Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Sarkozy défie l'intelligence

image Sentant monter la colère des universités, Valérie Pécresse a jugé utile de publier un éloge de la concertation et du dialogue. Mais dans ce pays gouverné d'une main de fer, les Français savent que l'avis d'un ministre ne vaut pas grand chose. Jeudi dernier, à l'occasion de la présentation du comité de pilotage stratégique qualifié de «Grenelle de la recherche et de l'innovation», c'est le président de la République lui-même qui a pris le soin d'indiquer aux universitaires quelle est sa conception du dialogue.

Il y a plusieurs styles Sarkozy. Pendant la campagne présidentielle, les Français ont entendu des discours remarquablement construits, tissés de références historiques, vibrants d'émotion. Il est vrai qu'il s'agissait alors de convaincre l'électorat. En septembre 2007, pour la "Lettre aux Educateurs", le président confiait encore à Henri Guaino la rédaction d'un texte dont on pouvait discuter le contenu, mais certainement pas nier qu'il était écrit dans un français charpenté, inspiré du robuste modèle troisième-République qui caractérise le conseiller spécial.

Pour le discours du 22 janvier, le chef de l'Etat a choisi une autre posture. Découvrant un texte composé de «phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire», un lecteur attentif a cru à une manipulation. Il a fallu qu'il vérifie que ce document provenait bien du site de l'Elysée pour admettre qu'il avait en face de lui une déclaration du plus haut personnage de la fonction publique (lire en ligne, consulter la vidéo).

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Faut-il se réabonner à Arrêt sur images?

image Comme un certain nombre de spectateurs de feu l'émission "Arrêt sur images", j'ai déboursé 30 € en janvier 2008 pour continuer à avoir accès à sa version en ligne. Il faut dire que Schneidermann ne lésinait pas sur la promo: on allait voir ce qu'on allait voir! «Pas la peine de chercher, ça ne ressemblera à rien d’existant», promettait l'animateur, qui assurait: «Sur Internet, tout est possible!»

A un an d'intervalle, le dépaysement a sans doute été moindre qu'annoncé. Qu'importe le flacon, @si a continué à nous offrir en ligne ce qu'elle savait faire à l'écran: de la veille des médias, du plateau, avec une couche de forum par-dessus. Rien ne ressemble plus à un Schneidermann hertzien qu'un Schneidermann haut-débit. Moins décalé que le BigBangBlog, qui faisait alors office de coulisses de l'émission et qui profitait de la liberté de ton du web, @si a tâtonné pendant plusieurs mois, délaissant Kewego pour Dailymotion, cherchant le bon rythme. Puis a stabilisé une formule construite autour d'une pluie de billets courts – les "vite-dits" –, des chroniques, avec les éditoriaux du maître des lieux, des articles plus étoffés réunis en "dossiers", enfin les plateaux vidéo, à un rythme grosso modo hebdomadaire.

Une grosse machine, qui suppose des moyens à la hauteur. Au moment de son interruption sur France 5, "Arrêt sur images" enregistrait une audience d'environ 800.000 téléspectateurs. En août 2007, une pétition de soutien en faveur de la reprise de l'émission totalisait 180.000 signatures. En se lançant dans l'aventure du web payant, Scheidermann tablait sans doute sur des chiffres d'échelle comparable. En fin d'année dernière, @si ne comptait pourtant qu'un peu moins de 40.000 abonnés – un chiffre bien en deçà des audiences de naguère. Au moment fatidique du renouvellement des abonnements de janvier, c'est la douche froide: 13.000 abonnés perdus, un sur deux. Le site se retrouve avec un étiage de 26.000 membres, à peu de choses près le même qu'il y a un an.

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Parution de "Also Known As Chris Marker", par Arnaud Lambert

Les éditions du Point du Jour annoncent la parution de: Also Known As Chris Marker, par Arnaud Lambert, dans la collection "Le champ photographique", 296 p. ill., filmo., bibl., 22 €.

