Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Recherche US: "Une crise de confiance"

En matière de recherche, gouvernement, médias et universitaires ont les yeux fixés sur le modèle américain. Mais au-delà du fantasme, quelle est la réalité actuelle du paysage scientifique outre-Atlantique? Un récent éditorial de la célèbre revue Nature (#457, 05/02/2009) fait le point sur une situation contrastée, où l'on voit que des causes opposées peuvent produire des conséquences semblables. J'emprunte au blog de Pablo Achard, Mon labo année zéro, la traduction française suivante, merci à lui.


Une crise de confiance

Résumé: Avec un surplus de diplômés pour les financements disponibles, aux États-Unis, la carrière scientifique est en train de perdre de son lustre et de son attractivité. Le pays a besoin de faire le point et de planifier le futur avec grand soin.

Jill Rafael-Fortney et Darcy Kelley, les deux scientifiques présentés dans ce numéro (voir p. 650), ont tous les deux du mal à faire vivre leurs laboratoires dans une période financière extrêmement difficile. Ils sont aussi deux visages d'une crise des carrières de plus en plus désespérée et qui frappe les jeunes chercheurs à travers les États-Unis alors qu’un trop grand nombre de scientifiques court après des offres d'emplois et des sources de financement en trop petites quantités. Les leaders de la science et de leurs alliés au Congrès feraient bien de garder ces visages à l'esprit lorsqu’ils planifient l'avenir du paysage scientifique américain.

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Isabelle Bruno: "Evaluer, c'est la santé!"

image Dans le cadre de l'opération "Changeons le programme", Isabelle Bruno, maître de conférences en science politique à l'université Lille 2, est intervenue jeudi 5 février à l'INHA.

Analysant l'application des modèles du management à l'espace européen de la recherche, Isabelle Bruno montre comment le benchmarking (évaluation), devient une technique de gouvernement aussi puissante qu'anti-démocratique. Une contribution lumineuse pour décrypter les discours technocratiques et comprendre les soubassements des politiques ministérielles.

"Je ne veux pas du grand soir. Je veux des petits matins"

image Quitterie Delmas annonce qu'elle quitte le Modem. Pour l'expliquer, elle écrit un des textes les plus significatifs sur le rapport de sa génération au politique.

Quitterie Delmas sait de quoi elle parle. Son choix n'est pas une réaction naïve, mais un geste d'insider, longuement mûri, face aux impasses de la politique professionnelle. Son refus suscitera beaucoup d'incompréhension parmi ceux qui ont choisi l'appareil. Rien d'étonnant. Mais c'est elle qui a raison: on ne changera pas les partis de l'intérieur.

Alors quoi? Tarnac? Je trouve pour ma part parfaitement respectables les choix qui relèvent du retrait, construits par la réflexion et soucieux d'une vraie sociabilité. Il est temps de réfléchir au signe qu'ils nous envoient sur la catastrophe qu'a engendré un demi-siècle de professionnalisation de l'activité politique.

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Pourquoi une grève?

Cette semaine l’assemblée générale de ma faculté, l’UFR de sciences économiques, de gestion de mathématiques et d’informatique, a voté à l’unanimité une motion contre le projet de décret Pécresse. Pourquoi?

Il n’est pas de mon rôle de dire pourquoi chacun est venu, pourquoi chacun a voté. Je peux au moins dire pourquoi je m’y associe. J’ai 45 ans, suis professeur d’université, je suis universitaire. Je fais un métier qui pour beaucoup se limite à enseigner quelques heures par semaine. Sa réalité est la suivante.

