Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le parti socialiste est sur Flickr

image Prompts à signaler l'éclosion des blogs de personnalités politiques, les commentateurs spécialisés ont-ils remarqué que cette soudaine floraison s'était accompagnée, au parti socialiste, d'une véritable révolution culturelle? Comment appeler autrement, au pays de Renault, d'Alstom et de l'indépendance nucléaire, le choix d'employer les mêmes outils que le commun des mortels de la blogosphère, en l'occurrence Flickr ou Del.icio.us, célèbres plates-formes californiennes? C'est depuis cet été, sous la houlette du secrétariat national aux NTIC (délicieuse appellation garantie village gaulois pour les technologies de l'information et de la communication - comprendre le web) et de Vincent Feltesse, que le PS a procédé à son aggiornamento numérique. Plusieurs centaines de blogs militants ont été créés en l'espace de quelques semaines, répertoriés sur Del.icio.us. Ouvert en juillet, le compte Flickr officiel du PS met à la disposition des internautes une centaine de photographies placées sous licence Creative Commons, portraits de responsables ou images d'actualité, probablement issues du service de presse du parti (le nom des photographes n'est pas mentionné). Un matériel bienvenu pour illustrer la communication du réseau des blogs socialistes. Evidemment, tout n'est pas encore parfait (voir illustration), mais la campagne commence à peine, et l'on est curieux de pouvoir partager au jour le jour la perception offerte par un organe représentatif de la direction du PS. A l'heure où le parti débat à propos de la démocratie participative, il s'agit sans nul doute d'un effort de transparence bienvenu. Mais aussi d'un témoignage des déplacements produits par les nouveaux moyens de communication dans le paysage des pratiques politiques. A suivre...

Le portrait de la reine

image On se souvient de l'ouvrage d'Ernst Kantorowicz, Les Deux Corps du Roi (Princeton, 1957; trad. fr. Gallimard, 1989), qui avait inspiré à Louis Marin son magistral Portrait du Roi (Minuit, 1981). En résumé, dans un contexte classique, l'exercice de la représentation ne renvoie pas au personnage réel mais à la fonction politique, dont le portrait est un attribut constitutif. Tel est encore le fonctionnement du portrait officiel des présidents de la république français, affiché dans toutes les mairies. Bien sûr, l'exercice médiatique moderne a fait évoluer ce cadre figuratif. Sans pour autant abolir la frontière entre corps privé et image de la fonction. Le président d'une démocratie élective peut-il avoir un corps? Qu'avons-nous le droit de connaître du corps réel - corps érotique, corps de désir - de nos représentants? Les réactions récentes à la publication des photographies de Ségolène Royal à la plage, ou encore à l'exposition du buste "présidentiel" d'Hillary Clinton montrent qu'il n'est pas si simple de répondre à ces questions. Et qu'elles se posent en termes nouveaux lorsque le corps en question est un corps de femme.

Deux magazines, Closer (n° 60) et VSD (n° 1511), ont publié respectivement les 7 et 11 août des photographies de Ségolène Royal en casquette et bikini turquoise, réalisées sans autorisation. A l'inverse du futur candidat à la présidentielle de l'UMP, amateur d'interdictions, de pressions et autres limogeages quand son image est en cause, la présidente de Poitou-Charentes a indiqué qu'elle n'attaquerait pas ces journaux en justice, même si elle y a vu, selon l'AFP, une «atteinte à sa vie familiale». La presse nationale et internationale s'est largement fait l'écho de ces publications. Les réactions ont généralement souligné «l'effritement du tabou» pesant sur la vie privée du personnel politique français; certains ont insinué que ces clichés «pourraient être des fausses photos de paparazzi». La blogosphère, quant à elle, a volontiers repris de manière sarcastique l'épisode, qualifié de non-événement.

Lire la suite...

La loi DADVSI au Sénat

C'est au tour du Sénat de se pencher sur la loi DADVSI, jusqu'au 10 mai 2006. Un billet détaillé d'Isabelle Vodjdani fait le point sur la question de l'exception pédagogique, qui ne porte pas à l'optimisme. Pour le résumer d'un mot: l'exception pédagogique dans le cadre des contrats, c'est, au choix, ou une mauvaise plaisanterie, ou un oxymore qui ridiculise les inventions les plus audacieuses de Victor Hugo. Selon de nombreux juristes, qui se frottent les mains, ces dispositions inapplicables vont avoir pour seule conséquence pratique de multiplier les procédures, et de leur donner de l'ouvrage. On est content pour eux.

