Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

L'image parasite s'invite sur Facebook

image Détourner les outils numériques pour les mettre au service d'objectifs non prévus par le dispositif: ce principe d'appropriation et de réinvention est au coeur des usages du web 2.0. Son volet visuel (dont j'ai décrit ici l'émergence) se manifeste également sur Facebook, en particulier à travers le détournement du phototagging.

Plutôt que de lier une série de mots clés aux images, comme sur Flickr, Facebook a développé une fonctionnalité très adaptée à son rôle de réseau social: le phototagging, soit la possibilité de définir une zone de l'image et d'y associer d'un clic le nom d'un de ses contacts. Ce service utilisé pour identifier le ou les sujet(s) d'un portrait ou d'une photo de groupe se prolonge par le signalement de l'opération auprès du contact tagué. Averti qu'il figure sur une photo téléchargée, celui-ci peut se rendre sur la page et participer au commentaire de l'image. Chaque contact a également la possibilité de se détaguer, si cette identification ne lui convient pas.

La fonction de signalement automatique du tag a rapidement encouragé diverses formes de détournement. Le premier janvier dernier, en suivant le lien d'un signalement, j'ai par exemple découvert, non un portrait de groupe, mais une illustration de voeux, phototaguée à 30 contacts, nouvelle manière de souhaiter la bonne année.

Une jeune canadienne a exploité de façon plus systématique ce principe, dans le contexte de l'invasion de Gaza. Désireuse de manifester sa désapprobation face à ce conflit, Karine Doche met en ligne le 7 janvier sur son compte Facebook une photo représentant deux enfants, de dos, un arabe et un juif, bras dessus-bras dessous. Cette image simple mais emblématique, qui a notamment servi d'illustration de couverture à l'ouvrage de Charles P. Lutz et Robert O. Smith, Christians And a Land Called Holy (Fortress Press, 2006), a été reprise dès le début des hostilités sur plusieurs sites et pages personnelles.

Karine Doche explique qu'elle a d'abord tagué quelques-uns de ses contacts, pour leur signaler son message de paix, en leur demandant de le faire circuler. L'album est paramétré pour être consultable par l'ensemble des membres de Facebook. En l'espace de 24 heures, elle reçoit une avalanche de demandes de tags: de nombreuses personnes souhaitent être associées de la même façon à l'image. Mais la fonctionnalité ne permet pas de dépasser 30 contacts par photo. Pour pallier cette restriction, la jeune femme imagine alors de reproduire plusieurs fois l'illustration. Copiée à 3, 4, 5 puis 60 exemplaires (limite d'un album sur Facebook), l'image des deux enfants accueille en quelques jours 1800 tags (dont certains contacts associés plusieurs fois). La viralité de l'expérience conduit son auteur, inondée de messages, à y mettre un terme. Un groupe intitulé: "Everything is possible... Tout est possible..." est destiné à permettre la poursuite de la discussion (signalé par Pierre Haski sur Facebook).

EHESS: convocation de l'Assemblée générale

La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégations de 46 universités, l'EHESS étant représentée. Outre un appel à participer aux manifestations du 29 janvier, un appel à la grève reconductible est lancé à partir du 2 février. Afin de préparer cette action et d'en exposer le sens, une assemblée générale de tous les personnels et étudiants est convoquée dans le hall du 54, boulevard Raspail, lundi 26 janvier à 12h.

La perspective d'une mobilisation forte doit être l'occasion pour l'ensemble des enseignants et étudiants de l'EHESS de débattre des réformes en cours et d'exprimer leur opposition. Aussi le collectif SLRU-EHESS encourage à faire entrer le mouvement de contestation dans les séminaires et les cours. La situation est suffisamment grave pour que la grève soit effective chaque fois que les intéressés le jugeront opportun. SLRU-EHESS recommande aussi que les décisions soient prises par les intéressés eux-mêmes, enseignants et étudiants, et que la liberté d'accès de tous aux locaux soit respectée.

