Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Derrière la retouche, l'aveu de l'illustration

L'Express nous apprend que le Figaro, dans son édition du 19 novembre dernier, a délicatement ôté une bague en diamants d'un prix de 15.600 euros du doigt de la ministre de la justice (photographie de François Bouchon/Le Figaro). Un lecteur médisant pourrait prendre cette opération pour une manipulation à caractère politique: journal pro-gouvernemental, mais néanmoins conscient des difficultés de la France qui se lève tôt, Le Figaro est soucieux de corriger les maladresses superficielles des ministres les moins expérimentés. Le cas est en réalité beaucoup plus intéressant. Répondant aux questions d'Eric Mandonnet, la rédactrice en chef du service photo du quotidien, Debora Altman, précise: «On a bouclé dans l'urgence. On assume. On ne voulait pas que la bague soit l'objet de la polémique, alors que le vrai sujet était la pétition des magistrats. Rachida Dati n'a rien à voir avec ça.»

C'est à ma connaissance la première fois qu'un cas de retouche d'image dans un organe d'information national est pleinement admis. On se souvient des dénégations embarrassées de Paris-Match lors de ses manipulations anatomiques du chef de l'Etat, assurant que «l'altération des photos» doit être «strictement interdite». Témoignage des progrès de la culture de la retouche, ces pieux mensonges ne sont plus de mise. Mais l'aveu assumé de la correction dévoile un autre pan du travail de l'image, lui aussi habituellement passé sous silence. Admettre qu'il fallait ôter le bijou parce qu'il risquait de brouiller la lecture, c'est admettre qu'on a enfreint le dogme selon laquelle l'usage de la photographie dans la presse n'est déterminé que par le primat de l'information. En concédant la retouche, on reconnaît clairement que l'image n'intervient ici qu'à titre d'illustration, comme un matériau à caractère décoratif, sans aucune nécessité journalistique.

Colloque "L'histoire de l'art depuis Walter Benjamin"

image Colloque EHESS-INHA, sous la direction scientifique de Giovanni Careri et de Georges Didi-Huberman
En collaboration avec le Département des études et de la recherche de l’INHA, dans le cadre du programme Histoire de l’Histoire de l’Art, coordonné par Anne Lafont (INHA).

5-6 décembre 2008, Institut national d’histoire de l’art, salle Giorgio Vasari, 2 rue Vivenne, 75002, Paris (entrée libre).

Le monde de la recherche philosophique, historique et littéraire a depuis longtemps reconnu la valeur toujours plus décisive que représente l’œuvre de Walter Benjamin. Ce penseur hors normes a revisité un grand nombre de notions cardinales pour les sciences humaines, proposant de nouveaux modèles d’historicité comme de nouvelles façons de lire et de regarder les œuvres de la culture, depuis l’art baroque jusqu’à la photographie et le cinéma des années 1930 en passant par la poésie romantique, le roman moderne, l’architecture urbaine ou le théâtre expérimental. Il reste aux historiens de l’art la tâche de faire un point sur la valeur d’usage de notions telles que l’aura, l’image dialectique, l’anachronisme, le montage, la «lisibilité» ou la reproductibilité technique. Le colloque s’interrogera sur les conditions d’application à l’histoire de l’art d’une théorie de l’historicité qui se présente en faisant recours au terme d’«image» et à celui d’«image dialectique». Il s’interrogera aussi sur l’esthétisation du politique à l’époque moderne. Quelle est la portée des analyses de Benjamin dans les conditions «bio-politiques» actuelles, quelle place y jouent les nouvelles technologies, et comment peut-on penser le rapport entre esthétique et éthique dans ce contexte?

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Un nouveau Bretton Woods?

Il faut reconnaître, et les marchés financiers l’ont fait avec leur cynisme habituel, que ce G-20 est un échec. Il ne pouvait en être autrement car il a été convoqué de manière précipitée, avec une administration américaine moribonde et sans que les autres pays n’aient réussi à constituer un front commun qui aurait pu contraindre les Etats-Unis à modifier sur le fond leurs positions habituelles. Personne n’était présent pour porter les propositions alternatives qui, aujourd’hui, sont les seules à pouvoir apporter des solutions à la crise en s’attaquant à ses causes réelles.

