image Enfin un peu de repos pour les deuxpointzéroistes hyperactifs. Après avoir partagé ses lectures sur Delicious, ses photos sur Flickr, sa musique sur Myspace, ses vidéos sur Youtube, son avis sur tout sur Twitter, il peut arriver au plus remuant des geeks de sécher bêtement au moment de renouveler son statut sur Facebook. Les réseaux sociaux ont inventé cette nouvelle torture: devenir le meilleur animateur du village de vacances, celui qui a non seulement tout lu et tout vu avant les autres, de Morandini au New York Times, mais qui est aussi le plus désespérément brillant, le plus subtilement poilant dans ses statuts de derrière les fagots qui font dire à tous les autres, les schroumpfs grognons qui jamais ne lui arriveront à la cheville, que nom d'une pipe mais comment fait-il? (Toute ressemblance avec l'un quelconque de mes friends serait évidemment fortuite.)

Mais qui chantera, du GO-Facebook, le coup de blues, la baisse de forme ou le traître rhume? Pas question, alors, de revenir au vulgaire descriptif d'activité supposé jadis répondre à la question «What are you doing right now?» Mieux vaut se cantonner à un silence discret, en attendant le retour de la Muse. C'est avec une claire conscience du nouvel étalon de la valeur sur les réseaux sociaux qu'a été créé Generatus, un site à créer automatiquement des statuts-de-ta-mère-qui-tuent-de-sa-race. Fermons les yeux sur le visuel en forme de porte des toilettes, qui témoigne que l'égalité des sexes est encore un horizon lointain en matière d'expressivité 2.0. Même en cas de grosse fatigue, il n'y plus qu'à cliquer jusqu'à ce qu'apparaisse la réplique digne de Beaumarchais (au premier essai: «Fred doesn't believe in superstition. It brings bad luck»). Qu'on peut même filtrer par tags. Evidemment, c'est en anglais, rien de tel pour impressionner vos friends, qui trouveront que vous avez fait des progrès.

Voir également: