Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Compte rendu de "Ecrits cinématographiques", de Boleslas Matuszewski

Boleslas Matuszewski, Ecrits cinématographiques, édition critique dirigée par Magdalena Mazaraki, Paris, AFRHC/La Cinémathèque française, 2006, 216 p., ill. NB, lexique, bibl., filmographie, 17 €.

Obscur opérateur photographe polonais installé à Paris, Boleslas Matuszewski est devenu, depuis la réédition anglaise de ses écrits en 1995, une pierre d'angle de la réflexion contemporaine sur l'archive visuelle. Grâce au travail de la jeune historienne Magdalena Mazaraki, "Une nouvelle source de l'histoire" et "La photographie animée" (1898) sont désormais disponibles en français, dans une remarquable édition critique, augmentée de contributions de Roland Cosandey, Luce Lebart et Béatrice de Pastre, publiée par les soins de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma.

Comme l'explique Magdalena Mazaraki dans son essai, la vision utopique d'une archive cinématographique universelle de Matuszewski s'appuie sur une perception encore primitive du médium qui, ignorant le montage et niant la retouche, lui attribue les vertus d'une "authenticité intrinsèque". «La toute-puissance attribuée par Matuszewski au cinématographe, écrit l'historienne, est révélatrice des espoirs que les hommes de cette fin de siècle plaçaient dans les nouveaux outils d'enregistrement de la réalité.»

Luce Lebart replace le dessein du photographe polonais dans le contexte méconnu d'une «véritable internationale documentaire» qui prend son essor en cette fin de XIXe siècle et associe photographie et cinéma dans le projet d'une archive intégrale révolutionnaire. W.-J. Harrison, Hippolyte Sebert, président de la Société française de photographie, ou Léon Vidal, fondateur en 1895 du Musée des photographies documentaires, sont quelques-uns des protagonistes de cette dynamique où dialoguent bibliothéconomie, normalisation internationale, imaginaire policier de surveillance et idéologie de l'accès au savoir pour tous. Béatrice de Pastre complète cette analyse par un examen des traces laissées par le projet d'archives de Matuszewski dans l'archéologie de la création des cinémathèques parisiennes.

Ainsi encadré par un solide appareil historique, le «texte fondateur de l'archive filmique» se donne à lire dans le déploiement à la fois naïf et retors d'un positivisme de l'image qui n'a rien perdu de son actualité. On pourra regretter que les questions ici ouvertes ne soient pas prolongées par une réflexion sur les difficultés de mise en œuvre d'un tel programme. Car un siècle plus tard, exception faite de quelques trop rares chercheurs, pas plus la photographie que le cinéma ne sont encore couramment utilisés comme des «sources de l'histoire». Tel n'était certes pas le rôle de cette excellente édition critique, dont il faut lire l'invitation à ces prolongements comme la confirmation de sa pertinence. Ajoutons enfin que le croisement des problématiques comme la réunion des auteurs fournissent une des premières illustrations marquantes du dialogue qui s'esquisse entre spécialistes du cinéma et historiens de la photographie. Ce volume indispensable témoigne de la fécondité d'une telle rencontre.

Préprint Etudes photographiques, n° 21, décembre 2007 (à paraître).

Compte rendu de "L’Oeil du photographe", de John Szarkowski

John Szarkowski, L’Oeil du photographe (traduit de l'américain par Lise-Éliane Pomier), Milan, Cinq Continents, 2007, 156 p, 156 ill. bichromie, 35 €, ISBN 978-88-7439-397-8.

Excellente initiative de la part des éditions Cinq Continents que cette version française (et italienne) d’un des livres clefs de l’histoire de la photographie américaine. Reproduction quasi-identique des éditions de 1966 et de 1980, ce volume au prix très abordable (35 €) présente une traduction (qui aurait pu être un peu meilleure et surtout plus fluide, mais qui reste passable) de l’essai fondateur de la pensée de John Szarkowski sur la photographie, ainsi que la série des images dans une qualité d’impression bien supérieure aux éditions d’origine.

