Il faut s'y faire, il y a des marronniers auxquels on ne coupe pas. Après les départs en vacances, avant la rentrée scolaire, il y a depuis 2003 l'édition annuelle du classement de Shanghai. Un produit bien adapté aux fast-médias, grands consommateurs de palmarès, sondages et autres chiffrages qui ne mentent pas.

Pas sûr que le principe soit vraiment efficace dès qu'on sort de la compétition sportive. Pour comprendre ce que mesure un outil, il suffit de savoir ce qu'on y met. L'Academic Ranking of World Universities de l'université Jiao Tong est un bilan vite fait sur le gaz à partir de données disponibles en ligne, qui compile six critères élémentaires. Dont le nombre de prix Nobel (physique, chimie, médecine, littérature, paix) et de médailles Fields (mathématiques) parmi les anciens élèves d'une institution. (Comment, il n'y a pas de médaille Bourdieu en sociologie, pas de prix Georges-Duby de l'histoire, pas d'Oscar de l'anthropologie? Too bad!) Le nombre d'articles publiés dans Nature et Science. Le nombre d'articles indexés dans le Science Citation Index et le Arts and Humanities Citation Index (mais ni le Social Sciences Citation Index ni le ISI Web of Knowledge). Pas besoin de s'appeler Ducasse pour savoir quel goût aura le pâté. Disons pour aller vite que Shanghai est un indicateur de la science selon Jules Verne plutôt que d'après Bruno Latour.

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