image On reconnaît les bons blogs à ce qu'ils nous apprennent. J'ai beaucoup appris chez Versac, et d'abord ce que pouvait être un exercice libre et éclairé du blogging. J'ai beaucoup aimé ça. Cette curiosité-là, que ne guide nul consensus, nulle obligation, juste celle qui vous mène d'elle-même au bon endroit. Cette générosité-là, celle qui donne en partage, non du haut d'une autorité ou pour justifier un salaire, mais en toute gratuité. Cette disponibilité-là, si étrange pour celui qui ne sait que toiser, si étonnante par son respect, sa patience. Cette humanité-là, toute prête au doute, à la faille et même à l'emportement, dans l'absolue confiance qu'elle fait à la sincérité du moment – et à ses lecteurs. C'est tout cela que j'ai découvert chez Versac, soir après soir, matin après matin, par les petits touches discrètes de l'impressionnisme du blog. Ce que ne comprendront jamais ceux qui font du blog comme ils parlent dans leurs micros, c'est que dans ce nouveau monde qui se redessine chaque jour, il y a tant à apprendre. Voilà pourquoi, oui, Versac aura été pour moi l'un de ces phares, trop rares, dans la brume d'internet. Jamais au sens d'une autorité. Toujours au sens de ce qui éclaire lorsqu'on cherche son chemin, ce qui cligne de l'oeil quand on se croit arrivé à bon port. Aujourd'hui, Versac éteint la lumière. On ne confondra pas une publication et son auteur. Nul besoin de pleurer Nicolas, qu'on retrouvera sans tarder sur d'autres routes. Mais saluer le bel instrument qu'il a créé, lui dire tout le plaisir qu'on a eu à le lire et l'en remercier avec chaleur. Merci pour cette totale absence d'arrogance – cette qualité si incompréhensible pour ceux qui se rient des blogs, ce bol d'air pur dont nous avons tant besoin. Je n'oublierai pas Versac et tout ce qu'il m'a appris – jusqu'à sa dernière leçon. Chapeau bas, camarade, et à très bientôt.