image Intéressante pub TV pour la nouvelle Peugeot 407 SW. Pour vanter le perfectionnisme censé présider à la fabrication du véhicule, le clip montre les corrections soi-disant effectuées sur la séquence vidéo. D'un coup de masque, c'est d'abord un moucheron qui est gommé de l'image avant qu'il ne s'écrase sur le phare. Puis on zoome sur un détail situé très loin à l'arrière-plan: un coeur gravé sur un arbre, effacé d'un coup de tampon magique. Enfin, c'est la physionomie du conducteur – invisible derrière le pare-brise teinté – qui fait l'objet d'une légère correction.

Cette palette d'effets graphiques combine différentes interventions qui ne sont pas encore à la portée de Final Cut Pro ou d'After Effects. A noter la reprise du principe de déplacement à l'intérieur de l'espace de l'image, tel qu'il avait été rendu célèbre par la séquence de l'imageur de Blade Runner (Ridley Scott, 1982), pour la modification en temps réel du visage du conducteur – ou le système de variations de son appareil pileux, plutôt inspiré des principes de construction des avatars sur la Wii.

Cette retouche idéale qui modifie l'image animée aussi facilement que le ferait Photoshop avec une image fixe n'est pas seulement un fantasme de picture editor, mais la manifestation du renversement du paradigme de la retouche. Pendant plus de 150 ans, les théoriciens de la photographie avaient perçu la retouche comme la négation de la nature de l'enregistrement visuel, la pire menace pour la garantie d'objectivité du médium. C'est ainsi qu'au début des années 1990, l'arrivée de Photoshop était perçue par les spécialistes comme la preuve de la rupture du contrat photographique. Une quinzaine d'années plus tard, en mettant en scène la retouche comme métaphore de l'excellence et du perfectionnisme, le clip de la 407 SW atteste qu'on a bel et bien changé d'époque. Le temps est loin où la manipulation graphique était frappée du sceau de l'infamie.

Reste qu'on ne manie pas sans danger la métaphore de la correction, puisque le clip lui-même a déjà subi une modification depuis son lancement, au milieu du mois d'août. Sans parler de la correction des effectifs de l'usine PSA de Poissy, où 700 postes d'intérimaires viennent d'être effacés aussi aisément qu'à la palette graphique.