Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Comment citer les publications en ligne

image Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l'url jusqu'à des accumulations d'informations redondantes qui traduisent plus l'angoisse qu'une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l'adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l'absence d'uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d'y remédier, on peut formuler deux principes simples.

Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l'édition. Il n'y a donc aucune raison de le traiter différemment d'un texte sur papier. Dans le cas d'une publication classique, l'élaboration d'une référence passe par l'identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On appliquera donc les mêmes principes à la citation d'une ressource en ligne, quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l'absence de tel ou tel élément ("anon." = auteur non identifié, "s.d." = sans date spécifiée, etc.).

La webographie fait partie de la bibliographie. On a pu voir il y a quelques années des listes séparant la bibliographie sur papier des ressources web. La mixité des sources et l'existence de ressources scientifiques en ligne rend cette méthode caduque. Aujourd'hui, une bibliographie complète comprend nécessairement la mention d'articles ou d'outils documentaires sur internet, qui voisinent avec des éditions classiques. Il convient donc d'homogénéiser autant que possible les différents types de références, de façon à en permettre la cohabitation.

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Comment obtenir une bonne lettre de recommandation

image La rédaction de lettres de recommandation constitue une part non négligeable de l'activité d'un professeur. Du point de vue des étudiants, ce travail est souvent perçu comme un pur exercice formel, où il suffit d'aligner quelques phrases creuses et autant de formules toutes faites. Seul compte à leurs yeux le prestige de la signature. Mettons de côté les demandes de consultation d'un fonds, les appuis pour la participation à un colloque et autres attestations qui relèvent en effet de la routine. Mais pour les enjeux plus importants, comme les demandes de bourse, les soutiens à une allocation ou un concours, une telle vision est une grossière erreur. Pour ces ressources chichement octroyées, les recommandations sont au contraire examinées à la loupe, et mobilisent tous les moyens de la science de l'énonciation académique.

Quoique ne faisant pas l'objet d'un enseignement officiel, cette discipline est l'une des plus précieuses de l'univers savant. Burinée par l'habitude des jurys et des rapports, elle s'acquiert en observant la pratique des aînés et les résultats obtenus. Seuls ceux qui ont accédé à l'envers du décor mesurent la redoutable subtilité de ses effets, la puissance d'un mot, la perversité d'une formule. Maîtriser cette rhétorique est une condition indispensable à la participation à la vie universitaire.

Ecrire une bonne lettre de recommandation est aussi difficile qu'écrire un bon article. Il y faut non seulement une analyse des attentes de l'institution, une remise en perspective des travaux du candidat, mais une solide capacité de synthèse et des arguments convaincants. Tout cela ne s'invente pas entre la poire et le fromage. Le meilleur fondement d'un tel exercice est la bonne connaissance du dossier de l'intéressé. Plus sa fréquentation aura été longue et assidue, moins on dira de banalités, mieux on défendra les particularités d'un profil. On peut parfaitement écrire un courrier de soutien aux apparences flatteuses pour quelqu'un dont on ne connaît que superficiellement les qualités – mais un tel appui ne fera pas illusion, manquera de la touche de proximité nécessaire et aura rarement l'effet escompté. Compte tenu des capacités de décodage des initiés, il ne sert à rien d'aller frapper à la porte d'un professeur prestigieux pour quémander une signature. Au contraire, la meilleure lettre de recommandation est le résultat d'un commerce soigneusement cultivé, dans la durée, entre l'étudiant et son directeur. S'entretenir régulièrement avec lui de ses progrès, de ses questions ou de ses doutes n'est donc pas seulement une manière polie de faire participer l'ancêtre à sa recherche – c'est aussi une façon de l'aider à s'en construire une représentation efficace, et donc de préparer sa valorisation future.

Comment faire un commentaire d'images (Spencer Platt)

Parmi les sujets soumis cette année à mes étudiants de master figurait cette proposition: “Analysez la photographie lauréate du World Press Photo 2007: Spencer Platt, “Young Lebanese Driving Through Devastated Neighborhood of South Beirut“, 2006 (Getty images)”. Les résultats de cet exercice, globalement décevants, suggèrent de revenir sur la mécanique du commentaire d'images.

Ce qui paraîtra le plus logique au débutant, c'est de commencer par décrire la photographie. Qu'est-ce qu'on y voit? Que font ces gens? Etc. Erreur. La description d'une image est déjà un travail qui en oriente la lecture – et dans ce cas précis plus encore, car tout le problème que pose cette photographie tient précisément à son interprétation. La plupart des étudiants se lancent dans la description comme on se jette à l'eau. Sans voir que toute description referme et rétrécit l'image, sélectionne le sens avant même qu'on sache ce qu'il importe de voir. Sans comprendre qu'une image n'est jamais un ensemble objectif de formes au devant duquel il suffit de se porter, mais toujours un dispositif construit par son contexte d'énonciation, déterminé par les voies qu'il a suivi pour arriver jusqu'à nous.

