Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le n° 22 d'Etudes photographiques sous presse

Le n° 22 d'Etudes photographiques est actuellement sous presse, et devrait être disponible à partir de la mi-septembre. 174 pages couleur, 21 euros (contact: Garance Chabert, chabert.sfp(à)free.fr).

Sommaire

Histoires d’ un art moyen

  • Geoffrey Batchen, "Les snapshots. L’histoire de l’art et le tournant ethnographique"

L’histoire de l’art a son cauchemar: les images ennuyeuses. Comment définir autrement la très grande majorité d’images photographiques qui, dans leur forme comme dans leur contenu, tendent à être prévisibles, conformistes et répétitives? Ces images s’adaptent mal au cadre d’un récit historique, qui, incertain et anxieux, poursuit sa quête d’originalité, d’innovation et d’individualisme. Ainsi l’étude de la photographie pose-t-elle un sérieux problème à la pratique de l’histoire de l’art, de même que l’instantané pose un sérieux problème à l’histoire de la photographie. Comment s’y prendre, en effet, pour écrire l’histoire d’une infinité d’instantanés génériques? Quelle logique historique adopter, lorsque les jugements de valeur ne s’imposent plus comme des principes appropriés à la pratique de l’histoire. Hal Foster a exprimé, avec un certain retentissement, ses inquiétudes quant au «tournant ethnographique», qui, selon lui, participe activement au remplacement de l’histoire de l’art par la culture visuelle. Une préoccupation apparemment fondée sur le «relativisme», qu’il associe à une conception anthropologique de la pratique historique. En abordant le problème que pose l’écriture d’une histoire consacrée à la photographie instantanée, cet article questionnera «la mutation» de l’histoire de l’art, phénomène que semble instaurer le «tournant ethnographique» en proposant dès lors un nouveau genre de modèle historique.

  • Irène Jonas, "Portrait de famille au naturel. Les mutations de la photographie de famille"

Depuis la fin des années 1960, la photographie familiale a connu de profonds changements, à l’image des mutations de la famille qu’elle immortalise. Trois tendances majeures sont repérables: l’apparition de nouveaux moments photographiés, plus intimes, la réduction importante de photos de groupes ou d’adultes au profit d’images centrées sur l’enfant et son évolution et la disparition progressive de la photographie posée pour des prises de vue saisies sur le vif. L’apparition du numérique semble aujourd’hui accentuer ces tendances et soulève de nouvelles questions dont celles du nombre phénoménal de photos réalisées, du tirage papier et donc de leur sélection pour la constitution d’albums. La photographie numérique familiale s’éloignerait- elle alors de sa fonction de gardienne de la mémoire pour devenir un acte social de communication d’émotions? Si au soulagement de beaucoup le numérique et l’informatique libèrent des espaces anciennement occupés par les négatifs et les tirages papiers, quelle est la destinée des images numériques à long terme et quelle place auront-elles dans la mémoire familiale?

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Des nouvelles de la Terre

Qu'est-ce que montre une photographie? Dans la presse, contrairement à l'idée reçue, la photo est rarement porteuse d'information. Sous la pression d'une dérive décorative, les journaux utilisent de plus en plus l'image pour ses facultés d'évocation et sa plus-value plastique. Comme l'explique Jean-François Leroy, directeur du festival Visa, une bonne photo doit «raconter une histoire». Recourir à l'image à la façon d'un simple photomaton est considéré comme ringard et vulgaire, tout juste digne des vidéos amateurs, un signe de l'absence du sens du récit et du bon goût journalistique.

Sauf dans un cas. La presse people est le dernier lieu où la photographie est regardée au premier degré: tiens, X s'est fait refaire les seins, Y sort avec Z et George Clooney a pris dix kilos. Dans le système qui est celui du people, où il n'y a ni dossiers ni conférences de presse, scruter les apparences est le principal moyen susceptible de produire de l'info.

Ainsi de deux photos qui buzzent ces derniers jours, l'une de Rachida Dati, l'autre du couple présidentiel, où, en l'absence de toute information officielle ou en dépit des démentis affichés, on fait jouer à l'image son rôle traditionnel de porteur d'une information objective. Un ventre qui s'arrondit, un geste évocateur et toutes les rédactions bruissent de rumeurs de maternité.

