Je suis un bourgeois modéré, père de famille, fonctionnaire, assuré à la Maïf. Il n'y a pas si longtemps, je lisais Libé, les éditos de Serge July et les vapeurs d'Alain Duhamel. Mais là, je sens la glace qui craque, le système qui se débine à toute allure. Tiens, le mouvement grec: spontanément, dès les premiers comptes rendus, je n'ai pas cru les grands médias. Avec un gros clignotant "Tarnac", une petite voix me disait: attends, c'est forcément pas ça. Et ce matin, chez Partageons mon avis, le billet "Partis, c'est fini" s'accorde exactement à mon sentiment. Entre la débâcle du PS, le caporalisme de l'UMP et la soudaine multiplication des nains de jardin, l'impression est bien que quelque chose est en train de finir, qui se tenait la barbichette entre presse et politique. Une chose est sûre: les deux trépasseront ensemble.

Pas sûr qu'il faille s'en alarmer. Plutôt que de faire du bouche à bouche à la mickeycratie mourante, je retire de conversations récentes l'impression que la suite est déjà en train de se préparer. Avec internet comme terrain de jeu, la forme du réseau comme modèle. Et une génération qui a faim de prendre les manettes. Sarkozy et la crise vont appuyer fort sur l'accélérateur. Rendez-vous en 2009, qui ne va pas être triste.