Dans ces conditions, on est très loin de l’objectif initial d’un «nouveau Bretton Woods». Le processus d’une réforme du système monétaire international n’a même pas été engagé. De cet échec va naître dans les mois qui viennent un processus de fragmentation du système monétaire et financier international.

Le point de rupture entre partisans du désordre ancien et partisans d’une véritable reconstruction du système monétaire financier se concentrera sur deux questions: le contrôle des capitaux et des formes de protectionnisme permettant d’éviter l’importation des effets dépressifs des politiques de certains pays.

Seule la combinaison du contrôle des capitaux (le retour à la convertibilité en compte courant) et de mesures de protection peut permettre de créer des espaces de stabilité au sein du désordre actuel. À terme, seule cette combinaison peut garantir, comme Keynes le montrait dès 1941, l’articulation entre des règles négociées de comportement entre pays pour éviter les politiques prédatrices (commerciales, sociales ou écologiques) et la liberté d’action – la souveraineté des politiques économiques et sociales – qui est nécessaire pour que chaque pays puisse trouver sa propre trajectoire sociale et économique de développement. Pour ne pas refaire une fois de plus, une fois de trop, les mêmes erreurs il convient de bien se pénétrer des leçons des débats de 1941 à 1946 sur la reconstruction du système monétaire international, ainsi que de celles de la désintégration du système de Bretton Woods.

Extrait de "L’économie politique internationale de la crise et la question du «nouveau Bretton Woods». Leçons pour des temps de crise", texte inédit (32 p.), lire en ligne, télécharger le pdf (1,2 Mo).

Soutenance de thèse "Les Fresques de Michel-Ange à l'épreuve de la photographie"

image La thèse de doctorat d'histoire de l'art "Les Fresques de Michel-Ange à l'épreuve de la photographie. Production et diffusion de nouveaux clichés (1839-1944)", présentée par Philippe Jarjat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), sera soutenue le mardi 25 novembre à partir de 9h00, en salle 11, 105, boulevard Raspail, 75006 Paris.

Jury: Sylvie Aubenas (Bibliothèque nationale de France), Stephen Bann (université de Bristol), Andreas Beyer (université de Bâle), Olivier Bonfait (université de Provence), Giovanni Careri (EHESS), Michel Frizot (CNRS/EHESS, directeur).

Peut-on parler politique sur un blog scientifique?

image Récemment pris à parti sur ce blog, Claude Askolovitch m'objectait avec raison que mon réquisitoire n'avait guère de rapports avec la recherche en histoire visuelle. La principale caractéristique du blog étant de ne rien interdire, on pourrait balayer cette remarque d'un revers de main. Toutefois, à un moment où Hypothèses.org, la plate forme de carnets scientifiques du CLEO, prend son essor, je voudrais saisir l'occasion de discuter de la cohésion thématique de ces organes. Si l'AERES est encore incapable de prendre en compte leur apport bien réel à la production savante, il est clair qu'ils s'imposent chaque année un peu plus comme un nouvel outil de la recherche. Sans se substituer aux livres ni aux revues, ils proposent une étape supplémentaire de la communication scientifique, que j'ai caractérisé ici par l'expression du "séminaire permanent". Il n'est pas difficile d'apercevoir que, dans un petit nombre d'années, un chercheur sans blog paraîtra aussi incongru qu'un cuisinier sans fourneaux. Il n'est donc pas inutile de s'interroger dès maintenant sur les frontières de l'exercice.

