Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

J'aime la BD, mais...

image Mention spéciale à Google pour la meilleure promo de logiciel à coup de bande dessinée. Je résume: personne ne l'a encore testé, il va sortir en bêta et il n'y aura pas de version Mac disponible (mais il est vrai qu'en Mac, on a d'excellents outils: Firefox ou Safari). Ce qui n'empêche pas toute la planète geek de frissonner à l'annonce de l'annonce de Chrome, le futur navigateur du géant californien – et accessoirement de louer la nouveauté que constitue l'usage de la BD pour un tel lancement.

Le prix du meilleur décryptage français des planches revient sans conteste à Olivier Ertzscheid, qui n'a visiblement plus besoin de télécharger le logiciel. Pour ma part, je trouve le graphisme bleuâtre aussi sexy qu'un mode d'emploi de lave-linge. Non moins que l'azur layette affiché par le cadre du navigateur sur les rares copies d'écran, où je ne distingue que des sous-fenêtres de produits Google (Youtube, Blogger, Google Maps...), ce qui donne évidemment une impression d'ouverture des plus décoiffantes. Une bonne nouvelle: Steve Jobs peut remballer ses célèbres keynotes – un crobard façon Sylvain et Sylvette fera avantageusement l'affaire pour lancer les nouveaux modèles d'iPhone.

Valse avec Bachir, l'horizon du visuel

Valse avec Bachir a été amplement commenté lors de sa présentation au dernier festival de Cannes parce qu’il présente la particularité d’être un documentaire d’animation. Son réalisateur, le cinéaste israélien Ari Folman a tout d’abord adopté la technique classique du documentaire en réalisant des interviews filmées d’anciens soldats jetés comme lui en 1982 dans la guerre du Liban. Pour retrouver ses propres souvenirs, si profondément enfouis qu’il les avait complètement effacés, il a sollicité les souvenirs des autres à travers le récit que ceux-ci lui en donnent aujourd’hui. Valse avec Bachir est un film sur la mémoire, ses méandres, ses retours, ses lacunes, ses inévitables transformations, son rapport incertain au réel vécu.

Mais, plutôt que de restituer en l’état les interviews enregistrées, au besoin en les complétant par des images d’archives, Ari Folman a pris le parti de les illustrer au moyen de séquences d’animation conçues de toutes pièces à partir des récits des uns et des autres. A la subjectivité des paroles s’est donc ajoutée la fiction délibérée des images, même si celles-ci sont manifestement inspirées de lieux, de personnages et d’objets réels. Au fond, le réalisateur a voulu assumer complètement le fait que l’on ne peut pas restituer le passé sans le voiler aussitôt de fiction. Dans son film, seules les paroles des différents personnages restituent en l’état la trace enregistrée lors des entretiens. Tout le reste, même l’aspect physique de ses interlocuteurs, a été graphiquement composé ou recomposé. Ainsi, aucun spectateur ne peut croire avoir sous les yeux la réalité vécue au Liban par ces soldats israéliens tant le filtre visuel qui lui en restitue un aperçu est manifestement artificiel.

Lire la suite...