Une chaîne qui se respecte
Par André Gunthert, vendredi 8 août 2008 à 15:10 (1364 vues, permalink, rss co) :: Médias
Nick Carraway m'en veut. J'avais déjà fait le mort devant sa précédente proposition (qui, il faut le dire, m'avait laissé un peu sec...). Là, j'ai compris. Rien ne sert de se défiler: il n'aura de cesse de me taguer, jusqu'à ce que je craque. Je réponds donc à sa chaîne de l'été (prendre un livre à la page 123, puis citer les cinq lignes suivant les cinq premières). Du reste, les blogueurs qui font la fine bouche face à ces divertissements m'ennuient. Comme le disait ici même l'amie Virginie, dans une de ses métaphores dont elle a le secret, le blogging, c'est un peu comme le camping. Autrement dit: si vous n'aimez pas les moules, évitez la braderie de Lille. Si vous n'aimez pas les chaînes, achetez-vous un cahier Clairefontaine.
Mais il en est des chaînes comme des friends sur Facebook. Il y en a que l'on suit avec intérêt ou amusement, pour ce qu'elles nous apprennent ou nous dévoilent sur la personnalité de tel ou tel. Et d'autres dont on a du mal à percevoir où elles nous mènent. C'est le cas de cette astreinte où le hasard a trop de place – de sorte que ses participants sont amenés à en aménager les règles, ce qui est toujours mauvais signe.
Vais-je, comme mon taggeur, tricher avec la consigne, de façon à faire briller l'étendue de ma culture ou manifester mon sens de la répartie? Ce n'est pas mon genre. D'une, parce que l'étendue de ma culture est un fait notoire; de deux, parce que celle-ci va de pair avec ma discrétion – autre trait particulièrement apprécié par mes lecteurs. Il me paraît plus sport de me livrer à l'exercice sans filouter, et de prendre vraiment le premier livre qui me tombe sous la main dans la bibliothèque de mes hôtes (je suis en déplacement).
Dont voici les cinq lignes suivant les cinq premières à la page 123:
Cette attitude était même en contradiction avec nos intérêts pratiques: à l'époque, une université de province ne pouvait nous offrir d'autre débouché qu'une école de village dans un coin perdu et un salaire de misère; les écoles du NKVD, au contraire, nous faisaient miroiter des privilèges matériels et un salaire double ou triple. Ce que nous ressentions n'avait pas de nom...
En revanche, il me paraît plus intéressant, au lieu de donner le titre de l'ouvrage, de proposer de le deviner, avec promesse d'un abonnement gratuit au flux d'ARHV pour l'heureux/se gagnant/e. Je ne donnerai qu'une indication: c'est un livre que je n'ai pas lu (à part ces cinq lignes, évidemment). Et de repasser la patate à Mlle Tortue (il me semble qu'elle a quelques livres), la Boîte noire (pour voir comment François va bidouiller la consigne), Nicolas Vanbremeersch (pour voir comment il s'en tire sans blog), et Dominique Hasselmann (pour la version en images).
Tags: blogosphère
Commentaires
1. Le vendredi 8 août 2008 à 16:34, par Lyonel Kaufmann
2. Le vendredi 8 août 2008 à 21:53, par CB
3. Le vendredi 8 août 2008 à 23:19, par Philippe De Jonckheere
4. Le samedi 9 août 2008 à 00:19, par Fr.
5. Le dimanche 10 août 2008 à 21:07, par NV
6. Le dimanche 10 août 2008 à 21:21, par André Gunthert
7. Le dimanche 10 août 2008 à 22:08, par André Gunthert
8. Le vendredi 15 août 2008 à 22:09, par Dominique Hasselmann
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