La pratique scientifique est par nature endogène. On y apprend à se défier de l'opinion et à haïr l'amateurisme. La spécialisation y apparaît comme l'arme de destruction massive des savoirs incertains. A cette aune, la question est vite tranchée: tout ce qui distrait de l'aire de la maîtrise doit être rejeté comme participant du vulgaire. Et quelle que soit ma propre pratique, lorsque je me trouve en position d'éditeur, j'ai tendance à suivre la pente. Ayant l'honneur de participer au conseil scientifique d'Hypothèses.org (avec René Audet, Paul Bertrand, Antoine Blanchard, François Briatte, Marin Dacos, Christian Jacob, Claire Lemercier, Pierre Mounier et Jean-Christophe Peyssard), je me montre aussi sourcilleux qu'un reviewer du Oxford Journal of Archaeology, prêt à fermer la porte à tout écart aventureux.

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"Je suis le roi du monde!"

Il y a dans chaque régime ce moment pathétique où le dirigeant perd pied avec le réel. Ce moment où tout lui échappe et où il préfère se réfugier dans la fiction de son règne. Ce moment vient d'arriver pour Nicolas Sarkozy. C'est l'historien officiel du régime, Claude Askolovitch, qui nous le révèle dans les colonnes de l'indispensable JDD. Dans un récit halluciné du G20, intitulé sans la moindre ironie: "Sarkozy en maître du monde", le conteur dépasse l'habituel journalisme de cour pour nous faire pénétrer directement dans le cerveau du président.

Dans le monde réel, depuis l'élection d'Obama, Sarkozy a perdu la main. L'ex-coqueluche des sommets internationaux a trouvé son maître. La version française du mythe Kennedy fait désormais pâle figure devant Barack et Michelle. Le déplacement est si violent que son entourage se voit contraint de nous le dépeindre en Obama bis. Plus encore que l'absurdité de cet éloge de la négritude sarkozienne, nous avons bien perçu l'inversion du schéma. Jadis incomparable, mesure de toute chose, voilà le modèle de la modernité politique chassé de la première marche du podium.

D'où l'importance du G20. Bientôt déshabillé de la présidence tournante de l'Europe, Sarkozy a vu là sa dernière fenêtre pour jouer les vedettes sur la scène internationale. Dans le monde réel, en l'absence d'Obama, ce raout inutile ne pouvait déboucher que sur du vent. Mais c'est un tout autre film qu'a vu Askolovitch. Un film d'aventure, à mi-chemin de Independance Day et du Louis II de Bavière de Visconti: «ce Français en chemise, débordant d'adrénaline, qui lui donne du "George", qui a couru ce matin à l'aube dans les rues de Washington, qui étale sa forme physique. (...) Sarkozy a gagné la bataille des mots. Une étape de plus dans le sprint marathon entamé depuis le début de la crise financière. (...) Ce vendredi, Sarkozy fait un cadeau au Russe. Il réclame en vain une réunion sur la sécurité globale en Europe. "Tu la veux vraiment? lui demande Sarkozy en tête à tête. On la fait !"»

Ce film, ce n'est pas Askolovitch qui l'invente. Branché en permanence sur les neurones élyséens, ce que le fin chroniqueur nous dévoile n'est autre que la perception du sommet par son principal acteur. Oui, nous dit-il, Sarkozy se voit en maître du monde. En athlète surentraîné qui va arrêter la crise comme Superman arrête un train. En stratège de génie, capable d'imposer à tous sa vision de l'univers. A ce point perdu dans sa fiction qu'il demande au futur ex-président: «Si tu permets, George, nous ne devons pas nous séparer sans fixer la date, le lieu, l'ordre du jour de notre prochaine rencontre.»

Un tel moment de vérité crue doit être mis au crédit du journalisme français. Laissons aux mauvais esprits l'indignation ou le sarcasme. Car il y a plus d'information dans cet article que dans tous les comptes rendus du sommet. Riches en bouleversements majeurs, les mois qui viennent seront décisifs pour le chef de l'Etat. Grâce au JDD, il y aura toujours une fenêtre ouverte pour voir à l'intérieur de sa tête.

Comment citer les publications en ligne

image Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l'url jusqu'à des accumulations d'informations redondantes qui traduisent plus l'angoisse qu'une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l'adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l'absence d'uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d'y remédier, on peut formuler deux principes simples.

Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l'édition. Il n'y a donc aucune raison de le traiter différemment d'un texte sur papier. Dans le cas d'une publication classique, l'élaboration d'une référence passe par l'identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On appliquera donc les mêmes principes à la citation d'une ressource en ligne, quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l'absence de tel ou tel élément ("anon." = auteur non identifié, "s.d." = sans date spécifiée, etc.).

La webographie fait partie de la bibliographie. On a pu voir il y a quelques années des listes séparant la bibliographie sur papier des ressources web. La mixité des sources et l'existence de ressources scientifiques en ligne rend cette méthode caduque. Aujourd'hui, une bibliographie complète comprend nécessairement la mention d'articles ou d'outils documentaires sur internet, qui voisinent avec des éditions classiques. Il convient donc d'homogénéiser autant que possible les différents types de références, de façon à en permettre la cohabitation.

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Parution de "Face au réel. Éthique de la forme dans l'art contemporain"

Les éditions Archibooks et l'Ecole nationale des beaux-arts de Lyon annoncent la parution de Face au réel. Éthique de la forme dans l'art contemporain, ouvrage collectif sous la direction de Giovanni Careri et Bernhard Rüdiger, 320 pages ill., 16 x 22 cm, 19 euros, ISBN : 978-2-35733-025-2.

Comment artistes et théoriciens affrontent-ils les questions éthiques d'un art contemporain en pleine évolution face à la technique et à l'enregistrement du «réel», dont il entend témoigner?

Un ensemble de concepts et de pratiques interrogeant une «éthique de la forme» dans la création contemporaine est ici cartographié. Parmi les questions abordées par artistes et théoriciens: la possibilité d'une image «juste», les opérations de montage - entendu comme dispositif opérationnel reliant le document à l'histoire -, ou encore l'art contemporain et son rôle dans le champ de la mémoire.

La recherche ici présentée a été menée sur trois ans par une équipe mixte composée d'artistes, de chercheurs et d'étudiants de l'École nationale des beaux-arts de Lyon et du Centre d'histoire et théorie des arts de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris. La création contemporaine a été observée sur l'horizon de son développement récent, avec l'objectif d'en dégager les «objets théoriques»; des objets susceptibles de produire un réseau de relations significatives qui traversent l'art contemporain, le reliant à la philosophie et à l'histoire.

Avec pour principe d'articuler la théorie à la pratique et les démarches intellectuelles aux démarches artistiques, ce travail collectif s'est fondé sur la spécificité la plus remarquable d'une École des beaux-arts : les modalités d'expérimentations qu'elle permet de créer dans le prolongement des échanges, des pensées, des formes et des pratiques qui ont émergé dans la longue durée des séminaires et workshops. Faisant écho aux contributions des artistes et des théoriciens invités (philosophes, historiens de l'art...) les textes et les travaux plastiques des jeunes chercheurs et des jeunes artistes membres de l'équipe restituent la dynamique et le mouvement collectif du projet.

Avec la participation de: Ernst van Alphen, Mieke Bal, Luciano Fabro, André Gunthert, Pietro Montani, Thomas Schütte, Allan Sekula.
Et: Benjamin Seror, Aurelia Elis, Francis Morandini, Morad Montazami, Anne Bourse, Ana Janevski, Emilie Parendeau, Philippe Rousseau, Alina Abramov, Krystyna Poltowicz, Elodie Amet, Anne Creissels.

Comment éviter la panne de statut sur Facebook

image Enfin un peu de repos pour les deuxpointzéroistes hyperactifs. Après avoir partagé ses lectures sur Delicious, ses photos sur Flickr, sa musique sur Myspace, ses vidéos sur Youtube, son avis sur tout sur Twitter, il peut arriver au plus remuant des geeks de sécher bêtement au moment de renouveler son statut sur Facebook. Les réseaux sociaux ont inventé cette nouvelle torture: devenir le meilleur animateur du village de vacances, celui qui a non seulement tout lu et tout vu avant les autres, de Morandini au New York Times, mais qui est aussi le plus désespérément brillant, le plus subtilement poilant dans ses statuts de derrière les fagots qui font dire à tous les autres, les schroumpfs grognons qui jamais ne lui arriveront à la cheville, que nom d'une pipe mais comment fait-il? (Toute ressemblance avec l'un quelconque de mes friends serait évidemment fortuite.)

