Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Facebook, n° 1 de la photo en ligne

Doug Beaver, directeur technique de Facebook, a annoncé ce matin que la plate-forme avait atteint le chiffre de 10 milliards de photos téléchargées (soit 40 milliards de fichiers, puisque chaque image est déclinée en 4 formats), occupant 1 pétaoctet de mémoire (1000 téraoctets). Les 100 millions de membres du réseau envoient quotidiennement entre 2 et 3 téraoctets de photographies sur le site, où 15 milliards de photos sont consultées chaque jour. Facebook est le premier site au monde de partage de photographies en ligne, loin devant Flickr, qui approche les 3 milliards de téléchargements (via AllFacebook).

Séminaire "Politiques et technologies de l'amateur"

Séminaire organisé par l'Institut de recherche et d'innovation (IRI)/Centre Pompidou, sous la direction de Laurence Allard (université Lille 3/IRI).

Ce séminaire de recherche souhaite reprendre à nouveaux frais la réflexion sur la figure de l'amateur sur le terrain des pratiques culturelles, scientifiques ou politiques s'expérimentant sur Internet ou avec le mobile (impensable l'un sans l'autre désormais).

Il y a de fait une actualité de l'amateur à l'heure du dit web 2.0, ce web des usagers qui se nourrit des user generated content. De nombreux débats sur le «culte de l'amateur» (Andrew Keen) alimentent les billets de blogs et leurs commentaires. D'étranges néologismes ont été conçus pour typifier «ceux qui font le web»: Prosumer (Alvin Toffler), ProAm (Charles Leadbeater et Paul Miller), ou encore Produser (Axel Bruns). Ces figures hybrides visent manifestement à subsumer la frontière entre d'un côté, les amateurs (les usagers d'Internet?) et de l'autre les professionnels d'Internet (mais qui sont-ils au fait?)

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Un oeil noir te regarde

image La vie est mal faite. Pascal Riché, cofondateur de Rue89, l'un des meilleurs sites de presse alternative, vient de découvrir ARHV, l'un des meilleurs blogs francophones. Manque de chance, c'est pour me reprocher de citer la vidéo "L'Argent-Dette" de Paul Grignon sans m'attarder sur son contenu. Selon Riché, cette vidéo est en effet complotiste et crypto-antisémite.

Je suis honoré d'être cité pour la première fois dans les colonnes de Rue89. J'aurais préféré l'être à l'occasion de l'un ou l'autre des pétillants articles sur les pratiques visuelles qui font la fierté de ce blog. Mais tout le monde ne s'intéresse pas aux images. Parlons donc complot, un sujet plus croustillant d'un point de vue journalistique.

"Le krach du discours, la réponse de la vidéo" fait partie des billets constatifs, "à la Gilles Klein", qui permettait de prendre note dès le 8 octobre de la circulation virale de la vidéo. Me reprocher mon absence de commentaires à propos d'un simple signalement est évidemment un rien cavalier. D'autant qu'en ébauchant la description de cette situation de déséquilibre explicatif, je ne manquais pas de signaler que celle-ci favorisait «la circulation de schémas explicatifs situés très à gauche, issus de la sphère altermondialiste ou des économistes hétérodoxes».

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La caverne de Platon

image D'un coup, les images en ligne ont paru bien petites. Le 1er juin 2008, Alan Taylor, développeur web au Boston Globe, lançait The Big Picture, un site entièrement dédié au photoreportage. Avec une idée simple: les photos allaient être grandes, beaucoup plus grandes que de coutume. 990 pixels de large, un peu moins que le format d'un écran 15". Le succès fut immédiat. Aussi surprenant qu'il puisse paraître, The Big Picture aura été le premier – et reste jusqu'à présent le seul – organe en ligne à publier d'emblée ses images en aussi grand format.