Szarkowski (1925-2007), un peu photographe à ses heures, est surtout un grand conservateur qui a structuré par sa position centrale au MoMA et la durée de son mandat (1962-1991) non seulement ce qui s’est vu et fait aux États-Unis en matière de photographie, mais surtout qui a établi une conception de la photographie qui a duré au moins trois décennies. Il est aujourd’hui commun de dénoncer l’autorité parfois un peu dictatoriale que celui-ci a exercé sur le champ. Mais cette critique, quoique justifiée, doit aussi nous inciter à nous (re)plonger dans son travail. Car Szarkowski, contrairement à celui de bien des conservateurs, a produit des ouvrages qui ne sont pas des catalogues d’exposition (bien que fondés sur des expositions "repères") mais de vraies expressions théoriques formulées à travers une présentation des images. L’Oeil du photographe est donc à regarder autant qu’à lire. Véritable présentation manifeste, autant que musée imaginaire, cette collection d’images est remarquable par son ampleur et la version française nous permet de la (re)découvrir, avec un plaisir renouvelé, 40 ans après sa parution.

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Parution "Mediamorphoses", n°21, septembre 2007

Dossier "2.0 ? Culture numérique, cultures expressives", coordonné par Laurence Allard avec la collaboration d’Olivier Blondeau.

Ce dossier ambitionne d’éclairer tout le "travail expressif" représenté par la rédaction de billets sur des blogs et autres NSN (sites de réseau sociaux), l’envoi de commentaires ou leur modération sur des forums, l’encodage d’images ou de sons sous différents formats, la création et le partage de vidéos, ou de morceaux de musique, l’échange via les réseaux peer to peer de fanfilms, le sous-titrage des manga, l’édition de ses playlists, la mise à disposition de ses bookmarks ou de ses tags, la prise de photos sur mobile et leur renvoi sur le net, la confection de cartes géolocalisant ses albums de photos etc .

Il ne prétend pas traiter de façon exhaustive toutes ces pratiques et analyser tous les agencements ainsi produits. Mais il propose quelques plans de coupe, suivant une approche résolument polydisciplinaire (droit, économie, anthropologie, socio-sémiotique…) de ce continum socio-technique auquel s’apparente désormais un "web élargi", articulant Internet au mobile.

Ce dossier est de parti pris, assumons-le. Plutôt que de reprendre le couplet des paniques morales et d’entonner la rengaine de la critique des médias, nous avons opté pour une conception expressiviste, qui se veut, d’une part, enthousiaste face à la créativité ordinaire et à ses potentialités d’innovations économiques, juridiques, sociales et politiques tout restant, d’autre part, attentive à l’ambivalence de ce "capitalisme du partage" qui pourvoit aux connexions et aux architectures informatiques et tire des bénéfices substantiels du travail expressif de "ceux qui sont le web".

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Parution "Images Re-vues", n°4, octobre 2007

image Le numéro 4 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Objets mis en signe", dossier coordonné par Noémie Hosoi.

  • Marta Caraion, "Objets en littérature au XIXe siècle".
  • Mette Kia Krabbe Meyer, "Objets flottants".
  • Pavel Cazenove, "Cauchemar Bleu Lynchéen. Analyse d’un jeu d’objets 'plastiques' dans Mulholland Drive".
  • Jean-Luc Mattéoli, "L’objet pauvre dans le théâtre contemporain".
  • Sophie Moiroux, "Les objets de Jimmie Durham en conversation: au défi de l’art contemporain".
  • Muriel Verbeeck, "L’oeuvre du temps. Réflexion sur la conservation et la restauration d’objets d’art".
  • Nikolina Kéi, "La fleur: signe de grâce dans la céramique attique".
  • Noémie Hosoi, "Des femmes au louterion: à la croisée d’une esthétique masculine et féminine au travers des objets".
  • Julien Bonhomme, "Réflexions multiples. Le miroir et ses usages en Afrique centrale".
  • Pierre Déléage, "La croix Yekuana. Interprétations mythiques et graphiques de la croix chrétienne chez les Yekuana d’Amazonie vénézuelienne".
  • Shigemi Inaga, "La blessure créatrice entre poterie et sculpture, ou Yagi Kazuo entre la tradition japonaise et l’avant-garde occidentale".