Mais qui chantera, du GO-Facebook, le coup de blues, la baisse de forme ou le traître rhume? Pas question, alors, de revenir au vulgaire descriptif d'activité supposé jadis répondre à la question «What are you doing right now?» Mieux vaut se cantonner à un silence discret, en attendant le retour de la Muse. C'est avec une claire conscience du nouvel étalon de la valeur sur les réseaux sociaux qu'a été créé Generatus, un site à créer automatiquement des statuts-de-ta-mère-qui-tuent-de-sa-race. Fermons les yeux sur le visuel en forme de porte des toilettes, qui témoigne que l'égalité des sexes est encore un horizon lointain en matière d'expressivité 2.0. Même en cas de grosse fatigue, il n'y plus qu'à cliquer jusqu'à ce qu'apparaisse la réplique digne de Beaumarchais (au premier essai: «Fred doesn't believe in superstition. It brings bad luck»). Qu'on peut même filtrer par tags. Evidemment, c'est en anglais, rien de tel pour impressionner vos friends, qui trouveront que vous avez fait des progrès.

Voir également:

Ces peaux qui accrochent la lumière

C'était en 1994. La même semaine, les magazines américains Time et Newsweek choisissaient la même illustration pour leur une: une photo de police prise après l'arrestation de la star black O. J. Simpson, accusé d'avoir trucidé sa femme et l'amant de celle-ci. (...) L'affaire souligne combien les peaux noires sont délicates à photographier et à filmer, tant les différences de rendu peuvent être - littéralement et symboliquement - mal vues. Quatorze ans plus tard, il fallait voir combien les mêmes magazines ont veillé à présenter Barack Obama sous un jour favorable, prenant garde ni à trop foncer, ni à trop éclaircir la peau d'un héros qui se définit lui-même comme métissé ou «postracial». Malgré les progrès des technologies de l'image, trouver le ton juste reste ardu.

Par Luc Debraine, Le Temps, 10/11/2008.
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Obama: l'album Flickr de sa nuit electorale

image Ce sont 82 clichés pris sur le vif, pendant la nuit électorale. L'originalité c'est que l'équipe de Barack Obama a utilisé Flickr pour publier ces photos. Flickr est un site de partages de photos utilisé par des milliers d'internautes. A une autre époque, ces photos officielles se seraient retrouvées dans un magazine comme Life (ou Paris Match en France).

Par Eric Mainville, Crise dans les médias, 07/11/2008.
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La science des quotas

image Avec Valérie Pecresse arrive la science mise en quotas. Installée dans ses murs en mars 2007, l'agence pour l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a commencé ses travaux. Son site web montre de beaux locaux refaits à neuf dans un hôtel parisien chic. D'une main, le gouvernement fait miroiter des promesses de primes, de l'autre, il fait pleuvoir formulaires et demandes de rapport sur les chercheurs et les institutions. L'un des principaux instruments de cette politique du chiffre est un classement des revues scientifiques, à partir duquel on pourra étalonner chercheurs et laboratoires. Las, la publication prématurée d'une première liste au mois d'août a suscité la fronde des savants. Alors que le rôle des évaluateurs suppose une rigueur au-dessus de tout soupçon, les incohérences et les absences de cette nomenclature ont réveillé toutes les inquiétudes et constitué une bien piètre entrée en matière. Les articles et les protestations se multiplient, et une pétition demande le «retrait complet et définitif de la "liste des revues" de l’AERES».

Bref, on est ici dans du Sarkozy pur jus. De l'affichage et des moulinets de bras par devant, des outils inconsistants et beaucoup d'arrières-pensées par derrière. Le président de la République, on le sait, a la foi du charbonnier pour les indicateurs chiffrés. Mais il est plus facile de mettre en courbes des officiers de police que des experts de la mesure. Premiers utilisateurs des instruments statistiques, les savants sont bien placés pour savoir que ces images, plutôt que de traduire fidèlement la réalité, servent à choisir comment on veut la montrer.

