Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

ARHV devient "L'Atelier des icônes"

image Ouvert en octobre 2005, le blog Actualités de la recherche en histoire visuelle referme ses portes quatre ans et 1001 billets plus tard. Je remercie tous ses participants, auteurs, commentateurs et lecteurs, pour avoir permis cette belle aventure, laboratoire sans pareil pour mes travaux et réflexions en matière d'édition, de recherche ou de pédagogie (voir notamment: "Why blog?" et "Peut-on parler politique sur un blog scientifique?"). ARHV verra ses commentaires définitivement fermés dans un mois, mais restera disponible en ligne, comme une archive désormais passive.

Le "séminaire permanent" ne s'interrompt pas pour autant. L'expérience se poursuit sur deux nouveaux blogs: L'Atelier des icônes, pour les travaux spécialisés, et Totem, bloc-notes qui reprendra les formats plus légers du défunt Flipbook (avec un flux agrégeant les deux sources MàJ: nouveau carnet: L'image sociale). Le motif initial de cette migration était de pouvoir bénéficier et faire bénéficier mes lecteurs d'une interface plus récente que mon bon vieux DotClear 1.2.5 (j'adresse ici un amical salut à Kozlika, qui guida mes premiers pas dans l'univers 2.0, ainsi que mes plus sincères remerciements à l'équipe DC pour avoir mis à notre disposition un bel outil, solide et sûr, que je n'ai jamais pris en défaut). Ce souhait ayant croisé d'autres projets de développement éditorial, ces deux blogs intègrent la nouvelle plate-forme Culture Visuelle. Présentés dans une version encore très évolutive, ils subiront de nombreuses modifications d'ici la fin de l'année. Merci à ceux qui le souhaitent d'essuyer les plâtres avec moi.

Ouverture de la version de préfiguration de "Culture Visuelle"

image En préparation depuis la rentrée, le projet Culture Visuelle ouvre aujourd’hui sa version de préfiguration.

Constituée par une plate-forme multiblogs fonctionnant sur un mode communautaire, Culture Visuelle est un projet de publication destiné à favoriser l’édition multimédia dans le cadre de l’enseignement et de la recherche. Il s’agit d’un format inédit dans le monde de l’édition universitaire, qui propose une adaptation au contexte pédagogique et scientifique des innovations et des principes du web 2.0.

Alors qu’une revue classique effectue une sélection a priori des contenus qu’elle publie, Culture Visuelle fonctionnera sur le principe d’un agrégateur. Chaque auteur sera libre de publier tout contenu sans contrôle préalable, le tri s’effectuant a posteriori par la mise en valeur des articles par l’équipe éditoriale et la communauté. Cette disposition permet la plus grande réactivité en matière scientifique et constitue un puissant ressort pédagogique.

Sur le modèle des agrégateurs, la plate-forme n’exercera aucune prérogative en matière de copyright, conservant à chaque auteur la responsabilité et la jouissance de sa propriété intellectuelle sur les contenus publiés. Autrement dit, Culture Visuelle ne se prévaut d’aucune exclusivité à l’égard des contenus qu’elle héberge: un article publié sur la plate-forme peut être repris sur un autre support sans formalité. Cette disposition permet l’agrégation du dernier état de la recherche grâce à l’usage du « préprint » (prépublication des articles soumis à comité de lecture). Elle peut également s’appliquer rétroactivement aux contenus dont les auteurs conservent la propriété intellectuelle, et autorise notamment le partage d’articles anciens dans une section « bibliothèque ».

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Le n° 24 d'Etudes photographiques sous presse

Actuellement sous presse, le n° 24 d'Etudes photographiques, sera disponible début novembre 2009, sur papier et en ligne, en édition bilingue français/anglais. Numéro spécial partiellement issu du colloque "Elites économiques et création photographique" ("Financial Elites and Photographic Creation''), dirigé par Michel Poivert et Raymond Dartevelle, ce volume comprend deux contributions inédites issues du Lhivic, par Estelle Blaschke et moi-même.

