image Avec Daniel Schneidermann, Jean-François Kahn est l'un des rares journalistes à avoir conservé son sens critique à l'égard de sa profession. Dans un récent article au titre évocateur ("A ceux que ne révolte plus l'assassinat possible de la presse quotidienne", Marianne, n° 578, 17/05/2008), il fustige une nouvelle fois avec énergie l'«asservissement croissant» d'une presse en voie de désagrégation. Là où j'ai du mal à suivre le raisonnement, c'est quand ces vigoureux polémistes effectuent in fine l'immanquable tête-à-queue qui revendique pour le coupable le privilège de poursuivre dans l'ornière. A-t-on vu poindre une esquisse de guérison des maux qu'ils dénoncent inlassablement? Leurs avis éclairés ont-ils enfin été entendus par leurs confrères? Que nenni! Ce qui n'empêche nullement Kahn de conclure contre toute logique que «la disparition, ou la mise sous tutelle, du Monde constituerait un crime contre la République presque au même titre que la disparition ou la mise sous tutelle du Parlement.» Puis, plus loin, que «les citoyens de ce pays, les démocrates de quelque sensibilité qu'ils se réclament, ne devraient épargner aucun effort, reculer devant aucune mobilisation ou apport. Il ne s'agit pas seulement de nos confrères du Monde; il s'agit aussi de nous tous, lecteurs ou non lecteurs, mais républicains.»

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