Appliquons-nous la même lecture à une reproduction à l'encre quadrichromie en double page sur papier glacé, qui nous est arrivée dans les mains par l'intermédiaire du libraire, qu'à un tirage aux sels d'argent sur papier mat déchiqueté, sélectionné par nos soins dans la boîte à chaussures de l'archive photographique familiale? En réalité, face à une image, nous nous servons spontanément et sans même nous en apercevoir d'une grille d'interprétation sophistiquée, fruit d'une culture visuelle sauvage acquise depuis l'enfance. Le sens d'une image est d'abord défini par la façon qu'on a de la regarder, qui dépend des intentions prêtées à son auteur ou son diffuseur, généralement déduites de son apparence et du canal emprunté.

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Comment illustrer son cours d'extraits de films

image Fiche pratique. En discutant avec des collègues ou des étudiants, je m'aperçois que l'idée de recourir à des extraits de films pour illustrer un cours ne va pas encore de soi. Au mieux, on utilise l'ordinateur portable pour lire des DVD, qu'on a pris soin de caler, par le biais d'une lecture préalable, au moment voulu. Il est pourtant possible, avec un minimum de moyens, d'isoler et de présenter proprement une série de séquences animées.

Disclaimer #1: on se bornera ici à l'environnement Mac (une description équivalente dans un environnement PC/Linux est la bienvenue en commentaire).
Disclaimer #2: je renonce à évoquer l'aspect juridique du problème. A vrai dire, personne n'y comprend plus rien. Et tout le monde se débrouille en faisant fi des dispositions inapplicables du ministère. A minima, s'agissant d'extraits, on s'appuiera tout simplement sur le droit de citation.

Il n'est évidemment pas question d'envisager ici des instruments de copie ou de montage complexes. Un prof ou un étudiant n'aura recours à l'extrait filmé que si ces moyens sont simples et utilisables avec des outils courants. Mon expérience m'a fait renoncer à la copie de DVD, qui suppose un crackage préalable – c'est interdit – et surtout une longue procédure de recopie intégrale, avant de pouvoir accéder au contenu et de le tronçonner en extraits. Encore envisageable lorsqu'il s'agit d'analyser une oeuvre et une seule, cette méthode devient très peu pratique dès qu'on veut comparer plusieurs films. Il existe un moyen beaucoup plus efficace: un petit logiciel de copie d'écran, très simple à utiliser: SnapzProX, d'Ambrosia Software. Cet outil est payant: 29 $ dans sa version de base, téléchargeable en ligne, utilisable 15 jours en démonstration. Je l'utilise depuis des années, il est fiable et fonctionne parfaitement dans tous les environnements OSX, PPC ou Intel, Tiger et Leopard.

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Fuji Finepix F31fd: le bloc-notes idéal (atelier 4)

image De la reproduction d'archives à la documentation d'entretiens en passant par la capture d'images en séminaire: les services que peut rendre un bon appareil photo numérique à un chercheur en sciences sociales sont nombreux. Pour les études visuelles, c'est un outil indispensable. Problème: il est difficile de trouver le bon compromis entre un reflex, qui permet de réaliser d'excellentes photographies, mais reste encombrant et trop visible, et un compact, discret et léger, mais dont les images laissent souvent à désirer. Pour ma part, muni d'un Canon 400D qui me donne toute satisfaction, cela faisait longtemps que je cherchais cet autre compagnon: le petit point & shoot qui se glisse dans la poche. J'ai examiné de près de nombreux candidats, comme le Ricoh GRD, trop cher, le Lumix DMC-LX2 ou le Canon G7, trop bruités en basse lumière. Jusqu'à ce que je tombe sur le compte rendu par Simon Joinson du Fujifilm Finepix F31fd – l'un des rares compacts à se voir décerner le label "Highly Recommended" sur DP Review.

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Do you speak logiciel de bibliographie? (atelier 3)

image Lorsque je consulte ma version d'EndNote, je constate que le premier copyright du logiciel date de 1988. Si je compte bien, cela fera vingt printemps l'an prochain. Au même moment sortaient les premières versions de Powerpoint ou d'Excel pour Windows. Que s'est-il passé? Certes, EndNote est probablement l'un des plus anciens logiciels de gestion de références bibliographiques – ou logiciel de bibliographie. Mais tout de même. Ce n'est qu'en 2006 que l'EHESS, en partenariat avec l'INIST, a souscrit une licence à son concurrent en ligne Refworks. En 2007, si je regarde autour de moi, aucun de mes étudiants, aucun de mes collègues proches n'utilisent couramment cet outil. Du reste, je n'y recours moi-même que depuis septembre dernier, et encore: seulement en archivage. Je n'ai encore écrit aucun article en me servant des fonctions de génération automatique de liste de références d'EndNote.