L'expérience est révélatrice. Alors que l'essor de la photo numérique est intimement lié aux possibilités offertes par la transmission et la diffusion électronique, on constate que l'image, dans cet univers ubiquitaire, n'a jamais existé que de façon dégradée. Sur le plan technique, puisque c'est la définition du format de compression JPEG, en 1994, qui donnera le coup d'envoi d'une large circulation des images fixes dans les tuyaux informatiques. Mais aussi sur le plan des pratiques. Puisque rien ne peut empêcher la recopie d'une photo une fois mise en ligne, pour éviter le vol d'images, l'habitude a été prise de n'y faire circuler que des citations. Des vignettes de petit format, rendues au mieux cliquables pour donner accès à une image de plus grande taille. Un format moyen s'est rapidement imposé: 500 pixels de côté (le format de consultation standard sur Flickr) a paru un compromis acceptable par le plus grand nombre, qui permettait de rendre une photo visible sans en livrer les clés.

Ne pas risquer de gêner l'usager par des fichiers trop volumineux; limiter le risque du vol des photos: les deux impératifs conjugués qui ont jusqu'à présent guidé la mise en ligne des images ont construit une sorte de nouvelle caverne de Platon, où les vraies images sont les idées dont le web ne montre que les ombres. La situation est similaire en vidéo où le confort de transmission a imposé des formats très dégradés par la compression.

2008 restera l'année marquant une première évolution de ce schéma. Quoiqu'entravés par un débit encore insuffisant, la généralisation des fenêtres de visualisation plein écran, l'introduction de formats haute définition sur les plates-formes de partage de vidéo ou le succès de The Big Picture sont autant de signes suggérant la marge de progression du web visuel. On n'a encore rien vu.

(Billet initialement publié sur Le Bruit des images.)

Pourquoi sommes-nous si impudiques ?

image Les enquêtes sur les usages d’Internet font systématiquement apparaître deux résultats absolument contradictoires. Les usagers se montrent de plus en plus soucieux des risques de contrôle, de détournement et d’exploitation commerciale des données personnelles qu’ils laissent sur Internet. Mais par ailleurs, ils – et ce sont pourtant souvent les mêmes – se révèlent de plus en plus impudiques dans leurs pratiques d’exposition de soi, notamment sur les sites de réseaux sociaux et les blogs. Cette ambivalence n’est qu’apparente si l’on est attentif au fait qu’elle oppose une pratique à une représentation. La sociologie des usages rencontre souvent de tels désajustements et elle a appris qu’en la matière, il était préférable de se fier aux pratiques. Tout, en effet, laisse à penser que la tendance «expressiviste» qui conduit les personnes à afficher de plus en plus d’éléments de leur identité personnelle sur le web n’est pas prête de s’éteindre. Aussi est-il nécessaire de comprendre les ressorts sociaux, culturels et psychologiques de ce phénomène. Car l’exposition de soi ne signifie pas un renoncement au contrôle de son image. Elle témoigne, au contraire, d’une volonté que l’on pourrait presque dire stratégique de gérer et d’agir sur les autres en affichant et en masquant des traits de son identité. C’est ce paradoxe qui se trouve au cœur des débats sur la privacy dans le web 2.0 et dont on voudrait éclairer quelques aspects à travers la lecture de travaux de recherche récents.

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Le Fujifilm MX-2700: l'appareil à ne pas faire des photos numériques

image Avant les vacances, suite à mon billet sur le Konica QM-80, Pascal Kober, rédacteur en chef de la revue L'Alpe, proposait de me faire parvenir «un vieux Fuji (...) hors d'état de nuire». Quelques jours plus tard, j'avais la surprise de découvrir dans ma boîte aux lettres un exemplaire du Fujifilm MX-2700 – mon premier appareil photo numérique, acheté en 1999 (revendu en 2003 pour un Sony).

Qu'il soit hors d'usage m'autorisait à recourir à ma plus vieille méthode scientifique, niveau maternelle: ouvrir la bête pour en observer les entrailles (ma longue expérience en la matière m'ayant prouvé qu'il est difficile de redonner vie à un équipement électronique après une autopsie poussée). Il y a dans ce geste une dimension magique: braver l'interdit, ouvrir la boîte noire, accéder au secret. Est-ce parce que j'aimais démantibuler les transistors étant petit que je me suis orienté vers l'histoire de la photo? Comme Walter Benjamin, je suis de ceux que fascine la dimension matérielle des outils culturels.

