Le n° 22 d'Etudes photographiques sous presse
Par André Gunthert, jeudi 28 août 2008 à 18:47 (2318 vues) :: Publications
Le n° 22 d'Etudes photographiques est actuellement sous presse, et devrait être disponible à partir de la mi-septembre. 174 pages couleur, 21 euros (contact: Garance Chabert, chabert.sfp(à)free.fr).
Sommaire
Histoires d’ un art moyen
- Geoffrey Batchen, "Les snapshots. L’histoire de l’art et le tournant ethnographique"
L’histoire de l’art a son cauchemar: les images ennuyeuses. Comment définir autrement la très grande majorité d’images photographiques qui, dans leur forme comme dans leur contenu, tendent à être prévisibles, conformistes et répétitives? Ces images s’adaptent mal au cadre d’un récit historique, qui, incertain et anxieux, poursuit sa quête d’originalité, d’innovation et d’individualisme. Ainsi l’étude de la photographie pose-t-elle un sérieux problème à la pratique de l’histoire de l’art, de même que l’instantané pose un sérieux problème à l’histoire de la photographie. Comment s’y prendre, en effet, pour écrire l’histoire d’une infinité d’instantanés génériques? Quelle logique historique adopter, lorsque les jugements de valeur ne s’imposent plus comme des principes appropriés à la pratique de l’histoire. Hal Foster a exprimé, avec un certain retentissement, ses inquiétudes quant au «tournant ethnographique», qui, selon lui, participe activement au remplacement de l’histoire de l’art par la culture visuelle. Une préoccupation apparemment fondée sur le «relativisme», qu’il associe à une conception anthropologique de la pratique historique. En abordant le problème que pose l’écriture d’une histoire consacrée à la photographie instantanée, cet article questionnera «la mutation» de l’histoire de l’art, phénomène que semble instaurer le «tournant ethnographique» en proposant dès lors un nouveau genre de modèle historique.
- Irène Jonas, "Portrait de famille au naturel. Les mutations de la photographie de famille"
Depuis la fin des années 1960, la photographie familiale a connu de profonds changements, à l’image des mutations de la famille qu’elle immortalise. Trois tendances majeures sont repérables: l’apparition de nouveaux moments photographiés, plus intimes, la réduction importante de photos de groupes ou d’adultes au profit d’images centrées sur l’enfant et son évolution et la disparition progressive de la photographie posée pour des prises de vue saisies sur le vif. L’apparition du numérique semble aujourd’hui accentuer ces tendances et soulève de nouvelles questions dont celles du nombre phénoménal de photos réalisées, du tirage papier et donc de leur sélection pour la constitution d’albums. La photographie numérique familiale s’éloignerait- elle alors de sa fonction de gardienne de la mémoire pour devenir un acte social de communication d’émotions? Si au soulagement de beaucoup le numérique et l’informatique libèrent des espaces anciennement occupés par les négatifs et les tirages papiers, quelle est la destinée des images numériques à long terme et quelle place auront-elles dans la mémoire familiale?
Qu'est-ce que montre une photographie? Dans la presse, contrairement à l'idée reçue, la photo est rarement porteuse d'information. Sous la pression d'une dérive décorative, les journaux utilisent de plus en plus l'image pour ses facultés d'évocation et sa plus-value plastique. Comme l'explique Jean-François Leroy, directeur du festival Visa, une bonne photo doit «raconter une histoire». Recourir à l'image à la façon d'un simple photomaton est considéré comme ringard et vulgaire, tout juste digne des vidéos amateurs, un signe de l'absence du sens du récit et du bon goût journalistique.
Il faut s'y faire, il y a des
Le web est-il capable de modifier les grands équilibres médiatiques? A tous ceux qui en doutent encore, l'actualité est en train de démontrer en direct l'inversion des hiérarchies les mieux établies. Car c'est un monument qu'internet fait aujourd'hui vaciller: rien de moins que celui du Sartre du XXIe siècle, dont l'érection depuis 1977 n'a cessé d'étendre son ombre sur les lettres (et les médias) français – BHL himself.




Communiqué de la rédaction de 20minutes.fr:
Peut-on continuer à être une artiste "comme si de rien n'était"? Tel est le pari affiché par Carla Bruni en titre de son dernier album. Pour en discuter, je dois d'abord avouer ma totale incompétence à en produire la critique. Cet album, non seulement ne l'ai-je pas écouté, mais il n'est nullement dans mes intentions de le faire. Mes convictions politiques étant, on le sait, à l'opposé de celles de l'actuel hôte de l'Elysée, tout jugement de ma part sur les qualités de l'oeuvre ne pourrait qu'être entaché de partialité.