J’ai participé cette année à une douzaine de soutenances de thèse, j’aurai présenté au doctorat deux de mes étudiants avec lesquels je partage depuis plusieurs années tous les affres de la recherche - identifier un problème, le formuler théoriquement et trouver le terrain juste qui permette d’en démontrer les propositions, mes collègues m’ont confié la tâche d’évaluer une vingtaine d’articles, je participe à deux ou trois ateliers doctoraux, j’ai donné une dizaine de conférences auprès de publics d’entreprise, fait signer un accord en Indonésie, participé à trois où quatre conférences internationales. Dans les avions je lis les articles que je n’ai pas encore lu, je ne compte plus les réunions avec des partenaires possibles pour lancer de nouveaux terrains d’enquêtes, conseiller des actions, j’ai lancé un programme de Master, dont j’assure en grande partie le secrétariat - dans nos universités les secrétaires sont rares! Je ne compte pas les jurys de soutenance de mémoire où l’on s’assure que les maîtres de stage soient présents pour assurer de l’emploi à nos étudiants, par ailleurs depuis peu j’ai accepté d’être l’adjoint du doyen de ma faculté pour stimuler les échanges internationaux, des programmes Erasmus et d’autres encore, un double diplôme avec une université allemande, celle de Mayence, un programme de développement d’un cours à distance avec l’université d’Essex, celle de Budapest une autre à Wismar, accessoirement je participe à un groupe de travail sur la communication de l’UFR. Quoi d’autre? Maintenir des cours sur mon blog, les donner en réalité bien au-delà de la charge prescrite (j’assure environ 350 heures d’enseignement quand la charge prescrite est de 128H), assumer la correction des examens, recevoir les étudiants, et écrire, quand même, encore. J’aurais eu le plaisir avec un excellent collègue d’être un des rares français publiés dans une revue américaine de premier rang dans ma spécialité.

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Arrêt sur images: un site fermé très ouvert

Est-il possible de suivre Arrêt sur images sans être abonné au site? Telle était l'expérience que je proposais à l'issue d'un récent billet: "Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?". L'actualité vient de me permettre de vérifier cette hypothèse.

Informé par la lecture de la page d'accueil du site de l'émission consacrée à Pierre Péan, j'apprends par une brève en forme de teasing que l'auteur du Monde selon K a quitté le plateau d'@si en cours d'émisssion, écoeuré par les accusations d'antisémitisme de l'animateur.

Je découvre ensuite, par le biais d'un rétrolien vers ARHV, le forum (accessible sans abonnement) où un torrent de messages indignés accueille l'exégèse schneidermanienne du terme "cosmopolite" et autres gracieusetés qui reprennent fidèlement la ligne de défense de Kouchner à l'Assemblée nationale.

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Marcel Gauchet: "En état de légitime défense..."

image Dans le cadre de l'opération "Changeons le programme", Marcel Gauchet a prononcé aujourd'hui à l'EHESS un réquisitoire argumenté contre le programme de réforme gouvernemental des universités. Le philosophe montre comment ces projets, loin de corriger les erreurs du système, conduiront inéluctablement à les aggraver. Un podcast à écouter en ligne sur le site Slru-Ehess.

Réf.: Séminaire de Marcel Gauchet, "La redéfinition du savoir sous le néo-libéralisme", amphithéâtre, 105, bd Raspail, 4 février 2009 (extraits, 67 min.), www.slru.ehess.org....

La mobilisation universitaire face aux TIC

image Un article récent du Monde.fr propose un angle original pour traiter de la mobilisation universitaire: l'évoquer à partir des réactions de blogueurs ("Face à Valérie Pécresse, les universitaires-blogueurs fourbissent leurs arguments", 02/02/2009). Les informations n'ont pas été trop difficiles à réunir: la quasi-totalité du matériel cité provient de l'excellente synthèse aimablement fournie par Olivier Ertzscheid sur Affordance.info (ce qui n'empêche pas le journaliste d'écorcher le nom de sa principale source).

Quoique trendy, ce choix de traitement montre vite ses limites. Les références cliquables renvoient bien à des pages web. Mais si on fait le tri, entre une tribune rédigée à la demande de Rue89, un renvoi au site de l'association militante Sauvons la recherche ou l'article de Pierre-Philippe Combes et Laurent Linnemer publié par la plateforme Telos, en matière d'universitaires-blogueurs, l'article n'a véritablement qu'Olivier et moi à se mettre sous la dent...