Références:

CPE, clap de fin

image Etudiants et personnels de l'EHESS étaient mobilisés depuis plusieurs semaines contre le CPE. Après quelques jours d'une vive tension au sommet de l'Etat, le premier ministre a prononcé ce matin une allocution, annonçant que l’article 8 de la loi "Égalité des chances" va être remplacé par un dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes. Pour les syndicats de salariés et d'étudiants réunis cet après-midi, il s'agit d'une victoire (...) de la mobilisation unie des étudiants, des lycéens, des salariés de toutes générations.

Occupation de l'EHESS: sommaire des billets

image Pendant plus d'une semaine, Actualités de la recherche en histoire visuelle a tenté de réunir informations, témoignages et documents relatifs à l'occupation de l'EHESS, à l'intention des collègues et étudiants éloignés de Paris ainsi que des nombreux amis que l'Ecole compte dans le monde. Est-il besoin de préciser que cet organe n'avait ni vocation ni légitimité à se transformer en réceptacle des diverses réactions suscitées par l'événement? Celui-ci s'est avéré plus complexe que pouvait le laisser croire le traitement nécessairement expéditif par les grands médias, dans un contexte de troubles généralisés. De nombreux collègues et étudiants, inquiets de mieux comprendre l'enchaînement des circonstances ou leurs justifications, ont alors eu recours à la recherche sur internet. Hélas, le week-end suivant l'évacuation, au moment où la demande d'information était la plus forte, les principaux sites à proposer une réaction étaient ceux situés aux deux extrêmes de l'éventail des sensibilités politiques (voir ci-dessous la "revue de presse"). Deux visions aussi antagonistes que caricaturales, avec pour seul point de rencontre la figure de l'arroseur arrosé, énoncée avec une joie mauvaise (“Les chercheurs en sciences sociales débordés par leurs sujets d'étude“; “Le boomerang (...) revenu en pleine face“, etc.).

Lire la suite...

Occupation de l'EHESS: témoignages d'étudiants et d'occupants

image Ont été réunis ci-dessous une sélection des propos des étudiants et occupants éparpillés dans les commentaires accueillis sur ce blog, complétés par d'autres témoignages.


Indymedia, le 24/03/2006 à 18h19, par "Ali"

Juste une précision.
Euh, nous on y est allé avant les CRS (et non une milice privée) qui sont arrivés un peu plus tard à 200 (...) et c'était déjà le bordel (grafs de merde et revendications prépubères)... Peut-etre qu'il y a eu des idées intéressantes échangées et des gens vraiment engagés mais il y avait aussi des petits cons et des gens sans grandes convictions... On nous a même proposé d'embarquer ce qu'on voulait...


Lire la suite...

Occupation de l'EHESS: une chronologie par des étudiants

image "Certains étudiants mobilisés" de l'EHESS (il n'y a pas eu d'AG, il ne s'agit donc pas d'un document officiel) font circuler cette Chronologie des événements jusqu'au mardi 21 mars. A verser au dossier.


Beaucoup de versions circulent sur les événements qui se sont déroulés au 105 bd Raspail, du vendredi 17 au mardi 21 mars. Des étudiants de l’EHESS, mobilisés depuis le début du mouvement, proposent cette chronologie minimale. Elle reflète la manière dont ils ont vécu ces faits et les informations qu’ils ont pu recouper. Nous souhaitons que ce texte aidera à mieux comprendre ce qui s’est passé.

VENDREDI 17/03
  • Décisions de l’AG: Bocage reconduit jusqu'à la prochaine AG, prochaine AG décidée pour le Mardi 21/03.
  • 18h: réunion du groupe de travail au 54, au cours de laquelle une personne de la Sorbonne se présente et demande si les étudiants de l’EHESS seraient d’accord pour accueillir l’AG de la Sorbonne. Réponse: A part donner notre avis personnel, on ne peut rien dire. Toutes les décisions sont prises en AG. Pas possible de ce prononcer.
SAMEDI 18/03
  • Pendant la manifestation: Un étudiant de la Sorbonne se présente à quelques étudiants de l’EHESS, il voudrait faire un lieu pour des débats communs Sorbonne-EHESS, et non des AG. Enthousiasme général. Cet étudiant propose aux étudiants de l’EHESS de venir les voir pour en discuter dans une AG de la Sorbonne.

Lire la suite...