De Chris Marker, on connaît généralement quelques oeuvres phares (Le joli mai, La Jetée, Le fond de l'air est rouge), et parfois la légende: l'amour des bêtes, l'indépendance farouche, l'engagement constant, le goût du secret et des images.

Composé de 22 notices à la fois historiques et analytiques, ce livre prend en compte l'ensemble du corpus markerien – des premiers articles dans la revue Esprit aux films célèbres ou méconnus en passant par les photographies, les objets multimédias, les textes de toute nature.

Cette forme a paru la plus à même de restituer la diversité du "phénomène" Marker, ses complexités comme ses cohérences. Also Known As Chris Marker est moins le portrait d'un homme ou d'un auteur qu'un récit suggestif, une traversée des signes qui en tracent les possibles visages.

Arnaud Lambert est membre du collectif Simple appareil qui réunit écrivains, artistes et vidéastes. Il a publié sur ARHV "Société du football".

Hadopi, la loi en retard d'une crise

image Dans le clip publicitaire produit par les services de Nadine Morano, toutes les nuisances du web viennent frapper à la porte d'un pavillon cossu. Il est à craindre que ces images trahissent la perception d'une bonne partie des élites françaises: internet vient de l'extérieur. Ce corps étranger ne peut rien apporter de bon. Inconnues de la culture bourgeoise, ses références menacent la quiétude de l'univers familial.

Malgré l'existence discrète d'un secrétariat d'Etat au développement de l'économie numérique, c'est bien cette perception caricaturale qui semble guider la politique du gouvernement actuel. Depuis la détestable loi DADVSI, élaborée pour protéger l'industrie des contenus culturels contre l'invasion ennemie, les pratiques du net s'effectuent aujourd'hui sous le régime de la contrebande. Le professeur des écoles utilise bel et bien Google images pour fournir à sa classe les ressources iconographiques dont il a besoin mais, faute d'une formation adéquate, il est incapable d'apprendre à ses élèves à maîtriser les mécanismes des moteurs de recherche. L'universitaire recourt à Delicious, Flickr, Dailymotion ou Facebook pour diffuser les documents multimédia que son institution est incapable de mettre à la disposition des étudiants.

Plutôt que de se protéger des méfaits d'internet, la France a aujourd'hui désespérément besoin d'une mise à jour juridique et intellectuelle pour profiter pleinement de ses ressources. Telle n'est malheureusement pas la fonction de la loi Hadopi, préparée par Denis Olivennes alors qu'il était encore patron de la Fnac – et dont l'adoption a accumulé les retards. En attendant de «civiliser l’univers pour l’instant sauvage du Net», la riposte graduée renforce sa perception comme espace de l'infraction, de la déviance et de la turpitude. N'y a-t-il que des pirates, des trafiquants et des pédophiles sur internet, comme le criait haut et fort à l'Assemblée nationale Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP? La permanence de cet imaginaire et de son corollaire répressif enferme les pouvoirs publics dans une logique de prohibition qui est, on le sait, une course à l'échec.

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L'EHESS peut attendre

image Il faut le reconnaître, nous avons raté notre AG. Environ 80 personnes présentes, pour une première réunion, ce n'était pas si mal. Mais alors que les facs voient monter la fièvre, l'assemblée de l'EHESS était des plus tièdes. Grand établissement public, l'Ecole fait bénéficier ses enseignants d'un statut privilégié de 144 heures équivalent TD par an, au lieu des 192 de règle à l'université. Difficile alors de se sentir concerné par la menace de modulation des services que fait peser le projet de statut des enseignants-chercheurs. Quand le CNRS explose, l'EHESS, associée au plan Campus, se croit du bon côté du manche. Du côté des forts, de ceux que les nouvelles mesures gouvernementales avantagent. Plus préoccupée par son prochain déménagement, par l'élection de son futur président – et par la présence de Danièle Hervieu-Léger, présidente sortante, à la tête du nouveau comité de pilotage de la recherche et de l'innovation mis en place par Nicolas Sarkozy. Un positionnement qui en dit long sur le déplacement historique de l'ancienne deuxième gauche et aide à comprendre la nouvelle cartographie politique française.