Nul moins que moi ne trouverait à redire à se voir coiffer par le Monde des lauriers de la renommée. Mais la vérité oblige à relever qu'en ce début de mouvement, les traces de la mobilisation en ligne ne sont pas si nombreuses. D'une part, parce que les sites universitaires officiels, comme celui de l'EHESS, gardent évidemment un silence prudent sur les assemblées générales, grèves et autres bousculades qui malmènent en ce moment l'Alma Mater. Et que les blogs de chercheurs ne sont encore qu'un petit bouquet de pâquerettes dans la plaine verdoyante du web francophone. Il y a bien sûr les organes des associations militantes – SLR, SLU ou encore le récent site de la Coordination nationale, créé par Jérôme Valluy. Mais pour qui participe au mouvement, le constat reste le même qu'en 2006. Malgré l'effet d'intensification et d'urgence qu'entraîne une mobilisation citoyenne, les universitaires n'usent que très modérément des derniers outils interactifs à la mode.

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"Changeons le programme" (1)

image Dans le cadre du mouvement de mobilisation pour l'enseignement supérieur et la recherche, l'opération "Changeons le programme" propose une série de débats et d'interventions à propos des réformes du gouvernement (entrée libre).

Lundi 2 février

  • 13h-15h, 105 bd Raspail, salle 11, Birgit Müller, "Une analyse des mots du pouvoir sur la recherche et l'enseignement".
  • 13h-15h, 105 bd Raspail, salle 9, Gérard Noiriel, "Autonomie de la science et démocratie".
  • 13h-15h, 105 bd Raspail, salle 7, Serge Paugam et Cyril Lemieux, "Le sociologue dans la cité".
  • 15h-17h, 54, bd. Raspail, salle 505, Yves Cohen (sujet à préciser).

Mardi 3 février

  • 9h-11h, 105 bd Raspail, salle 7, Isabelle Backouche, Marie Vic Ozouf-Marignier, Annie Sevin, Christian Topalov, avec Afrânio Garcia et Julien Duval, "La recherche à l'université et au CNRS: quel avenir?"
  • 13h-15h, 105 bd Raspail, salle 2, Laurent Barry, Marie-Elisabeth Handman et Dolorès Pourette, "Les raisons de notre grève".
  • 15h–17h, 105 bd Raspail, salle 5, Liora Israel, "Changement du droit et revendication de droits : l’exemple de la recherche et de l’enseignement supérieur".
  • 17h-19h, 105 bd Raspail, salle 8, Christian Jouhaud et al. (séminaire du GRIHL): "Réflexion collective sur le mouvement de protestation de l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur et de recherche".

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Nouveaux réseaux visuels en ligne

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  • A signaler l'ouverture du premier réseau social consacré à l'histoire de la photographie. Créé sous Ning par Michael Pritchard, le site British photographic history accueille les spécialistes pour débattre et échanger des informations. Un outil puissant qui remporte déjà un succès visible, si l'on en juge par les premiers inscrits (via Fotostoria).

Réf. British photographic history

Réf. Planet Histoire visuelle

Peut-on mesurer la productivité des enseignants-chercheurs?

Dans le contexte des réformes envisagées pour l'Université et les organismes de recherche français, la mesure de l'activité des chercheurs et enseignants-chercheurs prend une place centrale. Elle est complexe, mais pas sans réponse. Complexe, car l'activité des enseignants-chercheurs est multidimensionnelle. De plus, même la plus simple des dimensions, la publication d'articles de recherche, est difficile à mesurer. Toutefois, des solutions existent. Par ailleurs, la mesure de l'activité n'est qu'une première étape. Pour comparer les individus ou les centres selon ce critère, il faut pouvoir raisonner "toutes choses égales par ailleurs" (moyens mis à disposition des universités, conditions de travail des enseignants-chercheurs). Cela est également envisageable.

Par Pierre-Philippe Combes & Laurent Linnemer, Telos, 30/01/2009 (via Affordance.info).
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Sarkozy défie l'intelligence

image Sentant monter la colère des universités, Valérie Pécresse a jugé utile de publier un éloge de la concertation et du dialogue. Mais dans ce pays gouverné d'une main de fer, les Français savent que l'avis d'un ministre ne vaut pas grand chose. Jeudi dernier, à l'occasion de la présentation du comité de pilotage stratégique qualifié de «Grenelle de la recherche et de l'innovation», c'est le président de la République lui-même qui a pris le soin d'indiquer aux universitaires quelle est sa conception du dialogue.

