Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Menaces de transfert des chercheurs du CNRS à l'université

Communiqué de presse SNCS-FSU

Selon des fuites, d'origine ministérielle de haut niveau, le gouvernement aurait décidé de transférer la totalité des chercheurs du CNRS vers les universités. Cette mesure revient à décapiter le CNRS qui deviendrait, comme l'a annoncé Sarkozy dans son programme, une agence de moyens sans personnel chercheur. C'est un coup bas donné à la recherche française dont une grande partie s'est, depuis 60 ans, structurée et développée autour de cet établissement largement reconnu au niveau national et international.

Le SNCS ne laissera pas le gouvernement détruire les organismes de recherche. Dès maintenant, le SNCS alerte les personnels de la recherche et des universités. Il demande, de toute urgence, aux autres syndicats de réunir l'intersyndicale de la recherche et de l'enseignement supérieur pour envisager les actions à mener.

Le SNCS appelle tous les personnels à alerter la population et tous les élus de la nation.
Meudon, le 21 juin, 18 heures.

Pétition "Non au ministère de l'immigration et de l'identité nationale"

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer «immigration» et «identité nationale» dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République: c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme "problème" pour la France et les Français dans leur "être" même.

En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.

Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de «promouvoir l’identité nationale» et de définir «une politique de la mémoire» dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la «direction de la mémoire, du patrimoine et des archives» du ministère de la Défense.

Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

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"Affiches de campagne": une expérimentation des usages visuels

image Le 12 avril 2007, soit quatre jours après le début de la campagne officielle pour les élections présidentielles françaises, le projet "Affiches de campagne" a été lancé par le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). Les objectifs de ce projet étaient définis dans un message électronique diffusé largement auprès des chercheurs de l’EHESS, ainsi qu’auprès des étudiants et usagers de la liste de diffusion du Lhivic. Il s’agissait de mener une «petite étude collective de réception» concernant les graffitis et autres atteintes portées aux affiches officielles des candidats. La première phase de l’exercice devait consister en la constitution d’un corpus, la seconde phase en serait l’observation et l’analyse critique.

Plutôt que de proposer la vision sémiologique habituelle de l'affiche comme réseau de signes, l'hypothèse de travail a été de les considérer du point de vue de leur réception, comme un support d'expression politique. Les affiches politiques suscitent des réactions variées et souvent vives, en particulier dans le contexte très personnalisé de l'élection présidentielle. La nouvelle économie du dialogue permise par les outils du web nous rend aujourd'hui attentifs au fait que l'affiche est un objet particulièrement soumis à l'exercice de l'interaction. D'où l'idée d'essayer d'enregistrer ce phénomène fugitif, de façon collective et locale. L’exercice, qui était d’ailleurs proposé «à titre de divertissement», n’a pas été réalisé selon un protocole scientifique rigoureux. Les consignes de départ étaient volontairement assez souples et ont été complétées d’indications méthodologiques au fur et à mesure de la constitution du corpus.

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Tous les détails à connaître pour choisir son appareil numérique

image D'autres fonctionnalités peuvent faciliter la vie de l'utilisateur. Par exemple, un appareil présenté au Japon détecte automatiquement les sourires. Quand il n'y en a pas sur le visage photographié, le cliché peut être automatiquement mis à la poubelle.

Par Joël Morio, Le Monde, 20/06/2007.
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Vu à la télé (mais pas à "Arrêt sur images")

Hypothèse: et si ASI ("Arrêt sur images", pour les intimes) s'était arrêtée parce que cette émission avait cessé de voir ce qui se passe à la télévision? Cessé de croire qu'il pouvait s'y passer autre chose que des complots mafieux et des manipulations à deux balles? Cessé de penser qu'on pouvait encore y apercevoir des images et des gens? ASI n'a pas vu le happening à l'envers de la "Nouvelle star" – la plus étrange manifestation d'indépendance artistique lovée au creux du plus marketing des programmes. Et à quoi peut bien servir une telle émission, si elle ne sait plus apercevoir qu'il peut se passer quelque chose, précisément là où on l'attend le moins?

