En l'espace de quelques jours, sans que rien y ait préparé, les Français ont appris que leur pays passait de la prospérité à la récession. En même temps que la dépréciation des actifs boursiers, le discours explicatif des élites a subi une dévaluation brutale. Politiques et économistes nous l'ont avoué à demi-mot. Comptable de la confiance, qui est le socle de la finance, la parole publique ne peut plus rien dire de vrai. Le ferait-elle qu'elle précipiterait la chute, alors que son rôle est de l'enrayer. Le poids du mécanisme autoréalisateur contraint à une parole vidée de toute signification, qui ne peut que répéter en boucle le fait-dodo de maman à son enfant malade. Ca va aller, ne t'inquiète pas, maman est là.

Ce qui ne fait pas les affaires du grand public. Puisque ceux qui savent sont justement ceux qui ne peuvent rien dire, celui-ci va chercher ailleurs de quoi assouvir une demande d'explication qui grandit aussi vite que croît la catastrophe. C'est alors que l'image parasite revient jouer son rôle et répondre au déficit interprétatif. Parmi les vidéos qui s'échangent ces derniers jours sur le web, on retiendra la remarquable et très pédagogique description du système financier, "L'Argent-Dette", de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, dont la version française a été mise en ligne sur Viméo le 16 septembre.


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

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