Ce retard s'explique malheureusement, dans mon domaine de recherche, d'une façon très simple. Si Refworks ou Zotero viennent à peine d'être francisés, EndNote 10 continue à ne parler que la langue de Shakespeare. Plus grave, à l'exception de Refworks, qui sait communiquer avec les catalogues de la BNF, pas plus les bibliothèques que les portails de revues électroniques francophones ou Hal-SHS ne sont compatibles avec ces instruments.

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Le droit aux images (suite)

image Dix jours après sa parution, la tribune "Le droit aux images à l'ère de la publication électronique" a été reprise ou citée sur une centaine de sites, agrégateurs, forums et listes (voir ci-dessous). Cet article présente le premier diagnostic français de la situation de l'édition électronique illustrée et plus largement de l'utilisation du patrimoine iconographique sur internet, dans l'état actuel des textes et des usages. Rédigé par des spécialistes en histoire de l'art et en droit des images, il concerne potentiellement tous les responsables de sites web. Il appelle à revoir un dispositif législatif manifestement inadapté. Il fournit aux éditeurs une arme puissante: le rappel du caractère libre de droits des reproductions des images du domaine public, garanti par le code de la propriété intellectuelle. Ce texte a vocation à ouvrir le débat. Il est donc placé sous licence Creative Commons n° 2 (paternité, pas de modification) et librement copiable, par extraits ou en totalité. Merci d'en relayer ou d'en discuter les observations.

En résumé, nous encourageons les webmestres et blogueurs: 1) à respecter les droits des auteurs et ayants-droits en matière d'oeuvres protégées (pendant une durée de 70 ans après la mort de l'auteur); 2) à utiliser librement les reproductions des oeuvres en deux dimensions du domaine public. Ce n'est pas cet usage qui est hors-la-loi, mais bien celui des institutions qui associent un copyright (sous la forme de restrictions d'utilisation) à la mise en circulation des reproductions. La règle est simple: personne ne peut prétendre à l'exercice d'un droit en matière de domaine public – c'est une contradiction dans les termes.

Nul n'est censé ignorer la loi. Pourtant, cette information, bien connue des responsables des collections patrimoniales, est aujourd'hui soigneusement dissimulée. A l'exception de l'aveu du chef de l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux (RMN), qui a admis sur France Culture que les 365.000 images disponibles sur le site de l'agence sont librement copiables pour les usages non commerciaux en ligne.

Reproduire les images non protégées n'est pas un acte répréhensible. Au contraire, participer à leur propagation, c'est donner corps au domaine public, c'est faire évoluer les sensibilités et les habitudes. Pour y contribuer, cet usage ne doit pas être sauvage. Il importe à l'inverse, après avoir procédé aux vérifications nécessaires, d'en assurer la légitimité par un légendage qui fournisse toutes les indications utiles. Nous suggérons d'ajouter aux précisions habituelles la mention: "statut: domaine public" (voir exemple ci-dessous).

Illustration: Gabriel Loppé (1825-1913), Loïe Fuller cachée derrière un arbre, photographie, v. 1905, Paris, musée d'Orsay (reproduction RMN, statut: domaine public).

Principaux sites ayant relayé le texte: 36 Projets, A Brest, AdmiNet-Le blog, Affordance.info, Archi-Art.net, Archivalia, Arts et culture pour tous, Betapolitique, Blog des rédacteurs de Politis, BlogObs.com, Boîte noire, Cmicblog, Créatif, Culture libre, EDSH, Embruns, Figoblog, Fouinayage, I-cone.net, Le JDL, La Feuille, Laurent Guerby, Observatoire critique, Open Access News, Regarder les images, Reseau Erasme.org, Rezo.net, Transactiv.exe, La Tribune de l'Art, Vecam, Wikio.fr, Zewol.net.

Le web 2.0 ou la netophilie (atelier 2)

image Qu'est-ce que le web 2.0? A-t-il seulement une définition précise? A l'heure où l'on commence à entendre parler du web 3.0, certains semblent en douter. "Le web 2.0 n'existe pas" affirment les plus péremptoires, en s'appuyant sur le flou des notions recouvertes. Pourtant, avant même de parler d'outils collaboratifs ou de réseaux sociaux, il est possible de produire des distinctions claires basées sur l'architecture technique des systèmes.

