La valeur des commentaires: tel était le sujet du dernier salon où l'on cause, le Social Media Club, où l'on écoutait ce soir Rémi Douine, Marc-Philippe Dubreuil (blog de l'ours) et Benoît Raphaël (Le Post), en compagnie de représentants d'Agoravox, de Rue89, de Mediapart ou de Citizenside. Discussion nourrie, bien loin du cliché du commentaire-trash, qui en déployait au contraire toute la richesse, ainsi que les stratégies mises en oeuvre pour gérer cette nouvelle ressource. Avec un vaste éventail de traitements – de la modération sur mesure des rédacteurs de Rue89, calquant leur interaction sur celle des blogueurs, attentifs à développer une vraie plus-value (avec notamment une alerte pour signaler tout premier commentaire d'un nouveau venu, de façon à le relancer si l'intervention est jugée intéressante), à la gestion "industrielle" des 4000 commentaires/jour du Post, générateurs d'un "bruit" que Benoît Raphaël lui-même jugeait négativement. L'exemple fondateur de la radio ou celui des correspondants de la PQR (presse quotidienne régionale) étaient rappelés comme autant de préfigurations de l'interaction favorisée par le réseau. On apprenait au passage que de nombreux sites de presse, tels Le Monde.fr, Le Figaro.fr ou Libération.fr, délèguent la modération des commentaires à des sociétés extérieures – ce qui explique bien des choses. Si la question du nombre des interventions faisait apparaître un seuil au-delà duquel plus aucune conversation n'est possible, plusieurs discutants admettaient en conclusion qu'il y a derrière l'activité des commentateurs une puissance encore à exploiter, un gisement en attente de nouveaux traitements à inventer.