Parution de "L'Art de la photographie"

Les éditions Citadelles-Mazenod annoncent la parution de L'Art de la photographie, dirigé par André Gunthert et Michel Poivert.

Treize ans après la dernière histoire générale de la photographie publiée en France, les éditions Citadelles & Mazenod annoncent la parution d'une nouvelle somme, qui fait entrer le médium dans la célèbre collection "L’Art et les grandes civilisations". Grâce à la collaboration des meilleurs représentants de la jeune génération d'historiens de l'art et de la culture, cet ouvrage se donne pour objectif de restituer les plus récentes orientations de la recherche dans une synthèse accessible à tous, accompagnée pour la première fois d'une illustration entièrement en quadrichromie.

L'originalité de ce volume est triple. Plutôt que de prétendre à une histoire exhaustive de toutes les manifestations de la pratique photographique, il recadre la préoccupation historique autour du dialogue entretenu depuis ses origines par l'enregistrement mécanique avec les domaines de l'art et de la culture. Ce faisant, il présente la première histoire critique de la tradition photographique, dont il révèle les articulations et les contradictions. Mais sa principale caractéristique est la proposition d'un nouveau récit, construit, charpenté, lisible. Une histoire à lire, une histoire qui explique et éclaire une trame dense de près de deux siècles, d'une rare complexité : voici ce qu'offre un ensemble cohérent de textes, voués à dégager l'économie des mécanismes généraux, dont plusieurs sont décrits pour la première fois. La synthèse que nous proposons est, comme de coutume, un état provisoire d'un savoir en marche. Elle se veut conforme à la mission de l'histoire, qui est d'apporter du sens, non d'augmenter la confusion.

Images inédites ou icônes fameuses, documents étonnants ou œuvres d’art célèbres, l'ouvrage présente en dix chapitres et près de 600 illustrations un parcours à la fois savant et séduisant. Un nouveau récit des origines dévoile le rôle du monde de l'art dans la première réception du médium, mais aussi la vitalité apportée par le commerce ou l'importance du dialogue franco-américain. Plutôt qu'une histoire articulée par le tête-à-tête du photographe et sa machine, le volume souligne en permanence l'apport essentiel des institutions: sociétés, publications, expositions ou musées. Pour les amateurs victoriens comme pour les directeurs de journaux, pour les scientifiques comme pour les artistes, l'image construite s'avère un ressort majeur du dynamisme du médium, non moins puissant que sa fonction classique de traduction fidèle du visible. Parmi les apports inédits de l'ouvrage, signalons encore une nouvelle synthèse du rôle de la photographie dans les sciences, la première histoire graphique de la presse illustrée, ou une analyse contextualisée du rôle du MoMA. Au total, l'image qui se dégage est bien une image nouvelle: non plus celle d'une photographie servante des arts et des sciences, mais celle d'un médium acteur de l'art, de la culture et du savoir, opérateur de quelques-unes des évolutions décisives du monde moderne.

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Parution de "La Fabrique des images contemporaines"

couverture Les éditions du Cercle d'art annoncent la parution de:
La Fabrique des images contemporaines
Par Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert

Animés par la volonté d'offrir à un très large public des outils de jugement critique sur l'iconographie contemporaine, les auteurs de l'ouvrage nous font entrer dans la fabrique des images: celles, mythifiées, de Robert Doisneau dans sa série des "Baisers", comme celles, composées successivement par plusieurs générations de cinéastes, du débarquement en Normandie. Ils reviennent également sur le rôle décisif qu'ont joué les images dans des moments clés de l'histoire contemporaine, tel l'assassinat de Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou bien encore la fin du communisme en Roumanie. Dans ce dernier cas, est élucidée ici l'affaire dite des "faux charniers" de Timisoara qui fut considérée à tort comme un exemple-type de désinformation.

