Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Que faisons-nous des images? (notes)

image (Notes pour L'Atelier des médias) NB. Inversion de la question traditionnelle de l'histoire de l'art: "Que nous font les images?" Sociologie des usages, marketing et nouvelles pratiques sont passés par là.

- Une dynamique de l'invention. Vs la valeur de l'image rare, facilité sans précédent et dévaluation de la production des images (camphone) favorisent les pratiques de jeu avec l'image. Facebook: l'image conversationnelle. Appropriation et apprentissage. Une situation propice à l'invention. De façon plus générale, les pratiques de l'image se caractérisent actuellement par une dynamique de l'invention: aucun usage stabilisé, ruine des normes, bouillonnement des micro-usages.

- Une nouvelle culture de l'image. Scepticisme croissant face aux images d'enregistrement, diffusion des pratiques de retouche, remise en question de l'illusion d'objectivité - une bonne chose. Silence de la théorie, médusée. Une critique par l'usage. Tout passe par les pratiques, nouvelles sources de savoir.

- Un rééquilibrage de la représentation. Dans les fonctions représentationnelles de l'image, on assiste à un rééquilibrage: auto-production de leur image par les groupes relégués - une image des pauvres (banlieues, tiers-monde, jeunes, etc.). Favorisé par l'accès à la diffusion (web, plates-formes, streaming). Problème de visibilité? Quand on observe les pratiques historiques d'auto-production (photo amateur), on doit reconnaître que l'accès à ces corpus est sans précédent. Rôle des chercheurs dans la description de ces nouveaux contenus. Parallèlement, crise de l'autorité pour les anciens dépositaires des pouvoirs de la représentation.

- Image ubiquitaire, image jetable. L'image est partout – où est l'image? Le modèle du flux (blogs, Facebook) promeut un univers de contenus jetables, à consommation immédiate, sans pérennité. Circulation problématique entre micro et macro. Filtrage par le buzz, l'indexation et la popularité. Mais les instances médiatiques ne sont plus seules à définir la valeur des contenus. Un nouvel équilibre encore à inventer.

Quand les technologies de l'artefact nous submergeront

Le Face swapping (l’échange de visages) n’est pas qu’un petit groupe d’utilisateurs de Flickr qui s’amuse avec les images, mais c’est désormais un logiciel qui modifie des parties de visages depuis une bibliothèque d’images, comme l’ont expliqué ses concepteurs dans leur étude (.pdf) présentée au dernier Siggraph (vidéo). Le logiciel substitue aléatoirement des éléments du visage d’une photo en puisant dans une banque d’image : une bouche par-ci, un nez par là, permettant par exemple de conserver votre allure générale tout en modifiant votre apparence de détail. Le système pourrait être utilisé pour “obscurcir” (à sa manière) des visages de témoins d’un crime, de personnels militaires, d’une foule, etc.

Par Hubert Guillaud, InternetActu, 20/10/2008.
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