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La coordination nationale des universités appelle à la grève

image La première réunion de la Coordination nationale des universités s'est tenue ce jeudi 22 janvier à l'Université Paris 1. Parmi les 220 présents, on comptait des délégués de 46 établissements, des représentant des principaux syndicats, associations et collectifs et plusieurs observateurs (album).

L'assemblée a adopté a l'unanimité moins trois voix contre la motion suivante.
La Coordination nationale des universités condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois.

Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient toutes les mobilisations en cours.

Elle déclare que si le Ministère ne retire pas, sans préalable, 1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs, 2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré, l’université française se mettra en grève totale, reconductible à partir du 2 février 2009.

La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

Le filtrage d'internet, ou comment rejouer le fiasco des DRM

image Après la Chine ou l’Arabie Saoudite, l'Australie et l'Allemagne s'apprêtent à filtrer l'accès du public à internet dans le but d’éviter l'exposition à des contenus illégaux, notamment pédo-pornographiques. Le site Homo numericus fait le compte des pays touchés par cette vague, qui pourrait bien s'étendre prochainement à la France.

Avec les propos de Frédéric Lefebvre à l'Assemblée nationale, divers indices suggèrent qu'une tendance proche du pouvoir pousse vers un «contrôle» du web. Après la diabolisation de Facebook, la télévision publique poursuit de son côté la dramatisation du débat avec un reportage du magazine Complément d'enquête ("Ces ados qui nous échappent", France 2, 19/01/2009), très alarmant sur le «tsunami pornographique» qui attend les jeunes sur la toile.

Les intentions qui président à ces projets de censure paraissent des plus louables. Comment refuser de protéger nos enfants contre la vision de spectacles choquants ou les agressions de pervers sexuels? Notons toutefois que cet argument est à ranger dans la catégorie de ceux qui, avec la menace terroriste, ont servi dans la période récente aux Etats démocratiques à s'exonérer des principes qui les fondent pour imposer aux populations des dispositions d'exception et étendre systématiquement leur contrôle. Le risque existe qu'un gouvernement allergique aux contre-pouvoirs se serve de ce prétexte pour museler un média rebelle.

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EHESS: quelle politique pour préserver la recherche?

image Un nouveau président de l’EHESS, ou une nouvelle présidente, sera élu(e) le 7 mars 2009. Face aux difficultés de plusieurs ordres que l’Ecole va avoir à surmonter, il est indispensable que les candidats se déclarent suffisamment tôt pour pouvoir se prononcer sur le débat concernant la place et la politique de notre établissement durant la prochaine mandature. En effet, de lourdes menaces pèsent sur les institutions, les activités et les personnels de la recherche en France. Les réformes actuelles dessinent un projet général qui transforme en profondeur l’enseignement supérieur et la recherche, tant dans leur fonctionnement que dans leurs fondements intellectuels, ce dont l’Ecole ne peut pas se désintéresser. La loi LRU ne la laissera pas de côté, et les conséquences de son application signifieront une dénaturation de notre travail. Si les incertitudes sont grandes quant aux objectifs concrets que le gouvernement vise précisément, nous en savons cependant assez pour voir à l’œuvre derrière ces réformes une logique économique et managériale d’ensemble incompatible avec un certain nombre de principes qui sont à la base de notre activité, notamment l’autonomie des chercheurs et la collégialité.

La prochaine présidence de l’Ecole aura, selon toute vraisemblance, à faire face à des initiatives de plus en plus autoritaires du gouvernement pour imposer ce nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons identifié cinq thèmes liés entre eux, pour lesquels des évolutions sont d’ores et déjà perceptibles, sur lesquels de nouvelles offensives sont à craindre, et qui déterminent le contexte de l’élection. C’est pourquoi il nous semble important que les candidat(e)s à la présidence prennent position sur ces questions, en présentant les principes généraux qui fonderont leur action et la stratégie qu’ils comptent adopter sur les différentes questions qui préoccupent les enseignants-chercheurs, chercheurs et ITA, à l’Ecole et plus largement. Nous demandons que ces thèmes soient intégrés au débat qui s’est ouvert dans notre établissement.