Pourtant, comme l'astronomie utilise l'image pour essayer de comprendre la composition des corps célestes parce qu'elle n'a pas d'autre choix, le recours à l'image pour produire de l'information est la preuve que celle-ci est refusée ou inaccessible par d'autres canaux. En l'absence de validation officielle, l'interprétation de l'image reste un appui fragile, qui ne constitue pas encore une information proprement dite et peut relever de la spéculation pure et simple. Il faut tout le courage d'un Jean-Michel Aphatie pour oser faire basculer une suggestion visuelle du côté de l'information journalistique.

Ce n'est pas l'entrée de la photographie dans l'univers numérique qui altère sa valeur informative. On le constate, malgré Photoshop, le crédit de la photo reste entier. Le problème est plus subtil, et repose sur la place relative de la source visuelle dans le système de l'information. Ce que peut montrer une image n'a-t-il pas forcément un caractère superficiel? Ou, pour le dire plus brutalement: l'image n'est-elle pas au fond qu'une affaire de bonnes femmes?

Comprendre le 11 septembre? Joker!

image The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008) est un film mal fichu. Quelques scènes brillantes, un scénario en dents de scie, d'étranges temps morts, y compris dans les moments forts des poursuites – et par dessus tout, un Batman aux abonnés absents, constamment agi, ridiculisé par le Joker, personnage aussi central que son adversaire est inexistant. Or, l'impression est que cette hésitation a à voir avec l'objet même du film, avec ce dont il s'empare sans bien savoir par quel bout le prendre.

Cet objet-là, qui n'a pas beaucoup intéressé la critique française, mais qui a agité moult débats outre-atlantique, est assez évident dès qu'apparait ce trou noir qui absorbe tout le film – le Joker, qui n'est plus le bouffon somptueux et grotesque jadis incarné par Jack Nicholson, mais un personnage pervers et malfaisant, interprété avec tant de brio par Heath Ledger qu'il en devient presque attachant. Pour résumer: dans The Dark Knight, le Joker symbolise le mal – un mal qui a pour caractéristique d'être sans raison ni justification, prodigué pour le plaisir et pis encore: un mal qui se communique de manière contagieuse à ceux qui veulent lutter contre lui. Le Joker apparaît donc très vite comme une incarnation de Ben Laden, et ses divers adversaires comme autant de représentants des Etats-Unis post 9/11, acculés à de regrettables excès dans leur mission de sauvegarde de la civilisation.

Sur un tel canevas, il y a du grain à moudre, d'innombrables sous-entendus à décrypter et non moins de contradictions à résoudre. Je limiterai mon propos à l'enjeu de la mise en perspective d'un fait historique majeur par un blockbuster hollywoodien. En sortant du cinéma, songeant aux oeuvres de Gunter Grass, de Walter Kempowski ou de Sebastian Haffner qui avaient permis à l'Allemagne post-hitlérienne d'affronter le traumatisme, je me disais que le passage par la vieille rhétorique des comics avait ici quelque chose de pathétique. Relire la figure du Joker à la lumière du 11 septembre est une proposition qui possède un véritable pouvoir explicatif, en dressant le portrait d'un psychopathe gouverné par l'arbitraire et par son seul plaisir sadique. Mais le paradoxe de cette explication est qu'elle n'explique rien, et choisit au contraire de s'aveugler plutôt que de se pencher sur les ressorts de l'événement.

Quelques jours plus tard, j'ai compris que je me trompais. Les oeuvres auxquelles je pensais sont arrivées quinze ou vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, et le travail de resorption du traumatisme allemand a pris un temps beaucoup plus long que celui qui nous sépare du 11 septembre. Sept ans après, l'Amérique ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. Mais elle a commencé à admettre de desserrer l'étreinte du deuil pour regarder les choses avec plus de distance, pour jouer avec l'événement. C'est à ce jeu que convie fondamentalement The Dark Knight – par exemple avec la séquence de la destruction de l'hôpital, clairement filmée comme une répétition parodique de l'effondrement des tours du World Trade Center. Faire rire avec ce référent (ayant déclenché les explosions, le Joker s'éloigne de l'immeuble en feu, puis se retourne et, s'apercevant que son oeuvre n'est pas complète, manipule derechef son détonateur pour produire un nouvel effondrement) est déjà à proprement parler renversant.

