Après moins de trois mois d'éclipse relative, France 2 nous faisait assister hier au retour en fanfare de la propagande à la papa. Rapidement repérée par Arrêt sur images, la séquence de la visite à Rungis aura été multidiffusée dès Télématin, puis dans les éditions successives du JT. Rien n'a changé depuis Zucca: l'image est en couleurs, les sourires satisfaits et toutes les conventions en poutres apparentes. Du nanan pour les journalistes, à qui ça n'a pas demandé trop d'efforts pour décoder le message du président-et-madame-à-la-rencontre-de-la-France-qui-se-lève-tôt.

Tout aussi caricaturale que sa politique, la communication de Sarkozy décourage l'analyse. Sauf à relever comme sa principale caractéristique un incroyable culot pour enfiler les perles, enfoncer les portes ouvertes et cultiver le cliché. Chirac a définitivement trouvé son maître et Rungis effacé le salon de l'agriculture. Si l'on met de côté l'hypothèse d'avoir voulu fournir aux enfants des écoles une illustration frappante de la notion de populisme, ne reste pour comprendre cette allégorie que la panique du service public face à la perspective de l'effondrement de son financement.

Ajoutons que se précise, séquence après séquence, la fonction de Carla dans le rôle de la jolie fille qu'on exhibe. La familiarité du camelot est désormais le répertoire favori de l'hôte de l'Elysée. A cette pose, il est facile de prédire le destin de fictions analogues. Mais elle confirme l'utilité d'avoir épousé une image.