Tous les visas des journalistes occidentaux expirent dimanche en Iran. (...) Donc à partir de samedi soir, il était prévisible que nous ne pourrions plus accéder à du contenu produit par des journalistes. Aujourd’hui, 8e jour de la Révolution iranienne, nous sommes encore plus nombreux à suivre les événements à travers la fenêtre des réseaux sociaux. (...) Twitter n’est pas la seule plateforme utilisée, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises. Facebook, Flickr, YouTube et bien d’autres accueillent les documents, que l’ensemble des internautes, attentifs, étiquettent en temps réel et transforment pour les rediffuser. Sans le savoir, ils participent à leur éditorialisation. Ces images, montrant le courage et le sang, ne sont pas arrêtées dans leur course. Pour nous parvenir, elles transitent par de multiples canaux et les internautes hors d’Iran se chargeant d’amplifier leur impact. Ce qui frappe aussi c’est la bravoure ou le désespoir de ces jeunes femmes voilées qui participent aux rassemblements. Neda n’était pas l’une d’entre elles, elle venait simplement observer avec son père. Son visage nous a tous marqués. Elle s’appelait Neda, c’est le visage de la jeunesse et d’une liberté volées.

Par Natacha Quester-Séméon, Memoire vive, 21/06/2009.
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