image Pourquoi avoir attribué aux pratiques numériques le qualificatif trompeur de "virtuel"? Ni la correspondance, ni le téléphone, ni la télévision hertzienne, toutes pratiques impliquant une relation à distance, n'ont été décrites comme des expériences situées en dehors de la "vraie vie". Dans mon coin, on procède actuellement à l'installation d'un réseau de fibre optique, donnant accès au très haut débit. Pelleteuse et équipe de travaux publics affrontent la froidure de décembre pour une activité des plus concrètes. Une piqure de rappel pour se souvenir que toutes les belles images que produisent nos écrans d'ordinateur supposent l'existence d'infrastructures et de circuits qui n'ont rien de virtuel, mais qu'il serait plus exact de décrire comme dissimulés.

Jadis, la connexion au réseau téléphonique ou hertzien se matérialisait par un câble tiré du poteau le plus proche ou l'installation d'une antenne par un ouvrier spécialisé. Caractérisée par l'emprunt de canaux existants et l'absence d'intervention physique à domicile, l'extension du haut débit a sans doute été, de toutes révolutions technologiques, la plus discrète. Ces traits ont-ils confirmé l'apparence d'immatérialité volontiers associée à la société de l'information? Voir des terrassiers creuser une tranchée constitue un antidote efficace à cette fiction.