Johann Baptist Isenring, pionnier de la photographie (et de la retouche)
Par André Gunthert, mardi 8 avril 2008 à 11:09 (2306 vues, permalink, rss co) :: Archives, collections
Invité la semaine dernière à intervenir au Musée suisse de l'appareil photographique de Vevey (compte rendu sur Souris de compactus), j'ai eu le grand plaisir d'y croiser de nombreux amis. Parmi la riche moisson de discussions, d'images et de documents qu'il m'a été donné d'y glaner, Jean-Marc Yersin m'a confié une copie du petit opuscule de 1840 de Johann Baptist Isenring (1796-1860), peintre, graveur et pionnier du daguerréotype, récemment mentionné sur ce blog, que je m'empresse de mettre à disposition.
Plus ancienne brochure d'une exposition de portraits photographiques, ce document précise qu'Isenring a pratiqué la photographie avant même la divulgation du procédé de Daguerre, à partir des indications publiées en janvier 1839 par Talbot, ce qui le situe parmi les tous premiers expérimentateurs, aux côtés d'Hippolyte Bayard («Avant que l'invention de Daguerre ne soit donnée au monde, le soussigné s'essaya au dessin photogénique selon la méthode de Talbot, et peut là aussi en apporter quelques preuves»; «Bevor Daguerre's Erfindung weltkundig wurde, versuche sich der Unterzeichnete (...) in der Lichtzeichnung nach Talbot's Methode und er kann hierin ebenfalls einige Proben ausweisen.»)
Sa description détaillée de sa pratique de la retouche, plus ancienne mention connue de cet usage, mérite d'être citée intégralement: «Ses portraits – il peut le souligner sans immodestie – ne sont plus seulement le froid reflet de l'objectif de la camera obscura: les yeux (des sujets) ne sont pas fermés ou effacés, mais ouverts, l'étoile de la pupille distincte et gaie; les images ont effectivement de la couleur et de la vie et se rapprochent dans le ton et l'effet des tableaux. Après avoir réussi la reproduction de personnes vivantes par les moyens photographiques, le soussigné s'aventura un pas plus loin. Il tenta de colorer ses portraits photographiques par des moyens mécaniques. Le public se convaincra lui-même par l'observation du degré qu'il a atteint dans ce coloriage des photographies – si l'on peut ainsi nommer la fine projection de couleur sur ces images. Le début d'un tout nouveau champ de la peinture, jusqu'alors inconnu, est ainsi également effectué et réussi.» («Seine Porträts sind – er darf es ohne Unbescheidenheit bemerken – nicht mehr bloss kalte Reflekte des Objektivglases der Camera-Obscura, die Augen derselben sind nicht geschlossen oder verwicht, sondern offen, der Stern mit der Pupille distinkt und heiter, die Bilder haben überhaupt Färbung und Leben und nähern sich in Ton und Effekt den Gemälden. Nachdem ihm die Nachbildung lebender Personen auf photographischen Wege gelungen, wagte der Unterzeichnete noch einen Schritt weiter. Er versuchte seinen photographischen Porträts auf mechanischem Wege Färbung zu geben. Wie weit derselbe es in solchen koloriren der Lichtbilder – wenn man das Andusten derselben mit Farbe so nennen kann – gebracht hat, davon möge das Publikum sich selbst durch Anschauung überzeugen. Der Anfang eines ganz neuen, bisher unbekannten Feldes der Malerei ist auch hierin gemacht und gelungen.»).
- Johann Baptist Isenring, Kunstaustellung enthaltend eine Sammlung von Lichtbildern, meistens Porträts nach dem Leben, gefertigt im Mai, Juni und Juli 1840, St Gallen, juillet 1840 (télécharger le fichier pdf).
Tags: archives, histoire photo, pratiques, retouche
Commentaires
1. Le mardi 8 avril 2008 à 13:34, par alexie
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