Après Lolita, après Les Bêtises, après Vanina revisités (Vanina! qui pouvait oser ça?), ce soir encore, il fallait cette confrontation entre le vieux clown, vrai musicien, impeccable showman, Dave Levenbach, et le nouveau petit prince duchampien de M6, Julien Doré, pour voir se déployer avec autant d'évidence l'aisance extraterrestre du jeune artiste. Ridiculiser Dave n'est pas à la portée du premier venu – et le faire avec cette aimable insouciance est un cadeau qui justifie à lui seul le paiement de la redevance pour toute l'année civile (oui, je sais, Métropole TV, c'est privé, mais on paye de toute façon, non?).

Oui, il peut encore se passer des choses à la télé. Et on aimerait bien savoir par quels étranges chemins le comble du formatage peut livrer de telles pépites. Gageons que Daniel Schneidermann saura nous l'expliquer, dès qu'il pensera à rallumer la télé.

Parution "Etudes photographiques", n° 20, juin 2007

image Sommaire

  • André Gunthert et Thierry Gervais, "Les images publiques ont une histoire" (éditorial).
  • Stephen Bann, "Entre fac-similé et haute gravure. L'image dans la presse française des années 1830".
  • Pierre-Lin Renié, "De l'imprimerie photographique à la photographie imprimée. Vers une diffusion internationale des images (1850-1880)".
  • Tom Gretton, "Le statut subalterne de la photographie. Etude de la présentation des images dans les hebdomadaires illustrés (Londres, Paris, 1885-1910)".
  • Thierry Gervais, "L’invention du magazine. Mise en page de la photographie dans La Vie au grand air (1898-1914)".
  • Joëlle Beurier, "L’apprentissage de l'événement. Le Miroir et la Grande Guerre".
  • Myriam Chermette, "Le succès par l’image? Heurs et malheurs des politiques éditoriales de la presse quotidienne (1920-1940)".
  • Olivier Lugon, "La photographie des typographes".
  • Vincent Lavoie, "Le mérite photojournalistique: une incertitude critériologique".
  • Gaëlle Morel, "Esthétique de l’auteur. Signes subjectifs ou retrait documentaire?"
  • Clément Chéroux, "Le déjà-vu du 11-Septembre. Essai d'intericonicité".
  • André Gunthert, "L’image parasite. Après le journalisme citoyen".

Notes de lecture
Par François Brunet, Myriam Chermette, Jean-Pierre Criqui, Dominique de Font-Réaulx, Kristen Gresh, Céline Guénot, André Gunthert, Jean Kempf.


A l'occasion de cette publication, la revue Etudes photographiques fête ses dix ans d'existence. Un cocktail est organisé le 18 juin à 18h à l'Institut national d'histoire de l'art, auquel sont conviés tous les lecteurs intéressés (INHA, salle Aby Warburg, 2, rue Vivienne, 75002 Paris).

Please do not turn off your cellphone

imageFriday 6/8/07, first day of the pocket film festival (international film festival done with camphones). When arriving some sort of "portable trees": mobile phones pending from enlightened transparent plastic trees welcome everybody. In these cellphones one is able to watch different short films randomly and at personal pace. These films are divided into 4 categories: small screen (52), moving images (49), mobile memory (35), and mobile series (41). (Anyway, I did not quite understand the reason of this division).

