp Fiction pose. According to the BBC, London transport workers painted over the mural because they said that the "graffiti" created an "atmosphere of social decay." Which brings up a point of contention. Was Banksy's mural art, or was it graffiti? And how do you define art and the work that graffiti artists create? Typically most graffiti artists are creating their work on property that they don't own. Many consider it vandalism.

Thomas Hawk's Digital Connection, 20/04/2007.
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Toscani fait sa pub

image Erwan l'avait pronostiqué ici même: après son portrait en noir et blanc, la prochaine affiche de Ségolène Royal serait en couleur. Voilà qui est fait, avec Oliviero Toscani aux manettes, dont les campagnes pour Benetton sont restées dans les mémoires. Comme on pouvait s'y attendre, le publicitaire métamorphose la candidate en mannequin pour shampoing.

D'après les bruits de couloir, l'équipe de Ségolène Royal aurait un temps songé à Valérie Jouve. Rappelons que les portraits officiels des présidents de la Ve (Lartigue pour Giscard, Gisèle Freund pour Mitterrand, Bettina Reims pour Chirac) ont a chaque fois été des choix emblématiques. Au cas où la candidate remporterait le match, on ne peut que lui conseiller de recontacter celle qui est aujourd'hui l'une des plus brillantes étoiles de la photographie contemporaine, celle qui s'inscrirait le mieux dans la continuité de Freund – intellectuelle engagée autant qu'artiste. Ca aurait tout de même plus de gueule qu'un Toscani ou un Arthus-Bertrand.

Ce que nous disent les affiches (2)

Les affiches électorales suscitent des réactions variées et souvent vives, en particulier dans le contexte très personnalisé de l’élection présidentielle. Pour étudier cette forme spontanée de réception politique, j'ai proposé il y a une semaine à tous ceux qui le souhaitent de me faire parvenir des photographies de ces supports éphémères (affichesdecampagne@ehess.org). Plus de 600 images ont été collectées par une trentaine de posteurs et mises en ligne sur le site Affiches de campagne. En attendant d'entreprendre l'analyse de ce corpus, voici une sélection d'exemples pour les principaux candidats (cliquer sur les images pour accéder aux échantillons). La collecte se poursuit pour le second tour!

image Affiches diverses (Montélimar, 16/04, photo N. Frespech; Montélimar, 16/04, photo N. Frespech; Paris, 17e, 17/04, photo A. Leblanc; Paris, 17e, 17/04, photo A. Leblanc; Paris, 11e, 15/04, photo S. Fargeon; Avignon, avril 2007, photo B. Coutancier).

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Le piège de l’implicite

La gestion télévisuelle des résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2002

Le 21 avril 2002 au soir, en clair sur Canal +, la marionnette du journaliste Patrick Poivre d'Arvor ouvre le journal satirique des Guignols de l'info en annonçant: “Ceux qui n'ont pas encore voté peuvent y aller. Il leur reste quinze minutes. Le Pen est au deuxième tour[1]”. Il est 19 h 46 et 53 secondes, soit treize minutes avant vingt heures[2]. Quelques jours plus tard, le CSA adressera par courrier une mise en garde aux principales chaînes françaises, rappelant les termes de l'article L.52-2 du code électoral, selon lequel “aucun résultat d'élection, partiel ou définitif, ne peut être communiqué au public par voie de presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle, en métropole, avant la fermeture du dernier bureau de vote”. Contrairement à l'injonction légale, note le CSA, les présentateurs de TF1, France 2, France 3 et Canal +, ont “tenus des propos qui pouvaient être interprétés comme des indications sur les tendances du scrutin avant même que celui-ci ne soit clos[3]”. Passé vingt heures, la confirmation du score du leader du Front national abasourdit le pays et fait oublier les dérapages de la soirée électorale. Ceux-ci ont pourtant atteint ce jour-là une ampleur inédite, jusqu'à la transgression pure et simple de l'interdit légal – une première qui n'aurait pas manqué d'alimenter les commentaires, dans n'importe quel autre cas de figure que l'accession au second tour de Jean-Marie Le Pen. Le traitement singulier réservé par la télévision à cette circonstance questionne tout à la fois le statut d'exception du parti d'extrême droite et la gestion médiatique en temps réel d'un événement politique impensable.

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Télé libre ou télé Ceausescu?

