Call for papers: colloque "images et sons de mai 1968"
Par André Gunthert, mercredi 21 février 2007 à 12:38 (2635 vues) :: Colloques, conférences
Appel à communications (date limite : 1er juin 2007)
Colloque "Images et sons de mai 1968 (1968-2008)", Paris, Institut national de l’audiovisuel, 15-17 avril 2008
Depuis quarante ans, "Mai 68" occupe, dans les imaginaires collectifs, une place singulière. Sa perception même a connu des infléchissements considérables. A l’heure où les débats sur les conséquences de mai 68 envahit l’espace public, il est important de poser la question: «Que reste-t-il de 68 aujourd’hui?». La simple évocation du mouvement de mai fait surgir dans l’esprit de chacun, acteur ou spectateur des événements, partisan ou adversaire des "idées de 68", ou celui, trop jeune aujourd’hui pour l’avoir vécu, un éventail d’images, parfois nourrie de sons, qui semble, à coup sûr, caractériser un moment vivant de l’histoire contemporaine. Il suffit de prononcer "Mai 68", et le décor paraît planté. Que des affrontements violents opposent, au Quartier latin, forces de l’ordre et étudiants, qu’une manifestation dans les rues de Paris rassemble des centaines de milliers de participants, qu’une grève avec occupation d’usine prenne de l’ampleur et se prolonge, et naturellement les images de mai 68 rejaillissent dans les têtes comme sur les écrans. Toutefois, ce décor est-il le même pour toutes les générations, tous les milieux? La similitude est cependant explicitement recherchée par les protagonistes des nouveaux conflits, comme l’indique, par exemple, l’adaptation d’affiches de 68 à une situation sans grand rapport avec l’événement ou la référence symbolique aux slogans peints à l’époque sur les murs. Plus significatif encore, les images de mai 68 semblent appartenir au patrimoine commun des Français, à tel point, du reste, que s’en dégage parfois un parfum consensuel. Comment comprendre autrement la campagne publicitaire lancée en 2005 par les magasins Leclerc détournant à son profit les mots d’ordre et les placards qui avaient fleuri à l’époque sur les murs des villes?