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L'affiche d'Obama: triomphe du copyleft

image On ignorait jusqu'à présent quelle était la source photographique de la fameuse affiche créée par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne de Barack Obama. Sur The Daily Beast, James Danziger pense avoir trouvé la clé du mystère. Repérée par Michael Cramer sur Google images (voir ci-contre, licence CC), une photo publiée par ''Time'' en 2007 était attribuée par erreur à Jonathan Daniel, de Getty Images. Danziger identifie son véritable auteur: le photographe Jim Young, de Reuters. Interrogé, celui-ci affirme n'avoir pas reconnu sa photo derrière le dessin. Il est vrai que le graphiste aurait procédé à diverses transformations, à commencer par un retournement latéral, ainsi qu'une recomposition du buste.

Au moment où une version de cette affiche accède à la prestigieuse National Portrait Gallery, il n'est pas sans intérêt de noter qu'elle a été réalisée sans la moindre autorisation, pas plus de l'auteur de la photographie que d'Obama lui-même, et qu'elle a d'abord été placardée de façon sauvage, sans demander l'accord de l'équipe de campagne, à la manière des remix et autres contributions librement proposées par divers créateurs. En comparant cette image avec le portrait officiel du président français, on se convaincra que le non-respect des dispositions de la propriété intellectuelle ou du droit à l'image n'a pas que des mauvais côtés (avec mes remerciements à Rémi Douine).

image MàJ. Merci à Pierre de nous mettre sur la piste d'une autre image (ci-contre, cliquer pour agrandir), qui semble une meilleure candidate que celle repérée par Cramer. Plusieurs commentaires ont dans l'intervalle contredit l'affirmation de Danziger (voir notamment chez Tom Gralish). D'après une recherche sur TinEye, cette photo, qui porte bien le crédit Associated Press, mais pas de nom d'auteur, semble avoir été diffusée surtout hors des Etats-Unis. Ces éléments correspondent aux indications fournies par Shepard Fairey (voir ci-dessous, commentaire n° 3).

Journée d'études "La matérialité des images"

image Journée d'études du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), sous la direction de Gaby David, André Gunthert et Audrey Leblanc.
Vendredi 13 février 2009, salle Vasari, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (entrée libre).

Programme

1. L'impulsion des sources (modération: André Gunthert)

  • 9h15. Ouverture.
  • 9h30. Cécile Nédélec, "André Jammes, collectionneur et historien de la photographie".
  • 10h. Fanny Lautissier, "Les archives photographiques face aux enjeux de la transition numérique".
  • 10h30. Estelle Blaschke, "Roger-Viollet/La Parisienne de photographie: la dimension économique du patrimoine visuel".
  • 11h. Marc Lenot, "Miroslav Tichy, le retrait de l'artiste".
  • 11h30. Amélie Segonds, "Recherche d'images et indexation visuelle: enjeux et problèmes".
  • 12h. Discussion.

2. Les supports de l'imaginaire (modération: Christian Delage)

  • 14h. Marie-Eve Bouillon, "Figures du tourisme. L'agence Neurdein et le Mont Saint-Michel".
  • 14h30. Audrey Leblanc, "Usages du document dans le photojournalisme. La construction de l'image de mai 1968".
  • 15h. Rémy Besson, "Le thème du train dans Shoah, entre agent de l'histoire et acteur du récit".
  • 15h30. Discussion et pause.
  • 16h30. Sarah Bertrand, "La viralité des vidéos en ligne. Etude de cas".
  • 17h. Gaby David, "Le camphone et la construction de l'automédialité".
  • 17h30. Fatima Aziz, "Partager l'identité. Usages du portrait sur Facebook".
  • 18h. Discussion.

Parution de "Quand les images prennent position", par Georges Didi-Huberman

Les éditions de Minuit annoncent la parution de: Quand les images prennent position. L'Oeil de l'histoire. 1, par Georges Didi-Huberman, dans la collection "Paradoxe", 268 p. ill., 22,50 €.