Avec ce reportage intitulé "Rencontre en banlieue dans le quartier Beauval de Meaux", nous sommes, je suis obligé de le dire, dans la grande tradition de la télévision soviétique des pires années Brejnev, ou de la télé de Nicolae Ceausescu. Pas de son direct, juste une image prétexte avec un commentaire dictée par le service de propagande.

Par John Paul Lepers, 17/04/2007 (via le Big Bang Blog).
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Tous photographes: débat au musée de l'Elysée

image A l'occasion de l'exposition "Tous Photographes! La mutation de la photographie amateur à l'heure numérique", le musée de l'Elysée propose une série d'interventions dimanche 29 avril à Lausanne.

10h30. "Après la photographie ?", conférence de Fred Ritchin, musée de l'Elysée.

  • Alors que nous pénétrons irrémédiablement dans l’ère numérique, est-on en train d'expérimenter le passage d’un nouveau médium que nous continuons de nommer, par erreur, la photographie? Ou cette forme émergente de communication est-elle juste une amplification de ce que nous appelons maintenant la photographie, avec laquelle des millions d'images sont produites quotidiennement et téléchargées pour publication instantanée? Quel est dès lors le rôle des professionnels?

14h30. Table ronde, aula du musée Olympique, intervenants: Luc Debraine, William Ewing, André Gunthert, Martin Parr, Fred Ritchin, Jonathan Lipkin, Radu Stern.

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La tuerie de Virginia Tech filmée au vidéophone

CNN informe en continu sur la fusillade qui s'est déroulée aujourd'hui sur le campus de Virginia Tech, à Blacksburg, Virginie, annonçant au moins 31 morts et plusieurs dizaines de blessés – une tuerie plus meurtrière encore que celle du lycée Columbine. Le tireur, dont les motifs ne sont pas connus, figurerait parmi les victimes. Les seules images live de l'évenement disponibles à cette heure sont un enregistrement de 41 secondes au vidéophone réalisé par l'étudiant Jamal Albarghouti vers 9 h 30, heure locale (15 h 30 à Paris), de la seconde fusillade au Norris Hall, envoyé par ses soins sur CNN i-Report. Cette vidéo, vue plus de 900.000 fois en ligne, selon CNN, n'est encore repérable par aucun moteur de recherche (Google, Yahoo, Live search, Altavista), à l'exception de Blinkx, moteur dédié aux vidéos sur internet.

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Les procédés pas net du Front national

Au sein du Vidéomètre du 15 avril, on voit apparaître à la deuxième et à la sixième place deux vidéos au nom intrigant: "Sweety love" et "Jennifer", postées respectivement par Bridounou et Clipfrance. Une visite de la page de ces posteurs nous permet de voir qu’il s’agit d’une véritable opération de manipulation orchestrée par des militants du Front National.

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Pas de débat de premier tour sur internet: leçons sur le buzz

image Ainsi que l'ont annoncé Christophe Carignano, Nicolas Voisin ou Quelcandidat.com, le projet de débat de premier tour sur internet se clôt par une fin de non-recevoir de la plupart des candidats sollicités. Qu'est-ce qui n'a pas marché? Mis à part 20 Minutes, très actif dans cette séquence, les grands médias associés au processus se sont bornés à une attitude attentiste, sans relayer le buzz, qui est resté très faible tout au long de la semaine dernière. Sans une forte pression médiatique, il était impossible d'imposer cet agenda aux équipes de campagne. Celle-ci a fait défaut: l'AFP a notamment refusé de transmettre les informations qui lui étaient fournies par le collectif. Leçon numéro un: la blogosphère peut engendrer le buzz, mais ne peut le porter à elle seule à un degré efficace – au moins dans ce cours laps de temps.

Le fait que la mayonnaise n'ait pas pris a aussi une autre raison: ce projet est intervenu trop tard dans le calendrier de la campagne. Entre la rumeur de la rupture avec Cécilia ou le faux sondage des RG, toute la semaine dernière a été occupée par les hoax et les tentatives d'intoxication. Pendant ce temps, on a bien vu les interventions des candidats se durcir, frisant parfois l'insulte. Désormais, les coups pleuvent, dictés par l'urgence. Malgré toutes les bonnes volontés, le temps n'était plus à l'échange d'arguments et au débat raisonné. D'où la leçon numéro deux: le caractère "objectif" du buzz, qu'on ne peut fabriquer de force à contretemps. Rien que pour ces enseignements, cette rencontre n'aura pas été vaine.

