Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Colloque "Les élites économiques européennes et la création photographique"

13 Novembre 2008, Institut national d'histoire de l'art, 2, rue Vivienne, 75002 Paris, Salle Vasari (entrée libre).
Colloque de l'université Paris 1 (CIRHAC/Institut européen de la mémoire économique et financière).

  • 9h30 - Introduction Raymond Dartevelle (IMEF/Paris 10), Michel Poivert (Paris 1).
  • 10h00 - Paul-Louis Roubert (Paris 8), "Une photographie contre-révolutionnaire: le calotype français des années 1840-1850".

Le développement du calotype en France à la fin des années 1840 s'appuie sur l'idée d'une pratique alternative de la photographie contre l'industrie photographique symbolisée alors par le daguerréotype. Se créée alors autour de cette technique un cénacle qui tente de rapprocher l'image argentique d'une culture aristocratique en défendant une pratique plus noble de la photographie. Une noblesse alimentée autant par la qualité des opérateurs que par leurs prétentions artistiques.

  • 10h30 - Marianne Le Galliard (Paris1/Fondation de France), "Le cas Lartigue: un amateur de la haute bourgeoisie".

La photographie de Lartigue se développe au début du XXème siècle au sein d'une famille d'ingénieurs et entrepreneurs en télécommunication (téléphone) et transport (chemins de fer). Depuis un demi-siècle, cette longue lignée d'inventeurs se passionne pour les nouvelles technologies en photographie, cinéma, aéronautique ou encore la presse. Le milieu de la haute bourgeoisie, auquel appartient Lartigue, est également féru de spectacle, tel que le théâtre, les actualités et le sport. Il sera ici question de montrer les liens entre les premiers instantanés de Lartigue, montrant des sujets en mouvement et leur contexte, celui d'une famille captiveé par le spectacle de la vitesse.

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Le monde qui vient

Réflexions sur les conséquences de la crise et les tendances économiques à venir

image Il ne fait guère de doute que les économies d’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord vont connaître une récession profonde et de longue durée. Celle-ci découle à la fois des conséquences de la crise financière et bancaire, et en particulier des formes brutales que prend aujourd’hui la contraction du crédit, mais aussi et surtout du fait que le fondement de cette crise est constitué, comme on l’a soutenu ailleurs, par une crise du mode de croissance néolibéral. Dans ces conditions, il apparaît comme une évidence que la conjonction de ces deux dimensions va entraîner une contraction profonde de l’activité.

Celle-ci durera tant que n’émergera pas une autre dynamique de croissance. Aujourd’hui, même si les pays émergents sont moins touchés que les pays développés, et même si la crise devrait se traduire par un ralentissement de la croissance (de 11% à 9% en Chine, de 8% à 6% en Russie), l’effet de traction de ces pays ne saurait à lui seul tirer hors de la crise les pays développés. Il est donc inévitable que des restructurations profondes se mettent en place dans ces économies. Elles affecteront aussi les pays émergents et, progressivement, c’est une autre configuration de l’économie mondiale qui émergera.

Racines et profondeur de la récession dans les économies développées

La récession dans laquelle les économies développées sont entrées a des causes multiples. Elles se combinent pour créer un climat récessif global dont l’ampleur dépasse largement ce que l’on a connu depuis 1945.

La récession provient tout d’abord des effets immédiats de la contraction du crédit. Cette dernière s’est brutalement accélérée avec la phase de crise de liquidité que l’on a connue entre le 20 septembre et le 15 octobre. Même si cette crise semble partiellement surmontée comme le montre la détente sur les taux de l’argent au jour le jour et à court terme, les banques n’ont pas significativement modifié leur politique. L’annulation systématique des facilités de caisse et de découvert accordées aux entreprises que l’on constate non seulement en France et dans plusieurs pays de la zone euro, mais aussi aux Etats-Unis, va avoir un impact important à court terme sur l’activité économique. On constate un phénomène du même ordre pour les crédits accordés aux ménages et le nombre de refus de dossiers a largement dépassé les 50% en France depuis début septembre 2008. Le rationnement du crédit aujourd’hui ne se fait plus par le prix (le taux d’intérêt) mais directement par la quantité (refus de dossier ou suspension de facilités de paiement). En fait, nous sommes passés d’un système de «marché du crédit» à un système de crédit administré décentralisé, qui est sans doute le pire de tous les systèmes. Une allocation administrée centralisée serait en effet plus efficace.

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