But soon the atelier-debate starts and I have to rush into the small amphitheatre (la petite salle du centre Pompidou). We might be around 40 persons. The first speaker is Titus Bicknell, Head of Mobile Technologies at Discovery Communications LLC. His paper is very interesting. His question is rather simple but very smart: "how can we think about screens?" Nowadays, after the cinema, after the television, after this computer that we are looking at, probably right now while you are reading this article, more and more we are watching a fourth screen: the one in our portable phone. By comparing the small screen and the big screen, cinema and television and then with computers and finally to portable phones, he also makes a distinction between the ways people's habits are changing. We used to be surrounded by image and sound; now we are used to being on the move. It is for that reason that we are no longer absorbed by the content, now we've got many different points of view. Bicknell talks about space as anamorphous, a metaphor I'd like to understand better... if anyone has any hint...

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L'image parasite. Après le journalisme citoyen

image Au mois de mars 2006, une proposition gouvernementale visant à modifier le droit du travail des jeunes suscite une importante mobilisation universitaire et de nombreuses manifestations dans toute la France. Gilles Klein, journaliste indépendant et blogueur, note que Libération et Le Monde invitent leurs lecteurs à leur faire parvenir des photographies numériques des manifestations. Cette démarche fait partie des nouveaux réflexes de la presse lors d'un grand événement collectif: le 7 juillet 2005, au matin des attentats de Londres, le site BBC News lançait un appel similaire: «We want your pictures[1]».

À la date où Gilles Klein rédige son billet, le mouvement anti-CPE[2] a mis plusieurs centaines de milliers de personnes dans la rue, avec une forte participation de la jeunesse. Pourtant, il constate que les propositions des journaux ne rencontrent qu'un faible écho. «Les "jeunes" ne semblent pas avoir envie d'envoyer leurs photos à des journaux qu'ils ne lisent peut-être pas, commente-t-il. Ils les partagent plutôt sur Flickr – tapez le mot "CPE" et ce matin vous avez près de 1.400 photos[3]

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Paul-Louis Roubert élu maître de conférences à Paris 8

image Paul-Louis Roubert, docteur en histoire de l'art, chercheur associé au Lhivic, a été classé premier au terme du concours pour le poste de maître de conférences en théorie de la photographie ouvert à l'université Paris 8. Il rejoindra dès la rentrée le fameux département photo, une des pépinières de l'histoire de la photographie, qui a jadis accueilli Clément Chéroux, Vincent Lavoie, Thierry Gervais et où j'ai moi-même enseigné de nombreuses années. Toutes nos félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1967, Paul-Louis Roubert a consacré en 2004 son doctorat à L'Introduction du modèle photographique dans la critique d'art en France, sous la direction d'Eric Darragon. Il en a tiré son premier ouvrage, publié en 2006: L'Image sans qualités. Il est étroitement associé à la Société française de photographie, où il a assuré les fonctions de rédacteur en chef du Bulletin de 1999 à 2004 et d'intendant depuis 2001. Il est également membre fondateur du comité de rédaction de la revue Etudes photographiques depuis 1996. Il conservera le pilotage du projet de base de données intégré des collections de l'association, réalisé en collaboration avec la fondation Hartung-Bergman. Il a enseigné l'histoire de la photographie à Paris 8, Paris 1 et à l'EHESS. Il a été en 2006 le premier lauréat de la bourse de recherche Roederer. Chercheur invité à la Bibliothèque nationale de France, il y prépare actuellement une exposition en collaboration avec Sylvie Aubenas sur le thème des "Nouveaux Primitifs".

Principales publications:

  • L'Image sans qualités. Les beaux-arts et la critique à l'épreuve de la photographie, 1839-1859, Paris, Monum, 2006.
  • "Le daguerréotype en procès", Le Daguerréotype français. Un objet photographique (cat. exp.), Paris, Musée d’Orsay/RMN, 2003, p. 119-131.
  • "1859. Exposer la photographie", Études photographiques, n° 8, novembre 2000, p. 4-21.