Au sommaire:

  • Paul-Louis Roubert, "Les fonds de la distinction. Le financement des sociétés photographiques du XIXe siècle" ("Funding a Photographic Elite. Nineteenth-century Photographic Societies and the Financing of Photography as a Mark of Social Distinction").
  • Julie Jones, "L’avant-garde européenne au service du capitalisme. Walter P. Paepcke et le couple art/commerce aux Etats-Unis, 1930-1950" ("Putting the European Avant-garde to Work for Capitalism. Walter P. Paepcke and the Alliance of Art and Business in the United States, 1930–1950").
  • Anaïs Feyeux, "De l’empire au marché. Agfa et la reconstruction du monde photographique en Allemagne après 1945" ("From Empire to Marketplace. Agfa and the Rebuilding of the German Photography Industry after 1945").
  • Portfolio: Michel Campeau, "Sur la chambre noire/On the Darkroom".
  • Raphaële Bertho, "East. L’histoire d’un mécénat, l’histoire d’un territoire" ("East: The History of a Corporate Commission and the History of a Region").
  • Estelle Blaschke, "Du fonds photographique à la banque d’images. L’exploitation commerciale du visuel via la photographie. Le Fonds Bettmann et Corbis" ("From the Picture Archive to the Image Bank. Commercializing the Visual through Photography: The Bettmann Archive and Corbis").
  • André Gunthert, "L’image partagée. Comment internet a changé l’économie des images" ("Shared Images: How the Internet Has Transformed the Image Economy").

N° à commander auprès de la Société française de photographie, 71, rue de Richelieu, 75002 Paris (24 €).

Parution de "Photo de presse. Usages et pratiques"

Les éditons Antipodes annoncent la parution de Photo de presse. Usages et pratiques, sous la direction de Gianni Haver, 278 p., 50 ill., 21 €.

Consommée au quotidien, la photographie de presse fait partie de notre paysage visuel depuis bien plus d'un siècle. Si elle a été rejointe par d'autres formes de mise en image de la réalité, sa fonction ne s'est pas estompée. La photographie de presse a même gagné en considération : des prix prestigieux lui sont consacrés chaque année et certains de ceux qui étaient autrefois considérés comme de simples artisans jouissent désormais d'une renommée internationale.

La plupart des auteurs de cet ouvrage entament leur réflexion à partir de cet objet ultime qu'est le magazine illustré (ou quelquefois la presse quotidienne, désormais illustrée elle aussi). Ils ne se limitent pas à en questionner les qualités formelles et artistiques, mais considèrent en priorité la photographie de presse comme un objet symbolique, socialement inscrit, qui permet de questionner ce qui est montrable et de quelle manière ce qui est montrable est effectivement montré.

Cet ouvrage explore également les terrains dans lesquels l'image de presse est réinvestie par d'autres usages, qui la distancient de son usage premier en l'introduisant au musée ou dans une exposition d'art.

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Parution de "Studio Harcourt, 1934-2009", par Françoise Denoyelle

Les éditions Nicolas Chaudun annoncent la parution de Studio Harcourt, 1934-2009 par Françoise Denoyelle, 192 p., ill. NB et coul., 45 €.

"Voilà soixante-quinze ans qu’existe le Studio Harcourt. Créée en 1934 par deux patrons de presse entreprenants et une jeune femme non moins perspicace, Cosette Harcourt, cette prosaïque fabrique de portraits s’est immédiatement érigée en « manufacture de vedette » délivrant l’indispensable brevet d’éternité: «En France, on n’est pas acteur si l’on n’a pas été photographié par les studios d’Harcourt», confirmerait Roland Barthes.

