Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Une rencontre fatale

image Texte de l'intervention de Michèle Chomette à la table ronde "Le marché de la photographie historique et de témoignage", le 17 septembre 2007, Drouot-Montaigne.


S'il s'agit de me présenter tout en étant brève, je dirai que ma rencontre avec la photographie en 1975 relève du hasard, hasard soudain, tranchant et éblouissant comme la foudre.

Il y a une vie avant, sans – oubliée, et une longue histoire, avec et pour la photographie, qui m'a menée jusqu'à vous aujourd'hui.

Cette rencontre fatale a été initiée d'emblée sous le signe de la collection, sans que je sois retenue par des barrières et des a priori alors qu'ils étaient légion dans un monde de l'art aveugle – qu'il s'agisse des musées, des critiques, des acheteurs potentiels ou de tout un chacun.

Étant de nature plutôt combative, c'est justement ce qui m'a déterminée à agir en empruntant tous les chemins et formes susceptibles de rendre contagieuse ma propre découverte. Ce furent huit années d'un nomadisme intense pour porter la bonne parole, ou plutôt les bonnes images, à des destinataires qui ne les attendaient pas.

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Call for papers: colloque "Cinéma et bande dessinée"

Cinéma et bande dessinée: affinités, divergences et nouvelles interférences
XV International Film Studies Conference, Udine, 3-6 mars 2008.

Le souci de confronter cinéma et bande dessinée ne date pas d’hier. Au premier abord, il s’explique par une multitude d’affinités et de concordances apparentes. Les deux médias semblent en effet partager une visée similaire: raconter au moyen d’images en séquence. Ils utilisent les images comme matière première de représentation et exploitent l’intarissable potentiel de leur articulation par le recours à une pratique de "montage", au sens large du terme. Mais si le cinéma et la bande dessinée semblent incarner pour le premier la mise en continuité et pour la seconde la mise en contiguïté d’images formant séquence, leur affinité élective demeure somme toute superficielle, et il est à cela plus d’une raison.

En effet, plusieurs systèmes d’expression partagent les mêmes préoccupations de monstration et de montage: le photo-roman, le reportage photographique, la télévision, le site web, le jeu vidéo, etc. On est alors en droit de se demander quelle est la nature réelle du lien entre le 7e et le 9e art. D’autant que les différences peuvent sembler irréductibles. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer des questions aussi cruciales que celle du temps, qui constitue l’essence même du défilement de l’image et du montage cinématographiques et qui, en bande dessinée, n’est accessible que sous forme métaphorique, le lecteur étant le seul maître de son rythme de lecture et de ses arrêts sur image. La question de l’espace en bande dessinée constitue aussi une pierre d’achoppement importante. Ce qui est vu, étant pour ainsi dire toujours prévu (selon l’expression de Peeters), de par la contiguïté tabulaire des images sur la page. Et que dire de la nature de trace dessinée qui forge l’image de bande dessinée, celle-ci entraînant toujours avec elle une sorte d’effet de signature, alors que la monstration filmique reste pour sa part fortement marquée par la performance technologique de captation.

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Symposium "Les photographies de l'exploration américaine (1860-1880) et leurs usages"

Symposium international. Samedi 29 septembre 2007.

Ce symposium, organisé par François Brunet et l'université Paris Diderot – Paris 7 (Laboratoire de recherches sur les cultures anglophones, LARCA) avec le généreux soutien de la Fondation Terra, se tient au même moment que l'exposition "Visions de l'Ouest: photographies de l'exploration américaine, 1860-1880", présentée au Musée d’Art Américain Giverny du 10 juillet au 31 octobre 2007.

Il rassemblera certains des plus grands spécialistes américains du sujet ainsi que des chercheurs et conservateurs européens étudiant le corpus de l'exploration américaine des années 1860-1880. Cette journée permettra de faire le point sur plusieurs décennies de recherches sur la photographie des missions d'exploration des années 1860-1880, aujourd'hui reconnue comme clé dans l’histoire de la photographie américaine. La question des usages des images, c'est-à-dire des logiques (scientifiques, mais aussi politiques, institutionnelles, commerciales, culturelles, artistiques) qui les gouvernent, sera au centre des discussions. Celle du rôle de l'individu photographe au milieu de ce dispositif complexe ne sera pas en reste. La relation plus ou moins étroite qui unit photographie du paysage et photographie ethnographique, souvent négligée, sera aussi étudiée, notamment du point de vue de la réception des images. Cette question de la réception sera pour la première fois étendue au contexte européen, afin de proposer des interprétations de l’importante distribution de ces images en France et des réactions qu'elles suscitèrent à l'époque.

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Call for papers: colloque "Henri Cartier-Bresson et l'Histoire"

image L’année 2008, centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, sera l’occasion de porter un regard neuf sur son oeuvre et de s’interroger sur sa place dans les divers courants esthétiques du XXe siècle. C’est dans cet esprit qu’un colloque sera organisé dont la première partie aura lieu au Centre international de Cerisy-la-Salle, la seconde se déroulant au musée du Petit Palais, dans la foulée de Paris Photo et lors du Mois de la Photo.

En 1947, à l’occasion de l’exposition supposée posthume qu’avait organisée le MoMA, paraissait dans un journal de New York cette appréciation: «Such photographers as Cartier-Bresson are true historians because they are true artists. He is more complete than a journalist, deeper than a doctrinaire.» Depuis cette date capitale dans la vie d’Henri Cartier-Bresson (c’est l’année de la fondation de l’agence Magnum), son oeuvre s’est évidemment considérablement enrichie et modifiée, mais ces quelques lignes publiées dans Tomorrow conservent leur pertinence soixante ans plus tard. La double postulation qui structure toute la production artistique d’Henri Cartier-Bresson y est formulée en toute clarté. Cartier-Bresson aurait été plus complet qu’un journaliste, plus profond qu’un «doctrinaire». Le rapport à l’histoire devient ainsi le vecteur permanent de l’accomplissement artistique, tandis que l’oeuvre de son côté évolue, en dialogue avec l’histoire même de la photographie qu’elle marque profondément, en conversation aussi avec d’autres formes d’expression, le cinéma, le dessin, la peinture… Comment cette oeuvre s’est-elle constituée, et par-delà la reconnaissance dont elle bénéficie, que réserve-t-elle pour les générations futures ?

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