A rebours de l'opinion commune selon laquelle l'image "mentirait" davantage encore depuis l'arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l'image au réel. Il en va de même de l'évolution des techniques qui permettent de développer une nouvelle échelle du regard (Google Earth).

La Fabrique des images contemporaines révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d'information parallèle, capables de parasiter jusqu'aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d'images ou de vidéos.

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Deux nouvelles revues de photographie en 2008

Deux nouvelles revues académiques anglophones consacrées à la photographie viendront enrichir le paysage éditorial spécialisé au début de l'année 2008. Photography and Culture, publiée par les éditions Berg, est plus américaine, Photographies, éditée par Routledge, plus britannique. L'une et l'autre attendent contributions et comptes rendus d'ouvrages (propositions à adresser, pour Photography and Culture, à Alison Devine Nordström: anordstrom(at)geh.org; pour Photographies, à photographies(at)plymouth.ac.uk).

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Pour un droit à la critique des images

image S'il existait un compteur de l'emploi du mot "décryptage", nul doute qu'il aurait atteint en cette rentrée des sommets historiques. Directeurs de programmes, journalistes et Paul Amar ne jurent que par lui. A ce terme qui fleure bon la théorie du complot, je préfère personnellement celui, moins sexy, d'analyse. Mais au-delà du vocabulaire, la décryptolalie témoigne d'un appétit bien réel pour l'interprétation des signes du quotidien. Ce dont on ne peut que se réjouir. Il faut cependant souligner une anomalie. Alors que la loi permet, lorsqu'on étudie un texte, de mentionner le passage qui fait l'objet de l'analyse, en vertu du droit de citation, ce droit n'existe pas en matière d'images fixes. Il s'agit d'une particularité française: les Etats-Unis ou le Canada recourent au fair use, ou usage équitable, et l'Allemagne dispose d'un droit de citation en bonne et due forme protégeant l'argumentation scientifique (voir: "Le droit aux images et la publication scientifique").

En l'absence d'une telle disposition, les candidats au décryptage ne peuvent publier les images sur lesquelles ils travaillent sans l'autorisation expresse de leurs auteurs ou ayants-droits. Cette obligation peut devenir un obstacle infranchissable. Le numéro 17 d'Etudes photographiques proposait par exemple une étude de Marie Bottin consacrée à la réception française de l'oeuvre de Nan Goldin. Réalisé dans les conditions désintéressées et indépendantes de la recherche universitaire, cet article ne prend pas de gants pour décrire les paresses mythographiques d'une certaine critique et ébrèche une légende patiemment construite. Voilà qui n'était guère prudent puisque, pour illustrer cette contribution, encore fallait-il que la rédaction recueille l'accord de l'artiste. Après avoir requis de prendre connaissance du texte, ses représentants ont décidé de nous refuser cette autorisation. L'article a été publié sans aucune illustration.

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Parution "Etudes photographiques", n° 20, juin 2007

image Sommaire

  • André Gunthert et Thierry Gervais, "Les images publiques ont une histoire" (éditorial).
  • Stephen Bann, "Entre fac-similé et haute gravure. L'image dans la presse française des années 1830".
  • Pierre-Lin Renié, "De l'imprimerie photographique à la photographie imprimée. Vers une diffusion internationale des images (1850-1880)".
  • Tom Gretton, "Le statut subalterne de la photographie. Etude de la présentation des images dans les hebdomadaires illustrés (Londres, Paris, 1885-1910)".
  • Thierry Gervais, "L’invention du magazine. Mise en page de la photographie dans La Vie au grand air (1898-1914)".
  • Joëlle Beurier, "L’apprentissage de l'événement. Le Miroir et la Grande Guerre".
  • Myriam Chermette, "Le succès par l’image? Heurs et malheurs des politiques éditoriales de la presse quotidienne (1920-1940)".
  • Olivier Lugon, "La photographie des typographes".
  • Vincent Lavoie, "Le mérite photojournalistique: une incertitude critériologique".
  • Gaëlle Morel, "Esthétique de l’auteur. Signes subjectifs ou retrait documentaire?"
  • Clément Chéroux, "Le déjà-vu du 11-Septembre. Essai d'intericonicité".
  • André Gunthert, "L’image parasite. Après le journalisme citoyen".