Jouer avec le feu du réel est ce que peut faire de mieux le cinéma. Réutiliser à cette fin le vieux stock de figures des comics s'inscrit dans une tradition éprouvée lorsqu'il s'agit de mettre l'Amérique face à ses démons. Premier film de divertissement grand public à manipuler ostensiblement les symboles du 11 septembre, The Dark Knight est une étape sur le chemin encore long de l'assimilation du traumatisme.

Pas de médaille pour Shanghai

Il faut s'y faire, il y a des marronniers auxquels on ne coupe pas. Après les départs en vacances, avant la rentrée scolaire, il y a depuis 2003 l'édition annuelle du classement de Shanghai. Un produit bien adapté aux fast-médias, grands consommateurs de palmarès, sondages et autres chiffrages qui ne mentent pas.

Pas sûr que le principe soit vraiment efficace dès qu'on sort de la compétition sportive. Pour comprendre ce que mesure un outil, il suffit de savoir ce qu'on y met. L'Academic Ranking of World Universities de l'université Jiao Tong est un bilan vite fait sur le gaz à partir de données disponibles en ligne, qui compile six critères élémentaires. Dont le nombre de prix Nobel (physique, chimie, médecine, littérature, paix) et de médailles Fields (mathématiques) parmi les anciens élèves d'une institution. (Comment, il n'y a pas de médaille Bourdieu en sociologie, pas de prix Georges-Duby de l'histoire, pas d'Oscar de l'anthropologie? Too bad!) Le nombre d'articles publiés dans Nature et Science. Le nombre d'articles indexés dans le Science Citation Index et le Arts and Humanities Citation Index (mais ni le Social Sciences Citation Index ni le ISI Web of Knowledge). Pas besoin de s'appeler Ducasse pour savoir quel goût aura le pâté. Disons pour aller vite que Shanghai est un indicateur de la science selon Jules Verne plutôt que d'après Bruno Latour.

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C'est BHL qu'on assassine

Le web est-il capable de modifier les grands équilibres médiatiques? A tous ceux qui en doutent encore, l'actualité est en train de démontrer en direct l'inversion des hiérarchies les mieux établies. Car c'est un monument qu'internet fait aujourd'hui vaciller: rien de moins que celui du Sartre du XXIe siècle, dont l'érection depuis 1977 n'a cessé d'étendre son ombre sur les lettres (et les médias) français – BHL himself.

Lorsqu'on relit aujourd'hui l'analyse impeccable de Deleuze à propos de la falsification médiatique des "nouveaux philosophes", on perçoit son amertume. «La soumission de toute pensée aux médias» paraissait alors un horizon inévitable, auxquels seuls pouvaient échapper quelques penseurs abrités par l'université. Pour ma génération, BHL a été l'image même de l'imposture, celui qui avait sali le doux nom de "philosophe" et rendu l'étiquette d'"intellectuel" définitivement importable. Et voilà qu'aujourd'hui, incrédule, je vois bouger la statue comme une vulgaire dent creuse!

Est-ce BHL qui est devenu plus sot avec l'âge? Ou bien le web qui est devenu plus vivace? On avait déjà eu une chaude alerte avec l'affaire Siné, où l'intervention incompréhensible du maître avait eu pour principal effet de verser de l'huile sur le feu. Mais le point d'orgue des Choses vues dans la Géorgie en guerre, double page du Monde de mardi, a dépassé les espérances de ses plus virulents détracteurs.

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Best Practices for Access to Images: Recommendations for Scholarly Use and Publishing

image Version préparatoire des recommandations issues du colloque "Scholarly Publishing and the Issues of Cultural Heritage, Fair Use, reproduction fees and Copyrights", Max Planck Institute for the History of Science, Berlin, 11 janvier 2008.