Occupation de l'EHESS: entretien avec P. Haag et J.-C. Schmitt

Bernard Girard reproduit sur son blog l'interview radiophonique de Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag diffusée hier matin sur Radio-Aligre. Ces deux enseignants-chercheurs de l'EHESS donnent leur témoignage sur l'occupation du 105, bd Raspail, et reviennent notamment sur la question de l'intervention tardive des forces de l'ordre, en apportant des précisions sur plusieurs points. L'appel de la direction de l'Ecole à la police s'est effectué dès le lundi 20 mars à 23h08. Outre le sentiment d'avoir été abandonnés par les pouvoirs publics, les chercheurs expriment leur stupéfaction devant la recommandation effectuée par la préfecture de police de recourir à une société de vigiles. Un conseil tout à fait précis, puisqu'il était assorti des coordonnées de ladite société. Celle-ci a participé à l'évacuation du 105, où les vigiles sont entrés les premiers. Ce recours à une police privée, très onéreux (il coûte 11.000 euros par jour à l'EHESS), est un fait grave pour une démocratie, estiment-ils. Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag proposent également des éléments d'analyse des formes particulières de l'occupation, qu'ils rapprochent notamment de la crise des banlieues de novembre 2005.

Lire aussi sur ce blog:

Comme un lundi...

image Le week-end est passé. L'EHESS se réveille avec la gueule de bois. Une assemblée générale unitaire était prévue aujourd'hui à 12h. Un message de la présidente nous informe vers 9h que cette réunion doit malheureusement être annulée pour des raisons de sécurité. Des tentatives d'intrusion ont eu lieu à plusieurs reprises ce week-end au 54, boulevard Raspail; des menaces téléphoniques répétées ont été enregistrées. Cependant, les personnels sont conviés à une réunion à midi pour faire le point de la situation.

A 12h, Danièle Hervieu-Léger détaille les mesures qui ont été élaborées ce week-end pour remédier aux effets de l'occupation et pour reprendre au plus vite une activité normale. La première initiative concerne les étudiants: les services informatiques vont travailler d'arrache-pied pour rentrer d'ici mercredi les 2500 inscrits sur une liste de diffusion. Il faut dire que jusqu'à présent, leur communication laisse à désirer. Pas prévenus à temps de l'annulation de l'AG, les étudiants sont en train de se rassembler sur le trottoir du boulevard Raspail, où ils tiendront une assemblée improvisée. La première conséquence de l'occupation a été de les priver d'un lieu de réunion.

Lire la suite...

Etat des lieux après occupation

image La police a procédé ce matin à l'évacuation du 105, bd Raspail, occupé depuis lundi. Les lieux sont dans un état de désolation indescriptible, mais les archives et les bibliothèques semblent avoir été préservées. Voir ainsi des locaux qui accueillaient il y a une semaine encore séminaires et conférences est un crève-coeur. Mais il convient d'y insister: il n'y a pas eu de volonté de saccage systématique de la part des occupants. Dès lors, l'ampleur des dégradations doit être imputée principalement à la durée de l'occupation. Une comparaison entre les photographies prises il y a deux jours et celles de ce matin montre clairement l'envahissement des tags et autres dégâts causés par le fait de vivre, dormir, boire ou manger dans un endroit guère prévu à cet effet. La question principale reste donc celle du retard de l'intervention des forces de l'ordre.

Afin de permettre la sécurisation et l'état des lieux par les autorités judiciaires, il est impossible d'accéder pour l'instant au bâtiment. La réintégration et la réhabilitation des lieux se fera progressivement. Jusqu'à nouvel ordre, les étudiants et les personnes non-accompagnées extérieures à l'établissement n'ont pas accès aux locaux du 54 ni du 96, boulevard Raspail. La présidente de l'EHESS effectuera un point-presse à 14h, dans le hall du 54.

Lire aussi sur ce blog:

L'EHESS choisie pour cible

image L'EHESS est-elle devenue l'épicentre parisien de la contestation étudiante? Les journaux télévisés de TF1 et FR3, hier soir, Libération, ce matin, ont rendu compte de l'occupation du 105, bd Raspail, qui dure depuis lundi. Malheureusement, ainsi qu'a pu le constater hier le groupe d'enseignants venus pour reprendre prossession des locaux, l'occupation n'est plus sous le contrôle des étudiants de l'EHESS à l'origine de la mobilisation. Dès 19h, les représentants de l'Ecole quittaient à nouveau les lieux, désormais aux mains d'un groupe organisé de militants, qui entendent faire du bâtiment le quartier général de la contestation anti-gouvernementale. Ce matin, le blog Samizdat.net appelle étudiants, travailleurs et chômeurs à rejoindre l’occupation avec sacs de couchage, à manger, à boire, et de quoi mettre un peu de musique pour faire la fête.

Lire la suite...