"C’est que le style Harcourt se fonde tout entier sur la sacralisation du visage. Un cadrage serré, un fond quasi inexistant, pas plus d’accessoires, et tout en lumière, en clair-obscur, un spot en contre-jour nimbant la chevelure d’une authentique aura… ce n’est plus une effigie, c’est une sanctification. Le divin, tout au moins le sublime, c’est à peu près à quoi aspire tout modèle convié au studio – n’a-t-on pas comparé l’immuable rituel (accueil, attente, maquillage, prise de vue, choix du cliché, retouche…) à un parcours initiatique?

"La magie opère toujours. Cédé à plusieurs reprises au terme d’un déclin perceptible dès la fin des années soixante, le studio restaure aujourd’hui son prestige sous l’impulsion de nouveaux acquéreurs. Et après Marlène Dietrich et Ingrid Bergman, Cocteau ou Dali, Gabin comme Delon, toute une nouvelle Olympe défile dans les somptueux salons de la rue Jean Goujon, acteurs et personnalités politiques, bien sûr, mais aussi sportifs, grands chefs étoilés…

"S’émancipant de l’exercice critique, Françoise Denoyelle, à force d’anecdotes et de témoignages, s’attache aux ressorts du mythe inusable. Elle transgresse encore les convenances obligées du discours photographique en retraçant les progrès d’une entreprise, détaillant ainsi les innovations, notamment commerciales, qui ont démultiplié ses premiers succès. Soixante-quinze ans, c’est aussi ce que dure à peu près une vie d’homme. Et c’est à une véritable biographie de cette institution considérée comme un être que s’essaye cet ouvrage limpide, aussi vivant et lumineux que le sujet auquel il s’attache."

Parution de "Diplopie", par Clément Chéroux

Les éditions du Point du Jour annoncent la parution de Diplopie. L'image photographique à l'ère des médias globalisés. Essai sur le 11 septembre 2001, par Clément Chéroux, 136 p., 65 ill., 20 €.

Qu'avons nous vu du 11-Septembre? L'attentat contre les tours jumelles fut sans doute l'événement le plus photographié de l'histoire des médias. Mais, paradoxalement, la presse n'a diffusé qu'un très petit nombre de ces images. La couverture de l'événement, à la une des journaux américains des 11 et 12 septembre 2001, s'est faite principalement à travers 6 images-types réparties en seulement 30 photographies différentes. Contrôlées par un nombre réduit de diffuseurs, l'image s'uniformise, le contenu documentaire s'appauvrit. Ce que le 11-Septembre permet de comprendre, ce sont les effets de la globalisation sur les représentations photographiques de l'actualité.

Les images se répètent, mais semblent aussi répéter quelque chose. La photographie de Thomas Franklin des trois pompiers hissant le drapeau américain sur les décombres du World Trade Center apparaît ainsi comme une citation directe de l'icône de Joe Rosenthal des six Marines dressant le Stars and Stripes sur l'île d'Iwo Jima en février 1945. De même, le nuage de fumée dans le ciel de Manhattan après l'attentat a été abondamment comparé à celui qui, soixante ans plus tôt, s'était élevé au-dessus de Pearl Harbor après l'attaque japonaise. Dans leurs représentations médiatiques, les événements d'aujourd'hui ressemblent de plus en plus à ceux d'hier. Ce dont le 11-Septembre est le signe, c'est en somme d'une autre forme de globalisation qui agit non plus simplement horizontalement, sur toute la planète, mais aussi verticalement, à l'échelle de l'histoire.

Clément Chéroux est historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou. Il a notamment publié Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d'extermination nazis (Marval, 2001), Fautographie, petite histoire de l'erreur photographique (Yellow Now, 2003), Le Troisième Oeil. La photographie et l'occulte (Gallimard, 2004).

La photographie: un accélérateur du visuel

A l'occasion de la sortie de la traduction espagnole de L'Art de la photographie (déjà traduit en italien en 2008), nous republions ci-dessous l'introduction générale du volume paru en 2007 chez Citadelles-Mazenod.