Illustration: Réunion de préparation du projet de débat présidentiel de premier tour sur internet à la rédaction de 20 Minutes, le 6 avril 2007 (de g. à dr.: Natacha Quester-Séméon, Sullian Wiener, Jean-François Fogel, Carlo Revelli, Nicolas Voisin).

Les sondages n'y voient goutte

image Au moment où se publient les derniers sondages avant le premier tour, deux règles simples pour tirer profit des indications qu'ils fournissent. La première est de ne pas tenir compte d'une enquête isolée, mais d'en comparer plusieurs. Une page du Monde.fr qui synthétise sous forme graphique les données des principaux instituts est à cet égard très pratique (en attendant sa mise à jour, il convient de la compléter par les dernières vagues publiées: CSA, IFOP, IPSOS et TNS-Sofres). La comparaison montre que les valeurs absolues attribuées à chaque candidat sont très variables et peuvent bouger de 2 à 4 points dans un sens ou dans l'autre. D'où la seconde règle: ne pas tenir compte des chiffres, mais seulement des tendances, c'est-à-dire de la position relative des candidats et surtout du mouvement de la courbe. Plutôt que de regarder si Sarkozy est à 28% et Royal à 24%, ce qui importe, compte tenu des mouvements qui peuvent se produire au cours de la semaine prochaine, c'est de voir qui monte et qui descend. Cette indication aura évidemment plus de valeur si elle est corroborée par plusieurs instituts.

Du côté des trois principaux candidats, les instituts ne mesurent pas la même chose. TNS-Sofres donne Nicolas Sarkozy en progression de 2 points (30%), alors que CSA (26%), IFOP (28,5%) et IPSOS (29,5%) le voient à la baisse de 1 point (écart: 4 points). Ségolène Royal passe de 2,5 points de hausse pour TNS-Sofres (26%) à 2 points de baisse pour CSA (23%). Ecart: 3 points. Idem pour François Bayrou, qui varie de 3 points à la baisse chez TNS-Sofres (17%) à 2 points à la hausse chez CSA (21%). Ecart: 4 points. Ces divergences sont importantes. Après coup, les instituts nous expliqueront comme d'habitude qu'ils avaient correctement décrit les tendances. Mais à une semaine du scrutin, leurs contradictions montrent surtout l'imprécision d'un outil incapable de dégager un schéma général.

Les blogueurs influencent-ils ...Marianne?

Le numéro spécial révélations fracassantes sur Sarkozy a fait un flop dans la blogosphère. C'est bien dommage, car je suis en mesure de vous révéler que l'article qui a été la principale source d'inspiration de Marianne n'est autre qu'un billet publié ici-même le 27 mars, sous le titre "Le vrai Sarkozy, bilan de netcampagne". Ce texte proposait un premier état des lieux de la campagne en ligne (complétée depuis ici). Le résumé qu'en fournit Octave Bonnaud, en page 45 de l'hebdomadaire est plutôt correct – à part son titre, "Le flop de la netcampagne", qui inverse le sens de mon propos. Je concluais ce bilan par une thèse classique, celle de La Lettre volée d'Edgar Allan Poe, selon laquelle le symptôme le plus voyant était passé inaperçu. Il s'agissait de la vidéo virale "Le vrai Sarkozy", qui restera le premier hit français de l'histoire des campagnes en ligne – auquel le magazine de Jean-François Kahn emprunte aujourd'hui son titre, sa rhétorique et sa méthode: monter en enfilade tous les éléments à charge prouvant la dangerosité du candidat.

Personnellement, je préfère l'efficacité nerveuse du film au pathos un peu lourdingue de l'article de Marianne. Mais celui-ci est bien structuré par la thèse de La Lettre volée. S'attendait-on à des révélations, au dévoilement d'une rumeur croustillante? Que nenni, nous disent Kahn, Maury et alii: “il suffit, au demeurant, de le lire ou de l'écouter”. Il suffit de remettre en perspective tous les éléments épars du puzzle, pour qu'apparaisse enfin la vérité, qui était là, sous nos yeux, depuis le début. Les journalistes de Marianne n'ont d'ailleurs pas été les seuls à s'inspirer de ma thèse, que reprend par exemple Bernard Langlois sur le blog "Le Monde citoyen": “Pas besoin de rumeur. Ou plutôt, la rumeur est là, sous nos yeux, comme la lettre volée d’Edgar Poe: tout dans son comportement, ses dérapages, ses outrances, ses contradictions, tout indique que Nicolas Sarkozy est un homme dangereux”.