Dans un monde où les images prolifèrent en tous sens et où leurs valeurs d’usage nous laissent si souvent désorientés – entre la propagande la plus vulgaire et l’ésotérisme le plus inapprochable, entre une fonction d’écran et la possibilité même de déchirer cet écran –, il semble nécessaire de revisiter certaines pratiques où l’acte d’image a véritablement pu rimer avec l’activité critique et le travail de la pensée. On voudrait s’interroger, en somme, sur les conditions d’une possible politique de l’imagination.

Cet essai, le premier d’une série intitulée "L’Oeil de l’histoire", tente d’analyser les procédures concrètes et les choix théoriques inhérents à la réflexion de Bertolt Brecht sur la guerre, réflexion menée entre 1933 et 1955 par un poète exilé, errant, constamment soucieux de comprendre une histoire dont il aura, jusqu’à un certain point, subi la terreur. Dans son Journal de travail comme dans son étrange atlas d’images intitulé ABC de la guerre, Brecht a découpé, collé, remonté et commenté un grand nombre de documents visuels ou de reportages photographiques ayant trait à la Seconde Guerre mondiale. On découvrira comment cette connaissance par les montages fait office d’alternative au savoir historique standard, révélant dans sa composition poétique — qui est aussi décomposition, tout montage étant d’abord le démontage d’une forme antérieure — un grand nombre de motifs inaperçus, de symptômes, de relations transversales aux événements. On découvrira ainsi, dans ces montages brechtiens, un lieu de croisement exemplaire de l’exigence historique, de l’engagement politique et de la dimension esthétique.

On verra enfin comment Walter Benjamin – qui a été, en son temps, le meilleur commentateur de Brecht – déplace subtilement les prises de parti de son ami dramaturge pour nous enseigner comment les images peuvent se construire en prises de position.

Mozinor résume Luc Besson

Photomatobama

image Ca devait arriver. A l'image du lancer de chaussures sur George Bush, tout événement visuel marquant est désormais susceptible de connaitre une déclinaison sous la forme d'un jeu en ligne. C'est ainsi que le plus célèbre poster de l'année 2008, créé par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne présidentielle de Barack Obama, compte parmi sa postérité un "obamizer" qui transforme tout portrait photographique en affiche quadricolore. Très bien conçu en flash, il permet de choisir son slogan et de réaliser son obamicone en direct à partir d'une webcam. L'image finale, enregistrée au format gif, fait l'objet d'une légère atténuation des contours, et apparaît dans une galerie que l'on peut commenter. Attention: étant donné le succès du dispositif, on peut rencontrer des difficultés de connexion (signalé par Vincent Glad sur Twitter).

Réf.: http://obamiconme.pastemagazine.com/

La recherche d'images par l'image

TinEye est le premier moteur de recherche qui utilise des technologies d’identification d’images pour rechercher des images sur le net. Cela signifie que les critères de recherche ne sont pas textuels (mots clés), mais constitués d’images (des ensembles de pixels). Concrètement, si vous lui soumettez une image, le logiciel vous ramènera toutes les occurrences de cette image qu’il connait, même si elles ont été modifiées ou recadrées. Il utilise pour cela un algorithme produisant une empreinte digitale de l’image recherchée qui est ensuite comparée à l’index. Lancé en mai 2008 par la société canadienne Idée Inc, ce service est passé maintenant en version beta publique. Depuis son lancement, il a continué à indexer le web pour agrandir sa base de données, seul moyen de gagner de l’efficacité. Le système est utilisable gratuitement par tout internaute, il suffit de s’inscrire ici. TinEye propose aussi l’installation d’un plug-in et/ou d’un bookmarklet, qui permet de procéder à une recherche d’image en un seul clic à partir de votre browser.

Par Béat Brüsch, Mots d'images, 14/01/2008.
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Insoutenable: la guerre ou son image?