La photographie a longtemps été décrite comme une invention d'époque au pouvoir de fascination incontestable, mais néanmoins auxiliaire, servante des arts et des sciences. Nous commençons seulement à comprendre à quel point son apparition a bouleversé en profondeur l'histoire et la culture contemporaines. Car ce qu'elle nous a apporté est devenu si familier qu'il nous est difficile de l'apercevoir. La révolution qu'elle engage est celle d'une nouvelle proximité avec les images, c'est à dire avec les instruments de la perception et de la connaissance. En modifiant les images du monde, l'image de soi et surtout le rapport même à l'image, elle a changé du tout au tout, de manière irréversible, notre relation à l'expérience visible, au beau et à la vérité.

Cette compréhension neuve de l'apport fondateur des images d'enregistrement est le fruit d'une nouvelle histoire. Depuis une vingtaine d'années, les progrès de la recherche ont transformé un amusement de connaisseurs en un véritable domaine de spécialité. L'ouvrage que vous avez entre les mains témoigne de cette profonde métamorphose. Alors qu'une histoire générale de la photographie représentait jadis l'apogée de la connaissance possible du médium, nous devons aujourd'hui reconnaître qu'un ou deux volumes ne suffiront plus à enfermer l'ensemble des informations disponibles. Comme dans tous les domaines du savoir arrivés à maturité, il faut désormais se résoudre à choisir. Plutôt qu'une agrégation d'informations à vocation exhaustive, qui menait inexorablement les histoires générales du médium vers la désorganisation encyclopédique, l'option retenue ici a été celle de l'intelligibilité et de la synthèse, à travers un retour à la narration.

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Parution de "Jean Rouch, cinéma et anthropologie"

Les éditions des Cahiers du Cinéma/INA annoncent la parution de Jean Rouch. Cinéma et anthropologie, textes réunis par Jean-Paul Colleyn, préface d’Edgar Morin, 220 pages, 30 ill., 25 Euros.

Jean Rouch est une figure centrale du cinéma ethnographique. Dès les années 40, il filme avec sa caméra 16 mm ses missions sur et autour du fleuve Niger, et en 1949, il remporte avec L’Initiation à la danse des possédés le prix du festival du film maudit de Biarritz qui sera suivi de bien d’autres avec Les Maîtres fous, Moi,un noir, Chronique d’un été, La Pyramide humaine, La Chasse au lion à l’arc pour ne citer que les plus connus.

Les critiques des Cahiers du cinéma, Jean-Luc Godard, Éric Rohmer ou Jacques Rivette, convaincus de l’originalité créatrice et de la portée novatrice de sa démarche, reconnurent dans son défi lancé au "cinéma professionnel" le précurseur de la Nouvelle vague.

Lorsque le cinéaste, caméra à l’épaule, filme un rituel africain, il improvise ses cadrages, ses mouvements, le rythme de ses plans dans une chorégraphie qui évoque celle du jazz. Le film s’accomplit lorsque son inspiration est à l’unisson de l’inspiration collective. Il brouille les frontières des genres en réalisant avec ses amis nigériens des sortes d’ethno-fictions, et à l’intérieur même du documentaire, il invente un nouveau mode cinématographique, celui du documentariste qui s’immerge totalement dans la réalité qu’il décrit et interagit avec elle.

Jean-Paul Colleyn réunit ici les textes où Jean Rouch raconte sa trajectoire, ses années de formation, son métier d’ingénieur, son goût pour le cinéma, ses voyages en pays dogon, synthétise ses expériences d’anthropologue aux côtés de Germaine Dieterlen sur les traces de Marcel Griaule, retrace la réalisation de ses films, revenant sur les questions de méthode, sur le "cinéma-vérité" comme sur la poésie du cinéma.