Contredisant ses propres analyses sur "le flop de la netcampagne", le n° 521 de Marianne restera comme une preuve manifeste de la circulation des idées des petits au grands médias. Du "vrai Sarkozy" en vidéo au "vrai Sarkozy" sur papier, même si aucun des éléments du dossier à charge que propose l'hebdomadaire n'était inconnu, c'est bien à un retournement d'image que l'on assiste. Le magazine ne fait qu'accompagner un mouvement de translation qui s'effectue depuis début avril dans l'ensemble de la presse. “Révélation” aujourd'hui pour Jean-François Kahn, l'image "dangereuse" du candidat était véhiculée depuis des mois sur internet. Qui pourra dire désormais que les blogueurs n'influencent pas les médias?

Ce que nous disent les affiches

image A l'ère des moyens de communication électroniques, les affiches électorales de la campagne présidentielle n'ont suscité qu'un intérêt médiocre. Pourtant, malgré les blogs, forums et autres listes de diffusion, ces images à l'usage fugitif restent le support d'une expression politique aussi fruste qu'efficace, qui mérite qu'on lui prête attention. A titre de divertissement, le Lhivic organise une petite étude collective de cette forme de réception. Ceux qui le souhaitent peuvent m'envoyer la photographie des panneaux électoraux de leur quartier, de préférence au format original, en précisant leur nom, le lieu, la date et l'appareil utilisé (affichesdecampagne@ehess.org). Les envois seront mis en ligne sur Flickr (les titulaires d'un compte peuvent également participer par l'intermédiaire du groupe: Affiches de campagne) et commentés ici-même.

Illustration: affiches électorales, Saint-Fargeau (Seine-et-Marne), le 12 avril 2007.

L'EHESS, un label pour les tracts politiques

image Depuis l'occupation du 105, bd Raspail en mars 2006, l'appellation "Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)" est devenue un label utilisable dans un contexte politique, connotant à la fois l'expertise et l'indépendance de la recherche. C'est du moins le constat qu'on peut tirer de son utilisation dans le dernier document viral qui circule par e-mail, dont voici une version brève (version longue reproduite sur le site Hoaxbuster).


EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales. L'heure est grave. L'heure est grave car ce que nous redoutions tous est en train d'arriver. Il ne s'agit plus de sondages, d'informations des médias mais d'informations extrêmement fiables fournies par le Cevipof (Centre d'études de la vie politique en France) qui depuis plus de 20 ans a toujours donné les résultats des élections avant le vote sans jamais se tromper. Il n'y a jamais eu aucune erreur tant leurs enquêtes sont fiables.

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Le Monde: comment manipuler le Vidéomètre

image Le positionnement du Monde au cours de cette campagne a pu susciter certaines interrogations. Les gens sont méchants. Démontrons-le grâce à l'édition datée du 12 avril (disponible dès aujourd'hui dans les kiosques de la capitale), qui comprend un papier consacré au Vidéomètre, par Guillaume Fraissard et Eric Nunès. Cet article occupe un tiers de page, juste au-dessus des programmes télé, dans la rubrique "Ecrans" qui clôt le quotidien (voir ci-contre). Avant d'en arriver là, le lecteur en quête d'indications sur le scrutin à venir aura été frappé par le titre de une: "Sarkozy reste en tête de tous les sondages". Lui faut-il une confirmation? En fin de cahier, sous l'intitulé: "Le Vidéomètre ou l'Audimat des vidéos politiques sur internet", il peut lire ce chapeau: "Nicolas Sarkozy occupait, début avril, la tête du classement".

Ce qui n'est pas faux. Il faut lire l'article jusqu'au bout pour découvrir que les vidéos qui permettent au candidat de l'UMP d'occuper cette place enviable, pour la semaine du 2 au 8 avril, sont la chanson satirique "Nicolas Police" (refrain: “Nicolas qui? — Nicolas Police”) et le célèbre brûlot "Le vrai Sarkozy" (au passage, nos deux détectives ont omis – c'est ballot – de mentionner le top de la semaine, le croustillant "Sarkozy colère france 3", mesuré à 97.420 vues). Et voilà comment l'on produit une inversion pure et simple de l'interprétation des données fournies par notre outil. Car si Sarkozy est lauréat toutes catégories du Vidéomètre, ce n'est pas dans le rôle de celui qui “mène la course en tête”, mais bien dans celui de tête de turc.

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