Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le soupçon de l'idéologie

image «Sont-ils aveugles ou fous?» La question est nettement posée par Serge Faubert face aux réactions incompréhensibles des membres du gouvernement sur les plateaux télé. Devant la Bérézina municipale d'hier soir, «pas l’once d’une interrogation. Et encore moins d’une remise en cause. Dix mois après avoir été triomphalement élu, le président voit son parti être défait dans les urnes et ce ne serait là qu’une péripétie. Au mieux, la traduction d’une impatience. Mais certainement pas une sanction.»

L'interprétation du sarkozysme butait jusqu'à présent sur les apparences de l'opportunisme. Si le président n'était qu'un démagogue, dont les convictions varient au gré des mouvements de l'opinion, au fond, les choses ne seraient pas si graves. Il faut désormais envisager une autre réponse. Et s'ils n'étaient ni aveugles ni fous? Face au premier grand revers politique du gouvernement élu en mai 2007, on voit se manifester une attitude bien connue. Ne plus rien entendre, refermer la bulle, passer en force: c'est Bush qui transparaît sous Berlusconi. La rigidité, l'autisme et le dogmatisme sont ici autant de symptômes du démon de l'idéologie.

Derrière les dénégations, on pouvait entendre hier soir de vrais élans de messianisme. Comme dans la bouche de Xavier Bertrand, à 21h14 sur France 2: «Ce pays n'a pas envie d'arrêter les réformes et surtout, nous n'avons pas le choix. Nous sommes certainement - droite et gauche - la dernière génération qui a le choix d'être courageuse. Si nous ne menons pas les réformes maintenant, nos enfants ne pourront pas les mener. Les déficits seront trop importants. Il n'y aura pas de marge de manoeuvre et le modèle social ne sera plus qu'un lointain souvenir si nous ne réformons pas.»

Il faut espérer que soient épargnées à la France les catastrophes qui ont accueilli partout ailleurs les certitudes des idéologues. Mais le titre du dernier livre de François Léotard paraît désormais un présage crédible.

La nouvelle machine à gagner de la droite

D'où vient la victoire de Nicolas Sarkozy? D'une envie d'action des Français, très certainement. L'envie d'un chef, d'un management et d'une voie claire. Quelle qu'elle soit, pourvu qu'elle donne un peu d'espoir, sans doute. J'avoue que ces propos de Versac me laissent songeur. Sans prétendre en remontrer au nouvel Alain Duhamel de la blogosphère, il me semble utile de tenir compte de quelques autres éléments d'analyse.

La France n'a pas basculé d'un coup à droite toute. Cela fait longtemps que la glissade a commencé, comme le révèle l'intraitable thermomètre du vote Front national. Ce mouvement est passé inaperçu en raison du cordon sanitaire maintenu par Chirac. En 2002 encore, sa victoire pouvait faire oublier que Le Pen avait recueilli plus de 5,5 millions de voix. Sarkozy, lui, ne l'a pas oublié. Il est le premier dirigeant de la droite de gouvernement à avoir ouvertement prôné le rapprochement avec l'électorat du Front national. Cette stratégie politique inédite est la nouvelle machine à gagner de la droite. Le succès qu'elle a remporté ce soir suggère qu'elle ne va pas changer de sitôt de dispositif.

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Invitation à François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy

Quatre candidats à l’élection présidentielle mobilisent, selon tous les sondages, plus de 80% des intentions de vote des électeurs depuis plusieurs semaines. Pour autant, ces quatre candidats n’ont jamais été confrontés ensemble, dans le cadre d’un débat, aux questions des électeurs. Cette carence est dommageable pour le déroulement normal d’une campagne électorale dans un pays démocratique.

C’est pourquoi, nous, collectif de médias citoyens, de médias en ligne, de blogueurs et d’acteurs d’Internet, nous proposons d’organiser ce débat sur le web. Nous invitons donc Madame et Messieurs François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy à venir débattre sur un plateau, le lundi 16 avril au matin.

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Le droit aux images à l'ère de la publication électronique

image En février 2005, le portail Persée, spécialisé dans l'édition numérique rétrospective, ouvrait ses colonnes au public [1]. Parmi les collections disponibles en libre accès figurait une cinquantaine de numéros de la Revue de l'art (1988-1999). Un sort particulier avait été réservé à la plus prestigieuse publication française du domaine. Au lieu de l'abondante illustration accompagnant les numéros papier, les pages en ligne arboraient de vastes espaces blancs, des légendes renvoyant à des cadres vides. Aurait-on admis de voir une revue de littérature dépouillée de ses citations, une revue de mathématiques caviardée de ses équations? Nul ne s'interroge alors sur le symptôme inquiétant que représente une revue d'histoire de l'art débarrassée de l'objet même de ses travaux: son iconographie.

Devant le durcissement du dispositif légal concernant la publication sur internet, la rédaction de la revue Etudes photographiques prenait en juin 2006 la décision de renoncer à son édition en ligne[2]. Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en matière de photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. Ce nouvel avertissement est l'indication d'une évolution préoccupante. Alors que l'entreprise de numérisation généralisée des textes du domaine public se poursuit à bride abattue sur tous les continents, alors que le libre accès à des centaines de milliers d'ouvrages sur internet fait désormais toucher du doigt le vieux rêve de la bibliothèque universelle, la situation des images semble aujourd'hui dans l'impasse. Qu'il soit pictural, photographique ou cinématographique, le patrimoine visuel fait partie des trésors les mieux gardés du monde contemporain. Réduit par les usages à l'état de marchandise, quand bien même il devrait dépendre du domaine public, il est aujourd'hui exclu des voies où se construit le bien commun de l'humanité. Quelles sont les raisons de cette situation paradoxale?