Edgar Morin, avec qui Jean Rouch a réalisé Chronique d’un été, préface cet ouvrage. Marc Henri Piault, actuel président du comité du film ethnographique du Musée de l’Homme, le complète d’une analyse sur la portée propre du cinéma en anthropologie.

Parution "Images Re-vues", n°6, juillet 2009

Le numéro 6 de la revue en ligne Images re-vues est paru. Il est consacré aux "Devenir-animal", dossier coordonné par Pierre-Olivier Dittmar.

  • "Le devenir sans l'animal", Pierre-Olivier Dittmar
  • "L'élégance animale. Esthétique et zoologie selon Adolf Portmann", Bertrand Prévost
  • "Hybridation et métamorphoses au seuil des cathédrales", Franck Thénard-Duvivier
  • "Le tremblement de la figure analogique chez Rabelais – entre la bête et l’homme", Louise Millon
  • "Devenir-animal pour rester-humain. Logiques mythiques et pratiques de la métamorphose en Sibérie méridionale", Charles Stépanoff
  • "La famille Billingham: Ray, Liz, Jason et autres animaux", Marion Duquerroy
  • Varia: "Simulations incorporées et tropismes empathiques. Notes sur la neuro-esthétique", Filippo Fimiani

Parution "Etudes photographiques", n° 23, mai 2009

  • Bernd Stiegler, "Quand une vue d’arbres est presque un crime. Rodtchenko, Vertov, Kalatozov"

Lorsqu’en 1928 l’artiste et photographe russe Alexandre Rodtchenko se trouva accusé, dans un article anonyme, de plagiat et de formalisme, il était clair qu’il en allait de son existence: un tel reproche équivalait en effet, dans la Russie des années 1920, à un discrédit politique. Parmi les exemples qui furent alors donnés à charge contre lui figurait une photographie de pins. Il s’ensuivit une violente polémique qui se vida dans l’espace public et dont l’enjeu n’était en somme rien moins que la fonction de l’art. Eu égard à la célébrité de cette querelle, on est forcé d’interpréter toute référence à la vue choisie par Rodtchenko non seulement comme une citation, mais surtout comme un commentaire politique. Or, il est à noter que dans deux films en particulier (Trois chants sur Lénine de Dziga Vertov et Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov), des vues d’arbres, montrés dans la même perspective que celle de la photographie de Rodtchenko, interviennent à un moment important. Cette transformation d’une photographie en un plan de cinéma entraîne toute une politique des images, celle menée sous le stalinisme.

  • Thierry Gervais, "Les dessous de la 'garde-barrière'. Les hésitations du journal L’Illustration à l’égard de la photographie (1880-1900)"

Dans les journaux français, on observe un décalage entre la publication des premières images en similigravure au début des années 1880 et l’usage massif de la photographie à la fin du XIXe siècle. Cet intervalle de presque deux décennies dans la chronologie reste généralement inexpliqué dans les histoires de la photographie. Pour éclairer cette période, quelques images sont présentées comme des pivots dans le développement de la presse illustrée. Celles réalisées par Nadar à l’occasion du centenaire d’Eugène Chevreul, la vue de "Shantytown" ou l’image de la "garde-barrière" publiée dans L’Illustration en 1891 interviennent comme des étapes clés, ouvrant l’ère de la presse illustrée moderne. Cependant, l’analyse du montage de la garde-barrière et des autres photographies de cette période conservées dans les archives du journal L’Illustration permet de constater que ces images ne sont pas à l’origine d’une scission. Bien au contraire, elles révèlent une convergence des techniques et une hybridation des formes de l’information qui témoignent d’une assimilation lente du médium photographique au processus d’illustration.

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Parution de "Traditions et temporalités des images"

Les éditions de l'EHESS annoncent la parution de Traditions et temporalités des images, sous la direction de Giovanni Careri, François Lissarrague, Jean-Claude Schmitt et Carlo Severi, 265 p., 120 ill. coul., 45 €.

