image Compte rendu de la séance du séminaire "Recherches en histoire visuelle" du 23/04/2009, intervention de Bertrand Horel (Paris 4/CELSA).

Proposé à partir de 2003 dans le cadre des abonnements de téléphonie mobile, le MMS (multimédia messaging service) s'est avéré un échec commercial. Ce service a été conçu sur le modèle du SMS, dont le succès avait surpris les opérateurs. A l'origine simple outil de communication technique, le SMS a fait l'objet d'une réappropriation enthousiaste par les usagers. L'observation de ce phénomène a donné lieu à des théories de sociologie des usages (P. Flichy), spéculant sur les capacités du grand public à se réapproprier les propositions techniques. Mais le miracle ne s'est pas reproduit. L'étude des pratiques du MMS montre qu'il s'agit d'une proposition technique bien trop complexe. La logique de la proposition s'inscrit dans le contexte des investissements lourds liés à l'achat des licences 3G. Face à des capacités de débit que les opérateurs ont payé très cher, la multiplication de services ont pour vocation de rentabiliser cet espace de communication. La théorie du braconnage et de la réutilisation a permis de proposer un service sans s'interroger sur son utilité. L'utilisateur se voit soumis à des contraintes et simultanément à des injonctions à s'émanciper de ces contraintes. Les usages effectifs observés montrent que la communication par messages visuels ne marche pas bien: les gens ne comprennent qu'environ 10% des messages envoyés. Le fait qu'il s'agit d'un système d'échange interpersonnel sans plate-forme publique, du type Flickr, interdit un apprentissage et rend difficile la création d'un code commun.