Mais au-delà du rituel, un tel exercice en apprend beaucoup. La disposition des organes, l'équilibre entre les choix et les contraintes a toujours été la clé de la morphologie des appareils photo de l'ère argentique. Qu'allait devenir cette organisation avec la transition numérique? Mis à part l'espace réservé à la batterie, le MX-2700 est composé de trois blocs nettement distincts: le bloc optique, comportant l'objectif, le photocapteur et l'électronique associée, le bloc-flash (dont le condensateur est l'élément le plus volumineux), enfin un bloc hybride, le plus important, qui occupe environ la moitié de l'espace disponible et qui explique la distribution des autres composantes. Celui-ci est composé de trois parties empilées en sandwich: la carte-mère, le lecteur de carte-mémoire et l'écran de visualisation. On comprend que c'est l'encombrement similaire de ces deux derniers organes qui a poussé à les associer, de même qu'il a paru logique de profiter du support ainsi créé pour situer l'équipement électronique principal. Mais le plus frappant est l'épaisseur de ces trois éléments, distribuée à peu près également par tiers sur toute la largeur de l'appareil. Face à un dispositif dont l'intégration – notamment électronique – est encore visiblement perfectible, on pressent aussitôt l'enjeu représenté par la miniaturisation. Pour devenir cet outil si pratique, il fallait que l'appareil photo numérique se fasse d'emblée petit et mince – d'une taille comparable à celle d'un paquet de cigarettes. Ce format idéalement adapté aux recoins du vêtement masculin ou féminin n'est pas si facile à atteindre. Avec ses quelques millimètres supplémentaires en hauteur et en épaisseur, le Fujifilm est encore loin de cette compacité.

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Le krach du discours, la réponse de la vidéo

En l'espace de quelques jours, sans que rien y ait préparé, les Français ont appris que leur pays passait de la prospérité à la récession. En même temps que la dépréciation des actifs boursiers, le discours explicatif des élites a subi une dévaluation brutale. Politiques et économistes nous l'ont avoué à demi-mot. Comptable de la confiance, qui est le socle de la finance, la parole publique ne peut plus rien dire de vrai. Le ferait-elle qu'elle précipiterait la chute, alors que son rôle est de l'enrayer. Le poids du mécanisme autoréalisateur contraint à une parole vidée de toute signification, qui ne peut que répéter en boucle le fait-dodo de maman à son enfant malade. Ca va aller, ne t'inquiète pas, maman est là.

Ce qui ne fait pas les affaires du grand public. Puisque ceux qui savent sont justement ceux qui ne peuvent rien dire, celui-ci va chercher ailleurs de quoi assouvir une demande d'explication qui grandit aussi vite que croît la catastrophe. C'est alors que l'image parasite revient jouer son rôle et répondre au déficit interprétatif. Parmi les vidéos qui s'échangent ces derniers jours sur le web, on retiendra la remarquable et très pédagogique description du système financier, "L'Argent-Dette", de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, dont la version française a été mise en ligne sur Viméo le 16 septembre.


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

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Trop peu, trop tard? Les aventures du plan Paulson

L’adoption du plan Paulson par la Chambre des représentants le vendredi 3 octobre met fin aux «folles journées» de septembre. Si cette décision était attendue et nécessaire après le chaos qu’avait provoqué un premier rejet du plan, elle ne signifie nullement la fin de la crise financière. Cette dernière va continuer à s’approfondir et à manifester ses effets dans le secteur réel comme dans le secteur financier[1], mais sous des formes qui, pour un temps, seront sans doute moins catastrophiques sauf si une spéculation brutale devait se développer à brève échéance sur les taux de change[2]. Le plan Paulson et le déficit budgétaire qu’il va induire, soulèvera à terme le problème de la dette souveraine des Etats-Unis.