Après la Sorbonne, l'EHESS

image Le 105 boulevard Raspail abrite une partie des bureaux et des lieux d'enseignement de l'EHESS. Il était occupé depuis lundi par les étudiants manifestant contre le CPE, en accord avec la direction de l'Ecole. Cette occupation est une première dans l'histoire de l'établissement. Certains dérapages intervenus dans la nuit de lundi à mardi ont fait craindre pour la sécurité des personnes. A la demande de la présidente de l'EHESS, un groupe d'enseignants s'est rendu ce matin sur les lieux, rétablissant provisoirement la possibilité de circuler dans l'immeuble. Les présents ont eu la tristesse de constater diverses dégradations ainsi que le vol de matériels, imputable à des éléments extérieurs à l'Ecole. Une assemblée générale des étudiants est convoquée ce soir à 19h dans l'amphithéâtre.

Lire aussi sur ce blog:

L'occupation de la Sorbonne est sur Flickr

image Pendant que, comme le note Pointblog.com, la page web de Libération dédiée à la réception des photographies amateurs des manifestations étudiantes reste désespérément vide, c'est évidemment sur Flickr que l'on trouve les dernières nouvelles en images de l'occupation de la Sorbonne, grâce à Nicolas Gosset, étudiant en 2e année d'histoire à Paris I et rédacteur à AgoraVox, qui a eu la bonne idée de se munir de son appareil numérique. Ce qui nous permet de suivre les différentes phases de l'occupation, hier et cette nuit, en partageant le point de vue des principaux acteurs plutôt que l'angle de visée habituel des journalistes, derrière la ligne des CRS. Nicolas, merci pour ce morceau d'histoire en direct, mais peux-tu s'il te plaît paramétrer ton Kodak pour qu'il affiche la bonne date?

Illustration: Occupation de la Sorbonne, photo, © et courtesy Nicolas Gosset, http://www.flickr.com/photos/perspikace, 11/03/2006, 0h08.

Voir également: "Frappant", blog "Photos de Paris", 11/03/2006.

Les étudiants de l'EHESS mobilisés contre le CPE

image L'assemblée générale des étudiants de l'EHESS, réunie aujourd'hui, a décidé la poursuite de la mobilisation contre le projet du CPE, par la participation à la manifestation parisienne et par la rédaction d'une pétition. Un barrage sera instauré jeudi 9 mars pour filtrer l'entrée au 54, boulevard Raspail. Une nouvelle assemblée générale aura lieu sur place à 18h.
Informations: ehess_mobilises@yahoo.fr.

Le projet de loi sur la recherche présenté le 28 février à l'Assemblée

Le dernier acte de la loi sur la recherche va se jouer en 3 jours, du 28 février au 2 mars 2006. La communauté scientifique française a voulu une loi d’orientation et de programmation de la recherche pour laquelle elle a fait un ensemble de propositions rassemblé dans le texte des Etats Généraux de la Recherche (octobre 2004). Le gouvernement a d’abord fait traîner toute une année ce projet de loi, avant de décider d’une discussion en urgence en décembre 2005 au Sénat, puis de le reporter pour cause de nouvelle urgence (le passage en force du Contrat Première Embauche). La loi sur la recherche va enfin être discutée à l’Assemblée Nationale, le 28 février...

Lire la suite...
Source: site "Sauvons la recherche", 21/02/2006.

DADVSI: la meilleure introduction aux nouvelles pratiques des médias

En attendant la reprise des débats parlementaires sur le projet de loi DADVSI, maître Eolas propose une nouvelle mise au point détaillée sur son blog, le Journal d'un avocat. Discutant les critiques émises à l'encontre du texte, il réfute les arguments des spécialistes du multimédia, illustrés par Luc Saint-Elie. Les différents points, déjà très argumentés, développés dans l'article sont à leur tour longuement repris par près de 90 commentaires. L'ensemble produit une remarquable synthèse de l'état du débat et démontre l'intérêt passionné qu'il soulève. Il témoigne aussi de son rôle pédagogique dans la prise en compte des nouvelles pratiques des médias.

Lire la suite...

Mobilisation contre le projet de loi "Droit d'auteur et droits voisins..."

image Les dernières informations sur le texte de loi consacré au droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information, qui doit être examiné les 20 et 21 décembre prochains à l'Assemblée nationale, confirment les pronostics les plus sombres et achèvent de conférer au texte des aspects liberticides. Alors que les usagers n'avaient jusqu'à présent guère pesé dans les débats, ces perspectives ont provoqué un renforcement soudain de la mobilisation. A l'initiative de l'Ecole normale supérieure de sciences humaines et sociales de Lyon, plusieurs sites institutionnels se sont mis en mode d'alerte et affichent en page d'accueil un message d'information et de protestation, bientôt repris sur le site du Lhivic (http://www.lhivic.org). Dès 20h, la barre des 50.000 signatures a été franchie sur la pétition Eucd.info, qui demande le retrait du projet de loi.

Lire la suite...

< 1 2 3 4 5