Notes de lecture
Par François Brunet, Myriam Chermette, Jean-Pierre Criqui, Dominique de Font-Réaulx, Kristen Gresh, Céline Guénot, André Gunthert, Jean Kempf.


A l'occasion de cette publication, la revue Etudes photographiques fête ses dix ans d'existence. Un cocktail est organisé le 18 juin à 18h à l'Institut national d'histoire de l'art, auquel sont conviés tous les lecteurs intéressés (INHA, salle Aby Warburg, 2, rue Vivienne, 75002 Paris).

Compte rendu de "L’image sans qualités", de Paul-Louis Roubert

image Paul-Louis Roubert, L'Image sans qualités. Les beaux-arts et la critique à l'épreuve de la photographie, 1839-1859, Paris, Monum, 2006, 176 p., ill. coul., ind., bibl., chronol., 39 €.

Il faut le dire sans détour: L'Image sans qualités est un grand et beau livre. Un de ceux, trop rares, qui marquent une spécialité. Et pour une fois, commençons par là, l'iconographie est à la hauteur du projet, magnifiquement traitée. Donner une illustration de catalogue à un essai est une idée qu'on avait déjà vu appliquée, mais jamais aux débuts de la photographie. C'est une réussite: on peut parcourir comme une promenade le dialogue des chefs-d'œuvre de la toute première photographie avec les tableaux du romantisme ou du réalisme. On apercevra ainsi maintes surprises, dont les moindres ne sont pas de nous donner à redécouvrir certaines icônes, magnifiées par la qualité de reproduction. On voudrait que tous les livres d'histoire de l'art se présentent désormais ainsi.

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"Etudes photographiques" fête ses dix ans

Fondée en 1996, la revue Etudes photographiques fêtera ses dix ans à l'occasion de la parution de son n° 20, consacré aux actes du colloque "La trame des images". Avec ce volume, à paraître début juin, la seule revue scientifique francophone consacrée à la photographie devient aussi celle qui aura connu la plus longue durée de vie. Un cocktail est organisé le 18 juin prochain à l'Institut national d'histoire de l'art, suivi d'un dîner auquel sont conviés tous les auteurs et contributeurs de la publication (renseignements auprès de la Société française de photographie).

Parution "History of Photography", summer 2007

"History of Photography", volume 31, n° 2, summer 2007.
Table of Contents:

  • Francois Brunet, "Revisiting the Enigmas of Timothy O’Sullivan: Notes on the William Ashburner Collection of King Survey Photographs at the Bancroft Library".
  • Dana MacFarlane, "'Arresting Strangeness': Walter Benjamin’s Proust and Carlo Naya's Giotto".
  • Nigel Raab, "Visualising Civil Society: The Fireman and the Photographer in Late Imperial Russia, 1900–1914".
  • Robert Dixon, "Spotting the Fake: C. E. W. Bean, Frank Hurley and the making of the 1923 Photographic Record of the War".
  • Brian Stokoe, "Class Tourism and Photography: The Typological Portraits of E. O. Hoppe and J. D. Beresford".
  • Andres Garay and Jorge Latorre, "Martin Chambi: A 'Self-Portrait'".

Reviews by Elizabeth Edwards, Robin Kelsey, Roberta McGrath, Kevin Moore, Guy Thomas.

Source: liste H-Arthist, http://www.arthist.net.

Compte rendu de "Histoire de la Cinémathèque française", de Laurent Mannoni

Laurent Mannoni, Histoire de la Cinémathèque française, Paris, Gallimard, 2006, 507 pages, ill. NB, 42 €.