Second Death

Triste jour pour la blogosphère. Les bons blogs sont rares. Et les bons blogs de gauche plus encore. François Mitterrand 2007 a été un excellent blog, incontestablement l'un des plus intéressants éclaireurs de la campagne présidentielle, du côté des challengers, doublé d'un phénomène fascinant, une vraie invention énonciative, qui n'a pas reçu l'attention qu'elle méritait. Le voir fermer n'est pas une bonne nouvelle. Mais ce n'est pas le plus gênant. Le plus gênant, c'est la joie mauvaise d'un Schneidermann qui, non content d'avoir dégainé les noms d'oiseau, ironise maintenant lourdement sur ceux qui, comme Birenbaum, ont eu le toupet de blâmer l'hallali.

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Sarkozy au G8: les médias français soupçonnés de complaisance

image À la veille du premier tour des législatives, la dernière vidéo qui buzze est une reprise d'une séquence diffusée le 8 juin à 22h30 sur la RTBF, postée le soir même sur Youtube (21.600 vues), recopiée sur Dailymotion aujourd'hui (16.220 vues pour 12 copies), puis signalée à la mi-journée sur le site d'information alternatif De source sûre. La montée en audience, particulièrement rapide pour un contenu non signalé par un grand média, témoigne de l'intérêt que suscite cette vidéo. «Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer le début de la conférence de presse tenue par le président français Nicolas Sarkozy à l'issue de ce G8, déclare le journaliste. Il sortait d'un entretien avec son collègue russe, Vladimir Poutine et apparemment, il n'avait pas bu que de l'eau.»

Chacun jugera de l'état de Nicolas Sarkozy sur cet extrait. Mais ce que de nombreux internautes ont d'ores et déjà noté (lire par exemple les commentaires sur le blog de Guy Birenbaum), c'est que les télés françaises ont fait jusqu'à ce soir l'impasse la plus complète sur ce traitement. LCI ou ITV ont certes retransmis l'ensemble de la conférence en direct, mais aucun média métropolitain n'a isolé ni repris le sujet. Même si l'on juge qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat, l'événement est constitué par le fait que le journal télévisé belge souligne l'état du président français, comparé au politicien wallon Michel Dardenne, qui s'est fait une spécialité d'apparaître en état d'ébriété à l'écran. Sarkozy avait-il bu ou non? Les chaînes françaises ne nous le diront pas. Ont-elles enquêté? Découvert la supercherie? Pris en conséquence la décision de ne pas mentionner le traitement particulièrement ironique de leurs confrères? Nous n'en saurons rien. Et ce cas bénin, ajouté à la liste des dérapages récents, vient alimenter le soupçon qu'on en apprend désormais plus à propos des affaires françaises sur les télévisions étrangères. Un symptôme jadis réservé aux populations soumises aux dictatures socialistes. Un sentiment qui, à l'heure d'internet, devrait sérieusement inquiéter les médias français.

Compte rendu de "L’image sans qualités", de Paul-Louis Roubert

image Paul-Louis Roubert, L'Image sans qualités. Les beaux-arts et la critique à l'épreuve de la photographie, 1839-1859, Paris, Monum, 2006, 176 p., ill. coul., ind., bibl., chronol., 39 €.

Il faut le dire sans détour: L'Image sans qualités est un grand et beau livre. Un de ceux, trop rares, qui marquent une spécialité. Et pour une fois, commençons par là, l'iconographie est à la hauteur du projet, magnifiquement traitée. Donner une illustration de catalogue à un essai est une idée qu'on avait déjà vu appliquée, mais jamais aux débuts de la photographie. C'est une réussite: on peut parcourir comme une promenade le dialogue des chefs-d'œuvre de la toute première photographie avec les tableaux du romantisme ou du réalisme. On apercevra ainsi maintes surprises, dont les moindres ne sont pas de nous donner à redécouvrir certaines icônes, magnifiées par la qualité de reproduction. On voudrait que tous les livres d'histoire de l'art se présentent désormais ainsi.