Une deuxième réunion aura lieu mercredi 28 janvier à 13 heures à l'amphithéâtre du 105, bd Raspail, consacrée en partie au déménagement, en partie à la suite de la discussion sur la mobilisation. Le collectif SLRU-EHESS participera à la journée d'action interprofessionnelle du 29 janvier, et donne rendez-vous à 13h devant le 54, bd Raspail, ou à 13h30, à l'angle de la rue des Ecoles et du Cardinal Lemoine. La suite sur le blog www.slru.ehess.org.

L'image parasite s'invite sur Facebook

image Détourner les outils numériques pour les mettre au service d'objectifs non prévus par le dispositif: ce principe d'appropriation et de réinvention est au coeur des usages du web 2.0. Son volet visuel (dont j'ai décrit ici l'émergence) se manifeste également sur Facebook, en particulier à travers le détournement du phototagging.

Plutôt que de lier une série de mots clés aux images, comme sur Flickr, Facebook a développé une fonctionnalité très adaptée à son rôle de réseau social: le phototagging, soit la possibilité de définir une zone de l'image et d'y associer d'un clic le nom d'un de ses contacts. Ce service utilisé pour identifier le ou les sujet(s) d'un portrait ou d'une photo de groupe se prolonge par le signalement de l'opération auprès du contact tagué. Averti qu'il figure sur une photo téléchargée, celui-ci peut se rendre sur la page et participer au commentaire de l'image. Chaque contact a également la possibilité de se détaguer, si cette identification ne lui convient pas.

La fonction de signalement automatique du tag a rapidement encouragé diverses formes de détournement. Le premier janvier dernier, en suivant le lien d'un signalement, j'ai par exemple découvert, non un portrait de groupe, mais une illustration de voeux, phototaguée à 30 contacts, nouvelle manière de souhaiter la bonne année.

Une jeune canadienne a exploité de façon plus systématique ce principe, dans le contexte de l'invasion de Gaza. Désireuse de manifester sa désapprobation face à ce conflit, Karine Doche met en ligne le 7 janvier sur son compte Facebook une photo représentant deux enfants, de dos, un arabe et un juif, bras dessus-bras dessous. Cette image simple mais emblématique, qui a notamment servi d'illustration de couverture à l'ouvrage de Charles P. Lutz et Robert O. Smith, Christians And a Land Called Holy (Fortress Press, 2006), a été reprise dès le début des hostilités sur plusieurs sites et pages personnelles.

Karine Doche explique qu'elle a d'abord tagué quelques-uns de ses contacts, pour leur signaler son message de paix, en leur demandant de le faire circuler. L'album est paramétré pour être consultable par l'ensemble des membres de Facebook. En l'espace de 24 heures, elle reçoit une avalanche de demandes de tags: de nombreuses personnes souhaitent être associées de la même façon à l'image. Mais la fonctionnalité ne permet pas de dépasser 30 contacts par photo. Pour pallier cette restriction, la jeune femme imagine alors de reproduire plusieurs fois l'illustration. Copiée à 3, 4, 5 puis 60 exemplaires (limite d'un album sur Facebook), l'image des deux enfants accueille en quelques jours 1800 tags (dont certains contacts associés plusieurs fois). La viralité de l'expérience conduit son auteur, inondée de messages, à y mettre un terme. Un groupe intitulé: "Everything is possible... Tout est possible..." est destiné à permettre la poursuite de la discussion (signalé par Pierre Haski sur Facebook).