L’adoption du plan Paulson va cependant permettre aux opérateurs financiers et aux gouvernements de gagner au mieux quelques semaines de répit. Il conviendra de les mettre en oeuvre pour apporter les remèdes structurels que la crise financière exige et pour répondre à l’entrée en récession aujourd’hui inévitable des principales économies occidentales. Ceci implique cependant que toutes les leçons des événements des derniers jours soient tirées, et en particulier dans le domaine de la théorie économique.

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Small is beautiful (8): j'ai vu mourir le monde ancien

image Je suis injuste avec la télé. Entre les gouttes, parfois, il y a aussi des moments forts, des rencontres d'exception, émouvantes de vérité. Comme cet entretien des deux monstres sacrés de la librairie francophone, réunis ce soir au 20 h de France 2 à l'occasion de la parution de la première tentative de blockeditobuster hexagonal (Ennemis publics, Flammarion/Grasset). La belle complicité de ces jumeaux de la notoriété faisait plaisir à voir. Sans écouter les paroles de la chanson, ce qu'on entendait était une petite musique douce et tranquille. Si douce et si tranquille qu'elle en devenait étrange, dans ce cadre habituellement peuplé de désastres et de martyres. Cette odeur d'étable ou de chaumine, de feuilles mortes et de pommes de terre cuites sous la cendre n'émanait pas du parka très bobo-chic de l'auteur de La Possibilité d'une île. Elle naissait de la bienveillance réciproque qui ruisselait sur les barbes, à peine troublée par le ronronnement du journaliste. Qu'il semblaient loin, d'un coup, Kaboul, Wall Street et les agitations de la planète. Et comme tout était paisible, ici, au coin du feu.

D'où provenait cette impression de paix candide? Il n'était pas difficile de le deviner: dans l'enceinte du studio, sous la protection de la télévision publique, ces deux-là étaient chez eux, à l'abri des vents mauvais et de la méchanceté du monde. Aucun risque que quiconque vienne ici émettre une fausse note, déranger leurs plans, bousculer leur commerce. En bruit de fond planaient les échos des voix de Bernard Pivot et de Jacques Chancel qui, comme l'âne et le boeuf, venaient réchauffer de leur haleine le livre nouveau-né. Et nous, de l'autre côté de l'écran, gagnés par l'allégresse de ces gazouillis, on reprenait en choeur le chant où jouent hautbois et résonnent musettes – non sans écraser une larme devant un si touchant spectacle. Plus tard, on pourra dire: j'y étais; j'ai vu mourir en direct la culture du vieux monde. C'était Michel Houellebecq et Bernard-Henri Levy sur France 2, comme dans une soucoupe volante fendant l'espace, à cent mille lieues de nous.

Sociogeek: le jeu

image Vous avez 1% de chances de devenir une star du web 2.0. Vous êtes 84% exhib et 90% aventurier.

Tels sont mes résultats au jeu Sociogeek, passionnant. Je demande néanmoins des explications sur mes résultats à Dominique Cardon ;-)

Edit. Présentation chez Palpitt. Voir aussi le groupe Facebook: "Jusqu'où vous montrez-vous?".

Le rapport Giazzi a bien raison

image Bien qu’André Gunthert ait accepté de publier cet article sur son blog, il est nécessaire de dénoncer sans détour l’incroyable impudence de cet individu qui prétend produire des articles d’information ayant trait à l’image.

En effet, si l’on en croit le récent rapport Giazzi (pdf) commandé par le président Sarkozy et rendu public en septembre, l’activité d’André Gunthert est forcément suspecte et ne donne aucune garantie à ceux qui le liraient. Il importe de souligner en préambule les faits suivants, incontestables:

  • André Gunthert n’est pas journaliste puisqu’il ne dispose pas de carte de presse,
  • André Gunthert n’a reçu aucune formation de journaliste,
  • André Gunthert écrit sur Internet, ce qui aggrave encore son cas.

Le rapport Giazzi a bien raison de s’attaquer à la crédibilité des sites Internet d’information qui n’emploieraient aucun «authentique journaliste».