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Conférence "La photographie face à la pauvreté" par Arlette Farge

L'historienne Arlette Farge présentera jeudi 14 juin 2007 à 18h30 une conférence intitulée: "Visages des sans visages. La photographie face à la pauvreté". Centre d'Aix-en-Provence des Archives départementales, 25, allée de Philadelphie, Sextius Mirabeau, té. 04.42.52.81.90, entrée libre.

Fuji Finepix F31fd: le bloc-notes idéal (atelier 4)

image De la reproduction d'archives à la documentation d'entretiens en passant par la capture d'images en séminaire: les services que peut rendre un bon appareil photo numérique à un chercheur en sciences sociales sont nombreux. Pour les études visuelles, c'est un outil indispensable. Problème: il est difficile de trouver le bon compromis entre un reflex, qui permet de réaliser d'excellentes photographies, mais reste encombrant et trop visible, et un compact, discret et léger, mais dont les images laissent souvent à désirer. Pour ma part, muni d'un Canon 400D qui me donne toute satisfaction, cela faisait longtemps que je cherchais cet autre compagnon: le petit point & shoot qui se glisse dans la poche. J'ai examiné de près de nombreux candidats, comme le Ricoh GRD, trop cher, le Lumix DMC-LX2 ou le Canon G7, trop bruités en basse lumière. Jusqu'à ce que je tombe sur le compte rendu par Simon Joinson du Fujifilm Finepix F31fd – l'un des rares compacts à se voir décerner le label "Highly Recommended" sur DP Review.

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Les maîtres anciens hebergés sur Second Life

image Le 31 mai dernier, la Staatliche Kunstsammlungen de Dresde a ouvert le premier musée de peinture virtuel, en reproduisant sur Second Life un clone en trois dimensions de sa célèbre galerie des maîtres anciens, restituée dans son environnement architectural. Située sur l'île "Dresden Gallery", la copie des 54 salles et cabinets du palais baroque Zwinger est accessible 24 h sur 24, 7 jours 7 sept. On peut y reconnaître les doubles de la madone Sixtine de Raphaël, la Vénus endormie de Giorgione, l'autoportrait avec Saskia de Rembrandt, la Liseuse de Vermeer et autres chefs d'oeuvres parmi les 750 pièces de la collection (à l'arrivée sur l'île, suivre le tapis rouge). Cette expérimentation vise à faire mieux connaître le musée et à susciter le buzz autour de ses activités.

Quoique la visite virtuelle reste un jeu qui n'a pas vocation à se substituer à une visite réelle, la qualité de reproduction des tableaux donne la possibilité d'une vraie exploration de la galerie. La juxtaposition des textures 3D de Second Life avec la vision des tableaux anciens produit un effet des plus étranges, comme la rencontre de deux temps, de deux univers. Dépendant des modalités de circulation du jeu, le déplacement n'est pas toujours des plus aisés. Mais appliquée à un musée "réel", la liberté de mouvement qu'il permet procure là aussi des impressions inhabituelles. A contrario, on se rend compte à quel point le cadre traditionnel de la visite est normé, univoque, pesant. La possibilité de vérifier sur site le placement ou la taille d'une oeuvre, la capacité d'accéder n'importe quand à cette banque de données en trois dimensions apparaît vite comme une perspective renversante. Sous cette forme, c'est déjà un vrai outil pour l'historien d'art et une ressource pédagogique d'un potentiel considérable. Bien sûr, on aurait envie de déplacements plus fluides, ou de pouvoir profiter d'une vraie visite guidée – mais de tels développements trouveraient leur place sur un CD-Rom interactif, et auraient certainement leur prix. La visite offerte à tout un chacun de n'importe quel point du globe est une capacité assez enivrante. Immédiatement, on voudrait pouvoir accéder au Louvre, aux Offices ou à l'Ermitage dans les mêmes conditions – preuve s'il le fallait de l'intérêt bien réel d'une telle proposition.

Via The Art History Newsletter.

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