Publishing practices in the sciences and the humanities are rapidly diverging. The sciences are increasingly moving toward forms of international e-publishing, leaving behind the world of traditional print publications. At present, the humanities are ill-prepared to adopt new publishing practices championed by the sciences, in spite of the potential these new practices offer for innovative scholarly work in the humanities and sciences alike.

Scholars in the humanities, especially those concerned with images, face a bewildering array of restrictions. A confusing patchwork of policies regarding access to images, image reproduction, and cultural heritage citation is hindering new research and publication in the humanities.

For a variety of reasons, many museums, libraries, and image repositories restrict access to digital image collections. For instance, curators fear fraud and false attribution if they allow open access to their image and cultural heritage repositories.

To promote creative scholarship in the humanities and to foster a deeper understanding of cultural heritage, curators and scholars must work together in new ways. Put simply, what’s needed is a policy of open access to visual sources not covered by copyright.

The following recommendations address challenges faced by researchers and curators of image repositories alike. The aim of this document is to establish a Network of Trust in the Digital Age.

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La publication scientifique en ligne face aux lacunes du droit français

image Résumé. Alors qu’internet semblait pouvoir ouvrir des capacités inédites à l’édition scientifique, le durcissement législatif visant à protéger la propriété intellectuelle a compliqué l’exploitation des sources multimédia. En excluant l’application d’un usage raisonnable propre à l'exception pédagogique ou scientifique, le droit français se présente désormais comme une anomalie dans un contexte international de multiplication des ressources en ligne. Pour remédier à des conditions inadaptées, les pratiques sauvages se multiplient, symptôme de l’échec du dispositif existant.


Dès les années 1990, les acteurs les plus hardis de l’édition scientifique évoquent les nouvelles potentialités de la publication électronique comme un horizon pleins de promesses. Un des aspects les plus alléchants de l’outil numérique réside dans la capacité d’associer au texte les documents multimédia les plus variés: image fixe ou animée, enregistrement sonore ou vidéo, qui permettent de mobiliser une vaste gamme de sources.

Une quinzaine d’années plus tard, cet horizon reste encore à distance. L’acculturation des chercheurs à ces nouveaux outils représente à l’évidence une contrainte importante. Mais elle est loin d’être la seule. Pour diverses branches du savoir, le recours aux sources multimédia est déjà un usage courant – à condition d’évoluer dans des environnements fermés, de type intranet. Si l’on ne trouve pas aujourd’hui l’équivalent de ces expérimentations dans les publications en ligne, c’est que leur reproduction se heurte à un obstacle majeur: les obligations de la propriété intellectuelle.

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Quand le sage montre la lune...

image Elle est étonnante. En ce milieu d'été, je ne résiste pas au plaisir de soumettre à la sagacité de mes lecteurs ma trouvaille de ce matin, en leur demandant de deviner ce que représente cette photographie (ou plutôt l'image qu'elle reproduit). Si quelqu'un trouve, je jure d'aller me pendre à l'arbre le plus proche.


MàJ 15h. Fin du concours, avec toutes mes félicitations à Olivier, lecteur attentif d'ARHV, qui a trouvé la bonne solution en moins de six heures! (Je vais de ce pas me pendre...)
Il s'agit bien de la première photographie numérisée de l'histoire, réalisée le 15 juillet 1965 par le satellite Mariner 4 en orbite autour de Mars. Bien avant l'invention des photocapteurs qui garnissent nos appareils modernes, la NASA avait décidé de digitaliser la transmission de l'image en raison des énormes distances spatiales, susceptibles de détériorer un signal analogique. Produit par un tube vidicon noir et blanc, le signal vidéo de la caméra était converti en code binaire, fournissant un fichier de 40.000 pixels. Sur l'image ci-dessus, on voit ce spectacle extraordinaire: une photo digitalisée reconstituée à la main! Trop impatients pour attendre l'interprétation des données par un ordinateur pas du tout graphique, les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory colorient les bandes de papier sorties du transmetteur en fonction des valeurs de gris indiquées en chiffres. Un jeu à la manière des dessins mystères, qui valait bien ce signalement sous forme de devinette!

