image Avec Valérie Pecresse arrive la science mise en quotas. Installée dans ses murs en mars 2007, l'agence pour l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a commencé ses travaux. Son site web montre de beaux locaux refaits à neuf dans un hôtel parisien chic. D'une main, le gouvernement fait miroiter des promesses de primes, de l'autre, il fait pleuvoir formulaires et demandes de rapport sur les chercheurs et les institutions. L'un des principaux instruments de cette politique du chiffre est un classement des revues scientifiques, à partir duquel on pourra étalonner chercheurs et laboratoires. Las, la publication prématurée d'une première liste au mois d'août a suscité la fronde des savants. Alors que le rôle des évaluateurs suppose une rigueur au-dessus de tout soupçon, les incohérences et les absences de cette nomenclature ont réveillé toutes les inquiétudes et constitué une bien piètre entrée en matière. Les articles et les protestations se multiplient, et une pétition demande le «retrait complet et définitif de la "liste des revues" de l’AERES».

Bref, on est ici dans du Sarkozy pur jus. De l'affichage et des moulinets de bras par devant, des outils inconsistants et beaucoup d'arrières-pensées par derrière. Le président de la République, on le sait, a la foi du charbonnier pour les indicateurs chiffrés. Mais il est plus facile de mettre en courbes des officiers de police que des experts de la mesure. Premiers utilisateurs des instruments statistiques, les savants sont bien placés pour savoir que ces images, plutôt que de traduire fidèlement la réalité, servent à choisir comment on veut la montrer.

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