image Récemment pris à parti sur ce blog, Claude Askolovitch m'objectait avec raison que mon réquisitoire n'avait guère de rapports avec la recherche en histoire visuelle. La principale caractéristique du blog étant de ne rien interdire, on pourrait balayer cette remarque d'un revers de main. Toutefois, à un moment où Hypothèses.org, la plate forme de carnets scientifiques du CLEO, prend son essor, je voudrais saisir l'occasion de discuter de la cohésion thématique de ces organes. Si l'AERES est encore incapable de prendre en compte leur apport bien réel à la production savante, il est clair qu'ils s'imposent chaque année un peu plus comme un nouvel outil de la recherche. Sans se substituer aux livres ni aux revues, ils proposent une étape supplémentaire de la communication scientifique, que j'ai caractérisé ici par l'expression du "séminaire permanent". Il n'est pas difficile d'apercevoir que, dans un petit nombre d'années, un chercheur sans blog paraîtra aussi incongru qu'un cuisinier sans fourneaux. Il n'est donc pas inutile de s'interroger dès maintenant sur les frontières de l'exercice.

La pratique scientifique est par nature endogène. On y apprend à se défier de l'opinion et à haïr l'amateurisme. La spécialisation y apparaît comme l'arme de destruction massive des savoirs incertains. A cette aune, la question est vite tranchée: tout ce qui distrait de l'aire de la maîtrise doit être rejeté comme participant du vulgaire. Et quelle que soit ma propre pratique, lorsque je me trouve en position d'éditeur, j'ai tendance à suivre la pente. Ayant l'honneur de participer au conseil scientifique d'Hypothèses.org (avec René Audet, Paul Bertrand, Antoine Blanchard, François Briatte, Marin Dacos, Christian Jacob, Claire Lemercier, Pierre Mounier et Jean-Christophe Peyssard), je me montre aussi sourcilleux qu'un reviewer du Oxford Journal of Archaeology, prêt à fermer la porte à tout écart aventureux.

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