Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Moodle au menu de l'EHESS

Plusieurs excellentes nouvelles, glanées lors de la dernière réunion de la commission des usagers des TICE de l'EHESS. J'avais rendu compte ici du démarrage du projet d'environnement numérique de travail (ENT) de l'Ecole. Celui-ci semble avoir passé un cap décisif au cours des derniers mois. L'annuaire des usagers, pierre d'angle du système, est proche de l'achèvement. Le choix a été fait du CMS libre Moodle comme principal outil de travail en ligne. La préférence donnée à la plate-forme d'e-learning la plus répandue dans le monde, plutôt qu'à un système estampillé RF, représente une petite révolution. Plus significatif encore, eu égard à la culture numérique dominante à l'EHESS: le déblocage de la question des auditeurs libres, qui pourront faire usage de l'environnement en ligne au même titre que les étudiants inscrits. Si l'on ajoute que les services du CRI travaillent d'arrache-pied à l'installation du Wifi au 105 et au 96 boulevard Raspail (disponible fin 2008) et que le bureau planche sur le dépôt électronique des thèses, qui devrait devenir la norme en 2009, on pourra se réjouir des progrès importants qui permettront enfin à l'EHESS de rattraper le retard accumulé en matière d'outils numériques.

Qui t'a fait roi?

Douze mois à l'Elysée. A l'occasion de cet anniversaire, les médias soulignent unanimement la "désillusion" à l'égard d'un président qui apparaît désormais comme menteur, cynique et incompétent. L'écart de cette réception avec l'ambiance de l'élection est si grand que l'ineffable Laurent Joffrin s'interroge sur le "mystère Sarkozy".

Pour qu'il y ait "désillusion", faut-il encore qu'il y ait eu illusion. Or, s'il l'on se demande qui a souffert des talents d'illusioniste de Sarkozy, la réponse ne fait aucun doute. Comment se fait-il que nul, parmi les journalistes, ne songe aujourd'hui à s'interroger sur l'unanimisme écrasant des grands médias, notamment télévisés, qui a accompagné la course en tête du candidat de l'UMP? A la notable exception de Marianne, n'est-ce pas la presse toute entière qui a cru à la "rupture" sarkozienne?

A un moment où le rôle de la presse fait débat, l'élection de Nicolas Sarkozy fournit un macro-indicateur sans complaisance. C'est désormais patent: les médias n'ont pas fait leur travail d'analyse et de critique de l'improbable échafaudage programmatique du candidat. Plutôt que d'éclairer le citoyen, ils ont constamment privilégié les apparences, les petites phrases et les dérives personnalisantes. C'est pourquoi la question se pose: une presse qui a laissé élire Sarkozy sert-elle encore à quelque chose? Rappelons aux contempteurs du web que l'ambiance y était pendant la campagne sensiblement différente.