Il est important, comme l’affirme le rapport, d’employer d'«authentiques journalistes», c'est-à-dire des personnes ayant une formation de journaliste et titulaires de la carte de presse. On évitera ainsi de lire d’énormes erreurs sur des sujets pointus, choses qui n’arrivent jamais dans la presse papier employant d'«authentiques journalistes». On ne verra plus jamais des amateurs annoncer la mort de quelqu’un pourtant encore bien vivant. On ne verra jamais un «authentique journaliste», c’est évident, faire croire par un montage bien mené qu’il a rencontré directement un dictateur d’Amérique centrale pour l’interviewer. On ne verra jamais un «authentique journaliste» ne pas parler d’un sujet, ou édulcorer celui-ci, parce qu’il ne plaît pas à son actionnaire principal.

Comme le dit, dans sa grande sagesse, le rapport Giazzi, alors que «des études de plus en plus alarmantes (…) confirment la perte de crédibilité de la plupart des médias, principalement écrits», «il est urgent de retrouver la confiance des citoyens». Pour ce faire, il suffit de n’appliquer la TVA réduite qu’aux sites Internet employant d’«authentiques journalistes», bénéficiant de l’agrément de la commission paritaire ou issus des titres papier qui ont déjà bénéficié de cet agrément.

Il est normal que les sites d’information sur Internet qui osent ne pas employer d'«authentiques journalistes», dégradant de ce fait «la qualité des industries de contenu», soient taxés et désignés publiquement comme participant à cette entreprise de déstabilisation nationale.

Je sais, pour ma part, ce qui me reste à faire: engager Bataille et Fontaine - d'«authentiques journalistes», titulaires de la carte de presse, eux.

Didier Rykner (fondateur du site La Tribune de l’Art, employant des historiens de l’art sans carte de presse et pas d’«authentiques journalistes», compromettant ainsi redoutablement sa crédibilité par rapport aux supports papier ou aux sites Internet issus des supports papier).

Université de Hambourg: des scientifiques à un euro

Une douzaine de scientifiques sans emploi ont été obligés par la Bundesagentur für Arbeit (agence allemande pour l’emploi) à travailler pour l’université de Hambourg. Il s’agit du fameux "travail à un euro" introduit par la réforme Hartz IV. Si on a cru que ces mesures de coercition ne sont appliquées que sur des chômeurs peu qualifiés, on doit rectifier ses croyances. Pourquoi faire venir des gens diplômés de pays lointains pour un salaire "compétitif" si on dispose de scientifiques chez soi qui, de plus, font un travail hautement qualifié pour un euro de l’heure, et ceci sans que l’employeur ait à payer ni cotisations sociales ni salaires?

Par Stephan M., Les dessous de l’Allemagne, 02/10/2008 (via Rezo.net).
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Small is beautiful (7): qui a XPress 4?

image Note chronologique. Rendez-vous aujourd'hui au CERC (Centre d’édition web, de ressources électroniques et de communication), l’un des trois services de la division informatique de l'EHESS. Entreprenant la mise en ligne rétrospective des comptes rendus des cours de l'Ecole, le centre se trouve dans l'incapacité de traduire les fichiers PAO anciens, réalisés sous Quark XPress 3 et 4, que la dernière version du logiciel n'est plus capable de lire. J'ai donc proposé d'utiliser mon vieil iBook G4 de 2004, dernier modèle à conserver un système 9 (Classic), environnement dans lequel je peux faire tourner ma copie de XPress 4.1, version piratée en 1997 pour la revue Etudes photographiques. Pas sûr que ça marche sur des fichiers Windows, et de toutes façons il y aura des problèmes de polices non installées. En admettant qu'on arrive à ouvrir les fichiers, il faudra essayer d'en faire des sauvegardes au format postscript, en espérant qu'elles puissent être retranscrites en PDF sous Adobe Acrobat. Ce qui fait quand même au moins quatre couches logicielles pour accéder à des fichiers d'il y a à peine plus d'une dizaine d'années. Soit une illustration concrète des difficultés dans lesquelles nous enferment les systèmes à lecteur et les formats propriétaires.

