Avec sa mort, pour une brève période, revit une popculture fondée sur une hiérarchie forte et sans partage. Michael Jackson appartenait à ceux qu'on regardait d'en bas. Il essaya de copiner avec Britney Spears. En 2001, ils apparurent ensemble sur scène (voir ci-dessus). Déjà perdu dans ses reconstructions faciales, le sculpteur fit de son mieux pour être à la hauteur. Mais la nymphette encore innocente de l'ère digitale ne semble avoir aucun doute sur son avantage indépassable. De gauche à droite et retour, elle promène son sex-appeal, vaguement suivie par une ombre qui trébuche dans son moonwalk, mimant la concupiscence. Rarement carrière aussi brillante aura trouvé fin plus inexorable – définitivement enterrée par une nouvelle époque.

On le devine: le sursaut momentané du chanteur ne sera qu'un feu de paille de l'analogique. Pour ramener à la vie une icône prédigitale, celui-ci aura mobilisé les outils numériques jusqu'à saturation. Mais le choix du medium lui-même contredit le postulat du souvenir: l'heure est aux esthètes amateurs, qui ne se contentent plus depuis longtemps de la gloire des modèles.

Version originale sur Bildfähig!, 27/06/2009, traduit de l'allemand par André Gunthert.