image En ces temps de crise financière, il est utile de vérifier la conformité de nos outils bureautiques. Alerté par un lecteur, j'ai pu constater par moi-même les effets du système de dissuasion de la contrefaçon (Counterfeit Deterrence System, CDS) implémenté dans le logiciel de traitement d'images Adobe Photoshop depuis 2004 (version CS). Lors d'une tentative de scan d'un billet de banque, un message s'affiche automatiquement qui informe l'usager qu'il pourra sauvegarder ou modifier l'image, mais pas l'imprimer. Un renvoi est fourni sur le site web du CBCDG (Central Bank Counterfeit Deterrence Group, regroupement de 30 banques centrales créé en 2004).

Vérfication faite sur quelques échantillons, le système fonctionne remarquablement bien, et identifie euros, livres sterling, francs suisses ou dollars canadiens à partir d'une surface supérieure à un dixième du billet et un rapport de reproduction supérieur à 50%. Il s'agit d'un système de reconnaissance de formes, qui réagit dès l'ouverture d'un fichier comprenant la reproduction d'un billet, fut-il une photographie ou une copie d'écran, même en niveaux de gris. Ces paramètres représentent un degré de bridage particulièrement élevé, qui présuppose que toute reproduction d'un billet relève d'une intention frauduleuse, et exclut à peu près tout usage de papier-monnaie dans le cadre d'une composition graphique ou d'un photomontage.

Mais le système a un gros défaut: celui d'être localisé par zones, à la manière des DVD. Ma version de Photoshop CS3 ne reconnaît pas les dollars américains, que je peux imprimer à ma guise. Il suffit donc de changer de zone pour contourner la protection. Les fichiers sont également imprimables en passant par Aperçu ou un autre outil de gestion d'images. Comme tous les dispositifs anti-copie, celui-ci sert donc plus à témoigner de la bonne volonté d'Adobe à l'égard des autorités – et accessoirement à gêner l'usager de bonne foi – qu'à empêcher la fraude.