Le world wide web, inventé en 1990 par Tim Berners-Lee, est une application du réseau internet, où il cohabite avec plusieurs autres protocoles de transfert de données (TCP/IP pour la connexion au réseau, SMTP pour les e-mails, FTP pour les transferts de fichiers, etc.). Il repose sur trois composantes fondamentales: la définition d'un système universel d'adresses (ou URL); un protocole de communication spécifique (HTTP); enfin un langage informatique (HTML) qui permet d'écrire et de visualiser des fichiers sous forme de pages. L'articulation de ces trois éléments permet de créer des liens hypertexte qui autorisent une circulation simple et élégante parmi les ressources disponibles. Un lien est un code écrit en langage HTML qui permet au navigateur d'afficher une adresse via le protocole HTTP.

Dans sa version initiale, le web est un média à consommation passive, comme la radio ou la télévision. L'émetteur, propriétaire du site, produit une page web grâce à un éditeur de contenus, puis la met en ligne par l'intermédiaire d'une application FTP. L'internaute peut consulter cette page, mais ne peut pas la modifier.

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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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Des bravos pour Zotero!

On attendait depuis longtemps un outil capable de produire à la volée des notices bibliographiques à partir de la consultation d'une page web. Après plusieurs essais guère satisfaisants, le chercheur dispose désormais d'une interface qui ressemble beaucoup à la solution miracle: Zotero, produit par le Center for History and New Media. Enregistrer d'un seul clic le titre d'une page web en même temps que son url: ce principe simple et efficace a fait le succès de Del.icio.us. Pour les universitaires, cet instrument restait toutefois trop sommaire pour être utilisé dans un contexte scientifique. Sous la forme d'une extension gratuite de l'indispensable Firefox 2.0, Zotero est un véritable couteau suisse du référencement bibliographique. Sa première fonction est de permettre un archivage détaillé d'une page web: à l'url, au titre et à la date de consultation, il ajoute une sauvegarde complète en html, ce qui est déjà extrêmement pratique. Mais Zotero est aussi un outil de réferencement bibliographique complet: on peut achever à la main le renseignement de la fiche (nom de l'auteur, titre de la publication, etc.), éventuellement enrichie d'une prise de notes, le tout catalogué aux formats classiques des logiciels de bibliographie (EndNote, Refworks, JabRef, etc.), avec lesquels Zotero est parfaitement compatible à l'export et à l'import (là, normalement, le lecteur qui connaît un peu le paysage de la bibliographie électronique doit commencer à avoir les yeux qui brillent...).

Mais ce n'est pas tout: comme on pouvait s'y attendre - comme on pouvait l'espérer - Zotero est aussi capable de reconnaître automatiquement dans une page web les métadonnées bibliographiques et de les enregistrer, toujours d'un seul clic. Il faudra bien sûr corriger et compléter certaines indications, en fonction du contexte et de ses habitudes, mais il suffit de tester l'outil sur la Library of Congress, sur Google Books ou sur le site du New York Times pour commencer à avoir une idée des chevaux qu'on a sous le pied. Evidemment, le village gaulois les catalogues de la BNF restent imperméables à ce type d'interactivité, et requièrent de passer par le bon vieux couper-coller. Quant à Hal-SHS, qui comporte une fonction d'exportation des métadonnées, un peu lourde, mais qui a le mérite d'exister, on ne peut que souhaiter qu'il se convertisse à la philosophie du one-click. En un mot, Zotero livre à la communauté savante un outil admirable d'ergonomie, qui complète avec bonheur les instruments existants. A tester d'urgence.

Consulter également:

Où en est l'édition électronique française en SHS?

image A l'occasion du 16e Salon de la revue, se tenait samedi un débat intitulé: "Revues de sciences humaines au temps d'Internet: quelles promesses? Quelles menaces?" Les questions d'édition électronique ne sont pas qu'une préoccupation de technophiles aux yeux abîmés par leurs écrans gris. Mais un enjeu crucial de la vie intellectuelle et scientifique des prochaines années. La salle était pleine. Quoi d'étonnant? Le public venait chercher une information introuvable dans la grande presse, aujourd'hui bien trop préoccupée par sa survie pour consacrer l'énergie nécessaire à comprendre et à expliquer cette nouvelle tectonique des plaques. Aucun journaliste ne s'était déplacé. Ce n'est donc ni dans les colonnes du Monde ni dans celles de Libération qu'on lira la nouvelle de la liquidation par le CNRS du projet qui devait être le vaisseau amiral de l'édition électronique française en sciences humaines, le CENS (Centre d’édition numérique scientifique), abandonné avec armes et bagages après l'échec constaté de toutes les missions et entreprises qui lui avaient été attribuées il y a deux ans, soit un gaspillage d'argent public que la rumeur évaluait hier dans les allées du Salon à deux millions d'euros. Chacun des participants à la table ronde n'a eu que quelques minutes pour s'exprimer, aussi profiterai-je de ce compte rendu pour commenter ou détailler à ma façon les aspects qui me paraissent utiles. Pardon à mes collègues de débat pour mes omissions ou mes interprétations fautives, qu'ils auront tout loisir de corriger ou de contredire en commentaires.

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