Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Small is beautiful (8): j'ai vu mourir le monde ancien

image Je suis injuste avec la télé. Entre les gouttes, parfois, il y a aussi des moments forts, des rencontres d'exception, émouvantes de vérité. Comme cet entretien des deux monstres sacrés de la librairie francophone, réunis ce soir au 20 h de France 2 à l'occasion de la parution de la première tentative de blockeditobuster hexagonal (Ennemis publics, Flammarion/Grasset). La belle complicité de ces jumeaux de la notoriété faisait plaisir à voir. Sans écouter les paroles de la chanson, ce qu'on entendait était une petite musique douce et tranquille. Si douce et si tranquille qu'elle en devenait étrange, dans ce cadre habituellement peuplé de désastres et de martyres. Cette odeur d'étable ou de chaumine, de feuilles mortes et de pommes de terre cuites sous la cendre n'émanait pas du parka très bobo-chic de l'auteur de La Possibilité d'une île. Elle naissait de la bienveillance réciproque qui ruisselait sur les barbes, à peine troublée par le ronronnement du journaliste. Qu'il semblaient loin, d'un coup, Kaboul, Wall Street et les agitations de la planète. Et comme tout était paisible, ici, au coin du feu.

D'où provenait cette impression de paix candide? Il n'était pas difficile de le deviner: dans l'enceinte du studio, sous la protection de la télévision publique, ces deux-là étaient chez eux, à l'abri des vents mauvais et de la méchanceté du monde. Aucun risque que quiconque vienne ici émettre une fausse note, déranger leurs plans, bousculer leur commerce. En bruit de fond planaient les échos des voix de Bernard Pivot et de Jacques Chancel qui, comme l'âne et le boeuf, venaient réchauffer de leur haleine le livre nouveau-né. Et nous, de l'autre côté de l'écran, gagnés par l'allégresse de ces gazouillis, on reprenait en choeur le chant où jouent hautbois et résonnent musettes – non sans écraser une larme devant un si touchant spectacle. Plus tard, on pourra dire: j'y étais; j'ai vu mourir en direct la culture du vieux monde. C'était Michel Houellebecq et Bernard-Henri Levy sur France 2, comme dans une soucoupe volante fendant l'espace, à cent mille lieues de nous.

Sociogeek: le jeu

image Vous avez 1% de chances de devenir une star du web 2.0. Vous êtes 84% exhib et 90% aventurier.

Tels sont mes résultats au jeu Sociogeek, passionnant. Je demande néanmoins des explications sur mes résultats à Dominique Cardon ;-)

Edit. Présentation chez Palpitt. Voir aussi le groupe Facebook: "Jusqu'où vous montrez-vous?".

Le rapport Giazzi a bien raison

image Bien qu’André Gunthert ait accepté de publier cet article sur son blog, il est nécessaire de dénoncer sans détour l’incroyable impudence de cet individu qui prétend produire des articles d’information ayant trait à l’image.

En effet, si l’on en croit le récent rapport Giazzi (pdf) commandé par le président Sarkozy et rendu public en septembre, l’activité d’André Gunthert est forcément suspecte et ne donne aucune garantie à ceux qui le liraient. Il importe de souligner en préambule les faits suivants, incontestables:

  • André Gunthert n’est pas journaliste puisqu’il ne dispose pas de carte de presse,
  • André Gunthert n’a reçu aucune formation de journaliste,
  • André Gunthert écrit sur Internet, ce qui aggrave encore son cas.

Le rapport Giazzi a bien raison de s’attaquer à la crédibilité des sites Internet d’information qui n’emploieraient aucun «authentique journaliste».

Il est important, comme l’affirme le rapport, d’employer d'«authentiques journalistes», c'est-à-dire des personnes ayant une formation de journaliste et titulaires de la carte de presse. On évitera ainsi de lire d’énormes erreurs sur des sujets pointus, choses qui n’arrivent jamais dans la presse papier employant d'«authentiques journalistes». On ne verra plus jamais des amateurs annoncer la mort de quelqu’un pourtant encore bien vivant. On ne verra jamais un «authentique journaliste», c’est évident, faire croire par un montage bien mené qu’il a rencontré directement un dictateur d’Amérique centrale pour l’interviewer. On ne verra jamais un «authentique journaliste» ne pas parler d’un sujet, ou édulcorer celui-ci, parce qu’il ne plaît pas à son actionnaire principal.

Comme le dit, dans sa grande sagesse, le rapport Giazzi, alors que «des études de plus en plus alarmantes (…) confirment la perte de crédibilité de la plupart des médias, principalement écrits», «il est urgent de retrouver la confiance des citoyens». Pour ce faire, il suffit de n’appliquer la TVA réduite qu’aux sites Internet employant d’«authentiques journalistes», bénéficiant de l’agrément de la commission paritaire ou issus des titres papier qui ont déjà bénéficié de cet agrément.

Il est normal que les sites d’information sur Internet qui osent ne pas employer d'«authentiques journalistes», dégradant de ce fait «la qualité des industries de contenu», soient taxés et désignés publiquement comme participant à cette entreprise de déstabilisation nationale.

Je sais, pour ma part, ce qui me reste à faire: engager Bataille et Fontaine - d'«authentiques journalistes», titulaires de la carte de presse, eux.

Didier Rykner (fondateur du site La Tribune de l’Art, employant des historiens de l’art sans carte de presse et pas d’«authentiques journalistes», compromettant ainsi redoutablement sa crédibilité par rapport aux supports papier ou aux sites Internet issus des supports papier).