EHESS: convocation de l'Assemblée générale

La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégations de 46 universités, l'EHESS étant représentée. Outre un appel à participer aux manifestations du 29 janvier, un appel à la grève reconductible est lancé à partir du 2 février. Afin de préparer cette action et d'en exposer le sens, une assemblée générale de tous les personnels et étudiants est convoquée dans le hall du 54, boulevard Raspail, lundi 26 janvier à 12h.

La perspective d'une mobilisation forte doit être l'occasion pour l'ensemble des enseignants et étudiants de l'EHESS de débattre des réformes en cours et d'exprimer leur opposition. Aussi le collectif SLRU-EHESS encourage à faire entrer le mouvement de contestation dans les séminaires et les cours. La situation est suffisamment grave pour que la grève soit effective chaque fois que les intéressés le jugeront opportun. SLRU-EHESS recommande aussi que les décisions soient prises par les intéressés eux-mêmes, enseignants et étudiants, et que la liberté d'accès de tous aux locaux soit respectée.

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La coordination nationale des universités appelle à la grève

image La première réunion de la Coordination nationale des universités s'est tenue ce jeudi 22 janvier à l'Université Paris 1. Parmi les 220 présents, on comptait des délégués de 46 établissements, des représentant des principaux syndicats, associations et collectifs et plusieurs observateurs (album).

L'assemblée a adopté a l'unanimité moins trois voix contre la motion suivante.
La Coordination nationale des universités condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois.

Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient toutes les mobilisations en cours.

Elle déclare que si le Ministère ne retire pas, sans préalable, 1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs, 2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré, l’université française se mettra en grève totale, reconductible à partir du 2 février 2009.

La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

Le filtrage d'internet, ou comment rejouer le fiasco des DRM

image Après la Chine ou l’Arabie Saoudite, l'Australie et l'Allemagne s'apprêtent à filtrer l'accès du public à internet dans le but d’éviter l'exposition à des contenus illégaux, notamment pédo-pornographiques. Le site Homo numericus fait le compte des pays touchés par cette vague, qui pourrait bien s'étendre prochainement à la France.

Avec les propos de Frédéric Lefebvre à l'Assemblée nationale, divers indices suggèrent qu'une tendance proche du pouvoir pousse vers un «contrôle» du web. Après la diabolisation de Facebook, la télévision publique poursuit de son côté la dramatisation du débat avec un reportage du magazine Complément d'enquête ("Ces ados qui nous échappent", France 2, 19/01/2009), très alarmant sur le «tsunami pornographique» qui attend les jeunes sur la toile.

Les intentions qui président à ces projets de censure paraissent des plus louables. Comment refuser de protéger nos enfants contre la vision de spectacles choquants ou les agressions de pervers sexuels? Notons toutefois que cet argument est à ranger dans la catégorie de ceux qui, avec la menace terroriste, ont servi dans la période récente aux Etats démocratiques à s'exonérer des principes qui les fondent pour imposer aux populations des dispositions d'exception et étendre systématiquement leur contrôle. Le risque existe qu'un gouvernement allergique aux contre-pouvoirs se serve de ce prétexte pour museler un média rebelle.

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EHESS: quelle politique pour préserver la recherche?

image Un nouveau président de l’EHESS, ou une nouvelle présidente, sera élu(e) le 7 mars 2009. Face aux difficultés de plusieurs ordres que l’Ecole va avoir à surmonter, il est indispensable que les candidats se déclarent suffisamment tôt pour pouvoir se prononcer sur le débat concernant la place et la politique de notre établissement durant la prochaine mandature. En effet, de lourdes menaces pèsent sur les institutions, les activités et les personnels de la recherche en France. Les réformes actuelles dessinent un projet général qui transforme en profondeur l’enseignement supérieur et la recherche, tant dans leur fonctionnement que dans leurs fondements intellectuels, ce dont l’Ecole ne peut pas se désintéresser. La loi LRU ne la laissera pas de côté, et les conséquences de son application signifieront une dénaturation de notre travail. Si les incertitudes sont grandes quant aux objectifs concrets que le gouvernement vise précisément, nous en savons cependant assez pour voir à l’œuvre derrière ces réformes une logique économique et managériale d’ensemble incompatible avec un certain nombre de principes qui sont à la base de notre activité, notamment l’autonomie des chercheurs et la collégialité.