Selon un article du Chronicle of Higher Education, «si les publications scientifiques comportaient une liste des espèces menacées d'extinction, les essais en histoire de l'art devraient figurer au premier rang[3]». La première explication de ce pronostic alarmiste, du côté de l'édition classique, tient à la merchandisation croissante du domaine des images, à la hausse ininterrompue des droits de reproduction depuis quinze ans, mais aussi au renforcement du contrôle et à la multiplication des procès. Aujourd'hui, aux États-unis, où les auteurs payent de leur poche l'iconographie de leurs livres, il n'est pas rare de voir un spécialiste de la Renaissance débourser 10 000 ou 15 000 dollars pour assurer l'illustration d'un ouvrage dont l'éditeur ne vendra que 500 exemplaires. Comme l'explique l'éditeur Susan Bielstein, des presses de l'université de Chicago: «Entre la diminution des ventes et l'augmentation du coût des droits de reproduction, ce segment de l'édition est désormais si sévèrement compromis que la monographie d'art est sérieusement en danger et pourrait très bien dépasser le vairon argenté dans sa course à l'extinction[4]».

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Etudes photographiques renonce à l'édition en ligne

Devant le durcissement du dispositif légal concernant la publication sur internet, la rédaction de la revue Études photographiques a pris la décision de renoncer à son édition en ligne. Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. C'est avec le plus profond regret que nous abandonnons une possibilité que nous avions été parmi les premiers à explorer. Mais les conditions d'une édition électronique illustrée respectueuse à la fois des contraintes légales et des exigences scientifiques ne sont plus réunies.

Alors que chaque numéro papier d'Études photographiques rassemble une centaine de photographies, la version des articles proposée jusqu'à présent à la lecture en ligne ne comportait aucune illustration. Pour le corpus des images relevant de l'art ou du document patrimonial, toute nouvelle publication entraîne forcément une demande d'autorisation ainsi que le paiement des droits afférents. Ce qui paraît tout à fait normal pour les productions récentes. Mais pour les œuvres plus anciennes, il existe une différence importante entre les contenus textuels et les contenus iconographiques. Alors que n'importe quel éditeur est libre de réimprimer sans bourse délier un roman de Victor Hugo ou un recueil de poèmes de Charles Baudelaire, à quelques exceptions près, le domaine public n'existe pas réellement pour les images. Une oeuvre ne quitte le territoire du droit d'auteur que pour entrer dans celui du droit patrimonial: elle appartient toujours à une collection ou un ayant-droit qui en octroie les reproductions selon son bon vouloir.

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ARHV, premier bilan

image Actualités de la recherche en histoire visuelle était officiellement inauguré le 21 novembre dernier. Six mois et 160 billets plus tard, ce blog a enregistré une fréquentation de plus de 100.000 visites et 250.000 pages consultées, ce qui est un résultat plus qu'honorable pour un site universitaire spécialisé – aujourd'hui le seul dédié aux études visuelles.

Ce domaine très vivant se modifie actuellement à bonne allure. D'où l'intérêt de lui appliquer la réactivité des technologies récentes du web interactif. Par rapport aux organes existants, le blog s'est avéré un irremplaçable outil de veille et de communication rapide d'informations. Cette fonction a vite pris le pas sur un cadre initial plus modeste. Annonces de colloques ou de publications, comptes rendus d'ouvrages ou d'expositions, signalement de ressources en ligne ont progressivement occupé un espace d'abord pensé pour rendre compte des activités du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic). La première raison de cette adaptation est que, dans un contexte encore peu concurrentiel, la création d'un organe spécialisé génère d'elle-même un flux d'informations que celui-ci centralise. La seconde réside dans le caractère éminemment pratique et rapide de l'enregistrement, de la transmission et du stockage d'informations par le blog, qui encourage un recours fréquent à l'outil. ARHV a ainsi publié à de nombreuses reprises annonces, informations et comptes rendus inédits et fait office, dans son domaine de spécialité, d'organe d'information tout court.

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Les études visuelles à la casse?

image Effet secondaire de l'examen en cours du projet de loi DADVSI (droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information), le ministre de la culture a divulgué le 9 mars les accords sectoriels conclus entre le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et les sociétés de gestion des droits dans les secteurs de la musique, de l'audiovisuel, de la presse, des arts visuels et de l'écrit (ADAMI, ADAGP, SACD, SACEM, SCAM, PROCIREP, etc.). Alors que la directive européenne de 2001, que la loi française est censée adapter, recommandait la mise en place d'une exception pédagogique inspirée du fair use américain, autrement dit l'exemption du droit d'auteur pour les usages d'enseignement et de recherche, le ministère de la culture a choisi d'imposer l'application d'un droit contractuel au sein des lycées et des universités, qui transforme les contenus d'enseignement et de recherche en marchandises.

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Mobilisation contre le projet de loi "Droit d'auteur et droits voisins..."

image Les dernières informations sur le texte de loi consacré au droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information, qui doit être examiné les 20 et 21 décembre prochains à l'Assemblée nationale, confirment les pronostics les plus sombres et achèvent de conférer au texte des aspects liberticides. Alors que les usagers n'avaient jusqu'à présent guère pesé dans les débats, ces perspectives ont provoqué un renforcement soudain de la mobilisation. A l'initiative de l'Ecole normale supérieure de sciences humaines et sociales de Lyon, plusieurs sites institutionnels se sont mis en mode d'alerte et affichent en page d'accueil un message d'information et de protestation, bientôt repris sur le site du Lhivic (http://www.lhivic.org). Dès 20h, la barre des 50.000 signatures a été franchie sur la pétition Eucd.info, qui demande le retrait du projet de loi.

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