Derrière les traces du temps qu’elles reflètent, que nous racontent les images? L’enjeu est-il notre propre mémoire? Avec pour point de départ ces questions, historiens, anthropologues et historiens de l’art analysent plus de vingt-cinq siècles de productions artistiques d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. La multiplicité des temps n’a d’égale que la faculté infinie de chaque image de les mettre en consonance. Les images sont le reflet de leur époque, de la vie de leur créateur; elles témoignent de traditions techniques, iconiques, mettent en scène des civilisations lointaines, évoquent passé, présent, futur. Si l’axe historique est privilégié, des rapprochements moins convenus sont faits entre chaque séquence de ce collectif: le temps de la production des images, l’image comme trace mémorielle, la mise en scène de la complexité des temps, la fin des temps comme horizon de la figuration (eschatologie, utopie), le métissage culturel et des conceptions du temps, les reformulations techniques et idéologiques de l’image contemporaine. L’approche, riche et variée, fait (re)découvrir des chefs-d’œuvre de l’art aussi bien que des joyaux méconnus. Les cent vingt planches en couleurs magnifient ces analyses originales.

Avec les contributions de: Georges Didi-Huberman, François Lissarrague, Dominique Donadieu-Rigaut, Eric Michaud, Carlo Severi, Alessandra Russo, Karim Ressouni-Demigneux, Claude Frontisi, André Gunthert, Jérôme Baschet, Giovanni Careri, Jean-Claude Schmitt, Tania Kambourova, Victor I. Stoïchita.

Nouveaux réseaux visuels en ligne

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  • A signaler l'ouverture du premier réseau social consacré à l'histoire de la photographie. Créé sous Ning par Michael Pritchard, le site British photographic history accueille les spécialistes pour débattre et échanger des informations. Un outil puissant qui remporte déjà un succès visible, si l'on en juge par les premiers inscrits (via Fotostoria).

Réf. British photographic history

Réf. Planet Histoire visuelle

Parution de "Also Known As Chris Marker", par Arnaud Lambert

Les éditions du Point du Jour annoncent la parution de: Also Known As Chris Marker, par Arnaud Lambert, dans la collection "Le champ photographique", 296 p. ill., filmo., bibl., 22 €.

De Chris Marker, on connaît généralement quelques oeuvres phares (Le joli mai, La Jetée, Le fond de l'air est rouge), et parfois la légende: l'amour des bêtes, l'indépendance farouche, l'engagement constant, le goût du secret et des images.

Composé de 22 notices à la fois historiques et analytiques, ce livre prend en compte l'ensemble du corpus markerien – des premiers articles dans la revue Esprit aux films célèbres ou méconnus en passant par les photographies, les objets multimédias, les textes de toute nature.

Cette forme a paru la plus à même de restituer la diversité du "phénomène" Marker, ses complexités comme ses cohérences. Also Known As Chris Marker est moins le portrait d'un homme ou d'un auteur qu'un récit suggestif, une traversée des signes qui en tracent les possibles visages.

Arnaud Lambert est membre du collectif Simple appareil qui réunit écrivains, artistes et vidéastes. Il a publié sur ARHV "Société du football".

Parution de "Quand les images prennent position", par Georges Didi-Huberman

Les éditions de Minuit annoncent la parution de: Quand les images prennent position. L'Oeil de l'histoire. 1, par Georges Didi-Huberman, dans la collection "Paradoxe", 268 p. ill., 22,50 €.

Dans un monde où les images prolifèrent en tous sens et où leurs valeurs d’usage nous laissent si souvent désorientés – entre la propagande la plus vulgaire et l’ésotérisme le plus inapprochable, entre une fonction d’écran et la possibilité même de déchirer cet écran –, il semble nécessaire de revisiter certaines pratiques où l’acte d’image a véritablement pu rimer avec l’activité critique et le travail de la pensée. On voudrait s’interroger, en somme, sur les conditions d’une possible politique de l’imagination.