La prochaine présidence de l’Ecole aura, selon toute vraisemblance, à faire face à des initiatives de plus en plus autoritaires du gouvernement pour imposer ce nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons identifié cinq thèmes liés entre eux, pour lesquels des évolutions sont d’ores et déjà perceptibles, sur lesquels de nouvelles offensives sont à craindre, et qui déterminent le contexte de l’élection. C’est pourquoi il nous semble important que les candidat(e)s à la présidence prennent position sur ces questions, en présentant les principes généraux qui fonderont leur action et la stratégie qu’ils comptent adopter sur les différentes questions qui préoccupent les enseignants-chercheurs, chercheurs et ITA, à l’Ecole et plus largement. Nous demandons que ces thèmes soient intégrés au débat qui s’est ouvert dans notre établissement.

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L'affiche d'Obama: triomphe du copyleft

image On ignorait jusqu'à présent quelle était la source photographique de la fameuse affiche créée par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne de Barack Obama. Sur The Daily Beast, James Danziger pense avoir trouvé la clé du mystère. Repérée par Michael Cramer sur Google images (voir ci-contre, licence CC), une photo publiée par ''Time'' en 2007 était attribuée par erreur à Jonathan Daniel, de Getty Images. Danziger identifie son véritable auteur: le photographe Jim Young, de Reuters. Interrogé, celui-ci affirme n'avoir pas reconnu sa photo derrière le dessin. Il est vrai que le graphiste aurait procédé à diverses transformations, à commencer par un retournement latéral, ainsi qu'une recomposition du buste.

Au moment où une version de cette affiche accède à la prestigieuse National Portrait Gallery, il n'est pas sans intérêt de noter qu'elle a été réalisée sans la moindre autorisation, pas plus de l'auteur de la photographie que d'Obama lui-même, et qu'elle a d'abord été placardée de façon sauvage, sans demander l'accord de l'équipe de campagne, à la manière des remix et autres contributions librement proposées par divers créateurs. En comparant cette image avec le portrait officiel du président français, on se convaincra que le non-respect des dispositions de la propriété intellectuelle ou du droit à l'image n'a pas que des mauvais côtés (avec mes remerciements à Rémi Douine).

image MàJ. Merci à Pierre de nous mettre sur la piste d'une autre image (ci-contre, cliquer pour agrandir), qui semble une meilleure candidate que celle repérée par Cramer. Plusieurs commentaires ont dans l'intervalle contredit l'affirmation de Danziger (voir notamment chez Tom Gralish). D'après une recherche sur TinEye, cette photo, qui porte bien le crédit Associated Press, mais pas de nom d'auteur, semble avoir été diffusée surtout hors des Etats-Unis. Ces éléments correspondent aux indications fournies par Shepard Fairey (voir ci-dessous, commentaire n° 3).

Journée d'études "La matérialité des images"

image Journée d'études du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), sous la direction de Gaby David, André Gunthert et Audrey Leblanc.
Vendredi 13 février 2009, salle Vasari, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (entrée libre).

Programme

1. L'impulsion des sources (modération: André Gunthert)

  • 9h15. Ouverture.
  • 9h30. Cécile Nédélec, "André Jammes, collectionneur et historien de la photographie".
  • 10h. Fanny Lautissier, "Les archives photographiques face aux enjeux de la transition numérique".
  • 10h30. Estelle Blaschke, "Roger-Viollet/La Parisienne de photographie: la dimension économique du patrimoine visuel".
  • 11h. Marc Lenot, "Miroslav Tichy, le retrait de l'artiste".
  • 11h30. Amélie Segonds, "Recherche d'images et indexation visuelle: enjeux et problèmes".
  • 12h. Discussion.