Source: NASA Images.

Fin de la grève à 20minutes.fr

image Petit jeu de cache-cache sur internet... A peu près injoignables ces derniers jours, les camarades de la rédaction web de 20minutes ne communiquent que parcimonieusement, notamment, de façon laconique, par l'intermédiaire de leurs statuts sur Facebook. A en juger par les derniers messages postés ("la Norvège a Paris, la grève est finie", 2:34pm; "c'est quasi gagné", 5:17pm), on croit deviner qu'une issue heureuse est sur le point de clore le conflit engagé lundi dernier. En attendant des précisions – et pour le plaisir de griller Narvic sur ce coup-là... ;-)

Shooting back

image L'organisation qui surveille les violations des droits de l'homme dans les territoires occupés, B'Tselem, a fourni une centaine de caméras vidéo à des Palestiniens pour qu'ils puissent documenter les violations quotidiennes: le pouvoir de l'image est plus fort que la parole d'un témoin. C'est ainsi que la vidéo du lieutenant-colonel Umri Burbag ordonnant à un sergent de tirer sur un Palestinien menotté dans le dos et baillonné, le 7 juillet, a été filmée par une jeune fille de 16 ans. Cette vidéo, du fait de l'horreur qu'elle présente et de la violation évidente des droits de l'homme, mais aussi de tout principe humanitaire, a eu un grand retentissement depuis sa divulgation le 20 juillet.

Par Alexandrin, Voyage en Palestine, 11/08/2008.
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Le site internet de 20 Minutes en grève

Communiqué de la rédaction de 20minutes.fr: La rédaction du site internet 20minutes.fr a voté une grève de vingt-quatre heures reconductible, par solidarité avec son rédacteur en chef, mis à pied ce lundi 11 août pour une raison que la direction a refusé de communiquer aux salariés. De ce fait, le site 20minutes.fr n'est plus mis à jour depuis ce lundi, 18 heures. La rédaction du site demande la levée de la mise à pied.

MaJ 19h45: On ignore toujours les motifs de la brutale suspension de Johan Hufnagel, rédacteur en chef de 20minutes.fr, officiellement mis à pied hier à 17h. Née sur un commentaire du blog de Jean-Marc Morandini, reprise cet après-midi par Marianne2.fr, l'hypothèse qui voyait dans un article sur un accident de pétanque l'origine de la crise a été démentie par des sources internes. Mais les principaux intéressés restent injoignables ou refusent de s'exprimer. Il est pour le moins étrange qu'un conflit désormais public n'ait aucun motif connu plus de 24 h après le déclenchement de la grève, tout comme il est anormal que le site n'affiche toujours aucune information à ce sujet. A ce stade, on peut déjà parler de crise managériale au sein du journal. Voir également l'article de Rue89.

Peut-on prendre Carla au mot?

Peut-on continuer à être une artiste "comme si de rien n'était"? Tel est le pari affiché par Carla Bruni en titre de son dernier album. Pour en discuter, je dois d'abord avouer ma totale incompétence à en produire la critique. Cet album, non seulement ne l'ai-je pas écouté, mais il n'est nullement dans mes intentions de le faire. Mes convictions politiques étant, on le sait, à l'opposé de celles de l'actuel hôte de l'Elysée, tout jugement de ma part sur les qualités de l'oeuvre ne pourrait qu'être entaché de partialité.

Tel est précisément le point qui m'intéresse. Que ce soit sur Amazon ou sur iTunes, de nombreux internautes demandent que l'on apprécie l'album ...comme si de rien n'était. «Tout le monde donne son avis sur la femme du président et non la chanteuse», écrit nanard21, or «il faut rester neutre et ne pas penser politique pour l'écoute de ce disque.» Mais une telle distanciation est-elle possible? En partisan convaincu de l'influence du contexte, la thèse du "comme si de rien n'était", sur laquelle repose à la fois le projet de l'album et sa stratégie marketing, me paraît relever du voeu pieux.