L’histoire de la Cinémathèque française que nous offre Laurent Mannoni dans cet ouvrage a été longtemps attendue des cinéphiles comme des historiens. Car si les nombreuses péripéties qu’a connu ce haut lieu du cinéma mondial depuis sa création en 1936 ont fait couler beaucoup d’encre, jamais encore un tableau approfondi et véritablement historien n’en avait été dressé. Libéré de la mythologie langloisienne et des règlements de compte (qui font toutefois partie de l’histoire de la Cinémathèque et qu’il parvient à retracer avec clarté et précision), Laurent Mannoni a su s’appuyer sur des archives largement inédites et jusqu’alors très peu exploitées pour retracer l’histoire d’une institution-phare de la culture cinématographique, de ses débuts chaotiques à l’initiative de quelques cinéphiles autodidactes et passionnés, à sa récente installation rue de Bercy par le ministère de la Culture. En six chapitres chronologiques qui en retracent les développements et les déboires, il nous livre une histoire à la fois intime et contextualisée de la Cinémathèque, de ses défenseurs et de ses adversaires. Les grands moments de cette histoire, comme le sauvetage des films pendant l’occupation ou la fameuse "Affaire Langlois" en 1968, retrouvent ainsi leur sens dans une continuité, une vision globale de cette institution qui a longtemps manqué.

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Compte rendu de "L’image au service de la révolution", de Michel Poivert

Michel Poivert, L’image au service de la révolution. Photographie, surréalisme, politique, Cherbourg, Le Point du Jour, 2006, 128 p, 30 ill., 19 €.

Avec ce livre bref et dense qui rassemble cinq essais publiés au fil des douze dernières années (dont trois dans Études photographiques), auxquels s’ajoute le texte inédit d’une conférence sur "Walter Benjamin et le repère surréaliste", Michel Poivert dresse le bilan de l’un des plus importants chapitres de l’histoire de la culture visuelle moderne. Reconfigurant certains éléments centraux de son champ d’investigation, il ouvre en même temps de nouvelles perspectives à l’étude du surréalisme. Celui-ci, on le sait, n’avait pas pour seule ambition de transformer l’art: c’est la vie elle-même qu’il aspirait à bouleverser de fond en comble. Fol espoir résumé alors sous le mot de "révolution", présent ici dès le titre. Ce serait en effet ne rien comprendre aux plus marquantes des propositions surréalistes, et à leur force de déflagration supérieure, que de ne pas voir qu’elles procédèrent toujours d’un désir de nature politique autant qu’esthétique. L’auteur y insiste d’emblée dans la préface qu’il donne à son recueil, intitulée "L’au-delà de l’usage", où la photographie, par son ancrage à embranchements multiples au sein de la culture et, en un mot, parce qu’elle «n’était pas de l’art» (p. 8), apparaît comme le médium le mieux adapté à incarner cette double dimension. Déplaçant sur le terrain de l’art, à la suite de Dada, des images dont les raisons et les fins lui étaient parfaitement étrangères, les surréalistes firent de la photographie l’instrument d’une conversion du regard qui, dans toute sa portée, constitue sans doute leur legs le plus "révolutionnaire".

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Parution de "L'image ouverte" par Georges Didi-Huberman

Les éditions Gallimard annoncent la parution de:
L'Image ouverte. Motifs de l'incarnation dans les arts visuels
Par Georges Didi-Huberman.

Ce livre interroge les relations anthropologiques cruciales que les images entretiennent avec le corps et la chair, au-delà des notions usuelles d'anthropomorphisme ou de représentation figurative. Y sont analysées les diverses façons dont les images vivent la chair, que ce soit la chair d'Aphrodite formée de l'écume ou celle du Christ sacrifié sur la croix. Paganisme et christianisme, chacun avec ses propres cadres de pensée, auront, en effet, tous deux cherché à atteindre, voire à transgresser, les limites de l'imitation: là où les métaphores deviennent métamorphoses, là où les signes qui représentent deviennent les symptômes qui incarnent. On découvrira cette puissance extraordinaire des corps lorsqu'en eux la chair vise l'image, par exemple dans la stigmatisation de saint François au XIIIe siècle, les crucifiements des Convulsionnaires de Saint-Médard au XVIIIe siècle ou les "clous" hystériques de la Salpêtrière au XIXe siècle. Une traversée impressionnante d'images qui ne sont pas faites pour décorer, simuler ou consoler, mais pour agir, nous bouleverser et nous donner accès à quelque chose comme une profondeur.