2. Les supports de l'imaginaire (modération: Christian Delage)

  • 14h. Marie-Eve Bouillon, "Figures du tourisme. L'agence Neurdein et le Mont Saint-Michel".
  • 14h30. Audrey Leblanc, "Usages du document dans le photojournalisme. La construction de l'image de mai 1968".
  • 15h. Rémy Besson, "Le thème du train dans Shoah, entre agent de l'histoire et acteur du récit".
  • 15h30. Discussion et pause.
  • 16h30. Sarah Bertrand, "La viralité des vidéos en ligne. Etude de cas".
  • 17h. Gaby David, "Le camphone et la construction de l'automédialité".
  • 17h30. Fatima Aziz, "Partager l'identité. Usages du portrait sur Facebook".
  • 18h. Discussion.

Parution de "Quand les images prennent position", par Georges Didi-Huberman

Les éditions de Minuit annoncent la parution de: Quand les images prennent position. L'Oeil de l'histoire. 1, par Georges Didi-Huberman, dans la collection "Paradoxe", 268 p. ill., 22,50 €.

Dans un monde où les images prolifèrent en tous sens et où leurs valeurs d’usage nous laissent si souvent désorientés – entre la propagande la plus vulgaire et l’ésotérisme le plus inapprochable, entre une fonction d’écran et la possibilité même de déchirer cet écran –, il semble nécessaire de revisiter certaines pratiques où l’acte d’image a véritablement pu rimer avec l’activité critique et le travail de la pensée. On voudrait s’interroger, en somme, sur les conditions d’une possible politique de l’imagination.

Cet essai, le premier d’une série intitulée "L’Oeil de l’histoire", tente d’analyser les procédures concrètes et les choix théoriques inhérents à la réflexion de Bertolt Brecht sur la guerre, réflexion menée entre 1933 et 1955 par un poète exilé, errant, constamment soucieux de comprendre une histoire dont il aura, jusqu’à un certain point, subi la terreur. Dans son Journal de travail comme dans son étrange atlas d’images intitulé ABC de la guerre, Brecht a découpé, collé, remonté et commenté un grand nombre de documents visuels ou de reportages photographiques ayant trait à la Seconde Guerre mondiale. On découvrira comment cette connaissance par les montages fait office d’alternative au savoir historique standard, révélant dans sa composition poétique — qui est aussi décomposition, tout montage étant d’abord le démontage d’une forme antérieure — un grand nombre de motifs inaperçus, de symptômes, de relations transversales aux événements. On découvrira ainsi, dans ces montages brechtiens, un lieu de croisement exemplaire de l’exigence historique, de l’engagement politique et de la dimension esthétique.

On verra enfin comment Walter Benjamin – qui a été, en son temps, le meilleur commentateur de Brecht – déplace subtilement les prises de parti de son ami dramaturge pour nous enseigner comment les images peuvent se construire en prises de position.

Mozinor résume Luc Besson

Photomatobama

image Ca devait arriver. A l'image du lancer de chaussures sur George Bush, tout événement visuel marquant est désormais susceptible de connaitre une déclinaison sous la forme d'un jeu en ligne. C'est ainsi que le plus célèbre poster de l'année 2008, créé par Shepard Fairey à l'occasion de la campagne présidentielle de Barack Obama, compte parmi sa postérité un "obamizer" qui transforme tout portrait photographique en affiche quadricolore. Très bien conçu en flash, il permet de choisir son slogan et de réaliser son obamicone en direct à partir d'une webcam. L'image finale, enregistrée au format gif, fait l'objet d'une légère atténuation des contours, et apparaît dans une galerie que l'on peut commenter. Attention: étant donné le succès du dispositif, on peut rencontrer des difficultés de connexion (signalé par Vincent Glad sur Twitter).

Réf.: http://obamiconme.pastemagazine.com/

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