Scandalisé par la une de L'Humanité du mercredi 7 janvier 2009, Alain Korkos, chroniqueur à Arrêt sur images, publie une "Lettre ouverte lettre à Pierre Laurent", dans laquelle il condamne l'usage de cette «photo insoutenable», qui montre une enfant morte sous les décombres dans la bande de Gaza (due à Fadi Adwan, d'Associated Press). Rapprochant cette image de la photographie de la petite Omayra Sanchez par Frank Fournier, publiée par Paris-Match en 1985 (voir ci-dessous), Korkos accuse L'Humanité d'imiter «la logique de Paris-Match», d'avoir voulu choquer pour «vendre une idée et, accessoirement, du papier (ou inversement).» S'appuyant sur une citation de Susan Sontag, il estime qu'«en publiant cette photo insoutenable, vous êtes entré dans une logique allant à l'inverse de vos espérances: au lieu de faire prendre conscience au chaland de ce qui se joue à Gaza, vous l'avez paralysé dans l'horreur.»

Le rapprochement d'images est une méthode qu'Alain Korkos a largement déployé sur son blog, la Boîte à images, avant de l'acclimater à Arrêt sur images, où il est le seul véritable spécialiste de l'analyse iconographique. Cette méthode montre ici ses limites. Car s'il est vrai qu'une image renvoie à d'autres images, la pertinence d'une comparaison se mesure à la compatibilité des contextes, dont on a souvent montré ici à quel point ils influent sur la lecture.

Est-il pertinent d'associer l'image d'Omayra Sanchez, victime d'une catastrophe naturelle, et celle de la petite Kaukab Al Dayah, victime civile d'actes de guerre? Selon Korkos, quelle que soit la différence de contexte, «le chaland qui passe à l'ombre du kiosque n'a pas le temps d'opérer cette distinction, aussi juste soit-elle. Il se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie.» Cette certitude est révélatrice. En réalité, entrevoir une parenté entre ces deux images n'est possible qu'à la condition de percevoir l'invasion israélienne de Gaza (et ses inévitables "dégâts collatéraux") comme une tragédie dont nul, sinon le destin, n'est responsable.

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Note sur le décret de révision du statut des enseignants-chercheurs

Dans le contexte des débats actuels sur les réformes de l'université, ARHV reproduit ci-dessous avec son autorisation une note d'Olivier Beaud, datée du 5 décembre 2008, rédigée pour QSF (Association pour la Qualité de la science française, reproduite sur leur site en pdf). Olivier Beaud est professeur des universités en droit public à l’université Panthéon-Assas (Paris II).


Note de Qualité de la Science Française (QSF) sur le projet de décret (oct. 2008) modifiant le décret du 6 juin 1984 «fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des Universités et du corps des maîtres de conférences».

Le projet de décret ici étudié[1] modifie le statut particulier des universitaires[2], tel qu’il est régi par le décret du 6 juin 1984. Il résulte du chantier de réformes engagé par le ministre de l’enseignement supérieur, dans le prolongement de la loi relatives aux libertés et responsabilités des universités» (loi dite désormais LRU) du 10 août 2007. Lors de sa conférence de presse du lundi 20 octobre 2008, Mme Pécresse a rappelé les objectifs qu’elle avait fixés au chantier relatif aux personnels: «améliorer l’attractivité des métiers et des carrières, donner aux universités les leviers liés à la loi du 10 août 2007 pour exercer leur autonomie et intégrer, dans la relation entre les universités et les organismes de recherche, les incidences du Pacte pour la recherche». Pour mener à bien cette réforme importante, le ministère a fait appel à une Commission d’experts, présidée par le conseiller d’Etat Rémy Schwartz[3]. Cette Commission de réflexion sur l’avenir des personnels de l’Enseignement supérieur a procédé à de nombreuses auditions et s’est réunie pendant près de six mois. QSF a été auditionnée par elle au mois de mars 2008. Elle a rendu son imposant et intéressant rapport en juin 2008. Dans sa conférence de presse du 20 octobre, Mme Pécresse indique qu’elle s’en est «largement inspirée» pour proposer la réforme globale du statut des personnels de l’Université. Sa réforme, qui vise à attirer les meilleurs éléments en France, et à empêcher la fuite des cerveaux, repose sur le diagnostic qui pointe trois «difficultés» majeures dans l’actuel système:

