Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

EHESS: démission collective des élus SUD-étudiant

Depuis un an et demi nous sommes représentant-e-s des étudiant-e-s à l'EHESS au Conseil de l'école doctorale. Nous consacrons une partie de notre temps et de notre énergie à essayer de faire valoir les droits et les intérêts des étudiant-e-s (en master et en thèse) dans cette institution. Surtout nous tentons de faire respecter la possibilité d'une autre parole que celle des directeur-ice-s de recherche et de faire admettre que l'avenir de l'EHESS n'est pas dans les batailles internes entre laboratoires mais dans le développement des meilleures conditions de recherche possibles pour les étudiant-e-s.

Lors de la dernière réunion de l'école doctorale (juin 2008), qui devait aborder la modification de la charte des thèses, lorsque la question essentielle de l'encadrement des doctorant-e-s a été abordée, il ne restait plus que 4 responsables de formation au moment de la discussion (sur une quinzaine d’élus)... Les étudiant-e-s apprécieront donc le peu de cas que l'on fait de leurs préoccupations et de leur(s) condition(s) de travail (et de vie) dans les instances de l'EHESS. Cette réunion fut l'exemple paroxystique des obstacles qui nous sont opposés systématiquement depuis des années dès que nous essayons d'apporter une autre vision de ce que doit être l'EHESS. Sur des questions aussi déterminantes que la limitation du nombre de doctorant-e-s par directeur-ice, le soutien financier à la reproduction des thèses, l’intégration des doctorant-e-s dans les laboratoires, la médiation en cas de conflits entre doctorant-e et directeur-ice, nous avons été face à une opposition systématique pour faire avancer les choses. Bien que «scientifiques», nos directeur-ice-s ne prennent même pas le soin de motiver leurs réponses par des arguments autres que «ce n’est pas faisable», «nous refusons». On traite ainsi les représentant-e-s étudiant-e-s, et donc à travers eux l'ensemble des étudiant-e-s, avec trop de mépris, cherchant sans cesse à décrédibiliser leur parole. La violence symbolique, le rappel de la hiérarchie et les attaques personnelles sont les réponses qui nous sont le plus souvent infligées pour éviter les débats de fond et les véritables problèmes posés par l'absence de moyens et de suivi des étudiant-e-s. On nous répond trop souvent que les contraintes institutionnelles sont des obstacles insurmontables pour nos revendications mais à chaque réunion nous pouvons constater que ces mêmes contraintes institutionnelles sont facilement détournées et que les enseignant-e-s et l'administration s'en arrangent très bien quand ils le veulent.

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Oui, la télévision publique est digne de notre soutien

image Une révolution. Alors que le JT de France 2 traite habituellement les conflits sociaux avec dédain, de manière expéditive, l'édition d'hier soir a témoigné d'un étonnant retournement.

Au lieu de donner la parole aux «victimes», «prises en otage» par les grévistes, la caméra nous montrait de longues séquences d'un cortège joyeux et bigarré, s'attardant sur les visages souriants de manifestants pour une fois sympathiques. Plusieurs représentants de la CGT étaient interviewés respectueusement.

Plus surprenant: le téléspectateur découvrait, médusé, qu'un mouvement social pouvait être autre chose qu'une grogne instinctive, que celui-ci pouvait être motivé par de véritables problèmes, reposant sur une analyse des conditions économiques dont la rédaction nous restituait scrupuleusement le détail. Mieux encore: le représentant du gouvernement, invité sur le plateau pour s'expliquer, se faisait ni plus ni moins couper la parole par Pujadas, qui osait lui opposer de vrais arguments. Et si l'on n'échappait pas, in fine, au rituel micro-trottoir, celui-ci présentait des opinions contrastées, dont plusieurs visiblement en faveur de la protestation.

J'ignore ce qui explique cette soudaine considération pour les grévistes, mais choisir de consacrer pas moins de vingt minutes d'antenne à une manifestation qui n'a rassemblé qu'environ 3000 participants est incontestablement le signe d'une nouvelle attention à l'égard des mouvements sociaux et le témoignage d'une impartialité qui fait plaisir à voir.

MàJ, 10h50. Un commentateur me fait remarquer à juste titre que mon analyse est malheureusement faussée. Cette couverture si extensive, ce journalisme si attentif n'étaient motivés que par le corporatisme et la défense d'intérêts particuliers, puisque cette mobilisation était dédiée à la défense de la télévision de service public. Malgré ma déception, cette découverte confirme la justesse du traitement habituel des mouvements sociaux sur France 2, qui ne sont finalement que l'expression archaïque d'égoïsmes catégoriels.