Séminaires du Lhivic, 2008-2009

image Peuples exposés (politique de l’imagination, suite)

  • Georges Didi-Huberman, INHA, auditorium, 1er et 3e lundis du mois, 18h-20h, 1e séance le 10/11/08 puis du 01/12/08 au 18/05/09.

Il s’agira cette année d’interroger la représentation des peuples. Walter Benjamin évoquait le rôle de l’historien comme étant de rendre la parole aux sans-noms (nous pourrions, aujourd’hui, ajouter: aux sans-logis, aux sans-papiers, etc). La question posée revient donc à savoir quel est le statut des “figurants” dans la représentation moderne, en particulier dans le cinéma. À partir d’une enquête de longue durée sur le portrait de groupe et la figuration des peuples — depuis Jacques Callot jusqu’à Francisco Goya, mais aussi depuis l’éthique humaniste jusqu’aux poèmes de Baudelaire —, nous étudierons plus précisément cette figuration des peuples dans le cinéma, à partir d’exemples précis dont les plus importants seront puisés dans l’oeuvre d’Eisenstein, de Rossellini et, surtout, de Pier Paolo Pasolini (séminaire ouvert aux auditeurs libres).

Histoire des images numériques

  • André Gunthert, INHA, salle Walter Benjamin, 2e et 4e jeudis du mois, 17h-19h30, du 13/11/08 au 1825/06/09.

Le paysage des pratiques de l’image s’est considérablement modifié dans la période récente. De l’ordinateur au téléphone portable en passant par les blogs ou les plates-formes visuelles sur internet, de nouveaux outils de production, de stockage et de transmission des images, appuyés sur le développement des technologies numériques, ont connu une diffusion rapide. Le séminaire proposera une première approche de l’histoire de ces évolutions, de leurs répercussions culturelles et sociales, ainsi qu’une réflexion historiographique sur les conditions nécessaires à la construction du récit historique (séminaire ouvert aux auditeurs libres).

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Le déclin d'Europe 1 en soixante secondes

Peut-on juger de l'évolution d'une radio périphérique à partir de trois fois vingt secondes d'écoute réparties sur deux jours? Certainement pas d'une manière suffisante pour fonder une démonstration scientifique. Mais comme on est sur un blog, on peut se livrer à cette petite expérience sur la validité des micro-échantillons aléatoires.

Comme nous l'explique Hélène Eck, la culture radiophonique s'inscrit dans la tradition familiale. Europe 1 était la radio qu'écoutait mon père. Tous les matins, et dans la voiture. "Signé Furax" avec Francis Blanche ou les jeux radiophoniques de Pierre Bellemare et Jacques Rouland sont encore pour moi des traces vivantes de cette époque. Plus tard, ma propre pratique de la radio a connu diverses évolutions, avec notamment l'arrivée des radios libres et la disponibilité ou non d'un véhicule automobile (on ne chantera jamais assez le rôle des encombrements parisiens dans l'approfondissement de la culture radio). Mais j'ai toujours gardé au fond de l'oreille cette familiarité pour certaines voix, certains noms. Parmi les petites choses que l'on perçoit sans y penser, c'est cette familiarité qui m'avait permis de remarquer que la rédaction d'Europe 1 avait constitué – avec des personnages comme Etienne Mougeotte, Jean-Claude Dassier, Robert Namias et bien d'autres – une précieuse pépinière de cadres pour TF1 après sa privatisation (1987).

Morandini hier, la première fois au téléphone avec une auditrice de 69 ans, la seconde fois annonçant Jacques Pradel, puis Fogiel passant le micro à Drucker ce matin: trois échantillons de vingt secondes, comme autant de pièces d'un puzzle, suggèrent que ce schéma s'est désormais inversé. Europe est devenu le cimetière des éléphants des anciennes gloires de la télé. Ce qui semble parfaitement approprié pour accompagner le vieillissement de son auditorat, qui n'aime rien tant que papoter des émissions de TF1 qu'il a vu la veille.

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