Il y a plusieurs styles Sarkozy. Pendant la campagne présidentielle, les Français ont entendu des discours remarquablement construits, tissés de références historiques, vibrants d'émotion. Il est vrai qu'il s'agissait alors de convaincre l'électorat. En septembre 2007, pour la "Lettre aux Educateurs", le président confiait encore à Henri Guaino la rédaction d'un texte dont on pouvait discuter le contenu, mais certainement pas nier qu'il était écrit dans un français charpenté, inspiré du robuste modèle troisième-République qui caractérise le conseiller spécial.

Pour le discours du 22 janvier, le chef de l'Etat a choisi une autre posture. Découvrant un texte composé de «phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire», un lecteur attentif a cru à une manipulation. Il a fallu qu'il vérifie que ce document provenait bien du site de l'Elysée pour admettre qu'il avait en face de lui une déclaration du plus haut personnage de la fonction publique (lire en ligne, consulter la vidéo).

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Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?

image Comme un certain nombre de spectateurs de feu l'émission "Arrêt sur images", j'ai déboursé 30 € en janvier 2008 pour continuer à avoir accès à sa version en ligne. Il faut dire que Schneidermann ne lésinait pas sur la promo: on allait voir ce qu'on allait voir! «Pas la peine de chercher, ça ne ressemblera à rien d’existant», promettait l'animateur, qui assurait: «Sur Internet, tout est possible!»

A un an d'intervalle, le dépaysement a sans doute été moindre qu'annoncé. Qu'importe le flacon, @si a continué à nous offrir en ligne ce qu'elle savait faire à l'écran: de la veille des médias, du plateau, avec une couche de forum par-dessus. Rien ne ressemble plus à un Schneidermann hertzien qu'un Schneidermann haut-débit. Moins décalé que le BigBangBlog, qui faisait alors office de coulisses de l'émission et qui profitait de la liberté de ton du web, @si a tâtonné pendant plusieurs mois, délaissant Kewego pour Dailymotion, cherchant le bon rythme. Puis a stabilisé une formule construite autour d'une pluie de billets courts – les "vite-dits" –, des chroniques, avec les éditoriaux du maître des lieux, des articles plus étoffés réunis en "dossiers", enfin les plateaux vidéo, à un rythme grosso modo hebdomadaire.

Une grosse machine, qui suppose des moyens à la hauteur. Au moment de son interruption sur France 5, "Arrêt sur images" enregistrait une audience d'environ 800.000 téléspectateurs. En août 2007, une pétition de soutien en faveur de la reprise de l'émission totalisait 180.000 signatures. En se lançant dans l'aventure du web payant, Scheidermann tablait sans doute sur des chiffres d'échelle comparable. En fin d'année dernière, @si ne comptait pourtant qu'un peu moins de 40.000 abonnés – un chiffre bien en deçà des audiences de naguère. Au moment fatidique du renouvellement des abonnements de janvier, c'est la douche froide: 13.000 abonnés perdus, un sur deux. Le site se retrouve avec un étiage de 26.000 membres, à peu de choses près le même qu'il y a un an.

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Parution de "Also Known As Chris Marker", par Arnaud Lambert

Les éditions du Point du Jour annoncent la parution de: Also Known As Chris Marker, par Arnaud Lambert, dans la collection "Le champ photographique", 296 p. ill., filmo., bibl., 22 €.

De Chris Marker, on connaît généralement quelques oeuvres phares (Le joli mai, La Jetée, Le fond de l'air est rouge), et parfois la légende: l'amour des bêtes, l'indépendance farouche, l'engagement constant, le goût du secret et des images.

Composé de 22 notices à la fois historiques et analytiques, ce livre prend en compte l'ensemble du corpus markerien – des premiers articles dans la revue Esprit aux films célèbres ou méconnus en passant par les photographies, les objets multimédias, les textes de toute nature.