- «L’enseignement n’est pas reconnu à sa juste place: les enseignants-chercheurs ne sont évalués que sporadiquement sur leur activité scientifique, lorsqu’ils sollicitent une promotion, tandis que la mission d’enseignement n’est ni évaluée, ni valorisée.
- «La mission de recherche est partagée entre les universités et les organismes de recherche, elle apparaît cloisonnée entre des établissements multiples, alors qu’au sein des laboratoires eux-mêmes, ceux qui font la recherche se préoccupent peu des statuts et des affectations ; seuls comptent le résultat et la reconnaissance de la communauté.
- «Les missions relevant de la sphère administrative et technique ne sont pas suffisamment valorisées au côté de l’enseignement et de la recherche, bien qu’elles soient tout simplement indispensables au fonctionnement et au développement des établissements.»

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L'EHESS prend position contre les réformes de l'université

Un collectif de liaison "Sauvons La Recherche/Sauvons l’Université" (SLRU) s'est formé à l'EHESS. Celui-ci a adopté la motion suivante.

En tant que membres d’une institution dont l’objet est la formation à la recherche par la recherche, nous défendons la pratique d’une recherche libre et indépendante, indissociablement liée à notre mission d’enseignement. A ce titre, nous exprimons notre solidarité avec la critique des politiques actuelles de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous tenons notamment à marquer notre opposition:

- à la réforme en cours du CNRS et des autres EPST qui conduit à leur démantèlement progressif et tout particulièrement à la perte du statut d’UMR d’un grand nombre de laboratoires et à la destruction de précieuses coopérations scientifiques entre institutions.

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L’UFR d’Histoire de l’art et archéologie de Paris 1 se mobilise contre les réformes

Les enseignants, personnels et étudiants de l’UFR d’Histoire de l’art et archéologie de Paris 1 réunis en assemblée générale le 8 janvier 2009 ont voté les points suivants.

Préambule: L’assemblée générale se déclare solidaire de l’ensemble du corps enseignant, du primaire, secondaire et supérieur, dans le cadre de la politique nationale d’éducation. L’assemblée générale rappelle ainsi son attachement au service public. Voté à l’unanimité moins deux abstentions (98 présents).

Premier point: L’assemblée générale lance un appel solennel aux étudiants afin qu’ils rejoignent l’action engagée par les personnels enseignants et administratifs. Adopté à l’unanimité moins deux abstentions.

Second point: L’assemblée générale adopte le calendrier d’action suivant.

  • 15 janvier: journée de mobilisation durant la rencontre entre le ministre de l’Enseignement supérieur et les représentants du CNU (10H, rue Descartes à Paris)
  • 17 janvier: manifestation nationale de l’enseignement supérieur
  • 20 janvier: grève à l’UFR Histoire de l’Art et Archéologie
  • 29 janvier: appel à la grève et manifestation nationale du service public

Vote à l’unanimité moins une abstention.

Troisième point: Vote de la rétention administrative des notes du premier semestre. Adopté à la majorité: 64 pour, 11 contre, 23 abstentions.

Quatrième point: Appel à la grève illimitée au début du second semestre (9 février) dans le cas où les revendications ne seraient pas satisfaites (réforme du statut des enseignants, réforme des concours et de la mastérisation). Adopté à la majorité 87 pour, 13 abstentions.

En outre, l’assemblée générale, sur proposition de la directrice de l’UFR, décide de la création d’une commission constituée d’étudiants, d’enseignants et de personnels administratifs chargée d’étudier et de proposer des solutions relatives aux locaux de l’UFR (Condorcet, Michelet).

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