Un mois après sa sortie, le dernier opus de Carla Bruni nous fournit au contraire une bonne occasion de tester l'influence des effets de contexte. Pour autant qu'on puisse en juger par les avis autorisés, son troisième disque est assez proche du premier. Malgré une couverture médiatique bien inférieure à celle d'aujourd'hui, le CD avait été accueilli chaleureusement par la critique et le public. Bénéficiant désormais d'une notoriété plus forte et d'un plan média particulièrement maîtrisé (Libération, Elle, Vanity Fair, Taratata, Vivement Dimanche, etc.), la chanteuse reste pourtant en-deça des objectifs initiaux de sa maison d'édition. Les chiffres ne sont plus communiqués depuis la deuxième semaine d'exploitation du disque, qui les avait vu stagner à 13.354 ventes. Tout juste sait-on que le label Naïve a revu ses prétentions à la baisse, tablant sur 400.000 exemplaires pour cette année, au lieu des 700.000 attendus. Un résultat qui fait pâle figure à côté du carton de "Quelqu'un m'a dit" (1,2 million d'exemplaires en France, 800.000 à l'étranger).

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JO 2008: des parties du feu d'artifice n'étaient pas en direct

Une partie du spectaculaire feu d'artifice tiré vendredi lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques à Pékin ne s'est pas déroulée en direct, indiquent dimanche différents médias chinois. Les fusées et bouquets qui ont éclaté le long de l'axe central de la ville vers le stade auraient été préparés depuis plus d'un an à l'aide de techniques d'animation.

Le Vif.be, 10/08/2008 (merci à Rémi).
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Wall-E, la réponse du cinéma

Peut-on critiquer Wall-E? s'interroge gravement Télérama. Partagée sur le dernier-né des studios Pixar (2008, Andrew Stanton), la rédaction a recouru à son traditionnel jugement de Salomon: un "pour", un "contre". Ce dernier, rédigé par Aurélien Ferenczi, prend à rebrousse-poil l'accueil unanimement quatre étoiles de la communauté cinécritique – avant de se faire étriller en commentaires par les lecteurs. Sensibilisé par mon passage à 20 Minutes à cette cyber-intolérance, je me sentais plein de sympathie pour le courageux journaliste, prêt à l'épauler d'un mot, d'une pétition en ligne, voire d'une descente en flammes de BHL.

Je suis donc allé voir le film (bon, dans la vraie vie, ce sont mes deux marmots qui m'y ont traîné; mais j'avais vu la mini-polémique et j'ai subrepticement pesé pour m'éviter d'avoir à subir l'indéfrisable Hulk – tant qu'à aller voir des pixels, autant un vrai dessin animé). Mes lecteurs dépourvus de lardons de trois à huit ans peuvent passer leur chemin, la suite ne les concerne que dans la mesure où ils s'intéressent au cinéma – un genre qui, on le sait, s'adresse de plus en plus résolument à un public à même de dépenser entre 19,90 et 49,90 euros dans les jouets cinépromus.

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Une chaîne qui se respecte

image Nick Carraway m'en veut. J'avais déjà fait le mort devant sa précédente proposition (qui, il faut le dire, m'avait laissé un peu sec...). Là, j'ai compris. Rien ne sert de se défiler: il n'aura de cesse de me taguer, jusqu'à ce que je craque. Je réponds donc à sa chaîne de l'été (prendre un livre à la page 123, puis citer les cinq lignes suivant les cinq premières). Du reste, les blogueurs qui font la fine bouche face à ces divertissements m'ennuient. Comme le disait ici même l'amie Virginie, dans une de ses métaphores dont elle a le secret, le blogging, c'est un peu comme le camping. Autrement dit: si vous n'aimez pas les moules, évitez la braderie de Lille. Si vous n'aimez pas les chaînes, achetez-vous un cahier Clairefontaine.

Mais il en est des chaînes comme des friends sur Facebook. Il y en a que l'on suit avec intérêt ou amusement, pour ce qu'elles nous apprennent ou nous dévoilent sur la personnalité de tel ou tel. Et d'autres dont on a du mal à percevoir où elles nous mènent. C'est le cas de cette astreinte où le hasard a trop de place – de sorte que ses participants sont amenés à en aménager les règles, ce qui est toujours mauvais signe.

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