Peu après le décès du King, les serveurs tombèrent en carafe. Twitter et TMZ se turent l'espace d'un instant, l'accès à Wikipedia fut bloqué pour de longues minutes et de nombreux blogs people durent fermer pour cause de surfréquentation. Michael Jackson aura été plus vivant le jour de sa mort qu'il ne le fut au cours des vingt dernières années. Même les cinquante derniers concerts prévus et les millions de tickets vendus n'auraient pas produit un come-back d'une telle ampleur.

Ce n'est qu'avec sa disparition que Michael Jackson aura été poussé vers un medium dont le développement lui avait échappé. Depuis environ le milieu des quatre-vingt-dix, il a vécu essentiellement sur l'aura de son succès de la période analogique, sans jamais franchir le pas vers l'ère digitale. Autoplaste passionné, il aura cru sa vie durant à son statut d'exception – tout en étant la popstar la plus imitée, doublée, copiée ou parodiée. Son potentiel web 2.0 n'était pas contestable. Mais la peur d'une perte de contrôle dans les méandres du réseau électronique lui fit préférer le Nobodyland. Son célèbre soulevé des valseuses ne pouvait se concevoir qu'accompagné des cris du public, élevé au rang mythologique de prise du sceptre royal. En version Youtube, il y avait de quoi inquiéter, subir l'affront du signalement, voire être tout bonnement rayé de la playlist.

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