Cette forme a paru la plus à même de restituer la diversité du "phénomène" Marker, ses complexités comme ses cohérences. Also Known As Chris Marker est moins le portrait d'un homme ou d'un auteur qu'un récit suggestif, une traversée des signes qui en tracent les possibles visages.

Arnaud Lambert est membre du collectif Simple appareil qui réunit écrivains, artistes et vidéastes. Il a publié sur ARHV "Société du football".

Hadopi, la loi en retard d'une crise

image Dans le clip publicitaire produit par les services de Nadine Morano, toutes les nuisances du web viennent frapper à la porte d'un pavillon cossu. Il est à craindre que ces images trahissent la perception d'une bonne partie des élites françaises: internet vient de l'extérieur. Ce corps étranger ne peut rien apporter de bon. Inconnues de la culture bourgeoise, ses références menacent la quiétude de l'univers familial.

Malgré l'existence discrète d'un secrétariat d'Etat au développement de l'économie numérique, c'est bien cette perception caricaturale qui semble guider la politique du gouvernement actuel. Depuis la détestable loi DADVSI, élaborée pour protéger l'industrie des contenus culturels contre l'invasion ennemie, les pratiques du net s'effectuent aujourd'hui sous le régime de la contrebande. Le professeur des écoles utilise bel et bien Google images pour fournir à sa classe les ressources iconographiques dont il a besoin mais, faute d'une formation adéquate, il est incapable d'apprendre à ses élèves à maîtriser les mécanismes des moteurs de recherche. L'universitaire recourt à Delicious, Flickr, Dailymotion ou Facebook pour diffuser les documents multimédia que son institution est incapable de mettre à la disposition des étudiants.

Plutôt que de se protéger des méfaits d'internet, la France a aujourd'hui désespérément besoin d'une mise à jour juridique et intellectuelle pour profiter pleinement de ses ressources. Telle n'est malheureusement pas la fonction de la loi Hadopi, préparée par Denis Olivennes alors qu'il était encore patron de la Fnac – et dont l'adoption a accumulé les retards. En attendant de «civiliser l’univers pour l’instant sauvage du Net», la riposte graduée renforce sa perception comme espace de l'infraction, de la déviance et de la turpitude. N'y a-t-il que des pirates, des trafiquants et des pédophiles sur internet, comme le criait haut et fort à l'Assemblée nationale Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP? La permanence de cet imaginaire et de son corollaire répressif enferme les pouvoirs publics dans une logique de prohibition qui est, on le sait, une course à l'échec.

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L'EHESS peut attendre

image Il faut le reconnaître, nous avons raté notre AG. Environ 80 personnes présentes, pour une première réunion, ce n'était pas si mal. Mais alors que les facs voient monter la fièvre, l'assemblée de l'EHESS était des plus tièdes. Grand établissement public, l'Ecole fait bénéficier ses enseignants d'un statut privilégié de 144 heures équivalent TD par an, au lieu des 192 de règle à l'université. Difficile alors de se sentir concerné par la menace de modulation des services que fait peser le projet de statut des enseignants-chercheurs. Quand le CNRS explose, l'EHESS, associée au plan Campus, se croit du bon côté du manche. Du côté des forts, de ceux que les nouvelles mesures gouvernementales avantagent. Plus préoccupée par son prochain déménagement, par l'élection de son futur président – et par la présence de Danièle Hervieu-Léger, présidente sortante, à la tête du nouveau comité de pilotage de la recherche et de l'innovation mis en place par Nicolas Sarkozy. Un positionnement qui en dit long sur le déplacement historique de l'ancienne deuxième gauche et aide à comprendre la nouvelle cartographie politique française.

Une deuxième réunion aura lieu mercredi 28 janvier à 13 heures à l'amphithéâtre du 105, bd Raspail, consacrée en partie au déménagement, en partie à la suite de la discussion sur la mobilisation. Le collectif SLRU-EHESS participera à la journée d'action interprofessionnelle du 29 janvier, et donne rendez-vous à 13h devant le 54, bd Raspail, ou à 13h30, à l'angle de la rue des Ecoles et du Cardinal Lemoine. La suite sur le blog www.slru.ehess.org.

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