Collection "Le temps des images", 410 p., ill. NB et coul., 35 €.
Nota Bene: billet n° 300.

Parution "Images Re-vues", n°3, décembre 2006

A l'occasion de la parution de son 3e numéro, consacré à Daniel Arasse, la revue d'histoire de l'art en ligne Images re-vues se dote d'une maquette dynamique en PHP, qui permet une meilleure navigation et un affichage accéléré (pensez à mettre à jour les références des articles des deux premiers numéros).

Sommaire

Parution "Ethnologie française", t. XXXVII, n° 1, janvier 2007

Ethnologie française, t. XXXVII, n° 1, janvier-mars 2007.
N° spécial: Arrêt sur images. Photographie et anthropologie.

  • Jean Cuisenier, "Choix et défis en revue" (éditorial)
  • Sylvaine Conord (responsable scientifique), "Usages et fonctions de la photographie en anthropologie"
  • Albert Piette, "Fondements épistémologiques de la photographie"
  • Jean-Charles Depaule, "Un café parisien (Variation sur une photo)"
  • Howard S. Becker, "Les photographies disent-elles la vérité ?"
  • Emmanuel Garrigues, "Un paysan–musicien à Sifnos, Grèce (Variation sur une photo)"
  • François Laplantine, "Penser en images"
  • Sylvie Pedron-Colombani, "Procession Sainte Rita à Paris, mai 2005 (Variation sur une photo)"
  • Sylvain Maresca, "Photographes et ethnologues"
  • Fabienne Duteil-Ogata, "La photo-interview: dialogue avec des Japonais"
  • Christian Papinot, "Le «malentendu productif». Réflexion sur la photographie comme support d’entretien"
  • Valérie Game, "Le droit à l’image"
  • Catherine Rémy, "Ni cliché, ni séquence : s’arrêter sur l’image"
  • Yves Delaporte, "La trace des signes : de la photographie au dessin (Variation sur une photo)"
  • Christine Louveau de la Guigneraye et Jean Arlaud, "De la photo au film: écritures numériques"
  • Patrick Williams, "18e Arrondissement, rue saint-Mathieu (Variation sur une photo)"
  • Luiz Eduardo Robinson Achutti, "Photo-ethnographie. Dans les coulisses de la BNF"
  • VARIA, par Anna Poujeau, Margitta Zimmerman, Anne Cadoret, Jérome Wilgaux, Ronan Le Velly, Yann Raison du Cleuziou.

Diffusion: PUF, 22 €.

Parution "Etudes photographiques", n° 19, décembre 2006

Sommaire

Histoire

  • Claude Estebe, "Les premiers ateliers de photographie japonais, 1859-1872"

La photographie pédagogue

  • Olivier Lugon, "Nouvelle Objectivité, nouvelle pédagogie"
  • Julie Jones, "Un art publicitaire? György Kepes au New Bauhaus, 1937-1943"

Modèles critiques

  • Katia Schneller, "Sous l’emprise de l’Instamatic. Photographie et contre-modernisme dans la pratique artistique de Robert Smithson"
  • Tom Gunning, "La retouche numérique à l'index. Pour une phénoménologie de la photographie"

Document

  • Léon Gimpel, "Mes grands reportages" (éd. critique par Th. Gervais)

Varia

Notes de lecture
G. Morel, Le Photoreportage d’auteur; I. Schaber, Gerda Taro; P. E. Palmquist, e. a., Pioneer Photographers of the Far West; M. Morton, e. a., Courbet and the Modern Landscape; V. Pomarède, e. a., Ingres; John Heartfield. Photomontages politiques; F. Ribemont, e. a., La Photographie pictorialiste en Europe.

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