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Barack Obama, la recherche scientifique et l'éducation

Le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ne disposera, pour le recrutement de 2009, que de 300 postes de chercheurs alors qu'il en avait embauché 385 en 2008. Telle est la réalité de la prétendue augmentation des moyens de la recherche française annoncée aux médias par Valérie Pécresse. Libération qualifie à juste titre de «chiffres assez brutaux» ceux issus de la réunion du Conseil d'administration du CNRS de jeudi dernier, suite à la décision ministérielle consistant pour l'essentiel à ne pas créer de postes de chercheurs et d'enseignants-chercheurs. En réalité, les 300 postes de chercheur correspondent à 417 départs. Il y aura également une perte de 105 postes d'ITA (ingénieurs, techniciens, administratifs) et de 158 contrats de post-doctorants. Il s'agirait, semble-t-il, de s'inspirer du «modèle américain». Mais la politique annoncée par le nouveau président des Etats-Unis Barack Obama paraît très différente.

La Science au XXI siècle, 05/11/2008.
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History

image Barack Obama, 44e président des Etats-Unis.

On achève bien les sciences de l'information

image Olivier Ertzscheid avait senti le vent du boulet. Dès le 14 octobre, il écrivait: «André semble avoir trouvé le moyen de me passer devant au classement Wikio. Il fait rédiger ses billets par des experts du buzz du moment! L'économie mondiale s'effondre? Paf, il convoque Jacques Sapir qui se fend de deux billets lumineux sur le sujet. Tout le monde parle du jeu/enquête SocioGeek? Paf, c'est l'initiateur dudit jeu, Dominique Cardon himself, qui vient tenir tribune chez André dans un article titré "Pourquoi sommes-nous si impudiques?".»

Ca n'a pas raté. Wikio publie aujourd'hui son classement des blogs scientifiques d'octobre, dans lequel ARHV dépasse Affordance, pour la première fois depuis la création de cette catégorie, en février 2008. Technologies du langage, le blog de Jean Véronis, étant peu ou prou hors concours, autant dire qu'ARHV peut être temporairement considéré comme le plus chic blog savant de France et de Navarre – ce dont je ne suis pas peu fier!

Le poids des billets invités a été très correctement pronostiqué par Olivier: les trois articles de Jacques Sapir et celui de Dominique Cardon composent près d'un quart de la fréquentation du mois d'octobre (18.200 vues sur un total de 76.767, hors moteurs de recherche, soit 23,7%, données Google Analytics). Mais pour compléter son analyse, il faut ajouter que, de septembre à octobre, c'est moins ARHV qui a progressé qu'Affordance qui a reculé (au classement général, ARHV est passé du 61e au 60e rang, alors qu'Affordance perd 14 places, du 53e au 67e rang). On ne s'improvise pas spécialiste en sciences de l'information et je ne suivrai pas Olivier dans la voie de l'interprétation par la critique interne (quoique, on sentait bien une petite baisse de forme...). Cette inversion s'explique plus probablement par l'évolution de l'algorithme de Wikio, que détaille Jean Véronis. C'est en réalité au mois de septembre qu'ARHV a refait l'essentiel de son retard, en regagnant 45 places d'un coup, grâce au nouvel étalonnage des backlinks dans le classement. Affordance, en revanche, a moins bien résisté à la prise en compte des listes fixes de liens, intégrées le mois dernier.

Olivier et moi étant chauds partisans de l'ordre établi, inutile de dire que nous allons tout faire pour que les choses reviennent à leur état normal. De son côté, quelques billets consacrés à Google ou Wikipédia auront vite fait de ramener sa cote à son altitude habituelle. Quant à moi, je m'efforcerai de publier des textes moins pétillants d'intelligence – ce qui n'ira pas tout seul, car il n'est pas facile d'aller contre sa nature. Mais le respect de la hiérarchie, cette sage vertu que nous avons têté en même temps que le lait de l'Alma Mater, mérite bien quelques petits sacrifices.

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