Cet essai, le premier d’une série intitulée "L’Oeil de l’histoire", tente d’analyser les procédures concrètes et les choix théoriques inhérents à la réflexion de Bertolt Brecht sur la guerre, réflexion menée entre 1933 et 1955 par un poète exilé, errant, constamment soucieux de comprendre une histoire dont il aura, jusqu’à un certain point, subi la terreur. Dans son Journal de travail comme dans son étrange atlas d’images intitulé ABC de la guerre, Brecht a découpé, collé, remonté et commenté un grand nombre de documents visuels ou de reportages photographiques ayant trait à la Seconde Guerre mondiale. On découvrira comment cette connaissance par les montages fait office d’alternative au savoir historique standard, révélant dans sa composition poétique — qui est aussi décomposition, tout montage étant d’abord le démontage d’une forme antérieure — un grand nombre de motifs inaperçus, de symptômes, de relations transversales aux événements. On découvrira ainsi, dans ces montages brechtiens, un lieu de croisement exemplaire de l’exigence historique, de l’engagement politique et de la dimension esthétique.

On verra enfin comment Walter Benjamin – qui a été, en son temps, le meilleur commentateur de Brecht – déplace subtilement les prises de parti de son ami dramaturge pour nous enseigner comment les images peuvent se construire en prises de position.

Parution de "Face au réel. Éthique de la forme dans l'art contemporain"

Les éditions Archibooks et l'Ecole nationale des beaux-arts de Lyon annoncent la parution de Face au réel. Éthique de la forme dans l'art contemporain, ouvrage collectif sous la direction de Giovanni Careri et Bernhard Rüdiger, 320 pages ill., 16 x 22 cm, 19 euros, ISBN : 978-2-35733-025-2.

Comment artistes et théoriciens affrontent-ils les questions éthiques d'un art contemporain en pleine évolution face à la technique et à l'enregistrement du «réel», dont il entend témoigner?

Un ensemble de concepts et de pratiques interrogeant une «éthique de la forme» dans la création contemporaine est ici cartographié. Parmi les questions abordées par artistes et théoriciens: la possibilité d'une image «juste», les opérations de montage - entendu comme dispositif opérationnel reliant le document à l'histoire -, ou encore l'art contemporain et son rôle dans le champ de la mémoire.

La recherche ici présentée a été menée sur trois ans par une équipe mixte composée d'artistes, de chercheurs et d'étudiants de l'École nationale des beaux-arts de Lyon et du Centre d'histoire et théorie des arts de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris. La création contemporaine a été observée sur l'horizon de son développement récent, avec l'objectif d'en dégager les «objets théoriques»; des objets susceptibles de produire un réseau de relations significatives qui traversent l'art contemporain, le reliant à la philosophie et à l'histoire.

Avec pour principe d'articuler la théorie à la pratique et les démarches intellectuelles aux démarches artistiques, ce travail collectif s'est fondé sur la spécificité la plus remarquable d'une École des beaux-arts : les modalités d'expérimentations qu'elle permet de créer dans le prolongement des échanges, des pensées, des formes et des pratiques qui ont émergé dans la longue durée des séminaires et workshops. Faisant écho aux contributions des artistes et des théoriciens invités (philosophes, historiens de l'art...) les textes et les travaux plastiques des jeunes chercheurs et des jeunes artistes membres de l'équipe restituent la dynamique et le mouvement collectif du projet.

Avec la participation de: Ernst van Alphen, Mieke Bal, Luciano Fabro, André Gunthert, Pietro Montani, Thomas Schütte, Allan Sekula.
Et: Benjamin Seror, Aurelia Elis, Francis Morandini, Morad Montazami, Anne Bourse, Ana Janevski, Emilie Parendeau, Philippe Rousseau, Alina Abramov, Krystyna Poltowicz, Elodie Amet, Anne Creissels.

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